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Mars 2018
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2018 DU 102 - Maine-Montparnasse (6e, 14e, 15e). - Lancement du projet urbain. Vœu déposé par le groupe LRI relatif à la concertation et l'information du public.

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2018


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Nous passons maintenant au projet de délibération DU 102, les amendements nos 221, 222, 223 et le v?u n° 224 qui sont rattachés. Il s?agit du quartier Maine-Montparnasse, le lancement du projet urbain. Eric AZIÈRE, vous avez la parole.

M. Eric AZIÈRE. - Merci, Monsieur le Maire.

Maine-Montparnasse, quel beau quartier, quartier qui constituait en 1970 la plus vaste opération d?urbanisme de Paris et qui devait préfigurer à l'époque la modernité des quartiers d'affaires, le confort et la luminosité des grands ensembles.

Les temps changent, nous voici dans le nouveau monde mais l'urbanisme reste. Cet urbanisme-là souffre depuis longtemps d?un mal qui touche souvent les prophètes de la modernité. Montparnasse devait préfigurer l'avant-garde de l'an 2000 et, 20 ans après, il était déjà démodé.

En revanche, l'objectif de faire du quartier Maine-Montparnasse une nouvelle centralité urbaine, un nouveau c?ur de Paris, est, lui, un succès puisque ce sont 265.000 mètres carrés de bureaux, 90.000 mètres carrés de logements, 150.000 mètres carrés de parkings et autant de commerces et d'équipements qui ont été construits, engendrant sur ce quartier une nouvelle attractivité.

Aujourd'hui, cette attractivité est à revoir. Après avoir soutenu et autorisé la rénovation du centre commercial Gaîté et le rhabillage de la tour, vous nous proposez aujourd'hui d'autoriser, de lancer un concours d'urbanisme pour la rénovation de l'îlot Maine-Montparnasse qui s'étend donc de la tour à la place du 18 juin 1940. Je vous dis tout de suite que nous y sommes favorables.

Il va falloir dans ce projet, évidemment, éviter de retomber dans l'utopie de modernité qui a frappé déjà ce quartier et qui caractérisait d'ailleurs l'urbanisme de l'époque, mais bien rechercher, modestement mais durablement, une insertion paysagère exemplaire, dans un environnement urbain et architectural complexe, pour ceux qui connaissent un peu le quartier.

C'est pour cette raison que notre groupe est favorable au recours à l'appel à projets, qui avait fait défaut à l'époque et qui, d'ailleurs, fait défaut à d'autres aménagements emblématiques dans le 14e arrondissement. On aurait aimé par exemple que la Z.A.C. "Saint-Vincent-de-Paul" fasse l'objet d'un concours de même nature, suscitant des propositions plus audacieuses, plus variées par rapport au projet actuel. On l'a dit ce matin, évidemment sur les voies sur berges, la méthode de l'appel à projets sera en tout état de cause, je crois, dans ce quartier, un gage de qualité et de diversité des propositions. C'est donc une procédure que nous soutenons.

En termes de programmation, la fonction commerciale de ce quartier a été confirmée par l?agrandissement des surfaces commerciales, celle du centre Gaîté à 30.000 mètres carrés et celle de la gare Montparnasse à 19.000 mètres carrés. Je crois qu?il faut l'assumer en tant que tel.

C'est pourquoi nous demandons, par un amendement, que le projet comprenne, par contre, la programmation d'un espace de logistique urbaine adapté aux besoins de livraison engendrés par cette densité commerciale. Aujourd'hui, les 350 mètres carrés de places de livraison du centre commercial Gaîté-Vandamme ne suffiront pas. Les riverains de la rue Vercingétorix sont inquiets et ont déjà été, d'ailleurs, impactés par ces problèmes de logistique. Donc, il nous semble que la densité commerciale, aujourd'hui, doit susciter une autre conception de l'espace logistique.

Cette densité commerciale, d'ailleurs, il nous semble aussi qu'elle doit être assumée par la Ville. On va avoir pratiquement, au bout du compte - si je ne me trompe pas - entre 80.000 et 90.000 mètres carrés commerciaux. C'est quand même considérable. Ce sera le plus gros centre névralgique d'attractivité commerciale au Sud de Paris. Il faut, pour cela, veiller à un certain équilibre des usages commerciaux, mais aussi des usages culturels ou récréatifs. Nous soutiendrons le v?u en ce sens, avec la méthode de programmation.

Cette fois, les travaux : l'enjeu principal pour la Ville est d?en limiter l'impact. Nous avons préconisé, lors de nos précédentes interventions, que l'information soit sensiblement améliorée. Nous soutiendrons donc logiquement tous les v?ux visant à une amélioration de l'information, de la communication et de la concertation. Ce chantier va durer une dizaine d?années. Les habitants devraient pouvoir se satisfaire, au bout du compte, j?espère, d'une valorisation de ce quartier.

Je souhaite terminer sur deux inquiétudes.

La première, c?est qu?il est urgent que l'atelier Montparnasse se penche sur la restructuration du pôle d'échange de transports en commun. Avec 85.000 entrants par jour, la station Montparnasse est la quatrième station la plus fréquentée en termes de métro. Cela va s'accroître encore sous l'effet du passage de 200.000 à 300.000 voyageurs par jour supplémentaires dans la gare S.N.C.F.

Aujourd'hui, je vous signale, une fois de plus, avec les quais et espaces de circulation des métros 4, 6, 12 et 13, que l'on est déjà totalement saturé aux heures de pointe. Il faut absolument repenser ces espaces. Il y a là un signal d'alarme que je tire en permanence, que je voudrais continuer à tirer, que je voudrais que l'on entende.

La deuxième inquiétude, et je termine, porte sur le projet de fermeture du tunnel de l'avenue du Maine qui doit faire l'objet d'une étude d'impact sérieuse sur les reports de circulation sur les rues Froidevaux, du Commandant-Mouchotte, la place de Catalogne, le boulevard Montparnasse. La maire du 14e me relaiera sans doute dans cette préoccupation de réorganiser les flux de circulation dans le 14e entre Montparnasse et la porte d'Orléans.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Il va falloir conclure, Monsieur AZIÈRE.

M. Eric AZIÈRE. - J'ai terminé. Voilà.

Si ces points de vigilance et d'inquiétude font l'objet d'une attention de la Ville, nous serons ravis d'accompagner ce projet jusqu'à son terme. Je pense que c'est un très beau projet pour Paris à condition de le mener avec intelligence et pertinence.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

Jean-Pierre LECOQ.

M. Jean-Pierre LECOQ, maire du 6e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, le projet de délibération que nous examinons maintenant est un projet de délibération essentiel qui aurait dû, selon moi, figurer à une toute autre place dans l'ordre du jour de notre séance. Alors qu?il va impacter peut-être tout l'urbanisme de la Rive gauche de Paris - nous allons voir de quelle manière -, que son appareil commercial cumulé avec celui de la gare Montparnasse et de l'îlot Gaîté va approcher les 100.000 mètres carrés, que l'on évoque la venue, dans cette deuxième opération d'enseignes très agressives, d?un grand quotidien du soir, à parler d'un hypermarché "Leclerc" de 4.500 mètres carrés de surface de vente, cette opération, située à la lisière des 6e, 14e et 15e arrondissements, passe en fin de séance, à une heure tardive, lors d'une journée de grève où l'ensemble des personnels de notre Assemblée a pour souhait légitime de regagner ses pénates.

Deux raisons, me semble-t-il...

Pardon ?

Deux raisons sont, me semble-t-il, à l'origine de cette opération de relégation, dont son auteur ne se vantera pas mais dont il aura l'entière responsabilité. La première d'entre elles est le retard considérable déjà enregistré par cette opération, et notamment par sa pièce maîtresse, le centre commercial Montparnasse.

Alors qu?il y a deux ans, votre adjoint à l'urbanisme annonçait, lors des premières réunions de l'atelier Montparnasse, que l'objectif de la Municipalité était de voir ce centre totalement reconstruit pour les Jeux olympiques de 2024, quelle n'a pas été notre stupeur de constater, lors d'une nouvelle réunion convoquée il y a quelques semaines, que cet objectif était totalement abandonné - on parle maintenant de 2028, 2030, pourquoi pas les calendes grecques ? - et que l?esquisse du futur centre commercial qui avait fait l?objet de plusieurs maquettes qui nous avaient été présentées lors de cette première réunion, n'aurait donc plus lieu d'être. Je m'en suis ouvert auprès de Jean-Louis MISSIKA, mais celui-ci semblait n?avoir aucun souvenir, ni de la date de la réunion initiale, ni de son objet.

Aussi, je vois une seconde raison moins glorieuse, mais plus vraisemblable : la Ville étant incapable de se mettre d'accord sur un projet cohérent du fait des dissensions qui minent sa majorité municipale, elle préfère, à travers ce projet de délibération, lancer cet appel à projets urbains en laissant libre cours à toutes les initiatives. Certes, vous assortissez cet appel à projets d'un certain nombre de considérations cosmétiques repeintes en vert criard, mais vous n'interdisez rien, ce qui veut dire que nous pouvons nous retrouver avec 4 ou 5 tours de 40 étages entre la rue de Rennes et la gare Montparnasse. Voilà la réalité de cet appel à projets.

La Ville ne fournissant aucun cadre, n?exigeant aucune limite, nous pouvons nous retrouver demain à arbitrer entre des projets comportant de nombreuses tours. Pourquoi pas, diront certains ? Mais à la Ville d?assumer ses choix plutôt que de les masquer derrière un appel à projets hypocrite et flou.

D'ailleurs, non seulement cet appel à projets est imprécis, mais il est également dénué de tout réalisme. Vous ne citez même pas - Eric AZIÈRE l'a dit tout à l'heure - la création d?espaces de logistique urbaine, tout en prônant la fermeture du tunnel de l?avenue du Maine, ce qui aurait pour conséquence de renvoyer sur toutes les rues adjacentes et jusqu'à la rue de Rennes, une grosse partie de la circulation entrante de l'avenue du Maine.

Initialement, dans la première esquisse, le nouveau centre commercial figurait sur les plans ainsi qu?un immeuble abritant les logements. Nous n'avions évoqué que de façon résiduelle l'arrivée d?un ou deux immeubles de 30 étages. Il est vrai qu?à cette époque, une candidate aux élections municipales prônait la destruction de la tour Montparnasse.

Vous êtes-vous sentis obligés de lui répondre en permettant à la tour Montparnasse d?enfanter 3 ou 4 tours secondaires, ou avez-vous d'autres priorités, comme celle d'empocher, en 2022 ou en 2023, le maximum de droits à construire à un moment où le budget de la Ville sera fortement sollicité par les Jeux olympiques ?

J'ajoute qu'outre ce très grand flou sur le projet urbanistique, nous sommes également dans l'expectative devant l?amoncellement de surfaces commerciales prévues dans ce secteur. Ce sont, en effet, 100.000 mètres carrés de commerces qui peuvent être construits, dont sans doute près de la moitié sur la dalle. Rappelons qu?"Unibail", partenaire bien connu de la Ville - des Halles à la tour Cristal - a réussi à faire passer le centre commercial de l'îlot Gaîté de 15.000 à 40.000 mètres carrés, ce qui est absolument considérable.

Mes chers collègues, le retard que nous constatons aujourd'hui est dommageable pour ce secteur, ses riverains et habitants, dommageable pour l'appareil commercial actuel existant dans les 6e, 14e et 15e arrondissements. Il ne l'est pas pour "Unibail" qui aura, ainsi, le temps de développer son nouveau centre commercial Gaîté et, ainsi, de gagner des parts de marché.

En réalité, mes chers collègues, aujourd'hui, rien n'est joué pour le centre commercial à créer au pied de la tour. On pourrait même imaginer, dans une conjoncture dépressive, post-J.O., qu?il soit en rétraction sensible.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Il va falloir conclure.

M. Jean-Pierre LECOQ, maire du 6e arrondissement. - Vous l?aurez compris, Madame la Maire, je suis extrêmement dubitatif sur ce projet urbain mal ficelé, laissant libre cours à toutes les déviations urbanistiques et commerciales. A deux ans de votre fin de mandat, en raison de cette opération qui nécessitera beaucoup d'informations et d'explications - et c'est la raison du v?u que nous présentons avec le maire du 15e - vous introduisez, avec ce projet de délibération, beaucoup de flou dans ce quartier de la Capitale.

Montparnasse vaut beaucoup mieux que cet appel à projets ouvert et sans saveur.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

Pascale BLADIER-CHASSAIGNE.

Mme Pascale BLADIER-CHASSAIGNE. - Monsieur le Maire, merci beaucoup.

Ce projet urbain, comme l'ont dit mes prédécesseurs, concerne un secteur situé au c?ur des 6e, 14e et 15e arrondissements, qui constitue l'un des territoires les plus actifs de la Capitale. C?est un quartier qui dispose d'atouts majeurs liés à sa situation géographique : une offre remarquable en matière de transports, une densité d?emplois très élevée ou encore une activité de commerces exceptionnelle.

Réalisé maintenant depuis près de quarante ans, l?actuel visage du site n?est plus en phase avec les usages actuels, les problématiques de notre époque et les politiques publiques en matière de mobilité. Le repenser et le reconcevoir est une priorité absolue. C?est pourquoi ce projet urbain, visant à fédérer les initiatives publiques et privées, s?impose aujourd?hui comme une évidence. C?est une excellente chose et nous ne pouvons que nous en réjouir.

Tout d?abord, les travaux de la gare, qui sont déjà bien engagés, avec la nouvelle ligne à grande vitesse absolument nécessaire pour accueillir les 80 millions de voyageurs attendus en 2020.

La tour Montparnasse ensuite, ayant à son sommet, comme le veut la formule, la plus belle vue de Paris - car c?est le seul endroit où on ne la voit pas ! - entrera en travaux en 2019, suite à un concours d?architecture pour une tour plus écologique et plus esthétique. Sa nouvelle physionomie devrait voir le jour en 2024.

Les copropriétaires de la tour CIT enfin ont également lancé un concours avec pour objectif de lui faire un nouveau lifting et de l?adapter aux nouveaux usages, tant pour les entreprises que pour les commerçants de la galerie marchande.

Toutes ces initiatives individuelles vont dans le bon sens et l?engagement de la Ville de Paris pour les harmoniser est à saluer.

Cependant, certaines questions restent en suspens.

Quid notamment de l?échéancier du projet ? Rien n?est mentionné à ce sujet. Quid d?autre part de l?enjeu du stationnement, également non évoqué, dans un secteur pourtant extrêmement dense en flux de circulation de toute nature ? Je n?évoque pas les places de stationnement résidentiel qui nous intéressent somme toute assez marginalement dans ce secteur, mais j?évoquerai là le nombre de places de parking enterrées. En effet, près de 150.000 personnes se rendent chaque jour à la seule gare Montparnasse et on dénombre seulement 6.000 places de parking enterrées aux alentours de cette dernière, autant dire une goutte d?eau. A noter que ces parkings ne sont absolument pas adaptés aux deux-roues motorisés, comme en témoigne leur agglutination boulevard de Vaugirard qui en est totalement saturé. Il faut profiter du lancement de ce projet urbain de grande envergure pour reconsidérer le stationnement des deux-roues motorisés, dont le nombre a considérablement augmenté, notamment en repensant entièrement la problématique des parkings enterrés qui privilégient largement les automobilistes.

En somme, il serait opportun de profiter de ce projet pour assurer un meilleur partage des espaces de stationnement, qu?ils soient publics ou privés.

Pour une harmonisation optimale du projet, il est important que tous les choix, toutes les décisions prises dans le cadre de ce projet Pôle urbain Maine Montparnasse soient soumis aux habitants, commerçants, entreprises et usagers. La concertation doit avoir lieu à tous les niveaux. Les conseils de quartier des arrondissements concernés devront largement se saisir du sujet. Des réunions devront être organisées dans les mairies concernées.

Certes, le projet de délibération précise les différents modes de concertation prévus, mais nous veillerons bien entendu au groupe PPCI à ce que cette concertation soit la plus large possible. Entre les études et la réalisation, il s?écoulera au bas mot une bonne dizaine d?années. C?est la raison pour laquelle nous insistons sur l?impérieuse nécessité d?une réelle concertation à toutes les étapes du projet.

Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci et merci beaucoup d?avoir respecté votre temps de parole, vous êtes la première.

Daniel-Georges COURTOIS.

M. Daniel-Georges COURTOIS. - Merci, Monsieur le Maire.

Comme les précédents orateurs l?ont signalé, nous examinons ce soir un projet extrêmement important qui concerne non seulement de grands acteurs publics et privés, mais les habitants des 6e, 14e et 15e arrondissements, et plus globalement Paris, son image et son attractivité.

Mes chers collègues, cela a été souligné notamment par Eric AZIÈRE, il nous appartient aujourd?hui de réparer les fractures d?une opération réalisée dans les années 1960-1970 et nous pouvons, avec quarante ans de recul, mesurer l?échec d?un urbanisme qui, en son temps, se prévalait d?un modernisme affiché.

Ce projet de requalification du Pôle Maine Montparnasse, qui devrait s?achever au mieux en 2028, viendra s?inscrire dans une trame verte reliant la Petite Ceinture, les berges de Seine et les boulevards des Fermiers généraux, achevant ainsi l?arc vert structurant du 15e, dont le maire Philippe GOUJON poursuit la réalisation avec détermination.

Si les grandes opérations de rénovation de la gare, de la tour ou encore du C.I.T. sont bien sur les rails, il nous aura fallu attendre plusieurs années avant que le projet urbain Maine Montparnasse soit lancé par la Ville, puisque les discussions amorcées en 2014 dans le cadre de l?atelier Montparnasse se sont arrêtées en juin 2015.

Avec plus de deux ans de silence, vous nous présentez aujourd?hui les objectifs poursuivis et les modalités de concertation pour la rénovation d?un quartier qui bénéficie d?atouts incontestables mais souffre également de lourds handicaps : embouteillages, nuisances sonores, pollution, etc.

Compte tenu de l?impact de cet énorme projet qui repose sur la suppression de la dalle et sur la requalification d?un secteur entier, beaucoup de questions doivent être portées au débat que nous souhaitons le plus large possible.

D?abord, il faudra penser les grands enjeux. Quelle image veut-on donner à ce quartier ? Quelles sont les formes de bâti et les hauteurs acceptables ? Mais aussi où doit se situer le seuil de constructibilité autorisée ? Ou encore comment redonner à ce quartier un urbanisme à visage humain ?

Il conviendra aussi de réfléchir aux besoins auxquels devront répondre les nouvelles surfaces construites, à la façon de maintenir une offre commerciale équilibrée et de définir les équipements publics utiles pour améliorer la qualité de vie de nos habitants.

Sur un autre plan, des réponses devront être proposées pour mieux connecter le pôle Montparnasse aux quartiers avoisinants pour améliorer les échanges intermodaux, mais aussi voir comment mieux tirer parti du tunnel de l?avenue du Maine.

D?autres sujets encore devront être débattus. Ainsi, comment faire cohabiter vie de quartier, pôle d?activité et accueil des voyageurs ? Où placer le curseur pour que l?offre de déplacement et de stationnement des deux-roues en particulier soit adaptée à l?évolution du secteur, comme l?a indiqué Pascale BLADIER-CHASSAIGNE ? Comment rendre les espaces publics plus conviviaux, plus lisibles et plus accessibles, notamment pour le jardin Atlantique et les équipements sportifs existants ? Quelles nouvelles formes de végétalisation peut-on enfin développer dans ce secteur dense ?

Pour finir, comment, compte tenu du calendrier de réalisation de cette opération qui s?inscrit dans le long terme, il nous faudra anticiper sur l?évolution et les nouveaux comportements qui se dessinent, qu?il s?agisse des modes de travail, de consommation et de déplacement, afin d?intégrer un maximum de flexibilité et d?innovations technologiques et environnementales dans ce projet.

Ce sont là autant de sujets sur lesquels la concertation et les dialogues compétitifs devront apporter des réponses appropriées. Si tous les grands propriétaires publics et privés seront sur le pont et très consultés et écoutés pour faire aboutir cette ambitieuse opération, nous attendons de l?Exécutif que les réflexions et les propositions de la mairie du 15e, des conseils de quartier, des habitants et des usagers, qui résident ou fréquentent ce secteur particulièrement dense, soient prises en compte et non laissées pour compte.

Au vu de la dimension de ce projet, qui impacte trois arrondissements, nous plaidons pour que la concertation soit élargie. La mairie du 15e entend prendre toute sa place dans ce dispositif et organiser une concertation dédiée sur les enjeux spécifiques à l?arrondissement, dont les conclusions auront vocation à être intégrées dans le cahier des charges qui servira de socle au concours international lancé par la Ville et l?ensemble immobilier Tour Montparnasse.

De même, la mairie du 15e souhaite que soit mis en place un comité de site réunissant les principaux acteurs concernés par ce chantier de grande ampleur.

Puisse cette opération être conduite de façon exemplaire afin de dessiner un projet ambitieux et bien ancré dans le XXIe siècle, qui prenne en compte les impératifs économiques, les exigences environnementales et la qualité de vie des habitants du quartier Maine-Montparnasse.

C?est dans cette optique constructive et vigilante que nous avons émis un avis favorable lors de notre Conseil d?arrondissement du 5 mars. C?est dans le même esprit que nous voterons ce projet de délibération.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

Carine PETIT.

Mme Carine PETIT, maire du 14e arrondissement. - Je pensais que Nicolas BONNET-OULALDJ allait intervenir.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Je vais donner l?ordre : Carine PETIT, Nicolas BONNET-OULALDJ, Hervé BÉGUÉ, Yves CONTASSOT, David BELLIARD.

Mme Carine PETIT, maire du 14e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, c?est un bon point de départ, ce projet de délibération qui lance le projet urbain Maine-Montparnasse. La Ville de Paris prend l?initiative et crée la possibilité et les conditions de travail pour la définition d?une métamorphose urbaine ambitieuse, très attendue, tant attendue pour ce quartier et par ce quartier.

Oui, déjà tant attendue parce que la construction de la tour et sa qualité de construction notamment les matériaux, dont nous connaissons tous les problèmes et les difficultés liées à l?amiante, et l?urbanisme de dalle des années 1970 a très vite engendré de nombreux délaissés dans la gestion urbaine : le développement des transports, aussi, et de la demande en transports - bus, train, T.G.V., deux-roues, vélos - et, toujours, les piétons un peu oubliés de ce très beau et attachant quartier. Le projet d?autoroute urbaine de Pompidou dans les années 1970 avait avorté, en partie seulement, grâce, notamment, à de nombreuses mobilisations populaires, dont le 14e avait fait preuve et qui avait empêché ce projet, auquel finalement Jacques Chirac avait renoncé.

De profondes fractures urbaines marquent aujourd?hui la vie de ce quartier. Ce projet de délibération est donc bienvenu. Il arrive à temps. Pourquoi ? Depuis 3 ans, sa métamorphose est déjà bel et bien engagée. Le centre commercial Gaîté, plusieurs élus parisiens viennent de le rappeler, est en chantier et est porté par Unibail. La gare, aussi, a déjà débuté sa transformation. L?Ensemble Immobilier Tour Maine-Montparnasse a désigné l?équipe d?architectes et d?urbanisme pour la restauration de la tour ; le C.I.T., également.

Ce projet de délibération décide donc d?impulser une dynamique de projet d?imagination sur un périmètre de neuf hectares au c?ur de Paris.

Le cahier des charges, les objectifs généraux sont bons, sont justement exprimés et marquent clairement les enjeux de cette reconquête de l?espace public, qui vise à réparer l?urbanisme de dalle et autoroutier des années 1970.

La Ville met, par ce projet de délibération, tous les acteurs autour de la table. Ils sont de grands et de gros acteurs privés ; ils sont de grands et de gros acteurs publics. Nous allons fabriquer la ville de demain avec des acteurs publics importants, d?importants propriétaires fonciers.

Le processus est enclenché et nous devons, dans cette Assemblée, à compter de ce premier projet de délibération et ce, jusqu?au bout du processus, avoir le souci de l?intérêt général.

Les risques de la surdensité commerciale sont clairement posés dès aujourd?hui ; les risques, aussi, de la spéculation immobilière. La place des habitants et le temps que l?on accorde à leur parole, à leurs réflexion, est tout aussi, et encore plus important ; la bonne définition du périmètre aussi.

C?est le sens des demandes d?amendement que j?ai fait voter en conseil d?arrondissement. D?abord, cela va mieux en le disant ; cela va mieux en l?écrivant ; cela va encore mieux en le votant, d?ajouter le qualificatif ou le contenu de "logements sociaux" à "logement" ; d?ajouter également à "équipement", "équipement d?intérêt général" ; et puis, la rue du Commandant-Mouchotte, qui avait été oubliée des premières opérations urbaines, aujourd?hui, elle est seulement concernée pour la moitié d?un trottoir par le P.U.P. passé avec Unibail sur le centre commercial Gaîté.

A aucun moment, jusqu?au bout de ce processus, qui peut être merveilleux et très ambitieux pour Montparnasse, la puissance publique ne doit fléchir devant des intérêts privés qui ne manqueront pas de grossir.

C?est pourquoi je demande que cette Assemblée vote les demandes d?amendement que j?ai déposées et qui ont été votées par le conseil du 14e arrondissement.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. Nicolas BONNET-OULALDJ.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci, Monsieur le Maire.

D?abord, je soutiens pleinement ce que vient de dire la maire du 14e.

Je pense que la puissance publique a un rôle prépondérant dans une ville où, malheureusement, beaucoup de Parisiens se posent la question s?ils vont pouvoir rester vivre et travailler à Paris. L?aménagement urbain, la maîtrise du foncier, notamment, quand on propose de rajouter des qualificatifs comme "logement social", jouent un rôle très important pour ces Parisiens qui souhaitent rester vivre et travailler à Paris et que l?on doit protéger.

Prévoir un aménagement urbain avec un périmètre large et travailler, avec l?ensemble, à un groupement de commande est une bonne politique, qui permet à la Ville de maîtriser, de coordonner les ambitieux projets sur la tour et la gare, sans oublier le centre commercial, les équipements sportifs, les bureaux et les logements.

Ce quartier est très emblématique de notre Capitale et doit faire l?objet de concertation et de co-construction.

Je dirais trivialement : nous ne pouvons pas nous louper cette fois. Le quartier ainsi aménagé sera une des vitrines du Paris de demain, celui que nous souhaitons.

Cet espace doit conjuguer un des n?uds de transport les plus denses de Paris, des bureaux, des commerces et des logements sociaux. Voilà pourquoi, si nous saluons la logique et les outils mis en place par ce projet de délibération, nous souhaitons que, dès le début dans la concertation qui va démarrer, la plus large possible, aucun des piliers qui font de notre ville une ville vivable, durable, ne soient oubliés.

Mettre en réflexion, tout d?abord, un pôle d?artisanat et industriel de nouvelles générations : nous avons parlé tout à l?heure, d?ailleurs, des "Fab Lab" et de notre conception de l?artisanat, de l?industrie de demain. Ce serait très judicieux dans ce quartier, où artistes et artisans ont longtemps fait bon ménage.

Penser à l?équilibre de l?habitat dans ce quartier, où se côtoient des immeubles bourgeois haussmanniens, mais aussi des constructions plus récentes. Il faut, là aussi, que nous envisagions la mixité sociale de ce quartier.

Enfin, comme l?a voulu notre P.L.U., nous souhaitons des quartiers, voire des immeubles, qui conjuguent la diversité des usages. Si nous voulons le traduire, y compris dans ce quartier, il faut réfléchir aux équipements publics : une piscine, bien sûr ; une salle d?armes, c?est bien. Cependant, nous pensons aux structures de santé et de petite enfance et ce, dès le début du projet, afin que ne soit pas sorti "in extremis" un argument d?autorité, du type "Au prix du mètre carré, mieux vaut valoriser en commerces ou en activités".

Nous avons compris, par l?accueil que vous avez réservé à nos v?ux, à nos amendements, à ceux présentés par le groupe Ecologiste et à ceux présentés par la maire du 14e, que vous souhaitez rester flous sur nos demandes précises en laissant libre le dialogue et la concertation.

Permettez-nous de vous dire que ces sujets doivent être concertés et dialogués car habiter, travailler, se soigner, trouver à portée de main les équipements culturels et sportifs, nous savons aussi en parler avec les habitants, dans la proximité.

On peut mieux convaincre celles et ceux qui craignent l?ampleur d?un chantier, forcément gênant, qui pourrait ne rien leur apporter en matière de services.

Cher Jean-Louis MISSIKA, nous le savons, le diable se cache dans le détail, et nous préférons d?ores et déjà alerter sur des questions ou des remarques qui vous seraient faites.

Voilà pourquoi, sous réserve du sort fait aux deux v?ux que nous proposons, nous voterons ce projet de délibération.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. Yves CONTASSOT.

M. Yves CONTASSOT. - Merci, Monsieur le Maire.

La tour Montparnasse comporte un intérêt certain et unique. Lorsqu?on y est, c?est le seul endroit d?où on ne la voit pas. En effet, cette tour, immense copropriété privée de 290 - j?allais dire "personnes" -, est symbolique d?une architecture hideuse, d?une conception de la ville dont on avait espéré qu?elle soit passée mais dont on constate, malheureusement, le retour, avec cette envie de construire des tours pour ceinturer Paris, tel un château fort. C?est le retour de l?ancien monde sous couvert de pseudo-modernité dans ce domaine, comme de nombreux autres, hélas.

A cet égard, la tour Montparnasse, construite à l?emplacement de l?ancienne gare, déplacée de quelques centaines de mètres, résonne particulièrement en ce jour de mobilisation contre le démantèlement du service public ferroviaire.

Le quartier Montparnasse était, il y a un siècle, un des moteurs culturels de la Capitale mais il a réellement souffert de la brutalité de cet urbanisme, parangon de modernité des années 1970.

Un espace public a été rendu confus, composé d?un dédale de souterrains ; de voirie ; de parkings ; avec un jardin hors-sol, le jardin Atlantique, caché derrière des barres d?immeubles ; un centre commercial massif, dont le mur ferme la perspective depuis la rue de Rennes. Un traumatisme, pour reprendre votre terme, Madame la Maire, qu'il convient de réparer.

Sur ce constat, nous sommes d'accord.

Lors du lancement sur ce chantier de 9 hectares en plein Paris, vous avez annoncé que le projet partenarial entre la Ville et le syndicat des copropriétaires de l'ensemble immobilier Tour Maine Montparnasse renforcera " l'urbanité du site pour que ce quartier retrouve un équilibre et une mixité entre activités économiques, logements et équipements", soit.

Mais n'ayant à ce stade peu, voire pas d'information sur cette programmation, j'ajouterai que ce concours qui portera à la fois sur des espaces publics et des espaces privés devra être l'occasion pour la Ville de faire valoir l'intérêt général.

J'entends par là et sans être exhaustif, la création d'espaces verts, l'engagement de désimperméabiliser les sols autant que possible, la création de logements sociaux, notamment familiaux, mais aussi d'équipements publics, et le fait de faciliter la circulation des personnes et les modes de déplacement doux. Je pense à la place du 18 juin 1940, aujourd'hui entièrement dévolue à l'automobile.

Cela dit, nous sommes également en droit de nous inquiéter quand nous entendons que la programmation sera libre, que les équipes pourront proposer des espaces publics et paysagers, mais aussi la construction de logements ou de bureaux, je cite : "sans se sentir enfermé dans le gabarit haussmannien", pour reprendre des termes prêtés à l'un de vos adjoints dans la presse.

Il est certain que les promoteurs doivent d'ores et déjà se féliciter de cette précieuse liberté.

Pour notre part, cette vaste opération ne doit pas être un immense marché de droits à construire propres à accroître la spéculation immobilière. Nous y serons vigilants.

En espèce, sans garantie sur cet enjeu, voyant qui plus est que la concertation prévue ne s'éloigne pas beaucoup du minimum requis par la loi, à ce stade et sans préjuger de l'avenir, nous nous abstiendrons sur ce projet de délibération, tout en soutenant sans réserve les demandes de la maire du 14e arrondissement .

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

David BELLIARD, c'est bon ?

M. David BELLIARD. - J'étais inscrit, formidable, mais je ne vais pas parler.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Danielle SIMONNET, vous vous êtes retirée, il me semble.

Mme Danielle SIMONNET. - Non, pas sur celle-là. C'est sur la précédente que je m'étais retirée.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Allez-y.

Mme Danielle SIMONNET. - Je serai extrêmement courte. Comme cela a été dit précédemment, je ne vais pas comme l'ensemble de mes collègues refaire la citation de la plus belle vue, puisqu'on ne voit pas la tour Montparnasse, on est vraiment sur un projet extrêmement important où l'on doit réparer les erreurs architecturales et urbanistiques d'hier, des constructions en pleine dalle des années 70.

Ce que je comprends à la lecture du projet de délibération, car n'étant pas du 14e, je n'ai pas participé à toutes les réunions visiblement fort riches que mes collègues des trois arrondissements concernés ont pu avoir, visiblement les échanges dans ces réunions n'étaient pas forcément les mêmes que les échanges dans cette Assemblée...

Je comprends que l'on n'en est encore qu'au début du projet. Ce qui me semble extrêmement important, c'est d'être en capacité d'équilibrer l'ensemble des fonctions de la Ville.

Je comprends bien qu?il y a au point de départ un certain nombre de commerces qui devront être maintenus dans la forme totalement transformée du projet d'aménagement ultérieur. Il faut absolument que tout le réaménagement de ce quartier puisse permettre d'aboutir à un projet équilibré entre ces projets commerciaux avec des intérêts économiques privés, j'imagine, ô combien importants, et les besoins en termes de logements sociaux que nous ne cessons d'exprimer dans cette Assemblée.

Je remercie la maire du 14e qui nous a annoncé qu'elle avait dû bien faire préciser logements "sociaux", c'est essentiel. Idem pour les équipements d'intérêt général, et donc j'entends de service public. Évidemment aussi, les locaux d'activité, qui ne soient pas que des locaux d'ailleurs de bureaux ou de commerces, mais qui puissent concrétiser ce que nous disons sur les "Fab Labs" et sur l'ensemble des innovations, cette fois-ci, qui répondent aux intérêts sociaux et écologiques. J'espère qu'il y aura aussi une réflexion en termes de locaux associatifs et ce genre de chose.

J'espère également que l'on sera bien en capacité de se faire entendre face à de gros groupes comme Unibail, qui ont une sacrée mainmise sur la Capitale. Entre la tour Triangle, le centre commercial les Halles, on a le sentiment, à un moment donné, que Paris est sous une dépendance des intérêts privés extrêmement forte.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Monsieur VESPERINI...

Mme Danielle SIMONNET. - Il y avait quelque chose dans les sandwichs, que je n'ai pas eu ? Car des réactions de certains collègues sont plus?

Quand on parle de la réduction des distances domicile-travail et de la nécessité dans le bassin de vie de cette mixité d'activités entre logements sociaux, commerces, services publics, activités professionnelles, cela doit se traduire dans l'aménagement au pied de cette tour Montparnasse.

On peut terminer par la chanson : "la tour Montparnasse, elle est belle, mais je préfère la Tour Eiffel !".

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Il y a bien, "la tour Montparnasse, elle est belle", amoureux de Paname.

La parole est à M. Jean-Louis MISSIKA.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Merci à tous les orateurs pour la qualité de ce débat. Merci aux intervenants qui ont déposé un amendement.

Je crois que le sujet est un sujet d'importance, et malgré l'heure tardive, je vais essayer de préciser un certain nombre de points concernant la démarche qui a été la nôtre.

D'abord, comme beaucoup d'entre vous l'ont dit, ce quartier est peut-être l'un des quartiers de Paris qui a subi les outrages les plus graves en matière d'autoroutes urbaines, d'urbanisme de dalle, et de ville complètement asservie à la voiture. Il est vrai que la démarche que nous entreprenons aujourd'hui est une démarche de réparation, de réhabilitation consistant à corriger effectivement des erreurs qui ont été commises lors des décennies précédentes.

J'ai eu l'occasion de présenter ce concours aux 3 maires d'arrondissement concernés, ainsi qu?aux groupes politiques.

Il a également été présenté lors d'un événement par la Maire de Paris aux côtés des copropriétaires de l'ensemble de la tour Maine-Montparnasse. Si deux maires d'arrondissement disent la même chose en privé et en public, il y en a au moins un, celui du 6e arrondissement, qui ne tient pas tout à fait le même discours. Chacun fait comme il veut.

Je crois que les grands objectifs de cette consultation sont partagés par tous : retrouver une forme urbaine en îlot, retrouver un espace public praticable pour les piétons. Il est vrai que les trois arrondissements sont séparés par des trémies, par des boulevards extrêmement larges. La vue depuis la rue de Rennes, cette espèce de barre absolument épouvantable que représente le centre commercial est une véritable blessure dans cette ville. C'est pourquoi ce qui est demandé aux urbanistes et aux architectes qui vont travailler dans ce concours, c'est de travailler l'hypothèse d'une prolongation de la rue de Rennes jusqu'à la gare.

Bien évidemment, pour répondre à des questions qui ont été évoquées par Nicolas BONNET-OULALDJ ou Danielle SIMONNET, la mixité fonctionnelle et la mixité sociale seront également des objectifs de cette approche.

Cette transformation de ce quartier s'annonce comme l'opération majeure du Centre de Paris dans les années à venir, en lien bien sûr avec la rénovation de la tour Montparnasse, la transformation de la gare Montparnasse et du bâtiment connu sous le nom de CIT.

Tout cela, bien évidemment, doit converger dans un premier temps à l'horizon 2024, celui des Jeux olympiques. Il est clair que la transformation du quartier ne pourra pas se faire d'ici 2024, une partie de cette transformation aura lieu après l'année 2024.

La particularité de ce site, outre sa taille de neuf hectares en plein c?ur de Paris, c'est l'enchevêtrement des propriétés. C'est pourquoi nous lançons aujourd'hui ce groupement de commandes avec la copropriété "E.I.T.M.M." afin de se mettre d'accord sur un schéma urbain et sa mise en ?uvre, et peut-être de voir comment on peut répartir différemment les espaces publics et les espaces privés.

Ce projet sera long et complexe, nous l'avons dit. Nous avons besoin des meilleures équipes d'urbanistes, d'architectes-paysagistes du monde pour trouver une solution qui convienne à tous et transforme le quartier en profondeur. Quand je dis une solution qui convienne à tous, cela veut dire que, bien évidemment, la concertation doit jouer un rôle essentiel dans le processus que nous allons lancer, concertation qui concerne d'ailleurs pas seulement les riverains, mais également tous ceux qui travaillent et tous ceux qui utilisent la gare Montparnasse. Cela fait pas mal de monde qu'il faudra consulter selon des formes dont certaines doivent être, je crois, innovantes.

Nous allons faire travailler quatre équipes et ensuite choisir un maître d'?uvre qui nous accompagnera pour les années à venir.

Concernant les différents amendements, j'émettrai un avis favorable à l'amendement déposé par Carine PETIT, sous réserve du retrait de la partie sur la distribution d'invitations dans toutes les boîtes aux lettres des trois arrondissements qui nous posent un problème sur le plan juridique. Nous nous engageons toutefois à mener une concertation active dans les trois arrondissements concernés et au-delà car, comme je l'ai dit, beaucoup d'usagers du site ne vivent pas sur place, à la fois sur Internet et en contact direct avec les habitants.

Avis favorable aussi pour le v?u relatif à la concertation déposée par Jean-Pierre LECOQ.

Avis favorable également pour l'amendement déposé par Nicolas BONNET-OULALDJ et les élus du groupe Communiste portant sur l'attractivité artisanale et commerciale du quartier, moyennant un amendement que nous vous avons communiqué.

Enfin, avis favorable pour l'amendement déposé par Eric AZIÈRE et les élus du groupe UDI-MODEM concernant l'inclusion d'un espace logistique adapté au futur projet, là aussi sous réserve d'un amendement car définir, plusieurs années à l'avance, la taille exacte du dispositif me paraît quand même un peu excessif.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

Madame la Maire, acceptez-vous l'amendement proposé par Jean-Louis MISSIKA ?

Mme Carine PETIT, maire du 14e arrondissement. - Oui.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Très bien.

Je mets donc aux voix, à main levée, l'amendement n° 221 ainsi amendé avec un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

L'amendement n° 221 amendé est adopté.

Monsieur BONNET-OULALDJ, acceptez-vous l'amendement sur votre amendement ?

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Oui.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Très bien.

Je mets donc aux voix, à main levée, l'amendement n° 222 ainsi amendé avec un avis favorable.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

L'amendement n° 222 amendé est adopté.

Monsieur AZIÈRE, acceptez-vous l'amendement ?

M. Eric AZIÈRE. - Oui.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Je mets donc aux voix, à main levée, l'amendement n° 223 ainsi amendé, avec un avis favorable.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

L'amendement n° 223 amendé est adopté.

Il n'y a pas d'amendement sur le v?u n° 224.

Je mets donc directement aux voix, à main levée, le v?u n° 224 du groupe LRI avec un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u est adopté. (2018, V. 164).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DU 102 ainsi amendé.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération amendé est adopté. (2018, DU 102).

Mme Colombe BROSSEL, adjointe. - Bravo !