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Juin 2018
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Vœu déposé par M. Pascal CHERKI, Mmes Virginie DASPET, Nathalie MAQUOI, Carine PETIT, les groupes PCF-FG et GEP relatif aux algorithmes locaux de "Parcoursup".

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2018


 

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Nous examinons le v?u n° 139 relatif aux algorithmes locaux de "Parcoursup".

La parole est à M. Nicolas BONNET-OULALDJ.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci, Madame la Maire.

Je ne reviendrai pas sur les impasses et la violence sociale de la concurrence généralisée de la loi O.R.E., on en a largement parlé.

Je ne reviendrai pas sur les aberrations concrètes du fonctionnement du dispositif "Parcoursup" dont on vient de parler, il y a quelques instants.

Notre v?u porte sur un aspect de détail de l'algorithme "Parcoursup", malheureusement révélateur de la philosophie du Gouvernement et de la loi sur la sélection.

Certains doivent le savoir tant de par la loi sur la République numérique d'octobre 2016 que par le règlement de la R.G.P.D. : nous sommes dans l'obligation de publier les algorithmes et dans la prise de décision concernant des individus.

Pourquoi s'attacher à cette question ? Pour deux raisons. La première concerne les étudiants. Il est intolérable pour eux et il est incompréhensible que leur avenir soit dans les mains d'une machine non contrôlée. Au vu des aberrations du dispositif, c'est certainement légitime qu'ils comprennent les rouages de la machine qui les avale.

La deuxième question, c'est que les algorithmes révéleraient toute l'aberration du système. Quelles notes comptent ? Comment sont pondérées les notes d'un lycée à un autre ? Pourquoi et comment sont distingués les lycées parisiens de ceux de la banlieue, puisque c'est le cas ? Comment sont prises en compte les lettres de recommandation ? Comment sont prises en compte les appréciations des professeurs ?

Les tambouilles internes varient d'une université à l'autre, d'une faculté à l'autre, parfois d'une U.F.R. à une autre. C'est injustifiable. On passe à la moulinette des fluctuations locales, la volonté d'apprendre des jeunes.

Face à la demande de publication des algorithmes, la Ministre de l?E.S.R. a cédé sur la publication de l?algorithme national. C?est une première victoire, mais sans les algorithmes locaux des universités, cela ne sert à rien.

Lors de sa campagne, le Président nous promettait la transparence de l?action publique. Pourquoi résiste-t-il à la mettre en pratique sur le sujet si important qui concerne des centaines de milliers d?étudiants ? Aurait-il peur qu?en soulevant le tapis, on découvre tout l?arbitraire du système ?

Par notre v?u, nous demandons le minimum, à savoir que la Ville de Paris, si concernée par l?enseignement supérieur et l?avenir des dizaines de milliers de nouveaux lycéens, plaide auprès du Rectorat pour la publication des algorithmes locaux. J?aurais envie de dire : en marche pour la transparence.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Pour vous répondre, je donne la parole à Marie-Christine LEMARDELEY.

Mme Marie-Christine LEMARDELEY, adjointe. - Merci, Nicolas BONNET-OULALDJ.

Nous sommes favorables à la publication des algorithmes locaux de "Parcoursup" car cela répond effectivement à un objectif de transparence légitime. D?autant plus, comme vous l?avez rappelé, que l?algorithme national a été publié par la Ministre elle-même.

Un certain nombre de sujets juridiques sont à regarder, mais nous pouvons sensibiliser, tout d?abord, le Recteur pour aboutir à la publication des algorithmes locaux utilisés par les différents établissements parisiens d?enseignement supérieur ainsi que les établissements eux-mêmes via les conseillers et conseillères de Paris qui sont membres des différents conseils d?administration. J?émets donc un avis favorable à votre v?u.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - J?ai une demande d?explication de vote de la part de Mme Anne TACHÈNE.

Mme Anne TACHÈNE. - Je vous remercie, Madame la Maire.

Il y a exactement un an, je faisais partie de ces centaines de milliers de parents fébriles à la vieille du premier tour d?A.P.B., en sachant que nos enfants, nés en 1999 et en 2000, seraient soumis au tirage au sort de la circulaire Vallaud-Belkacem Mandon.

Il faudra, à un moment donné, que vous puissiez vous résoudre que ce nouveau dispositif "Parcoursup" fonctionne mieux, même s?il est certainement perfectible. Aujourd?hui, à plus d?une semaine du baccalauréat, 75 % des inscrits ont reçu une réponse satisfaisante avec la validation, dans la moitié des cas des inscrits, de leur choix final. La loi O.R.E. a, de fait, apporté une réponse claire - et vous venez de le rappeler, Madame l?Adjointe - et transparente puisque les algorithmes nationaux ont été rendus publics le 21 mai dernier et que les critères d?affectation sont publics et portés à la connaissance de chacun. Alors, il faut arrêter d?instrumentaliser ces futurs bacheliers. Il faut leur souhaiter plein succès pour le baccalauréat et leurs études supplémentaires. Dans ces conditions et compte tenu des propos que vous avez portés, nous voterons contre ce v?u.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Je vous remercie.

Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 139 des groupes Communiste - Front de Gauche et Ecologiste de Paris, avec un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est adopté. (2018, V. 336).