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Mars 2018
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Débat/ Conseil municipal/ Mars 2018


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Nous passons à la deuxième question, qui devient la troisième question d'actualité, de M. VESPERINI, du groupe PPCI. Je vous donne la parole.

M. Alexandre VESPERINI. - Merci, Madame la Maire.

Ma question s?adresse à la Maire de Paris. J?ai vu d?ailleurs, Madame la Maire, que vous prépariez, il y a quelques jours, un nouveau combat électoral pour les élections municipales de 2020 et que vous appeliez à créer une nouvelle grande coalition, allant - on ne sait pas trop - des communistes jusqu?au centre-droit, jusqu?aux proches d?Emmanuel MACRON. Je suis en mesure de vous avoir le numéro de téléphone portable de Nicolas DUPONT-AIGNAN, si cela peut vous intéresser pour renforcer votre coalition. Je peux vous le transmettre. Il faut toujours faire des coalitions qui dépassent son propre camp.

Dans l'hémicycle. - C?est quoi la question ?

M. Alexandre VESPERINI. - Patience, j?introduis.

Dans l'hémicycle. - Très mal !

M. Alexandre VESPERINI. - Il n?y a que la vérité qui blesse. Pour faire une coalition, il faut rassembler large. Pour rassembler large, il faut un bilan. Je voudrais parler de ce bilan, notamment dans le domaine des transports.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Chers collègues, laissez-le s?exprimer. C?est encore la meilleure façon de savoir qui dit quoi et qui porte quoi. Ecoutez M. VESPERINI.

M. Alexandre VESPERINI. - Merci, Monsieur le Maire du 3e arrondissement.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Allez-y. Ecoutez M. VESPERINI.

M. Alexandre VESPERINI. - Je commence avec le premier fiasco : Autolib'. C?est un service public qui perd tellement d?abonnés, -5 % encore l?année dernière, que l'opérateur Bolloré demande la réduction du nombre de bornes Autolib', contre l'avis du syndicat que vous contrôlez. Un service public dont le déficit prévisionnel varie selon les chiffres, on n'a pas toujours les bonnes informations, de 180 millions d'euros selon Bolloré, à 200 millions d'euros selon les chiffres du syndicat. Un contrat aussi assez opaque, tellement mal négocié par la Ville de Paris que les deux tiers du déficit seront supportés par le contribuable.

Ensuite, Vélib', c'est un service public qui fonctionnait très bien et qui se détériore complètement. Un service public aujourd'hui synonyme de naufrage, avec deux tiers de bornes encore en travaux, et un tiers de bornes en service. Il suffit de voir le service client sur Twitter pour voir à quel point il est défaillant.

Un contrat encore tellement mal vissé qu'on ne sait pas comment rembourser les usagers et comment la Ville de Paris sera dédommagée réellement, avec des clauses compensatoires qui varient. Après la java des bombes atomiques, c'est la java des millions.

Troisième fiasco, "Streeteo", un service public qui a été délégué de manière imprudente à un opérateur qui ment sur les chiffres de verbalisation. A en croire Streeteo, on n'a jamais vu autant de personnes handicapées au volant, autant de personnes dormir dans leur véhicule, ce sont des chiffres fallacieux, erronés, et vis-à-vis desquels la Ville de Paris ne semble pas vraiment émue de tout cela. Contrat tellement brouillon que la Ville n'a été dédommagée qu'à hauteur de 60.000 euros.

Madame la Maire, j'ai vu que vous aviez eu encore une dernière idée pour faire diversion : la fameuse gratuité des usagers. J'ai une question naturellement, mais j'ai aussi une prière comme Mike Brant.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Des transports, pas des usagers !

M. Alexandre VESPERINI. - Arrêtons le massacre ! Il y a suffisamment de choses à faire avec les fiascos constatés aujourd'hui pour avoir de nouvelles idées et se lancer dans de nouvelles trouvailles.

Nos questions, Madame la Maire, sont assez simples. Nous posons deux questions : comment comptez-vous, sans vous défausser sur la Région, sans vous défausser sur les entreprises que vous incriminez en permanence, corriger le tir ? Il y a urgence.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur VESPERINI.

La parole est à Christophe NAJDOVSKI, pour vous répondre.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Madame la Maire, je répondrai à la question telle qu'elle nous a été formulée, c'est-à-dire relative aux déplacements urbains. J'espère que vous ne m'en voudrez pas de ne parler que de cette question.

Votre question, Monsieur le conseiller, me permet de rappeler l'approche de la majorité municipale en matière de déplacement, et ce que nous faisons à Paris. Nous agissons principalement sur deux leviers.

Le premier, c'est le développement de toutes les alternatives à l'usage de la voiture individuelle. Paris continue, comme elle l'a fait depuis maintenant plus d'une quinzaine d'années, à soutenir le développement des transports collectifs.

C'est le financement, par exemple, du prolongement du tramway T3 B au Nord de Paris. La clef de répartition est : 63 % pour la Ville de Paris, et 25 % pour la Région Ile-de-France, pour un projet qui pour autant ne concerne pas que les Parisiens, avec donc une majorité du financement porté par la Ville de Paris.

C'est aussi le financement du prolongement de la ligne 14 avec là encore une participation de la Ville de Paris plus importante que celle de la Région.

Ce sont aussi les 125 millions d'euros que nous mettons dans le prolongement de la ligne du RER E Eole, avec la création d'une station à la Porte Maillot.

C'est le prolongement de la ligne 11 et l'adaptation des stations que nous finançons également ou encore les projets de bus à haut niveau de service que nous portons quais hauts rive droite ainsi qu'aux rocades des gares.

Le deuxième volet, c'est le développement des mobilités douces, ce que l'on appelle les mobilités actives, que représentent la marche et le vélo. Ce sont deux plans votés à l'unanimité du Conseil de Paris, le Plan vélo en 2015, le Plan marche en 2016, avec 150 millions d'euros investis sur le vélo sur la mandature pour développer cette pratique, et vous le voyez encore récemment avec l'ouverture de la nouvelle piste cyclable de la rue de Rivoli, un visage et un paysage urbains qui se transforment.

C'est aussi, troisième point, le développement d'autres usages de la voiture, avec le soutien apporté au dispositif de covoiturage que nous expérimentons d'ailleurs pour les agents de la Ville de Paris.

En lien avec mon collègue Emmanuel GRÉGOIRE, nous avons porté un projet de délibération en ce sens pour le plan de déplacement de l'administration parisienne. Ce sont les solutions d'autopartage avec Autolib', bien évidemment, mais aussi avec le service de véhicules partagés. Nous agissons sur un autre levier qui est : agir sur la qualité du parc roulant. Paris a été la première ville de France à mettre en place une zone de circulation restreinte en 2015, avec un accompagnement des particuliers et professionnels pour leur permettre de se doter de véhicules moins polluants.

Paris, pionnière sur les mobilités partagées. Autolib', ce sont 100.000 abonnés aujourd'hui. Vélib', même s'il connaît des difficultés, ce sont encore 140.000 abonnés aujourd'hui.

Le résultat de tout ceci, c'est une qualité de l'air qui s'améliore à Paris. Le rapport Airparif de la qualité de l'air en 2016 montrait que nous étions au rouge, nous passons à l'orange. Il nous faut désormais passer au vert. Cela nécessite de poursuivre l'action forte et volontariste menée par la Ville de Paris. Paris est pionnière en la matière. Nous avions d'ailleurs initié cette première zone de circulation restreinte à l'échelle de Paris, et désormais la Métropole du Grand Paris va nous emboîter le pas, puisqu'elle étudie la possibilité d'une zone de circulation restreinte métropolitaine.

Paris se transforme. La qualité de l'air s'améliore à Paris. Il y a encore beaucoup à faire. Il y a encore des difficultés passagères que l'on ne peut nier ni réduire.

Pour conclure, je vous dirai que la transformation du visage de Paris que nous voyons, c'est la meilleure preuve que notre action porte ses fruits.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Christophe NAJDOVSKI. Merci d'avoir rappelé que 80 %... Vous n'avez pas dit ce chiffre, mais avez parlé des projets de délibération votés à l'unanimité, notamment sur le Plan vélo ou le Plan piéton que nous avons votés ici même, et qui rejoignent 80 % des projets de délibération votés à l'unanimité dans cette Assemblée.

Mme Florence BERTHOUT, maire du 5e arrondissement. - Formidable ! Extraordinaire !

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci de l'avoir rappelé. Monsieur VESPERINI, vous avez deux minutes pour reprendre éventuellement la parole.

M. Christophe GIRARD, adjoint. - En tout cas la majorité.

M. Alexandre VESPERINI. - Je vais être très court, devant un tel numéro d'autosatisfaction, je suis sans voix. Je vous donne rendez-vous en 2020. Les Parisiens auront un jugement différent de ce qui vient d'être dit, qui ne correspond pas vraiment à la question que j'ai posée. Cela nous confirme dans le clivage qui existe toujours dans cette Assemblée.

Je le regrette, mais j'en prends bonne note comme tous mes collègues.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - J'espère que je vous reverrai avant 2020, car vous avez tout de même à siéger dans cette Assemblée, et on aurait du mal à se passer de vous.