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Fevrier 2005
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Vœu déposé par les groupes communiste, socialiste et radical de gauche et M.R.C. relatif à la dénomination d’une place dans Paris “place du 8 février 1962”, en mémoire des victimes du métro Charonne.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2005


 

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Nous passons au v?u référencé n° 44 dans le fascicule déposé par les groupes communiste, socialiste et radical de gauche et M.R.C., qui a trait à la dénomination d?une ?place du 8 février 1962?, en mémoire des victimes du métro Charonne.

Je donne la parole à Catherine GÉGOUT.

Mme Catherine GÉGOUT. - Encore aujourd?hui, c?est avec beaucoup d?émotion que nous nous souvenons de la tragédie de Charonne. Et quand je dis aujourd?hui, c?est aujourd?hui particulièrement puisque c?était le 8 février 1962 que cet événement s?est produit.

Je voudrais d?ailleurs excuser mes collègues qui, actuellement, sont présents à la cérémonie du souvenir de Charonne.

En février 1962, la guerre d?Algérie durait depuis sept ans et son aboutissement après tant de souffrances se profilait enfin. Je veux parler de l?indépendance de l?Algérie.

Mais des forces politiques puissantes refusaient d?accepter cette évidence. Et l?OAS, née dans l?extrême droite en Algérie, exécute et multiplie les attentats.

Rien que dans la journée du 7 février 1962, à Paris, dans la banlieue, l?OAS organise des attentats contre des personnalités dont l?écrivain Vladimir Pozner, le responsable communiste Raymond Guyot, le ministre André Malraux. C?est d?ailleurs dans la maison où vivait André Malraux qu?une petite fille, Delphine Renard, est blessée.

La France est bouleversée. L?image du visage ravagé de cet enfant est restée très marquée dans nos mémoires.

C?est dans ce contexte que la CGT, la CFDT, l?UNEF, certaines sections de la FEN et du SNI, le Parti communiste français, les Jeunesses communistes, le Mouvement de la Paix, appellent à manifester le 8 février 1962.

Ce soir-là, des dizaines de milliers de manifestants sont dans la rue. Puis, soudain, vers 19 heures, c?est l?horreur à la hauteur du métro Charonne, boulevard Voltaire, au moment même où les manifestants se dispersent.

Les hommes des brigades des districts se déchaînent, chargent sans pitié, allant jusqu?à jeter des grilles d?arbre en fonte sur les manifestants entassés dans les entrées fermées du métro. Il y a des centaines de blessés, huit morts et un neuvième manifestant mourra après deux mois de coma.

Face à l?horreur, contre cette guerre qui n?en finit pas, dès le lendemain, des millions de salariés font grève pendant deux heures et, le mardi 13 février 1962, un million de Parisiens rendra un dernier hommage aux victimes.

Je tiens à dire que les morts de Charonne font écho à d?autres morts, à tous ces Algériens qui ont été victimes d?une répression forcenée le 17 octobre 1961 dans Paris, faisant des centaines de victimes.

C?est à juste titre qu?hommage leur a été enfin rendu par notre Assemblée qui a décidé de la pose d?une plaque du souvenir sur le pont Saint-Michel.

Monsieur le Maire, je souhaite rappeler aujourd?hui solennellement que parmi les huit morts de Charonne, tous étaient à la CGT et huit étaient communistes. Parmi eux, trois travaillaient à ?l?Humanité?, ce journal qui, pendant la guerre d?Algérie, a été poursuivi 209 fois et saisi 27 fois.

C?est avec beaucoup d?émotion que je vous demande de bien vouloir accepter de rendre hommage à ces femmes et ces hommes qui sont morts à Charonne en donnant le nom de place du 8 février 1962 au carrefour de la rue de Charonne et du boulevard Voltaire et de voir avec la R.A.T.P. quelle disposition pourrait être prise pour que le souvenir de cet événement soit plus marqué dans la station de métro Charonne que par la simple plaque qui existe aujourd?hui.

Je vous remercie.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Merci, Catherine GÉGOUT.

Je donne la parole à Jean-Pierre CAFFET.

M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint. - Avis favorable.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Il y a une explication de vote pour le groupe ?Les Verts?.

Mme Violette BARANDA. - Je voudrais que l?on donne la parole à M. PAGÈS.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Monsieur PAGÈS, vous avez la parole pour une explication de vote.

M. Olivier PAGÈS. - Je voulais préciser que ce v?u a été voté à l?unanimité en Conseil du 11e arrondissement. En tant qu?élu du 11e et membre du groupe ?Les Verts?, je voudrais faire un correctif : les élus du 11e et les élus de Paris du groupe ?Les Verts? sont aussi porteurs de ce v?u. Je voulais rectifier cet oubli.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. Merci, Monsieur PAGÈS.

Je mets aux voix, à main levée, ce v?u porté par l?ensemble des groupes de la majorité municipale.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est adopté. (2005, V. 106).