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Juin 2018
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Vœu déposé par le groupe Ecologiste de Paris relatif au processus de dénomination des rues et places publiques.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2018


 

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Nous passons maintenant à l?examen de v?ux non rattachés. Le v?u référencé n° 53 est relatif au processus de dénomination des rues et places publiques.

La parole est à Pascal JULIEN.

M. Pascal JULIEN. - Rue du Chat-qui-pêche, rue de la Mare, rue du Pré, rue du Château d?eau, rue des Roses, rue du Paradis, impasse du Curé. Voilà des noms qui font rêver et contribuent au patrimoine immatériel de la Ville de Paris, autant sinon plus que les noms de personnalités aussi passionnantes soient-elles : Gambetta, Collette-Magny ou Jean-Cottin.

Mon v?u demande qu?une solution soit trouvée pour qu?il y ait un rééquilibrage dans nos attributions, un rééquilibrage en faveur des noms d?environnement au sens large : mémoire du lieu, topographie, animaux, végétaux !

De la même manière que nous avons amorcé et continuons d?amorcer le rattrapage hommes-femmes et d?attribuer davantage de noms de femmes que d?hommes pour équilibrer, mon groupe demande qu?il y ait un rééquilibrage.

Pour la solution, je n?ai pas le temps de la développer. Mon v?u le fait un peu et c?est ouvert à la discussion. Et je remercie l?adjointe Catherine VIEU-CHARIER pour la qualité de son travail en général et pour l?écoute qu?elle a eue quand nous nous sommes téléphonés à ce sujet.

Voilà ce que nous demandons.

Nous demandons aussi qu?il y ait une vision plus facile de ce qu?il se passe en la matière. Nous avons écouté tout à l?heure le rapport de la Commission du Vieux Paris. J?aimerais, de la même manière, que Catherine VIEU-CHARIER fasse, par exemple chaque année, un bilan de la Commission d?attribution des noms, que l?on ait le stock de noms en attente, que l?on sache lesquels sont attribués, dans quels pourcentages et quelles sont les difficultés qui ont surgi. Je trouve qu?on y gagnerait en transparence. D?ailleurs cela devrait même être sur le site car cela intéresse aussi les Parisiennes et les Parisiens.

Voilà ce que demande mon v?u. J?admets volontiers que la solution reste à trouver mais elle doit pouvoir exister, s?il y a un consensus au sein du Conseil de Paris sur cette question.

Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Pascal JULIEN.

Pour vous répondre, je donne la parole à Catherine VIEU-CHARIER.

Madame la Maire, c?est à vous.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Monsieur le Conseiller de Paris, chers collègues, nous avons en effet beaucoup discuté de ce v?u en 2e Commission et avec M. Pascal JULIEN. Je vais répondre ici aux interrogations que M. JULIEN pose et aux problématiques qu?il soulève, donc les attendus, parce que le v?u est long et comporte beaucoup de choses.

Sur la forme d'abord, je tiens à rappeler que nous ne débaptisons pas de rues. Toutes les rues qui portent des noms traditionnels de lieux-dits, qui sont extrêmement anciens, qui datent pour certains du Moyen Age, du XVIIe siècle, du XVIIIe siècle, restent bien évidemment dans le paysage.

La deuxième chose est que nous continuons effectivement à donner des noms de lieu ou d?institution. Je pense à la dernière Commission qui a donné par exemple la rue du Bastion dans le 17e arrondissement, l?allée du Beau passage dans le 7e, la place des Messageries de l?Est dans le 18e arrondissement, le centre La Nouvelle-Athènes dans le 9e arrondissement et la Maison associative et citoyenne du Quartier Latin. Nous avons donc tout de même le souci de limiter les personnalités.

J?assume totalement le fait qu?il y ait des personnalités parce que c?est vraiment la culture française. C?est quelque chose qui vient de très loin, depuis très longtemps on donne des noms de personnalités. C?est notamment depuis la Révolution française, parce que la Nation a toujours besoin, et elle a raison, d?honorer des gens qui se sont engagés, soit dans les arts et lettres, soit dans des combats. Je trouve cela extrêmement intéressant.

Je rappelle aussi que nous faisons en sorte de rattraper, et nous n?y arriverons peut-être pas, mais en tout cas nous mettons beaucoup de noms de femmes pour féminiser les rues, les places et les institutions. On a eu un effort extraordinaire depuis que Bertrand DELANOË a été Maire de Paris et je trouve cela intéressant. Je peux vous donner un chiffre. Alors qu?en France, il y a à peu près 3 % de femmes dans les dénominations de villes et de villages, on est à 11,5 % à Paris. Donc on a rattrapé un retard. On est loin encore, mais on rattrape.

Ensuite, vous avez pointé le fait que tous les groupes politiques n?étaient pas représentés dans la Commission de dénomination. Les présidents de groupe, en tant que tels, effectivement ne sont pas représentés, mais il y a les vingt maires d?arrondissements plus quatre adjoints. Tous les groupes sont donc représentés dans cette Commission.

Je prends un peu de temps parce que la Commission d?attribution des noms n?est pas quelque chose que l?on traite en deux minutes, je m?excuse.

Ensuite, dans ce v?u, il est bien dit qu?il faudrait que nous déposions moins de v?ux en Conseil de Paris. Je vous rappelle que les v?ux sont une demande absolument démocratique qui permet à chaque groupe politique de pouvoir s?exprimer. J?estime que, lorsqu?on veut honorer une personnalité, que ce soit sur les bancs de la gauche ou sur les bancs de la droite, chaque conseiller de Paris a le droit de déposer un v?u en faveur d?une personnalité. De toute façon, c?est formulé très clairement dans l?article 14 du Conseil de Paris et c?est absolument légitime.

J?ai invité M. Pascal JULIEN à notre prochaine Commission de dénomination. Comme cela, il pourra voir tout à fait comment cela se passe.

Je rappelle aussi - je crois qu?ici tout le monde en est conscient - que je ne marche qu?au consensus. Si jamais une personne, un maire, un élu me dit que cela ne convient pas, nous réétudions le dossier parce que je trouve que c?est trop important. Quand on donne le nom d?une personne à une rue ou qu?on lui donne n?importe quel nom, il est important que tout le monde se sente concerné et soit engagé dans cette dénomination. Il est donc extrêmement important qu?il y ait un consensus total.

J'ai entendu votre demande, Monsieur JULIEN, sur un bilan, je le ferai vraiment avec beaucoup d'intérêt. J'aurais dû y penser, d'ailleurs, toute seule. Mais cela se passait tellement bien que je n'avais pas l'impression que les gens étaient en méconnaissance de la Commission de dénomination. En tout cas, je ferai ce bilan, je donnerai tous les noms qui sont, comme vous le disiez, en réserve. Ce sont des noms d'hommes majoritairement. Bien sûr, le processus, pour moi, me satisfait parce que, à ce jour, vraiment, je n'ai jamais rencontré de problèmes majeurs pour les dénominations des rues à Paris. Monsieur JULIEN, je vous demande donc le retrait de ce v?u, mais avec, je vous le dis, je suis tout à fait consciente que vos questions sont extrêmement légitimes et je répondrai au moins à celle d'un bilan et, bien sûr, de plus de transparence s'il en était besoin.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Catherine VIEU-CHARIER. Je sais que la recherche du consensus demande du temps. Vous avez donc explosé votre temps de parole. Vous serez inévitablement plus brève sur les v?ux consensuels qui seront examinés ensuite. La parole est à Pascal JULIEN pour faire suite à la demande de Catherine VIEU-CHARIER.

M. Pascal JULIEN. - Nous retirons notre v?u, mais avec une clause de revoyure au mois de juillet, où je reviendrai sans doute avec d'autres v?ux qui seront travaillés, après ce qu'il se sera passé lors de cette commission du 11 juin. Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Pascal JULIEN.

Le v?u étant retiré, il n'y a, par définition, pas d'explication de vote.