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Mars 2018
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2018 DVD 38 - Mesures d'accompagnement proposées pour des livraisons nocturnes plus silencieuses. Vœu déposé par le groupe PPCI relatif à la logistique urbaine par voie fluviale. Vœu déposé par le groupe PPCI relatif à la livraison du dernier kilomètre.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2018


 

M. Nicolas NORDMAN, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DVD 38 et les v?ux qui sont rattachés n° 150 et n° 151 : mesures d?accompagnement proposées pour des livraisons nocturnes plus silencieuses.

La parole est à Mme Pascale BLADIER-CHASSAIGNE pour le groupe PPCI.

Mme Pascale BLADIER-CHASSAIGNE. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, c?est pour présenter un v?u concernant la logistique urbaine par voie fluviale.

Selon la Chambre de commerce et d?industrie des Hauts-de-Seine, sans rien changer de ses infrastructures ou de sa réglementation, le fleuve pourrait multiplier son trafic par quatre, ce qui n?est évidemment pas le cas de la route dont la saturation n?est plus à démontrer.

Le fleuve ouvre la voie à de nombreux modèles économiques plus rentables et plus respectueux de l?environnement. Il suscite déjà l?intérêt de grands acteurs économiques et également de P.M.E. ; François de BERNIS, directeur général de "Steelcase Solutions", compare la Seine à une autoroute vide. Marc BAZENET, responsable du cluster "Logistique urbaine durable" de la C.C.I. 92, affirme que le schéma multimodal route-fleuve-route est aujourd?hui la seule solution aux problèmes de pollution et de congestion des grandes villes.

Dès le Moyen Age le fleuve avait déjà un usage commercial et servait au transport de marchandises.

Ce n'est pas un hasard si toutes les grandes villes du monde se sont construites autour d'un axe fluvial.

Monsieur le Maire, il est urgent de réinvestir la Seine, de lui donner pleinement son utilité perdue. La logistique urbaine fluviale est une opportunité de développement économique majeure, cohérente avec les enjeux d'une métropole moderne et s'inscrit naturellement dans les objectifs du Grenelle de l'Environnement.

Certaines aides sont déjà accordées par la Ville aux compagnies de transport de marchandises et aux artisans bateliers.

Jeudi dernier, dans une délibération visant à mieux articuler le fret dans la logistique urbaine francilienne, le Conseil régional d'Ile-de-France allait dans le même sens, participant au Plan d'aide à la modernisation et à l'innovation, en proposant un dispositif d'aides financières à destination des transporteurs fluviaux.

Il proposait également un accompagnement de "Voies Navigables de France", dans son nouveau plan d'aide au report modal, avec l'intégration du mode fluvial, dans les chaînes logistiques des entreprises et la promotion du recours au mode fluvial pour les filières émergentes.

A l'heure où la Ville de Paris entend s'engager plus encore dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, le transport fluvial est un enjeu fondamental encore trop ignoré par le Plan Climat. Il consomme pourtant quatre fois moins de carburant que le routier et produit cinq fois moins d'émission de dioxyde de carbone à la tonne transportée.

Ce sont toutes les raisons pour lesquelles mes collègues du groupe PPCI et moi-même souhaitons que la Ville de Paris encourage la livraison par voie fluviale en proposant une aide financière aux P.M.E. y ayant recours et que la Ville envisage les différentes options urbanistiques de développement du transport fluvial de marchandises jusqu'au c?ur de la Capitale.

Je vous remercie.

M. Nicolas NORDMAN, adjoint, président. - Merci, Madame.

Pour vous répondre, la parole est à M. NAJDOVSKI.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Nous soutenons, bien entendu, le développement de toute forme de report modal, de la route vers les moyens ferrés ou fluviaux.

Je note d'ailleurs que la Région Ile-de-France, qui a annoncé son Plan fret le jeudi 17 mars, ne s'intéresse pas du tout au report modal ferroviaire alors que nous avons en Ile-de-France le plus gros triage ferroviaire du pays, des chantiers combinés, la grande ceinture ferroviaire qui permet le passage de trains de marchandises et que des milliers de poids lourds transitent chaque jour par le centre de l'Ile-de-France, ajoutant pollution et circulation là où nous n'en avons pas besoin.

Il est urgent de reporter ces flux vers le ferroviaire tout autant que le fluvial, et il est particulièrement dramatique que la Région Ile-de-France ne s'intéresse pas au ferroviaire.

Pour revenir à votre v?u, Madame la conseillère, deux précisions :

Premièrement, l'aide financière proposée aux P.M.E. ayant recours à la voie fluviale n'est pas possible, c'est une compétence exclusive de la Région Ile-de-France, et donc je vous invite à solliciter la Région en ce sens.

Deuxièmement, le P.L.U. parisien permet de garantir l'équilibre entre activités de loisirs et activités industrielles ou logistiques sur la Seine. En dehors des ports de Gennevilliers et Bonneuil, c'est dans Paris que le linéaire de berges est le plus utilisé pour le transport de marchandises. Nous travaillons en permanence avec "Ports de Paris" pour continuer à y développer de l'activité.

Je citerai deux exemples. Au niveau du parking de Grenelle, situé juste à côté de la Maison de la Radio, dans le cadre d'un projet avec mon collègue Jean-Louis MISSIKA "Réinventer la Seine", nous avons voté et désigné un lauréat qui a un projet de logistique fluviale à cet endroit. Il faut quand même rappeler que les élus du 16e arrondissement n'étaient pas favorables à cette plateforme logistique fluviale en plein c?ur de Paris. Il faut quand même aussi le mentionner. Donc nous avons tenu bon pour faire en sorte que nous ayons cette plateforme logistique fluviale en plein c?ur de Paris.

Autre exemple : dans le cadre de l'appel à projets "Réinventer Paris II", le tunnel Henri IV, qui est situé à côté du port Henri IV, accueillera également une logistique urbaine qui pourra être en lien avec la logistique fluviale qui se situe juste à côté.

Comme vous le voyez, nous développons la logistique fluviale au-delà de la question des simples discours et des intentions.

Pour résumer, je dirai que votre première proposition ne relève pas de la compétence de la Ville. Pour l'autre, ce sont déjà des mesures que nous mettons en place. Dans ces conditions, l'Exécutif donnera un avis défavorable à vos v?ux.

M. Nicolas NORDMAN, adjoint, président. - Si j'ai bien compris, je vais soumettre les deux v?ux à vos suffrages.

Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 150 avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u est rejeté.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 151 avec aussi un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u est rejeté également.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 38.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DVD 38).

M. Nicolas NORDMAN, adjoint, président. - Les deux v?ux, nos 150 et 151, ont été présentés en même temps, ils étaient joints. J'ai annoncé au début qu'il y avait une présentation conjointe des deux v?ux sur le même projet de délibération.

M. Alexandre VESPERINI. - Il y a un sujet sur le ferroviaire et un sujet sur le fluvial. Je ne vois pas le rapport.

M. Nicolas NORDMAN, adjoint, président. - Ils sont liés au même projet de délibération, la présentation était donc commune.

D'accord, allez-y, vous allez présenter le v?u.

Mme Pascale BLADIER-CHASSAIGNE. - Monsieur le Maire, ce v?u, pour mettre les projecteurs sur la logistique du dernier kilomètre, problématique extrêmement importante en milieu urbain, et à Paris notamment où les entreprises sont confrontées aux embouteillages, au respect des normes environnementales et à la politique du stationnement.

C'est l'explosion de la vente par correspondance et du e-commerce qui accentue considérablement la nécessité absolue de restructurer les systèmes d'approvisionnement.

Selon le Comité d'analyse stratégique, la livraison du dernier kilomètre pèse environ 20 % du trafic, occupe 30 % de la voirie et est à l'origine de 25 % des émissions de gaz à effet de serre.

En juillet 2017, l'Exécutif avait réitéré sa volonté de développer la mobilité propre et de transformer la logistique du dernier kilomètre.

On constate encore cependant un faible nombre d'espaces de logistique urbains, permettant le transfert de marchandises entre deux véhicules et la rationalisation des tournées de livraison.

Parallèlement, des initiatives privées proposent des alternatives à la livraison urbaine traditionnelle. Je citerai le "Green Link" qui propose une gestion du dernier kilomètre 100 % écoresponsable via une cinquantaine de triporteurs électriques, 80 éco-livreurs et 30 centres de tri dans Paris.

C'est pour toutes ces raisons et parce que l'engagement de la Ville en matière de réduction de véhicules motorisés et des émissions de dioxyde de carbone est une priorité, nous souhaitons que la Ville mette en place des aides financières pour le remplacement des véhicules de livraison diesel par des utilitaires électriques, qu'elle mette en place une plateforme en ligne visant à faciliter la mutualisation des livraisons entre différents professionnels et qu'elle étudie surtout les différentes opportunités de développement des espaces de logistique urbaine. Merci.

M. Nicolas NORDMAN, adjoint, président. - Merci.

J'imagine que l'avis de l'Exécutif est toujours défavorable. Oui.

Je mets donc à nouveau aux voix, à main levée, ce v?u n° 151.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u est rejeté.

Je vous remercie.

M. Alexandre VESPERINI. - Merci pour cette réponse très éloquente.