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Mai 2018
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Conseil Municipal
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Débat/ Conseil municipal/ Mai 2018


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Comme chaque Conseil de Paris, nous sommes amenés à évoquer la mémoire de celles et ceux qui meurent dans des attentats, ici et ailleurs, et ce dernier mois a été marqué encore par des attentats terribles qui ont fait perdre la vie à de très nombreuses victimes. Je pense notamment aux attentats de Kaboul, mais plus près de nous, je voudrais ce matin rendre hommage à deux êtres, Arnaud Beltrame et Mireille Knoll, morts tous les deux assassinés lâchement, le même jour, le 23 mars dernier.

Je souhaite ici les associer. Je souhaite ici que des élus de Paris s'associent à la peine de leurs familles et de leurs proches, que les élus de Paris témoignent, rassemblés comme nous le faisons toujours en de telles circonstances, de notre attachement viscéral à ce qui nous lie. A ce qui nous lie à jamais au destin de ces êtres si différents mais emportés par une même haine.

Ce qui nous lie, c'est un attachement inconditionnel à notre République, à ses valeurs, à sa devise : Liberté, Égalité, Fraternité.

Arnaud Beltrame, gendarme, héros, il a sa vie durant servi, aimé servir son pays, ses concitoyens. Il a donné sa vie pour épargner celle des otages, d'une otage, dans ce supermarché de l'Aude. Avant lui, le terroriste, l'assassin, avait fait d'autres victimes, tuant et blessant. Ce terroriste adhérait à cette haine de ce qui fait de nous un peuple aimant la liberté. Sa cible, comme toujours, des innocents, ce peuple, mais aussi l'autorité et son incarnation, ce qu'était Arnaud Beltrame.

Arnaud Beltrame est mort en héros et l'hommage national qui lui a été rendu aux Invalides par le Président de la République restera gravé dans nos mémoires comme le nom d'Arnaud Beltrame.

Mais au-delà de son inscription dans nos c?urs et nos mémoires, un lieu de Paris devra lui être dédié. Comme il est de coutume à Paris, ce lieu sera décidé avec la famille d'Arnaud Beltrame et avec la gendarmerie nationale avec laquelle j'ai eu l'occasion de m'entretenir.

Je proposerai au prochain Conseil de Paris ce lieu, après en avoir discuté avec la famille, mais avec Pierre AIDENBAUM, maire du 3e arrondissement, nous souhaiterions que ce lieu soit aussi symbolique, un lieu qui rappelle la présence de la gendarmerie à Paris et si la famille l'accepte, si les autorités de la gendarmerie nationale l'acceptent, ce lieu pourrait être un jardin.

Ce jardin qui sera créé à l'endroit même où des générations de gendarmes ont vécu, au c?ur de Paris, au c?ur de la Capitale, au sein de la caserne des Minimes. Nous reviendrons devant le Conseil pour valider ce choix si la famille elle-même en est d'accord.

Mais ce même 23 mars, Mireille Knoll était assassinée. Mireille Knoll, une si belle personne, aimée des siens, je pense ici bien sûr à ses enfants, à ses petits-enfants, elle était aimée de tous, de ses voisins que j'ai pu rencontrer, avec lesquels j'ai pu discuter lorsque nous avons planté un arbre en son honneur, avec le maire du 11e arrondissement dans cette cité, cette résidence qu'elle aimait tant. Une belle dame âgée, généreuse, attentive, aimant son quartier, aimant cette cité dans laquelle elle avait tant d'amis et de souvenirs.

Ce 11e arrondissement de Paris où elle avait élevé ses enfants. Ce 11e arrondissement de Paris animé, populaire, chaleureux, à son image. Elle y était chez elle, mais le 23 mars, elle était sauvagement assassinée. La haine antisémite s'était exprimée une fois de plus. L'antisémitisme a été retenu comme motivation de l'acte de son assassin. Cette haine qui a servi de terreau à la Shoah dont elle, Mireille Knoll, avait réchappé. Survivre à la rafle du Vel d'Hiv parce qu'elle avait pu fuir avant d'être emportée et être assassinée à 80 ans passés par cette même haine des Juifs, cela a été le destin de Mireille Knoll.

Cette haine qui a tué à Paris aussi, Ilan Halimi, Sarah Halimi, mais le 23 mars, Mireille Knoll.

Nous étions nombreux, rassemblés, unis, une foule déterminée à ne pas se taire, une foule silencieuse et en colère. L'antisémitisme tue, il prend de nouvelles formes, il gangrène les esprits, et il est court ce chemin de la parole aux actes.

Paris, les élus que nous sommes, les citoyens que nous représentons s'élèveront toujours chaque fois qu'un de ses enfants sera attaqué, menacé pour ce qu'il est. Menacé en l'occurrence parce que Mireille Knoll était juive.

En tuant Mireille Knoll, c'est une part de chacun d'entre nous que les assassins ont atteinte. C'est une part de nous-mêmes. Combattre l'antisémitisme partout et à chaque instant, c'est le serment que nous faisons, c'est ce que nous faisons, parce ce que nous n'acceptons pas ces actes antisémites bien sûr, mais c'est ce que nous faisons aussi lorsque nous combattons cet antisémitisme qui se confond avec la haine d'Israël, et ce passage de l'antisémitisme à l'antisionisme est un passage, un chemin dangereux et nous savons que beaucoup l'ont emprunté et il faut qu'ils s'arrêtent là.

Nous combattrons par tous les moyens, les moyens qui sont ceux de l'autorité publique bien sûr, ceux de la justice, mais aussi ceux de l'éducation. Tous les moyens de la démocratie et de la République pour combattre ceux qui veulent porter atteinte à la démocratie et à la République en nous privant de celles et ceux qui la composent dans leur grande diversité. Attaquer les Juifs, en France et à Paris, c'est attaquer notre idéal républicain et nos valeurs.

Là aussi, je me suis engagée auprès de la famille de Mireille, de ses fils, à donner le nom de Mireille Knoll à un lieu de Paris. J'ai demandé à François VAUGLIN, maire du 11e arrondissement, en accord avec les enfants de Mireille Knoll, d'inscrire ce lieu dans le 11e. Cet arrondissement qu'elle aimait tant.

Nous reviendrons là aussi devant notre Conseil pour voter ce projet de délibération, qui nous engagera à inscrire Mireille Knoll dans la trame de Paris.

Mireille Knoll, Arnaud Beltrame, deux êtres magnifiques, deux êtres qui rayonneront, deux êtres qui aimaient la vie et s'inscriront à jamais dans notre histoire. Je vous propose une minute de silence.

(L'Assemblée, debout, observe une minute de silence).

Je vous remercie.

Egalement, mes chers collègues, puisque nous avons appris en fin de semaine dernière que le corps d'Amandine Giraud, policière de la Brigade fluviale disparue le 5 janvier, avait été retrouvé, je souhaite ici bien sûr lui rendre hommage en votre présence, Monsieur le Représentant du Préfet de police.

Nous avons appris avec beaucoup d'émotion que le corps d'Amandine Giraud, cette jeune policière de la Brigade fluviale disparue le 5 janvier dernier, lors d'un exercice effectué dans la Seine, avait été retrouvé à quelques centaines de mètres du lieu de l'accident, près du pont des Arts.

Nous souhaitons apporter à ses proches, à sa famille, à ses collègues, notre soutien dans l'épreuve qu'ils traversent et leur adresser nos plus sincères condoléances.

Amandine Giraud venait de prendre ses fonctions à la Brigade fluviale, elle aimait ce métier, elle était passionnée. Elle est aujourd'hui disparue. Les policiers parisiens font un travail formidable, dans des conditions souvent extrêmes, et je veux à travers cet hommage à Amandine Giraud, leur dire également notre engagement au quotidien, notre admiration pour ce qu?ils font à Paris. Ils ?uvrent auprès de nous chaque jour pour assurer notre sécurité et nous les en remercions vivement.

Je vous propose une minute de silence.

(L'Assemblée, debout, observe une minute de silence).

Merci, mes chers collègues.