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Mai 2018
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par les groupes les Républicains et Indépendants, UDI-MODEM, Démocrates et Progressistes, Parisiens Progressistes, Constructifs et Indépendants et M. TIBERI relatif au classement de l'activité des bouquinistes au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO. Vœu déposé par l'Exécutif.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2018


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Les v?ux nos 41 et 41 bis sont relatifs au classement de l'activité des bouquinistes au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO.

La parole est à Dominique STOPPA-LYONNET, vous parlerez au nom des ceux qui ont signé le v?u avec vous.

Mme Dominique STOPPA-LYONNET. - Tout à fait. Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, je présente ce v?u qu'aurait dû présenter Florence BERTHOUT, qui vous prie de l'excuser pour son absence.

C'est un v?u proposé aussi au nom des élus parisiens des groupes LRI, UDI-MODEM et PPCI qui porte sur le classement de l'activité des bouquinistes au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO.

Que seraient les quais de Seine sans ses bouquinistes ? Paris ne serait pas Paris, les poètes ne seraient pas inspirés.

Les bouquinistes se sont installés sur les quais de Paris dès le XVIe siècle et ce sans discontinuité jusqu'à maintenant, et nous le souhaitons et l'espérons encore pour des siècles à venir.

Les bouquinistes, leurs boîtes vertes, leur activité, une librairie à ciel ouvert de 3 kilomètres sont constitutifs de l'histoire intellectuelle de Paris. Ils s'inscrivent en particulier dans l'identité du Quartier latin qui repose sur le livre. Ils contribuent à l'exception culturelle de Paris.

Aujourd'hui, nos bouquinistes sont en danger. On sait les difficultés économiques des maisons d'édition, des libraires et a fortiori celles des bouquinistes. Certains sont tentés de se détourner de la vente exclusive de livres au profit d'objet souvenirs peu représentatifs de la singularité des lieux.

Le classement au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO de l'activité des bouquinistes permettrait de mettre en valeur leur savoir-faire et de protéger cette activité.

Rappelons que les berges de la Seine ont été classées au patrimoine mondial de l'UNESCO dès 1991 et que l'inscription de l'activité des bouquinistes le serait dans une continuité et cohérence naturelle.

Notre v?u est que la Maire de Paris intervienne auprès de la Direction générale de l'UNESCO afin de classer l'activité des bouquinistes au patrimoine culturel immatériel.

Cette proposition est soutenue par l'ensemble des bouquinistes et je salue Jérôme CALLAIS, qui est présent ce soir, et ce v?u a été aussi voté à l'unanimité par les conseils des 1er, 4e et 5e arrondissements. Cette démarche a reçu un accueil favorable au-delà des sensibilités politiques. Comment pourrait-t-il en être autrement quand il s'agit de défendre notre patrimoine culturel ?

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

La parole est à Mme Olivia POLSKI pour vous répondre.

Mme Olivia POLSKI, adjointe. - Monsieur le Maire, Madame la conseillère, mes chers collègues. Les bouquinistes font partie intégrante du paysage parisien. Ils sont plus de 200 à exercer leur activité sur les parapets des 12 quais de 5 arrondissements, les 1er, 4e, 5e, 6e et 7e, constituant selon la formule consacrée la plus grande librairie du monde à ciel ouvert.

Installés en bord de Seine depuis le XVIe siècle, ils incarnent la richesse de notre patrimoine et notre passion littéraire, et constituent une source d'inspiration pour de nombreuses métropoles mondiales, telles que Tokyo, Montréal ou Pékin.

Passage obligé des touristes, ils sont également des interlocuteurs privilégiés des grands lecteurs que sont les Parisiens et ont noué un lien étroit avec leur clientèle et les riverains des quais de Seine.

L'association culturelle des bouquinistes porte depuis plusieurs mois le projet de faire inscrire leur activité au patrimoine de l'UNESCO. J'en ai discuté avec son président Jérôme CALLAIS, ici présent, dont je salue l'engagement et la passion sans relâche depuis tant d'années.

C'est tout naturellement que nous soutenons cette initiative et c'est en ce sens que j'ai saisi par courrier la Ministre de la Culture le 30 mars dernier suite à notre échange, afin d'obtenir en lien avec ma collègue Véronique LEVIEUX, son soutien pour mener à bien cette ambition.

Comme vous le savez, l'activité de bouquiniste, bien que profondément inscrite dans notre culture, est évidemment aussi touchée par le recul de la vente du livre. La Ville de Paris entend soutenir la profession et se trouve à son côté comme il en a toujours été, pour l'aider à rester fidèle à son histoire et à sa réputation. C'est d'ailleurs dans cette optique que la Municipalité ne fait pas payer de redevance sur l'espace public où que nous limitons la vente d'objets de souvenir à l'une des 4 boîtes dont dispose chacun des bouquinistes.

Nous avons souhaité mettre en place un comité composé d'élus, de représentants de la profession et de personnalités qualifiées pour réattribuer des emplacements lorsque ceux-ci sont libérés.

Depuis 2010, le travail de cette commission a contribué à perpétuer le métier en rajeunissant et en féminisant la profession. Je suis persuadée que cette inscription au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO serait un signal politique positif envers une profession qui voit chaque jour davantage la vente du livre reculer.

Les demandes d'inscription au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO sont toutefois nombreuses, et c'est l'Etat français qui peut déposer une candidature tous les deux ans. La procédure est longue et ne peut être menée sans le soutien indispensable du Ministère de la Culture. Je vous propose d'adopter un v?u par lequel l'Exécutif formule le souhait de travailler avec le Ministère pour faire aboutir ce beau projet. J'ajoute un amendement oral à notre v?u de l'Exécutif. J'ai évoqué le v?u du conseil du 4e arrondissement mais je veux ajouter celui du 5e arrondissement comme j'ai pu en discuter avec Mme BERTHOUT avant qu?elle parte.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

Le v?u n° 41 est-il maintenu ?

Mme Dominique STOPPA-LYONNET. - Naturellement, il est maintenu, d'ailleurs je ne comprends pas, l'Exécutif fait un v?u quand il aurait pu apporter quelques modifications au nôtre. Je trouve que c'est "unfair", c'est le mot qui me vient à l'esprit, ce n'est pas élégant de votre part de mettre un v?u qui est vraiment semblable. Vous auriez pu ajouter, il y a un petit élément de procédure, il faut d'abord que cela passe par le Ministère de la Culture, qu'il y ait une dimension nationale. Vous auriez pu le préciser simplement. Vous en rajoutez un. Ce n'est pas très élégant. Evidemment, nous le maintenons.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

Explication de vote sur le v?u de l'Exécutif ?

Mme Laurence GOLDGRAB. - Je trouve tout à fait pertinent que l'Exécutif interpelle l'Etat pour ce classement de l'UNESCO. Cela, effectivement, permet de sauver ces bouquinistes et d'éviter qu'il y ait de la vente d'objets souvenir. Même si nous n'avons pas déposé de v?u nous-mêmes, nous nous associons parfaitement au v?u de l'Exécutif.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 41 avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est rejeté.

Et je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 41 bis de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est adopté. (2018, V. 194).

Je vous en remercie.