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Mai 2018
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Conseil Municipal
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roupe Ecologiste de Paris relatif aux cantines sans plastique.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2018


 

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Le v?u référencé n° 134 est relatif aux cantines sans plastique.

La parole est à Mme KONÉ, pour deux minutes maximum.

Mme Fatoumata KONÉ. - Madame la Maire, chers collègues.

Il est décidément difficile de se débarrasser du plastique. Chaque jour qui passe permet de se rendre compte de son omniprésence dans notre vie quotidienne.

Si les cantines de la restauration collective parisienne sont dotées de couverts en inox et d'assiettes en céramique ou en verre, le transport des repas se fait encore, en très grande majorité, dans des barquettes en plastique. Cela pose deux problèmes majeurs. Le premier concerne l'environnement car les barquettes à usage unique pour chaque repas sont responsables de quantités vertigineuses de déchets. Rarement recyclables, elles finissent en incinérateurs ou en décharges aux frais de la collectivité.

Le deuxième concerne notre santé car l'utilisation de plastique comme contenant alimentaire n'est pas neutre. Notamment en cas de réchauffement, la matière relâche certaines substances chimiques dans les aliments, des perturbateurs endocriniens accusés, à terme, de causer des désordres hormonaux et des maladies.

Depuis plusieurs mois, des collectifs de parents et des associations de défense de l'environnement se mobilisent pour alerter les pouvoirs publics et les informer qu'il est possible de faire autrement. J'en profite pour les saluer. Ces mobilisations sont plus qu'utiles. Plusieurs villes telles que Strasbourg, Bordeaux ou Toulouse ont d'ailleurs déjà entamé cette démarche.

En tant qu?écologistes, il nous semble donc important de débarrasser la restauration collective parisienne de ces barquettes en plastique. Notre Ville s'est dotée d'un programme local de prévention des déchets ménagers et assimilés. Elle a adopté un schéma de la commande publique responsable et va prochainement signer la charte des villes sans perturbateurs endocriniens. C?est donc au nom de la cohérence que nous appelons à supprimer toutes les traces de plastique dans nos cantines. Nous proposons, dans notre v?u, un calendrier et une méthode afin que tous les acteurs de la restauration collective soient impliqués dans ce changement.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Je vous invite à conclure, Madame KONÉ.

Mme Fatoumata KONÉ. - Il y a quelques jours, la Commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale a refusé d'adopter un amendement qui allait dans le sens de notre v?u - je termine. Nous le regrettons, mais nous avons l'opportunité, collectivement, de donner l'exemple à Paris. J?invite donc l'ensemble des groupes à voter en faveur de celui-ci. Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup, Madame KONÉ.

Pour vous répondre, la parole est à Aurélie SOLANS.

Mme Aurélie SOLANS. - Je vous remercie.

Oui, le principe de précaution s?impose, comme nous l'avions fait, d'ailleurs, en retirant, avant toute réglementation, les biberons au bisphénol A. Notre Ville avance dans ce domaine avec une grande convergence de nos politiques environnementales et sanitaires.

Tout d?abord, bien sûr, notre Plan "Climat" qui, adopté ce printemps et dans la foulée de notre plan de réduction des déchets et de notre schéma de la commande publique responsable, acte un objectif zéro déchet non valorisé en 2050 et préconise la réduction des déchets à la source.

Ensuite, notre Plan "Paris Santé Environnement", complété d'un engagement - vous l?avez dit - à signer la charte Villes et Territoires sans perturbateurs endocriniens.

Enfin, notre stratégie "Alimentation durable", adoptée tout juste hier, et le Plan "Alimentation durable" de notre restauration collective qui avance à grands pas. Cela a d?ailleurs été dit hier par Célia BLAUEL dans le débat, avec aujourd'hui 40 % d'alimentation durable dont 35 % de biologique. Vu les volumes, avec 30 millions de repas par an, nous sommes, à Paris, le premier acheteur public de "bio" en France.

Le contexte national démontre toute l'actualité du sujet - vous l?avez dit : stratégie nationale pour l'économie circulaire, la stratégie en réflexion sur les perturbateurs endocriniens à laquelle, d?ailleurs, nous participons avec Anne SOUYRIS en ce moment et la loi interdisant la vaisselle jetable en plastique. Ainsi, vous l'avez dit, la loi Alimentation en débat où le sujet s'est invité. Encore, la Ville de Strasbourg a proscrit, depuis l'année dernière, dans ses nouveaux marchés, l'usage des barquettes plastique de ses cantines.

Aussi, nous nous accordons pour acter aujourd'hui des objectifs concrets en faveur d'une restauration collective sans plastique, tout particulièrement les contenants alimentaires de nos chaînes de liaison froide servant justement au réchauffage.

Le changement des pratiques dans la restauration collective nécessite de nouvelles solutions techniques et organisationnelles qui, pour la plupart, restent à inventer ; alors, un gros chantier est ouvert. Aussi, un avis favorable, bien sûr, de votre v?u, en vous proposant, toutefois, de reformuler le délibéré pour repréciser.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Je vous invite à conclure, Madame SOLANS. Merci beaucoup.

Mme Aurélie SOLANS. - Si amendé, avis favorable.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci. J'ai vu Mme KONÉ hocher favorablement de la tête. L'amendement est donc accepté.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe Ecologiste de Paris, amendée par l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u amendée est adoptée. (2018, V. 244).