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Mai 2018
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Conseil Municipal
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2018 DAC 449 - Apposition d’une plaque commémorative en hommage aux victimes de la Shoah d’origine judéo-espagnole, 7, rue Popincourt (11e).

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2018


 

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Nous examinons le projet de délibération DAC 449 : apposition d?une plaque commémorative en hommage aux victimes de la Shoah d?origine judéo-espagnole au 7, rue Popincourt dans le 11e arrondissement.

La parole est à Mme Raphaëlle PRIMET, pour cinq minutes. Je vous remercie.

Mme Raphaëlle PRIMET. - Madame la Maire, mes chers collègues, ne serait-ce qu?en France, évoque-t-on seulement le destin de ces Séfarades immigrés dont l?arrestation massive commença à Paris dans le 11e arrondissement dès août 1941 ? "Quant aux Séfarades demeurés au Levant, ils restent jusqu?à ce jour les marginaux de l?histoire de la Shoah". Cette phrase est tirée du livre d?Esther BENBASSA sur l?histoire des Juifs séfarades. L?apposition de cette plaque que nous allons décider ici dans quelques instants est un hommage à une histoire trop peu connue, celle de ces Juifs venus de Turquie ou de Grèce, fuyant l?antisémitisme du début du XXe siècle. Ils se sont installés dans ce coin du 11e arrondissement comme toute immigration de tout temps qui cherche la chaleur des siens. Leur sort fut scellé par l?occupant nazi et les complicités du gouvernement français d?alors qui avait fourni les listes des Juifs étrangers enregistrés à la Préfecture et qui avait, de surcroît, enlevé la nationalité française à celles et ceux qui avaient été naturalisés après 1927. Des milliers de Juifs du Levant ont ainsi été arrêtés et déportés de 1941 à 1944. A Paris, 5.300 personnes sont envoyées vers la mort. Cette communauté très soudée?

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Mme Raphaëlle PRIMET, attendez. Excusez-moi. Il y a un peu de bruit et c'est un sujet suffisamment grave pour que l'on puisse y porter attention. Je vous remercie.

Mme Raphaëlle PRIMET. - Cette communauté, très soudée par son histoire et sa langue, née sur les bords du Guadalquivir et qui s'était mâtinée par ses nombreux apports méditerranéens.

De Libourne à Amsterdam, de Belgrade à Salonique, en passant par Istanbul, les Juifs d'origine judéo-espagnole ont été, pour la plupart, anéantis pendant la Seconde Guerre mondiale. Il reste 5.000 Juifs dans toute la Grèce alors qu?ils étaient près de 93.000 rien qu?à Salonique avant la Seconde Guerre mondiale.

Au sortir de la guerre, ce peuple, sa langue, sa culture risquent de disparaître définitivement. Ce sont des poètes, des auteurs et des interprètes qui vont la ressusciter alors que cette plaque que nous allons apposer au 7 de la rue Popincourt nous aide à nous souvenir et nous inspire dans le combat contre le racisme et l'antisémitisme.

Yorgos MARKOPOULOS, poète grec contemporain, a écrit ces quelques phrases dans l?"Autre refoulé" : "L'étranger, c'est le soir qu'il connaît, la cité, quand elle dort / Le matin il repart avec l'air acide / de celui qui cherchait quelque chose et ne l?a pas trouvé / Toi qui l?as autrefois aimé / quand tu le verras passer devant ta porte / donne-lui un peu de cette ancienne tendresse?".

Quand nous passerons devant cette porte du 7, rue Popincourt, souvenons-nous.

Je vous remercie.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Je vous remercie beaucoup. Pour vous répondre, je donne la parole à Mme Catherine VIEU-CHARIER, pour cinq minutes maximum.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Merci beaucoup pour cette intervention, chère Madame PRIMET.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Excusez-moi, je suis vraiment désolée, je vais intervenir à nouveau.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Monsieur GOASGUEN, on parle de la Shoah et des judéo-espagnols, s?il vous plaît.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - S?il vous plaît, je vous demande vraiment d'être un peu plus respectueux de ce genre de débat. Je vous remercie.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Je remercie beaucoup Raphaëlle PRIMET de cette intervention car elle rappelle une histoire tragique qui est peu connue - et quasiment inconnue - de ces 5.300 Juifs d'origine judéo-espagnole qui, effectivement, ont été arrêtés, déportés, exterminés dans les camps de la mort entre 1941 et 1944 par l'occupant nazi, avec la complicité du Gouvernement de Vichy.

Le 11e arrondissement, vous le savez, a été particulièrement touché par les rafles. Après une instruction historique rigoureuse, l'emplacement retenu pour la pose de cette plaque commémorative est vraiment extrêmement symbolique puisque le 7, rue Popincourt abritait la première synagogue séfarade des Judéo-Espagnols, originaires de l'ancien Empire ottoman - synagogue qui, malheureusement, a disparu. L'emplacement retenu permettra ainsi d'honorer la mémoire de toutes ces victimes de la Shoah d?origine judéo-espagnole, qu'elles aient ou non vécu dans le 11e arrondissement et qu'elles aient ou non habité rue Popincourt. Je vous remercie, mes chers collègues.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 449.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2018, DAC 449). Je vous remercie.