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Mai 2018
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par Mme SIMONNET relatif à la dénomination des écoles maternelles.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2018


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Le v?u référencé n° 184 est relatif à la dénomination des écoles maternelles.

La parole est à Mme Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - La dénomination d'école maternelle renvoie implicitement à l'univers de la jeune enfance et de la maternité. C'est une appellation totalement sexiste, il faut absolument en changer. C'est un débat assez récurrent. Je ne suis pas la première à avoir cette idée. Il me semble que c'était Sandrine MAZETIER qui avait mené aussi cette bataille. Hélas, elle ne l'avait pas remportée. Il me semble important que l'on arrête d'appeler la première école, école maternelle.

Je n'impose pas une nouvelle appellation, il peut y en avoir plusieurs : première école, petite école, école préélémentaire?. Il pourrait y avoir un débat avec l'ensemble de la communauté éducative pour pouvoir choisir une nouvelle appellation.

Mais même si cela relève sans doute plus du registre du Ministère de l'Education nationale, Paris a souvent été en capacité d'être une ville précurseuse pour de nouvelles appellations, de nouvelles dénominations. On pourrait décider, sur l'ensemble des écoles maternelles, d'apposer une plaque avec cette proposition de nouveau nom et faire en sorte que le débat enfin dans ce pays évolue et que l'on arrête de croire que ce qui se fait dans cette première école est la continuité du travail de la maman. Non, le papa et la maman ou les deux mamans ou les deux papas travaillent de la même manière à l'éducation de l'enfant.

En revanche, ceux qui interviennent professionnellement dans les écoles dites hélas maternelles, peuvent être autant des hommes que des femmes, et on ne peut pas à la fois vouloir éduquer contre le sexisme dès le plus jeune âge et avoir une appellation de cette première école qui relève à ce point-là de la domination patriarcale. J'espère que ce v?u sera voté à l'unanimité.

Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - La parole est à M. Patrick BLOCHE.

M. Patrick BLOCHE, adjoint. - Chers collègues, chère Danielle SIMONNET.

Je ne vais pas entrer à cette heure dans un débat philosophique sur le nominalisme. Il est intéressant de questionner les noms que nous donnons aux choses, en l'occurrence aux institutions, puisqu'il s'agit ici de l'école.

Certes l'école est dite maternelle pour les petits enfants, mais en l'appelant ainsi en 1881 et en rejetant ainsi le terme de salle d'asile, la IIIe République a montré l'importance qu'elle accordait à la place de ces écoles dans le système éducatif. Ce fut donc à l'époque un progrès.

Autre fait paradoxal, cette école, certes maternelle, fut dès le départ mixte en accueillant des filles et des garçons, mixité qu'il fallut attendre bien longtemps pour les autres niveaux d'enseignement.

Beaucoup d'écoles parisiennes portent encore cette marque "école de filles", "école de garçons". De ce fait, je partage évidemment, comme j'imagine tous les collègues ici présents, votre souci de construire une école de l'égalité, et plus particulièrement une école de l'égalité entre les filles et les garçons, entre les futures femmes et les futurs hommes.

De ce fait, faut-il que l'école ne soit plus maternelle pour favoriser cette culture de l'égalité ? Cette dénomination est-elle obsolète ? Cette question a déjà été posée dans le passé, en particulier par Sandrine MAZETIER. Elle est légitime. Si jamais il devait y avoir un changement, "première école" serait d'ailleurs de mon point de vue le plus pertinent, car c'est la seule dénomination parmi les trois que vous proposez, qui valorise à sa juste place cette étape fondatrice du parcours scolaire. Cela dit, si l'on veut appeler les écoles maternelles "premières écoles", il faut modifier le Code de l'Education nationale, qui fixe les dénominations des écoles. En cohérence avec ce que vous avez exprimé tout à l'heure sur les rythmes scolaires, chère Danielle SIMONNET, où vous avez dit que vous étiez contre une éducation territorialisée, et vous avez indiqué votre attachement viscéral à l'Education nationale, à l'unicité territoriale de l'école de la République, je vous remercie d'avoir porté le débat à travers votre v?u.

Néanmoins, en cohérence, parce que l'éducation ne peut être que nationale et qu'il revient aux parlementaires de changer en l'occurrence ce Code de l'Education nationale, je vous remercie de bien vouloir retirer votre v?u.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - J'ai deux demandes d'explications de vote, une du groupe UDI-MODEM, une du groupe Ecologiste. Personne d'autre ?

Monsieur Eric AZIÈRE ?

M. Eric AZIÈRE. - A vous entendre dans ce dialogue, Madame SIMONNET et Monsieur BLOCHE, on croit rêver, mais on ne rêve pas, c'est le cauchemar des v?ux hors sol qui continue.

Tout à l'heure, on a eu droit au remplacement des hôtesses du Tour de France par des robots et au remplacement des bouquets de fleurs par une boîte de bonbons parce que les fleurs, ce n'est pas du développement durable et c'est périssable.

Il faut maintenant "dé-genrer" la maternelle à près de 21 heures un vendredi soir. Il reste, en plus, les maternités à rebaptiser en "pouponnières initiales" - quelque chose comme cela. La langue maternelle aussi pose un vrai problème. Peut-être que la langue de naissance suffirait à dire que c'est la première langue. Et puis, je ne parle pas des cartes mères de l'ordinateur. Sincèrement, ce n'est pas de la compétence du Conseil de Paris. Il est tard. On est fatigués. On ne va pas réécrire le dictionnaire à cette heure. On a déjà perdu assez de temps. J'ai vraiment l'impression de perdre du temps avec cette discussion à cette heure. Merci beaucoup.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - La parole est à Mme Sandrine MÉES.

Mme Sandrine MÉES. - C?est lors de ce Conseil que M. AZIÈRE me fait perdre mon temps avec des interventions complètement hors sol et complètement sexistes. Je vais donc prendre le temps de dire que le groupe Ecologiste de Paris soutient évidemment ce v?u, comme nous avions proposé l'appellation conjointe avec "Journée du Patrimoine, Journée du Matrimoine". Même si ce v?u aura effectivement, comme l?a dit l?adjoint, une portée essentiellement symbolique puisqu'il n'est pas réalisable en l'état, pour nous, c'est important de soutenir au moins la demande. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Je mets donc aux voix le v?u n° 184 avec... Non, je ne vous l'ai pas demandé parce qu'il ne vous a pas demandé de la retirer.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par Mme SIMONNET, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée. V?u déposé par le groupe Communiste - Front de Gauche relatif aux salles d'études pour les étudiant.e.s.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Le v?u référencé n° 185 est relatif aux salles d'études pour étudiants-e-s, je lis ce que j'ai sous les yeux. La parole est à Nicolas BONNET-OULALDJ.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - J?espère ne pas dire de bêtise parce que? Au vu de l'importance du sujet, au vu de l'actualité toujours brûlante, au vu du passage en force injustifiable du Gouvernement sur le sujet, au vu du nombre d'universités sur Paris, nous revenons sur ce sujet. Nous avons alerté cette Assemblée dès décembre, puis à nouveau en février, puis en mars. Nous avions alerté, dès le début, sur le fait que la loi, désormais votée, introduisait une sélection généralisée à l'université. Cette sélection a pour but et conséquence d'organiser, à grande échelle, un tri sélectif sur les étudiants. Comme le nombre d'étudiants ne cesse d'augmenter - 27.000 l'année prochaine - et comme les moyens pour l'université ne cessent de baisser, bien sûr une réponse facile est de décourager les étudiants en les aiguillant sur des filières qu'ils ne voudraient pas forcément. La loi sur la sélection est donc une mauvaise loi, elle remet en question la démocratisation...

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Monsieur BONNET-OULALDJ, je vous interromps une seconde. Je vous ai donné la parole sur le v?u n° 185 relatif aux salles d'études pour les étudiants. Je pense que vous parlez du v?u suivant, le n° 186. Il y a d'autres v?ux avec le v?u n° 186.

Pas de problème, Madame LEMARDELEY ?