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Mars 2018
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Conseil Municipal
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2018 DAE 79 - Réception du 1er prix du concours "Capitale européenne de l’innovation" de la Commission européenne (1.000.000 euros). Vœu déposé par le groupe PCF-FG relatif au soutien financier des "Fab Labs".

Débat/ Conseil municipal/ Mars 2018


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DAE 79 et au v?u n° 218 qui y est rattaché. Il s?agit de la réception du premier prix du concours "Capitale européenne de l'innovation" de la Commission européenne.

Daniel-Georges COURTOIS, Nicolas BONNET-OULALDJ, Jacques BOUTAULT, Danielle SIMONNET - on verra si elle revient - ou Jérôme GLEIZES ?

Daniel-Georges COURTOIS.

M. Daniel-Georges COURTOIS. - Merci, Monsieur le Maire.

Permettez-moi, tout d'abord, de me réjouir que la Ville de Paris se soit vu décerner ce prix de la capitale européenne de l?innovation 2017 par la Commission européenne. Dans ce cadre, la Ville de Paris va donc animer et fédérer le réseau des villes européennes ayant précédemment reçu ce prix. La Ville de Paris organise, ainsi, déjà, deux événements majeurs prochainement : les "Rencontres professionnelles des mobilités propres" le 9 avril et le "Fab City Summit" les 11, 12 et 13 juillet.

Le sujet de la "Fab City" est donc au c?ur des réflexions à travers la relocalisation de la production en zone dense et le développement des circuits courts. C'est une vision innovante de nos centralités, cohérente avec les enjeux de résilience et de développement durable. Permettez-moi d'ajouter, pour être au complet, que cette réflexion - et c?est le cas - doit être menée avec les villes de la zone dense urbaine autour de Paris qui, de ce fait, peut et doit diffuser ses réflexions et ses expériences innovantes. La Métropole du Grand Paris, avec les 131 communes du territoire métropolitain, est en train, dans le cadre de l?élaboration de son schéma métropolitain d?aménagement numérique, de définir des actions prioritaires sur le sujet de la "Fab City". La Ville de Paris est associée à ces réflexions et y prend une part active. C'est l'occasion, pour moi, de le rappeler et de le souligner. C'est, pour moi aussi, l'occasion de dire que la M.G.P. est prête à participer activement au "Fab City Summit" qui aura lieu en juillet.

Avant de conclure, je voudrais dire quelques mots pour présenter l'initiative "centre-ville vivant" qui est en lien, évidemment, avec le sujet d'aujourd'hui, c'est-à-dire avec l'innovation et la "Fab City", et qui a été lancée en mai 2017 par la Métropole du Grand Paris pour réfléchir avec les maires et les acteurs de la Ville aux modalités d'un soutien aux communes confrontées à la dévitalisation de leur centre-ville, à travers le Pacte métropolitain pour la revitalisation des centres-villes. Ce Pacte sera accompagné d?un financement de la M.G.P. à hauteur de 5 millions d?euros en 2018, d'un appel à manifestation d'intérêt centre-ville vivant s'adressant aux communes du territoire et d'un observatoire des centres-villes permettant, entre autres, de recentrer les initiatives locales innovantes - mobilité intelligente, économie circulaire, logistique du dernier kilomètre -, de les analyser et de les diffuser.

Pour conclure, mais ce n'est pas une surprise compte tenu de ce que je viens de dire, nous voterons, bien sûr, ce projet de délibération ainsi que celui concernant une subvention à l'association "Fab City Grand Paris".

(Mme Colombe BROSSEL, adjointe, remplace M. Mao PENINOU au fauteuil de la présidence).

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup.

La parole est à Nicolas BONNET-OULALDJ.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, comme cela a été dit par le précédent orateur en novembre dernier, la Tour Eiffel a accroché un nouveau ruban à son revers. Ce n'est pas le ruban de la Caisse d'épargne comme hier soir - d'ailleurs, que nous regrettons -, mais c'est le ruban du premier prix de la capitale de l'innovation 2017 décerné à Paris par la Commission européenne, prix qui s'élève à hauteur de 1 million d?euros. Ce prix vient saluer l'engagement de la Ville pour la relocalisation de la production en centre-ville et pour la transformation de la capitale en "Fab City".

Vous le savez, je suis particulièrement attaché à ces questions. La relocalisation de la production à Paris est une manière de penser la ville autrement pour répondre aux enjeux sociaux et environnementaux de notre temps. De nombreux créateurs, designers, architectes, étudiants, ingénieurs, artisans, agriculteurs urbains, innovateurs, constituent un pan important du tissu local productif de notre ville. Ils sont les maillons d'une économie circulaire et collaborative. Aujourd'hui, les "Fab Labs" - ateliers collaboratifs de fabrication citoyenne - catalysent la diffusion accélérée de l'innovation. Ils peuvent être considérés comme un laboratoire du changement social préfigurant une autre façon de vivre, de travailler, de produire, en rompant avec la production de masse.

La Ville de Paris soutient les "Fab Labs" et l'innovation avec l'aide à l'incubation, à l'implantation et au développement de projets d'entreprises. Ce soutien financier est indispensable pour aider les acteurs économiques. Cependant, de nouvelles questions se posent : quelle est la nature et la pérennité de leur modèle économique encore à construction ? Quelle peut être leur place et leur rôle dans le tissu socio-économique et l'occupation de l'espace urbain ? Comment prendre en compte leur dimension pédagogique de transmission des connaissances pour ouvrir la perspective d'une éducation populaire concrète ? Les "Fab Labs" sont aujourd'hui à la croisée des chemins. Ils peuvent participer à cette "start-up nation", vantée par Emmanuel MACRON, celle de l'ubérisation, de l'individualisation des salariés et du travail à la tâche. Les grandes entreprises lorgnent sur le potentiel de ces "Fab Labs" et voudraient les instrumentaliser pour les intégrer à leur schéma de profit immédiat.

Les "Fab Labs" peuvent, à l'inverse, proposer une réponse reposant sur le partage, la mutualisation, le travail collaboratif et le fonctionnement en réseau. Vous comprendrez que je penche pour cette solution. Aussi, je souhaite, par un v?u, que le million d?euros reçu de la Commission européenne puisse être utilisé pour soutenir cette nouvelle économie et penser la ville dans une dynamique de "Fab City". Il s'agit d'orienter cette somme vers le soutien aux "Fab Labs" et aux nouvelles formes entrepreneuriales coopératives. Il s'agit de lever les freins qui pourraient s'opposer à l'implantation durable de la "Fab City" pour répondre aux enjeux sociaux et environnementaux que connaît notre ville. Les "Fab Labs" s'appuient sur le développement des circuits courts qui leur permettent une autonomie en termes de fabrication, mais aussi en termes d'énergie et d'alimentation.

A l'échelle de la Métropole, cela signifie la mise en ?uvre d'une réelle économie circulaire et de sortir du triptyque "produire, consommer, jeter". Nous pouvons rompre avec la production de masse pour aller vers une démarche de production à la demande, où les "Fab Labs" permettent le prototypage et la fabrication en petites séries.

C'est pourquoi il faut penser d'urgence des politiques publiques volontaristes de soutien au mouvement des "Fab Labs", qui garantissent leur indépendance et les principes d'économie collaborative qui sont au c?ur de leur philosophie. Il y a plusieurs leviers d'action très concrets que les politiques publiques peuvent mettre en ?uvre. Le premier levier est sans doute celui du foncier. Agir sur le foncier est l?une des prérogatives de notre politique qui, dans ce cas, peut être une aide précieuse pour soutenir les "Fab Labs".

Je terminerai par un enjeu qui peut paraître plus éloigné, mais qui, pour nous, groupe Communiste, est essentiel : celui que j'ai appelé "l'éducation populaire et la transmission de valeurs". Les notions de partage, de collectif, d'"open source", d'"open data", d'économie collaborative, sont, en effet, constitutives de la naissance même du développement des "Fab Labs" et s'inscrivent directement en contradiction avec la compétition et la concurrence. En ce sens, le "Fab Lab" peut devenir un lieu d'éducation populaire. Il peut apprendre à faire ensemble la démarche ludique, concrète, constructionniste. Il peut devenir un vrai apport pour l'apprentissage, l'appropriation du numérique, singulièrement en direction des classes populaires et des quartiers populaires de notre ville.

Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup.

La parole est à Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Mes chers collègues, ce projet de délibération nous demande, finalement, si l'on accepte ou pas que la Ville reçoive un million d?euros pour ce premier prix du concours "Capitale européenne de l'innovation 2017". J'ai du mal à voir qui pourrait voter contre ce projet de délibération.

Je tiens évidemment à dire que cette réception du prix marque tout un travail derrière. Monsieur Jean-Louis MISSIKA, vous savez à quel point je peux être en désaccord avec bon nombre de choses que vous avez pu porter dans cette mandature, mais je dois reconnaître que ce prix? Quelque part, votre contribution a sans doute été déterminante. Pour autant, on doit pouvoir toujours débattre de cela.

Première chose, cela vous fera sans doute sourire, mais je trouve que l?Union européenne, si elle souhaite encourager l?innovation, devrait d?autant plus contribuer à aider ceux qui ont le moins de capacité matérielle et financière pour pouvoir y contribuer. Il y a toujours quelque chose d?assez étrange où on va donner 1 million d?euros finalement à la Capitale qui, comparée à d?autres villes, aurait sans doute moins de difficultés.

J?aurais trouvé intéressant que des villes européennes en très grandes difficultés, dans lesquelles il y a pour autant face à la crise sociale et écologique des capacités d?innovations énormes faites par des collectifs de citoyens - je pense à énormément de démarches de coopératives dans un certain nombre de villes en Grèce - mériteraient d?avoir justement l?intérêt de l?Union européenne. Mais précisément l?Union européenne les a mises dans cette situation et ne va pas chercher à les y aider.

Ceci étant dit, on reçoit ce prix. Ce que je trouve dommage, c?est que dans le projet de délibération, et je vous le dis et le redis, on n?arrive pas encore à bien sentir concrètement quelles sont les innovations concrètes qui ont été réalisées sur notre Capitale. Je pense qu?il y a un vrai déficit pour rendre vivant, compréhensible, palpable par les citoyens et le citoyennes, les Parisiennes et Parisiens.

Je me suis amusée à demander à différents élus qu?ils me citent des innovations dont ils étaient fiers et qui, selon eux, ont justifié l?obtention de ce prix. Ils étaient bien souvent incapables de me répondre. C?est tout de même qu?il y a un problème.

Maintenant, concrètement, il faut absolument qu?il y ait un autre débat dans une prochaine séance du Conseil de Paris pour que l?on puisse collectivement délibérer des critères qui permettront l?utilisation de ce million d?euros. Il n?a pas vocation à rentrer simplement dans les finances de la Ville et doit absolument être orienté dans la poursuite des innovations.

Mais le terme innovation veut tout dire et rien dire. On peut innover dans le pire sens. On a pu voir des débats auparavant où nous étions en désaccord. Je vois Jérôme GLEIZES qui se prépare à intervenir après moi. Combien de fois nous sommes intervenus contre tout ce qui était "Finance Innovation", des projets tous plus contraires à l?intérêt général les uns que les autres. Puis il y a d?autres domaines, à partir du moment où on répond à des besoins sociaux et à des exigences écologiques qui sont tout à fait pertinentes.

Le groupe Communiste présente un v?u concernant les "Fab Lab". Concrètement, l?innovation, quand elle se fait dans un cadre à la fois coopératif, solidaire, avec une démarche d?éducation populaire, une volonté en circuit court, bien souvent aussi en adéquation avec l?économie circulaire, c?est-à-dire transmettre des savoirs, partager et mutualiser des supports technologiques, on est là sur des capacités d?innovations qui sont fort intéressantes et fort pertinentes.

Il faut absolument que l?on définisse des critères. Bien souvent, tout le problème derrière ce mot innovation et qu?on peut mettre tout dedans et le pire peut advenir.

Petite parenthèse. Vous savez qu?on s?est souvent vanté sur l?innovation à Paris, notamment en termes de jeux vidéo, que l?on accueille des entreprises très fortes. Au précédent Conseil de Paris, nous avons eu un désaccord sur un v?u que je présentais relatif à "Quantic Dream", où j?estimais qu?il y avait une culture toxique dans cette entreprise. Il y a d?ailleurs plusieurs démarches aux Prud?hommes en cours et un certain nombre d?articles de presse ont dénoncé la situation. Depuis, vous avez aussi une grève très forte à "Eugen Systems", autre entreprise. Un syndicat des travailleuses et travailleurs du jeu vidéo s?est d?ailleurs créé qui commence aussi à faire des émois à l?international car, dans ce nouveau secteur extrêmement innovant, c?est le Moyen Age au niveau du respect du Code du travail.

Juste pour votre information, j?ai été mise en demeure par l?entreprise "Quantic Dream" qui me demandait carrément, ni plus ni moins, de retirer le v?u de mon site personnel, le v?u étant de toute façon public, il a été sur le site de la Ville de Paris et débattu ici, évidemment que je ne l?ai pas retiré. Mais vous voyez la philosophie à un moment donné de "start-up" soi-disant super innovantes.

J?en terminerai là mais j?aimerais bien que l?on ait ce débat à une prochaine séance. Je vous remercie.

(M. Mao PENINOU, adjoint, remplace Mme Colombe BROSSEL au fauteuil de la présidence).

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Jérôme GLEIZES.

M. Jérôme GLEIZES. - Merci, Monsieur le Maire.

Je vais aller dans le même sens que Nicolas BONNET-OULALDJ qui a présidé la mission "Fabriquer à Paris" qui a été votée à l?unanimité de l?ensemble des groupes politiques. C?est un sujet qui fait à peu près consensus mais peut-être pas.

Dans les années 1920, les industriels voulaient trouver des acheteurs pour tout ce que l?industrie était alors capable de produire, ce qui produit en quelque sorte le consommateur type, au sens de celui qui cherche et trouve dans la consommation un moyen d?assouvir ses désirs irrationnels.

Il ressort du capitalisme finalement que d?avoir créé cette culture de la consommation que le grand économiste américain Galbraith avait bien décrit dans les années 1960 et qu?il avait nommée "l?inversion de la filière" : c?est n?est pas le consommateur qui décide mais le producteur qui décide pour le consommateur.

Si j?en parle là, c?est que c?est bien à mon sens cela qu?il faut renverser. De ce point de vue, les possibilités offertes par les "Fab Lab" sont à développer. Le principe est d?utiliser des interfaces informatiques simplifiées et de plus en plus interopérables, permettant à des usagers non spécialistes d?utiliser des machines-outils comme des machines à découpe laser, des fraiseuses numériques, des imprimantes 3D, mais aussi des matériels électroniques en vue de produire soi-même en fonction de ses besoins.

C?est donc un mode de production innovant mais surtout écologiste qui ouvre des perspectives : relocalisation de l?économie, moindre utilisation des ressources naturelles, création d?objets en petite série, autonomie des utilisateurs.

Mais le plus important des "Fab Labs" n?est pas la technologie elle-même mais le processus de production. Un autre grand économiste, Schumpeter, avait montré dans la "création destructrice" que les principales innovations sont souvent de nature sociétale et pas tout le temps technologique.

En effet, les "Fab Labs" mettent au c?ur de la production des processus d?innovation qu?ils soient logiciels, matériels, électroniques, artistiques, qui rapprochent la production des consommateurs et qui permettent une réelle relocalisation, voire une territorialisation de celle-ci en s?adaptant aux usages de chaque territoire. La production en petites séries à l?unité singulière de chaque usage permet d?éviter le gaspillage des productions de masse.

Ils ont également des lieux de vie qui combinent les différents savoirs, et surtout ils obligent à avoir une culture de la "copyleft", que j?avais déjà présentée dans ce Conseil, qui s?oppose au "copyright", cela veut dire de l?obligation de partager les modèles de production entre utilisateurs, afin qu?il n?y ait pas d?appropriation privative de ces innovations. Ce qui est un élément très important qui est bien connu dans nos logiciels puisqu?il s?applique aujourd?hui dans des processus de production, et c?est ce qui est nouveau par rapport à ce qui existait, il y a dix ans.

Une économie d?échanges que nous défendons depuis de nombreuses années. Une économie qui plus est particulièrement bien adaptée pour répondre aux défis des centres urbains qui doivent améliorer leur résilience et leur autonomie.

Les travaux de la Mission d?Information et d?Evaluation sur "Fabriquer à Paris", dont j?ai déjà parlé, ont d?abord été l?occasion de porter fortement le déploiement de ce mode de production. C?est fort de cet engagement de la Ville que la Commission européenne a décidé de lui décerner ce prix : capitale européenne de l?innovation 2017.

De notre point de vue, la subvention qui accompagne ce prix doit donc servir à favoriser les rencontres et les échanges autour des enjeux de la production en ville, de faire émerger des propositions de réponse à des défis urbains et d?initier des collaborations.

C?est pourquoi nous voterons d?ailleurs dans quelques instants le v?u du groupe Communiste - Front de Gauche qui a le mérite de clarifier cet enjeu des projets à financer. C?est d?autant plus important qu?il a été évoqué en 5e Commission préparatoire de notre Conseil que ce million d?euros serve notamment à financer l?organisation de la rencontre professionnelle des mobilités propres prévue en avril, ce qui est très éloigné du sujet des "Fab Labs". Si c?est le cas, cela ne nous paraît pas opportun et nous y reviendrons dans quelques minutes lors de l?examen de ce projet de délibération.

Sur le fameux article 2 de ce projet de délibération, la ligne budgétaire puisqu?il y a une imputation dans le budget municipal de la fonction V90-77-88, j?aimerais bien avoir le détail de l?application parce qu?on ne va pas demander le Grand livre des comptes de l?Hôtel de Ville pour savoir ce qu?il y aura derrière cette ligne. Je pense que M. MISSIKA va me répondre sur l?usage de cette somme.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

Pour vous répondre, justement, Jean-Louis MISSIKA.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Merci beaucoup. Merci à tous les orateurs de leurs interventions.

D?abord, je voudrais dire que la Ville de Paris investit et travaille sur cette question de l?innovation et de l?économie de l?innovation depuis dix ans maintenant.

Quand j?étais adjoint à l?innovation, à la recherche et aux universités, avec Bertrand DELANOË comme Maire de Paris, nous avons lancé un vaste programme de financement de la recherche, d?accompagnement de l?implantation des universités, notamment sur la Z.A.C. "Paris Rive gauche", et surtout de création de 100.000 mètres carrés d?incubateurs et d?accélérateurs. Nous avons créé une agence qui est devenue "Paris & Co". Nous avons lancé des expérimentations dans l?espace public et c?est devenu l?"Urban Lab".

Pour répondre à Mme SIMONNET, je vais donner peut-être deux ou trois exemples de ces expérimentations et de leur dynamique. Nous avions lancé, par exemple, un appel à projets sur la végétalisation innovante qui a permis à des "start-up", comme "Topager" ou comme "Paris sous les fraises", de faire leurs premiers pas et faire des preuves de concept.

Aujourd'hui, la végétalisation des toits, des terrasses, les nouveaux jardins partagés, toutes les innovations qui existent dans le domaine du végétal urbain sont portées, en fait, par des "start-up" qui sont nées à l'occasion de ces appels à projets urbains innovants.

Nous avions également lancé une série d'expérimentations qui s'appelait "Exapad", dont l'objectif était de tester des nouveaux services pour le maintien à domicile des personnes âgées dépendantes, avec la DASES. Je peux donner beaucoup d'autres exemples, le premier appel à projets ayant été l'appel à projets sur le mobilier urbain intelligent.

Il faut voir que ce sont ces dix années de travail qui ont permis de passer d'une situation où Paris n'était même pas sur la carte mondiale des villes importantes dans le domaine de l'économie de l'innovation à une situation où, aujourd'hui, notre position est une position centrale.

Je voudrais également dire à Danielle SIMONNET que ce sont des grandes villes qui candidatent à ce concours. C'est la troisième fois que nous participons à cette compétition.

En 2014, nous étions parmi les dix villes finalistes, et Barcelone était arrivée première. En 2016, nous avions progressé et avions obtenu la troisième place, et c'est Amsterdam qui l'avait emporté. En 2017, nous avons finalement gagné cette récompense.

Cette récompense est la reconnaissance du travail accompli par la Ville de Paris. C'est vrai que nous avions insisté notamment dans la présentation que nous avions faite devant la Commission européenne sur notre démarche dans le domaine de la fabrication locale, du fabriquer local, de tout ce mouvement de "Fab Lab", de "Makerplace", de tiers lieux, qui permet aujourd'hui à des "start-up", à des associations, à des individus de pouvoir concevoir des produits et de pouvoir aller les fabriquer dans des lieux de partage.

Je voudrais rappeler un autre exemple. Près de 10.000 emplois ont été créés dans des lieux d'innovation soutenus par la Ville depuis 2014, c'est-à-dire en quatre ans. Nous avons lancé un programme qui s'appelle "Pariscode", qui forme 2.000 personnes par an, avec un taux de retour à l'emploi avoisinant les 90 %, que nous soutenons une trentaine de "Fab Lab" dans Paris.

Bien évidemment, nous allons organiser, comme vous l'avez indiqué, Monsieur Daniel-Georges COURTOIS, un "Fab City Summit" en juillet 2018, qui sera un moment important de rencontre entre les différentes villes, entre les différents acteurs de cette nouvelle industrie, de cette relocalisation industrielle dans les villes, qui est quelque chose d'assez important, je pense, sur le plan de la transformation de l'économie, et notamment de la transformation des nouveaux modes de production.

Bien évidemment, ce prix a été remis à la Maire de Paris par Carlos MOEDAS, commissaire européen chargé de l'Innovation. Il vient couronner les efforts que nous avons consentis depuis très longtemps et les investissements stratégiques que nous avons réalisés ces dernières années. Il est bien mérité, nous pouvons en être fiers. Nous allons le mettre à profit, comme indiqué dans le projet de délibération, pour financer de très beaux projets.

Un mot sur le v?u de M. Nicolas BONNET-OULALDJ. Je vous propose de modifier légèrement votre v?u. Cette modification a déjà été transmise à l'ensemble du Conseil afin de permettre son adoption et que nous poursuivions nos efforts pour accompagner la mutation de l'artisanat et de l'industrie pour former aux nouveaux métiers nés de la transition numérique et écologique, et pour réussir la transformation de Paris en "Fab City".

J'émets donc un avis favorable à ce v?u, si vous acceptez l'amendement proposé.

Un dernier mot à Jérôme GLEIZES. Le fait d'organiser une journée consacrée aux nouvelles mobilités électriques pour les professionnels, commerçants, artisans, professions libérales, me paraît entrer tout à fait dans la problématique de la "Fab City". Je ne vois pas pourquoi ils pointent du doigt le fait qu'une partie de cet argent, une toute petite partie, je précise, 50.000 euros sur un million, soit consacrée à l'organisation de cette manifestation. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

Monsieur BONNET-OULALDJ, acceptez-vous l'amendement ?

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Juste une question.

Vous avez évoqué "Paris & Co", Monsieur MISSIKA. Il semblerait, dans votre réponse, que ce ne soit plus un élu du Conseil de Paris qui soit à la tête et qui dirige "Paris & Co". Est-ce vrai ? Si c'est le cas, pourrait-on savoir pourquoi ? En tout cas, j'accepte les modifications de l'amendement.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Souhaitez-vous répondre, Monsieur MISSIKA ? Au point où on en est...

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Oui, je peux répondre brièvement, mais c'est un autre sujet.

M. Daniel-Georges COURTOIS a parlé de la métropolisation et le fait de prendre en compte la métropolisation dans la "Fab City". La décision a été prise d'une métropolisation du conseil d'administration de "Paris & Co". C'est la raison pour laquelle il a semblé au conseil d'administration de "Paris & Co" important de ne pas avoir un élu de Paris à la tête de "Paris & Co", à partir du moment où ce processus de métropolisation était en cours.

Je réponds à votre question : la décision a été prise de mettre un représentant des entreprises à la tête de "Paris & Co" et non pas un représentant de la Ville de Paris.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Je vous remercie de cette précision utile.

Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 218 ainsi amendé, avec un avis favorable.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u amendé est adopté. (2018, V. 163).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAE 79.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DAE 79).