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Mai 2018
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Conseil Municipal
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2018 DAC 551 - Subvention (35.200.000 euros) pour l’établissement public "Paris Musées", chargé de la gestion des musées de la Ville de Paris (suite).

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2018


 

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Je donne donc la parole à Mme SIMONNET, pour cinq minutes.

Mme Danielle SIMONNET. - Je serai très rapide.

D?abord, évidemment, je me joins aux collègues pour saluer et féliciter tout le travail qui a été fait au niveau de "Paris Musées", qui permet aujourd?hui d?avoir cette augmentation du nombre de visiteurs, ce qui atteste d?une programmation culturelle, notamment au niveau des expositions, qui, je pense, a fortement contribué à "déringardiser" l?image que des musées de la Ville de Paris pouvaient avoir à une autre époque . Il faut le reconnaître. Il y a tout un travail de modernisation et de popularisation de la richesse qu?il peut y avoir dans l?ensemble des musées parisiens, il est important de saluer le travail des agents qui a été fait en la matière.

Maintenant, ce qui me pose un vrai problème dans ce projet de délibération, dans l?argumentation du projet de délibération, c?est que l?on se vante de contribuer à une logique d?autofinancement de manière progressive. Cet autofinancement serait aujourd?hui de 30 %, donc en forte augmentation par rapport aux années précédentes. Je souhaiterais vous poser des questions pour avoir une précision de votre part.

Dans cette évolution de l?autofinancement, quelle est la part due à une augmentation des prix des entrées des expositions temporaires ? Sur les deux premières mandatures, après 2001, on était dans une logique de la gratuité des collections permanentes pour contribuer, à travers la gratuité, à une certaine appropriation sociale de la culture, à une démocratisation dans l?accès de toutes et tous à la culture, avec également une volonté de renforcer la participation des publics scolaires mais aussi de nombreux publics fréquentant les centres sociaux dans leur accès au musée. L?idée à l?époque était de commencer par les collections permanentes mais, par la suite, d?aller aussi sur les expositions temporaires. Or, finalement, rétropédalage : pour les expositions temporaires, les tarifs augmentent pour contribuer à l?autofinancement de "Paris Musées". Cela me semble problématique.

Deuxième chose : quelle est la part due, dans cette démarche d?autofinancement, au mécénat ? Je vous le dis et vous le redis : attention, ne faisons pas dépendre nos politiques publiques du mécénat ! Ce sont en grande partie les contribuables qui paient le mécénat, du fait des avantages fiscaux de la loi AILLAGON totalement inacceptables. En plus, on permet à de grandes entreprises de redorer leur image de marque en se donnant le beau rôle de donateur. Surtout, vous commencez par accepter le logo des partenaires privés sur la petite plaquette d?une présentation d?une exposition temporaire ; ensuite, c?est sur le cartel des ?uvres du musée car tel partenaire privé a participé à la rénovation d?une ?uvre ; vous finissez par avoir carrément un panneau dans une salle d?exposition. Demain, vous aurez des tampons sur les tableaux. Attention ! Faisons attention jusqu?où cette logique du mécénat va. Evidemment, je caricature mais ne faisons pas dépendre nos politiques culturelles du mécénat privé, ou alors que nos parlementaires posent enfin la question de la révolution fiscale pour que les grosses entreprises soient bien plus portées à une contribution à l?effort national en faveur de la culture, comme de toute autre politique publique qui relève de l?intérêt général.

Dernière chose, vous insistez sur la poursuite de l?accessibilité. Oui, pensons bien que l?accessibilité des musées n?est pas simplement une problématique de l?accessibilité aux personnes en situation de handicap moteur, mais à l?ensemble des situations de handicap. Je le redis, comme je l?avais dit dans la conclusion de mon intervention sur la communication culture hier : depuis 2014, début de mandature, vous avez abandonné le financement au dispositif C.A.S.C.A.D.E., porté par l?association "Sémaphore" située dans le 20e arrondissement, qui travaillait aussi très fortement dans le 12e et rayonnait bien au-delà. Cette association travaillait sur la question de l?accessibilité de toutes les personnes en situation de perte d?autonomie et en situation de handicap, tout handicap confondu pour faire un travail en direction des structures. Je trouve vraiment inacceptable que vous ayez abandonné ce dispositif.

Sur la question de "Paris Musées", il y aura une mobilisation, une grève dans les Catacombes. Visiblement, des désaccords et des changements de directeurs se font de manière très brutale et il y a un vécu. Pouvez-vous nous préciser ce qu'il se passe dans ce pilotage des ressources humaines s?agissant de "Paris Musées" car il y a, pour le moins, une forte incompréhension à ce sujet ?

Enfin, je souhaiterais savoir si ce que nous avons entendu s?agissant de la privatisation de l'externalisation du nettoyage des bibliothèques aura aussi lieu concernant les musées. Quelle est la part du nettoyage public et privé s?agissant des musées ?

Ces questions sont aussi extrêmement importantes.

Je vous remercie.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Je vous remercie. Pour vous répondre, je donne la parole à Bruno JULLIARD pour cinq minutes.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Merci beaucoup, Madame la Maire et merci aux différentes intervenantes d'avoir souligné, une fois de plus comme c'est régulièrement le cas dans notre hémicycle - et, je crois, à l'unanimité -, l'excellente réussite des musées de la Ville de Paris et, en effet, plus particulièrement, depuis la création de l'établissement public "Paris Musées", pas uniquement en raison de la création de cet établissement public, mais cette création a été, en effet, l'occasion d'une dynamisation particulièrement positive de nos musées.

C'est une réussite dont nous pouvons être collectivement - je crois - très fiers, à la fois pour le rayonnement de Paris, de ses collections puisque les collections de nos musées n'ont jamais autant voyagé qu'aujourd'hui en Asie ou en Amérique.

C'est une immense réussite également quant à l'estime portée à la qualité à la fois de présentation de nos collections permanentes, mais également des expositions temporaires qui sont - je le crois - saluées en France comme à l'étranger.

C'est une grande réussite de fréquentation - vous l'avez toutes soulignée -, tant en termes du nombre de visiteurs de nos expositions, qu'en termes de diversification et de démocratisation de l'accès à nos collections et à nos expositions.

Je voudrais aussi souligner l'investissement très important de nos directeurs, directrices de musées, de nos conservateurs, conservatrices et de tous ceux qui, au quotidien, sont à la fois animés par la volonté de la qualité de ce qui est montré dans nos musées, mais ils et elles sont tout autant animés par la volonté que le plus grand nombre de personnes, dans leur diversité, puisse accéder à la qualité de ce qui est présenté dans nos musées.

Je voudrais, enfin, souligner la qualité de la gestion de l'établissement public "Paris Musées". Nous y revenons également régulièrement. "Paris Musées" réussit le tour de force par l'excellence de sa gestion, la modernité de sa gestion notamment de ressources humaines que j'assume pleinement.

Nous arrivons à réussir le tour de force à la fois d'avoir une subvention de fonctionnement en légère baisse depuis deux à trois années et, pour autant, une augmentation du budget de "Paris Musées", en effet, essentiellement due à l'augmentation de l'autofinancement de "Paris Musées". Cela trouvera, bien évidemment, ses limites dans les années qui viennent. D'ailleurs, il est probable que je vous propose, en 2019, une augmentation, cette fois, de la subvention de la Ville de Paris à l'établissement public "Paris Musées".

Toutefois, c?est grâce à une réforme de la billetterie, essentiellement d'abord grâce à une augmentation du nombre de visiteurs des expositions temporaires. C'est de là, très majoritairement, que provient l'augmentation des ressources propres de "Paris Musées".

Nous avons également mis en place une réforme de la tarification des expositions temporaires. Nous avons maintenu et souhaité maintenir la gratuité des collections permanentes, mais par une tarification d'abord plus juste. Cela nous a permis, par exemple, que l'ensemble des jeunes publics se voit proposer la gratuité ; ce n'était pas le cas avant 2014, la gratuité des expositions notamment pour l'ensemble des jeunes de moins de 18 ans.

Nous avons également augmenté le nombre d'exonérations de tarification pour les personnes en situation de bas revenus. Et puis, nous avons effectivement augmenté un certain nombre de tarifs. Je pense aux Catacombes, par exemple, où l'essentiel du public est un public de touristes. Nous considérions, à juste titre manifestement, que nous pouvions augmenter les tarifs sans voir la fréquentation baisser ; et la fréquentation a très nettement augmenté.

Nous avons également augmenté les horaires d'ouverture de certains musées, notamment des Catacombes qui, en effet, nous ont permis des rentrées d'argent, des financements très nettement supérieurs.

C'est grâce à tout cela, y compris, en effet, à un mécénat plus important qu'auparavant. Nous avons eu l'occasion d'en discuter à de très nombreuses reprises. Je ne referai donc pas l'ensemble de l'exercice de démonstration où nous arrivons à conjuguer à la fois un recours au mécénat plus important qu'auparavant, tout en garantissant une liberté totale tant, évidemment, des artistes - c'est une évidence -, mais également des directeurs, directrices, conservateurs, conservatrices quant à la qualité et à l'autonomie de présentation des différentes expositions.

Je conclurai en disant que cette subvention nous permet d'engager des travaux de très grande ampleur dans les principaux musées de la Ville de Paris et j'en suis très heureux. Je pense, évidemment, au musée Carnavalet, au musée de la Libération, à la Maison de Balzac, au musée de la Vie romantique, aux deux maisons de Victor Hugo, à Guernesey comme dans le Marais, à la création d'espaces pour les collections permanentes à Galliera. Bref, nous aurons une modernisation et une extension de la plupart des musées de la Ville de Paris. C'est, je crois, une très grande satisfaction pour l'ensemble des élus que nous sommes. Pour les questions précises qu'a posées Danielle SIMONNET, je reviendrai vers elle par mail.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Je vous remercie.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 551.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est donc adopté à l'unanimité. (2018, DAC 551). Je vous remercie.