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Juillet 2006
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2006, DDEE 39 G - Adhésion du Département de Paris à l’association “Ecole de la 2e chance de Paris” (E2C Paris).

Débat/ Conseil général/ Juillet 2006


M. Christian SAUTTER, président. - Nous arrivons à l?examen du projet de délibération DDEE 39 G relatif à l?adhésion du Département de Paris à l?association ?Ecole de la deuxième chance de Paris?.

M. DAGUENETarrive pour s?exprimer et j?aurais plaisir à lui répondre.

Vous avez la parole, Monsieur DAGUENET.

M. Jacques DAGUENET. - Monsieur le Président, c?est avec une grande satisfaction pour notre groupe de constater que notre collectivité va participer activement à la création et à l?implantation d?une école de la deuxième chance dans le Nord-est de Paris. C?est en effet une des propositions concrètes que nous avons formulées dès octobre 2003, lors d?une communication du Maire de Paris sur l?emploi et que nous avons réitérées en juillet 2004 et lors de la 2e édition pour le Forum pour l?emploi.

La pertinence de l?implantation de ce type de structure à Paris avait également été soulevée par le CODEV. De nombreux jeunes et jeunes adultes parisiens, sortis du système scolaire sans diplôme ni qualification, âgés entre 18 et 26 ans sont concernés par ce type de structure qui leur permet d?accéder à des enseignements individualisés tout en les aidant à définir un projet professionnel vers un métier qu?ils auront choisi.

Déjà opérationnelles dans plusieurs départements de notre Région, ces écoles de la deuxième chance permettent à des jeunes menacés d?exclusion de reprendre pied en formulant, puis en réussissant un projet personnel professionnel.

Les caractéristiques majeures de ces écoles pas comme les autres sont bien sûr à souligner. Elles s?attachent à s?appuyer sur les qualités des jeunes, les points forts révélés par leur histoire personnelle pour dégager, parfois dans la durée, des pistes de réussite personnelle.

La place des entreprises, petites et grandes, y est déterminante à tous les moments du projet pédagogique. Leur objectif est de déboucher sur l?emploi évidemment, mais un emploi durable qui implique reconnaissance professionnelle et accès aux métiers.

Les jeunes concernés par ce dispositif seront particulièrement issus des quartiers politiques de la ville, là où le taux de chômage des jeunes y est beaucoup plus important que la moyenne parisienne, où les difficultés scolaires, l?absence de diplôme général ou professionnel et la faiblesse du niveau de formation pour 19 % de la population de ces quartiers, accentuent leur difficulté pour accéder à un emploi, voire provoquent leur exclusion du monde du travail.

Bien que la situation de l?emploi se soit légèrement améliorée à Paris avec un taux de chômage ramené à 10 %, nombreux sont les jeunes adultes qui restent exclus de l?emploi et se trouvent dans une absence totale de perspective individuelle.

L?école de la deuxième chance, dans son concept même, vise à ouvrir des voies de réussite personnelle à des jeunes sortis parfois depuis longtemps du système scolaire et qui ne sont pas touchés par les dispositifs classiques d?insertion.

Une des clefs de la réussite de l?école de la deuxième chance est l?association des entreprises dès le début du processus et tout au long du projet pédagogique. L?alternance école/entreprise tout au long du parcours du jeune nécessite en effet des entreprises d?accueil. De grandes entreprises ont d?ores et déjà accepté de soutenir l?initiative ; je pense notamment à E.D.F., La Poste, la R.A.T.P. mais aussi Vinci ou encore ACCOR. Ces entreprises devront s?engager à accueillir ces jeunes dans leur période d?alternance, elles soutiendront financièrement ces structures par le biais de la taxe d?apprentissage et participeront aux parcours pédagogiques.

Cette école de la deuxième chance pourra bénéficier à 150 jeunes environ chaque année sur la base d?un accompagnement d?une durée de 8 mois avec un objectif de 70 % de réussite à l?issue du parcours, taux de réussite obtenu par les écoles de la deuxième chance déjà existantes en Ile-de-France.

Il faudra veiller, Monsieur le Président, à engager un effort particulier pour faciliter l?accès des jeunes filles des quartiers ?politique de la ville? qui encore aujourd?hui dans de nombreux dispositifs associatifs d?insertion, peinent à y trouver toute leur place de part la prépondérance des jeunes garçons.

Enfin, si l?école de la deuxième chance nécessite la mise en place d?un partenariat très actif des collectivités territoriales que sont les départements et la Région, mais aussi des institutionnels telles que la Chambre de commerce et des métiers et de l?artisanat mais aussi du Rectorat, cette école devra essaimer à Paris dans de nombreux arrondissements si nous voulons que ses effets positifs pour les jeunes en échec scolaire et exclus de l?emploi ne soient pas seulement un épiphénomène.

L?engagement de tous ces partenaires doit s?inscrire dans la durée avec la perspective d?en créer d?autres et le rôle des entreprises parisiennes sera donc déterminant.

Nous sommes donc au stade du lancement de la première école de la deuxième chance à Paris. Créons les conditions pour qu?elle soit opérationnelle rapidement et que les jeunes adultes concernés soient bien informés.

Merci de votre attention.

M. Christian SAUTTER, président, au nom de la 2e Commission. - Merci, Monsieur DAGUENET, d?avoir fait une très belle présentation de ce projet d?école de la deuxième chance de Paris qui est en fait l?empreinte d?une très bonne pratique du département voisin de la Seine-Saint-Denis.

Comme vous, je me félicite de tous les partenariats : la Région, les entreprises, la Chambre de commerce et beaucoup d?autres partenaires qui vont contribuer à son succès.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DDEE 39 G.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2006, DDEE 39 G).