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Conseil Municipal
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2018 DDCT 20 - Subventions (550.900 euros) et conventions à 140 associations pour le financement de 180 projets dans les quartiers "politique de la ville" parisiens. - Première enveloppe 2018.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2018


 

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Nous examinons à présent le projet de délibération DDCT 20 et l'amendement technique n° 135. Il s'agit de subventions et de conventions à 140 associations pour le financement de 180 projets dans les quartiers "politique de la ville" parisiens. Il s'agit de la première enveloppe pour l'année 2018 et la parole est à Mme Marinette BACHE.

Mme Marinette BACHE. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, loin de certaines caricatures, ce projet de délibération démontre le dynamisme de nos quartiers populaires, l'investissement de leurs habitants, de leurs milliers de bénévoles qui agissent en concrétisant la solidarité et le vivre-ensemble.

Notre Municipalité constitue un fort appui pour les associations. En 2017, ce sont 1.332.000 euros qui ont été consacrés aux associations de ces quartiers et, avec ce vote, ce sera plus d?un demi-million d'euros en soutient à 180 projets et 140 associations. Mais ce projet de délibération montre également l'appui extraordinaire à nos politiques publiques d'entraide et de solidarité que constitue pour notre Ville le tissu associatif parisien.

J'insisterai sans être exhaustive sur cinq axes.

Premier axe, de nombreuses actions sont menées pour lutter contre le décrochage scolaire. Nous savons que l'école aujourd'hui, après une multitude de réformes, n'offre pas les mêmes conditions d?apprentissage aux enfants ayant des conditions de vie et familiale difficiles qu'aux autres. La solidarité parisienne pallie ce manque. Il s'agit de mettre les jeunes en difficulté à niveau, de leur offrir de bonnes conditions de révision et d'étude et d'aide à l'orientation. Il s'agit également de prévenir les difficultés et les conduites à risque. L'interaction entre le milieu associatif et les collèges ne cesse ainsi de progresser. Avec l'accord de nombreux principaux, des associations agissent en partenariat, voire au c?ur même des établissements.

Le collectif d'aide aux familles matrifocales, monoparentales et migrantes du 20e bénéficiera ainsi de 7.000 euros pour la réussite scolaire et éducative des enfants du Bas-Belleville et pour prévenir les conflits école/famille du quartier Mouraud. Et l'association "Socrate", toujours du 20e, recevra 2.000 euros pour l'accompagnement du bénévolat, de lycéens afin de prévenir le décrochage scolaire des élèves de primaire et des collégiens.

Le deuxième axe, c?est l'importance du développement du lien intergénérationnel. Nous le constatons à l'investissement des seniors dans le tissu associatif mais également dans de nombreux projets que porte notre Ville : des ressourceries et accorderies en passant par les rencontres entre enfants de primaire et maisons de retraite. L'investissement des seniors est conséquent et il est normal qu'il soit soutenu. Je souligne la subvention à l?U.N.R.P.A. particulièrement active et porteuse de cette solidarité et à "Citoyennes Interculturelles" qui a eu la bonne idée de concrétiser ce lien par le biais d'ateliers de cuisine pour le plus grand plaisir des plus jeunes.

Troisième axe, l'égalité femmes/hommes et la lutte contre les discriminations. C'est un axe majeur de notre Municipalité. Il est porté ici de façon transverse, de la mise en place de groupes de discussion d'enfants à l'accès au droit en passant par l'apprentissage du français. "Les Fripons" ont réalisé des reportages radio contre les discriminations au sein du collège en R.E.P. Pierre Mendès France et "FC Paris" vise à transmettre la culture d?égalité filles/garçons et à déconstruire les préjugés sexistes.

Quatrième axe, de nombreuses initiatives ?uvrent à l'intégration et à l'accès au droit pour toutes les générations : lutte contre l'illettrisme, maîtrise de l'expression orale, permanence d'écrivains publics, soutien aux démarches administratives. "Les Faiseurs de Scènes", ainsi, soutiennent l?expression orale et permettent l'accès à la culture pour des enfants qui en sont éloignés. Quant à "Elle tourne la page", elle met en place des ateliers d'écriture avec les primo-arrivants, elle donne la parole aux ados en valorisant leur histoire familiale et collective afin de tisser des lieux entre leur culture d'origine, celle de leur famille, et leur culture d'adoption. L?idée est excellente car elle peut aider à la résolution de la crise identitaire - parfois violente - de nombreux adolescents qui comprennent que leur spécificité est aussi d'être ce trait d'union et que ce n'est pas en le niant mais en l'affirmant qu'ils s'épanouiront, aideront à l'imbrication des cultures et se sentiront pleinement citoyens.

Je terminerai par la fracture numérique. De plus en plus de services publics nationaux assument de moins en moins l'égalité d'accès au service public pour tous et utilisent leur plateforme numérique non pas pour adapter l?offre aux besoins mais pour adapter la demande à l'offre tout en complexifiant le contact et les moyens de recours. De nombreuses associations aident à l'amélioration des relations entre institutions et usagers, comme les médiateurs et les médiatrices du 20e et le garage du numérique.

Je vous invite, vous l?avez compris, à manifester votre soutien à ces divers projets en votant ce projet de délibération.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci, Marinette BACHE. Pour vous répondre, je donne la parole à Mme Colombe BROSSEL qui, j'en suis sûr, abondera dans le même sens.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe. - Ce serait même désarmant si je ne le faisais pas, cher ami. Je vous invite à voter contre ce projet de délibération, pour créer un effet de surprise?

Merci beaucoup, Marinette BACHE. En vous écoutant, je me disais qu'il faudrait que l'on arrive à convaincre l'ensemble de ceux qui dénigrent la politique de la ville, qui expliquent que tout cela n'a aucune utilité. Il aurait juste fallu faire en sorte qu'ils puissent vous écouter. Je ne sais pas comment, mais on enverra le "replay".

Mais oui, c'est cela nos quartiers populaires, c?est cela, l'énergie des associations parce que nous parlons des associations mais de tous ceux qui y vivent, s'y impliquent et y travaillent. Merci de cet hommage parce que, finalement, ce n'est pas si courant.

Ce projet de délibération, vous le connaissez, mes chers collègues, c'est la première enveloppe de subventions aux associations qui ont donc répondu à l?appel à projets "politique de la ville" pour 2018 et cette première enveloppe regroupe soit des projets récurrents qui n'ont pas encore trouvé de points de financement dans le droit commun, soit des projets nouveaux car nous veillons tous les ans à accompagner entre 10 et 20 % de projets nouveaux.

Il nous faut évidemment continuer à développer des projets nouveaux, parce qu'ils permettent de répondre à des problématiques qui émergent dans nos quartiers, de pouvoir y associer encore plus, encore mieux les habitants, parce que rien ne peut se faire sans eux.

Vous l'avez souligné par votre intervention, de nombreux domaines sont concernés par ces projets : le sport, l'accompagnement à la scolarité, la culture, l'embellissement du cadre de vie, la création de liens sociaux dans les quartiers, et ils ont finalement tous pour point commun l'amélioration de la vie des habitants dans les quartiers populaires et la lutte contre les inégalités.

Je profite de l'occasion qui m'est donnée pour vous dire que nous avons fait passer devant cette Assemblée des conventions pluriannuelles d'objectifs, nous nous y étions engagés, pour 31 associations qui interviennent dans les quartiers populaires, pour un montant de plus de 800.000 euros. Ceci veut donc dire que nous allons continuer à stabiliser les financements pour ces associations et à leur simplifier la vie.

Nous travaillons sur une liste de 33 nouvelles associations. Nous travaillons avec les mairies, les cabinets des adjoints de mes collègues, et nous avons bonne ambition, merci, Monsieur GUICHARD, de pouvoir présenter tout ceci au Conseil du mois de juin.

Si je dis ceci, c'est aussi parce qu'il est évidemment nécessaire et encore plus depuis cet été que le tissu associatif dans les quartiers populaires a été fragilisé par la diminution du nombre d'emplois aidés et de leurs modalités de prise en charge ; que nous vivons dans des périodes d'incertitude sur le BOP 147. Avis aux connaisseurs, le BOP 147, c'est très anecdotiquement l'engagement financier de l'Etat dans les quartiers "politique de la ville". Arriver à travailler, consolider, stabiliser nos propres modes de financement pour les associations dans les quartiers populaires, c'est évidemment une nécessité. C'était le sens de l'appel de Grigny que nous avions porté avec des associations, des habitants, et des maires au tout début de l'année. C'est le sens des alertes que nous continuons de passer. Je vous annonce d'ores et déjà que nous nous retrouverons au gymnase Japy le 12 avril pour continuer à porter haut et fort la parole, les revendications et les propositions de l'ensemble des acteurs dans les quartiers populaires. Rendez-vous donc le 12 avril à Japy.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Je mets donc aux voix, à main levée, l'amendement n° 135 de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

L'amendement n° 135 est adopté.

Maintenant je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DDCT 20 ainsi amendé.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération amendé est adopté. (2018, DDCT 20).