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Mai 2018
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2018 SG 22 - Convention de coopération entre la Ville de Paris et le Comité national olympique et sportif français.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2018


 

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Nous allons examiner le projet de délibération SG 22. Beaucoup de gens se sont retirés de ce projet concernant la convention de coopération entre la Ville de Paris et le Comité olympique.

La parole est à Thomas LAURET.

M. Thomas LAURET. - On est dans le même sujet globalement. On se réjouit évidemment et on salue tous ceux qui ont contribué avec énormément d'effort à la réussite de cette opération d'obtention des Jeux olympiques à Paris en 2024. On partage les objectifs de cette convention de coopération entre la Ville de Paris et le Comité national olympique et sportif français, notamment l'importance d'utiliser la perspective des Jeux pour encourager les élèves à la pratique sportive, pour sensibiliser à l'histoire des Jeux et pour des actions de promotion à la santé par le sport et de prévention des conduites à risque. C'est extrêmement important. On soutient bien évidemment, et on votera cette convention avec joie.

Après, j'ai entendu précisément les arguments de Jean-François MARTINS et ses explications sur la nécessité d'être vigilants sur l'ensemble des dépenses ainsi que les actions prises pour limiter les dérapages annoncés par les rapports d'inspection. Que ce soit l'Etat ou la Ville de Paris, il faut faire en sorte que les dérapages soient contenus le plus possible, et pour les contenir il y a une chose, il y a les conseils d'administration de deux associations, le C.O.J.O. et le Comité national olympiques, dans lesquelles il y a des représentants de l'Etat, des représentants de la Ville, des villes et des élus.

Il faut que l'ensemble des élus fassent leur travail et contrôlent précisément les directions de ces associations. Quand je vois les niveaux de rémunération des responsables de ces associations, je suis un peu inquiet sur la capacité à maintenir des dépenses dans les niveaux prévus initialement. On sait que poussés par l'esprit de compétition, les responsables peuvent avoir tendance à ne pas compter ni leurs heures ni leurs euros, il s'agit pourtant d'associations à but non lucratif. Il ne faut pas que l'Etat se retrouve ensuite à récupérer les sommes qui auront été surdépensées.

Enfin, il faut faire évidemment attention à la possibilité de réutiliser les équipements, c'est-à-dire être vigilant sur des équipements qui ne soient pas surdimensionnés et que l'on ne se retrouve pas comme en banlieue d'Athènes avec de grands équipements abandonnés quelques années après les Jeux, et en même temps que les collectivités qui seront en charge de la maintenance de ces équipements puissent les faire vivre raisonnablement. Je suis certain que Jean-François MARTINS sera attentif à ces aspects, que la Ville de Paris aussi, et l'Etat également. Il faut faire attention à ce que les entreprises ne se disent pas, puisqu'on a l'Etat qui va éponger, allons-y gaiement, on ne risque rien.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Je vous remercie.

Pour vous répondre, la parole est à Jean-François MARTINS.

M. Jean-François MARTINS, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire, merci, Monsieur LAURET.

Sur le sujet de la coopération entre C.N.O.S.F. et la Ville de Paris, ce projet de délibération est important parce qu'il démontre qu'au-delà d'accueillir l'événement sportif lui-même, les 15 jours de compétition olympique et 10 jours de compétition paralympique, c'est 6 ans d'une politique sportive amplifiée, d'incitation à la pratique et d'inscription des Parisiens dans une pratique durable que les Jeux olympiques vont nous permettre.

Quel meilleur acteur pour organiser cela que le Comité national olympique et sportif, qui regroupe l'ensemble des fédérations olympiques, non olympiques et affinitaires auxquelles nous sommes attachés, et représente le mouvement sportif et les clubs ?

C'est avec ces clubs et fédérations que nous devons construire cette stratégie sportive.

Sur les éléments d'appréciation de la question de l'événement lui-même et de ses surcoûts, je veux rappeler à M. LAURET et à chacune et chacun, qu'il n'a jamais été question de risques sur le Comité d'organisation des Jeux olympiques. Les C.O.J.O. sont généralement excédentaires, et d'ailleurs ces clauses de bonus et de reversement du boni ont déjà été inscrites y compris dans les statuts du C.O.J.O.

Si le C.O.J.O. devait faire un bénéfice, ce qui sera très probablement le cas, 60 % de celui-ci serait reversé aux actions de développement du sport et en particulier sur Paris et la Région Ile-de-France.

Le risque, s'il y en a un, c'est toujours sur la question des infrastructures comme cela nous arrive sur nos propres sujets d'aménagement, et pour préciser ma pensée, ce que je veux dire c'est que nous sommes des élus en responsabilité, qui ont une exigence, celle de tenir le 1,5 milliard d'euros d'argent public.

Cela veut dire, et je vais aller au fond de ma pensée avec la plus grande honnêteté possible : si la piscine olympique devait coûter 10 millions d'euros de plus que ce qu'il est prévu dans le dossier olympique, je n'aurais aucun scrupule à ce que nous dépensions 10 millions de moins que prévu sur le Stade de France, considérant que peut-être certains aménagements n'étaient pas nécessaires. Si la piscine coûte 50 millions de plus, peut-être que nous regarderons si d'autres programmes ne peuvent pas être ajustés considérant que la piscine est la priorité ou non. C'est bien l'enveloppe des 1,5 milliard d'euros en tant que telle dans laquelle nous devons exister. Oui, je n'exclus pas qu'on puisse éventuellement reventiler au gré des évaluations économiques et des évaluations en opportunité, mais à la fin, notre engagement est celui des 1,5 milliard d'euros d'argent public. C'est un engagement commun, qui a été rappelé par le Chef de l'Etat, la Maire de Paris, et le Ministre des Comptes publics et du budget à l'occasion du Conseil olympique qui a eu lieu au Stade de France il y a quelques semaines, avec un certain nombre de gains obtenus par la Ville de Paris dans la négociation statutaire sur les organes olympiques, avec le rapport annuel de la Cour des comptes, le comité d'audit, la transparence des rémunérations et la haute autorité de transparence pour la vie publique pour les dirigeants, avec des méthodes d'achat analogues à la commande publique.

On a mis le C.O.J.O. et la "Solideo" sous un contrôle financier très strict pour que ce point, au fur et à mesure des études et des avancées soit extrêmement contrôlé par les bailleurs publics, au premier rang desquels l'Etat et la Ville de Paris.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Je vous remercie.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 22.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, SG 22).