Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Juin 2018
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

Vœu déposé par le groupe DP relatif au blocage des universités.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2018


 

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Nous examinons le v?u n° 140 relatif au blocage des universités.

La parole est à M. Julien BARGETON.

M. Julien BARGETON. - Merci, Madame la Maire.

Au dernier Conseil de Paris, nous avons voté des v?ux pour soutenir les mobilisations étudiantes contre "Parcoursup" que, moi aussi, comme cela a été dit précédemment, je défends. En effet, la vraie sélection est la sélection par l?échec ; la vraie sélection est la sélection par tirage au sort. On verra à quel point cette loi aura été une étape importante dans le quinquennat d?Emmanuel MACRON, j?en suis absolument convaincu.

Quand on compare avec ce qu?il s?est passé, je rappelle juste qu?à la même époque, il y avait 0 réponse et que là, on est à 75 %. C?est cela la réalité de "Parcoursup".

Evidemment, la liberté de manifester est un droit fondamental reconnu par tous les textes nationaux comme internationaux. Pour autant, l?évacuation des universités avait été demandée par le Président de l?université et ce blocage avait été considéré comme illégal et comme le fruit d?une minorité d?étudiants. Par ailleurs, il a des conséquences très dures pour les étudiants boursiers notamment parce qu?il allonge la durée des études. Il a des conséquences très dures pour des étudiants qui doivent payer des logements à Paris. Il est donc extrêmement pénalisant et notamment pour ceux qui ont moins par rapport à ceux qui peuvent être logés par leurs parents. Je voudrais faire une différence entre les occupations et les blocages. En effet, les occupations d?universités, nous en avons - les uns et les autres - connu. Il s?agissait d?étudiants qui distribuaient des tracts, qui laissaient rentrer les autres, qui les laissaient même participer à des A.G. En l?occurrence, ce n?est pas du tout cela. Cela a été théorisé, il ne s?agit pas d?une occupation, mais d?un blocage. Le blocage est, évidemment, le fruit de personnes qui viennent, en général et très souvent, de l?extérieur et qui ont empêché les étudiants de rentrer. C?est très différent. Y compris les personnes qui peuvent soutenir un mouvement devrait être en capacité de condamner ce changement de pratique.

C?est pourquoi nous demandons que la Maire de Paris le fasse aussi, qu?elle condamne le blocage des universités et des centres d?examens. Merci beaucoup.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Pour répondre, je donne la parole à Mme Marie-Christine LEMARDELEY.

Mme Marie-Christine LEMARDELEY, adjointe. - La démocratie universitaire - je le rappelle - est, pour nous, un principe fondamental. Les universités sont des lieux de débat et de dialogue et l?Exécutif parisien condamne toutes les formes de violence, de dégradation et d?entrave au dialogue qui pourraient affaiblir cette démocratie universitaire. L?intérêt des étudiants est également, pour nous, un principe fondamental et nous prenons la mesure des inquiétudes qui s?expriment actuellement. Toutefois, ces questions relèvent d?un débat national sur lequel des positions différentes s?expriment. Ainsi, tout en ayant rappelé ces principes fondamentaux, de la même façon qu?au Conseil précédent, au sujet d?un v?u portant sur le même sujet national, l?Exécutif n?indiquera pas de position de vote par rapport à ce v?u qui relève d?enjeux et de positions qui dépassent les strictes compétences du Conseil de Paris. Je m?en remets donc à la sagesse de notre Assemblée.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Je suis saisie de trois explications de vote. Je donne tout d?abord la parole à M. Nicolas BONNET-OULALDJ.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci, Madame la Maire.

Je voudrais dire à notre collègue Julien BARGETON : je sais que votre groupe est un groupe qui se dit libre de l?Exécutif et qui est en soutien quand il le souhaite, sauf qu?un v?u a été adopté par notre hémicycle il y a un mois, voté ; et là, vous nous proposez un v?u qui remet en cause un vote du Conseil de Paris démocratique. Mon cher collègue, vous avez, bien sûr, le droit d?être ici le porte-parole, comme au Sénat, de La République En Marche, mais vous avez aussi le droit de respecter le vote majoritaire porté par l?Exécutif de Paris dans lequel vous portez, à titre personnel, une certaine liberté de soutien en fonction des lois et des propositions du Gouvernement. Je voudrais, enfin, dire l?argument principal pour lequel nous ne voterons pas votre v?u. D?abord, aucun fait précis ne qualifie ce qui est "blocage" ou "occupation". C?est un abus de langage de votre part.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Il faut conclure, s?il vous plaît.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Et vous appelez "blocage" autant quand il y a occupation et notamment quand c?est un choix démocratique des lycéens et des étudiants dans leur mode d?action pour faire face à des lois que vous soutenez. Nous voterons contre dans un enjeu de démocratie et d?apprentissage de la démocratie au lycée comme à l?université.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - La parole est à Mme BERTHOUT, pour une explication de vote.

Mme Florence BERTHOUT, maire du 5e arrondissement. - Un grand moment d?hypocrisie de l?Exécutif et de confusion totale.

Si. Je dis "l?Exécutif", je ne parle pas des conseillers. Je parle de l?Exécutif.

En effet, lors de la dernière séance, l?Exécutif a soutenu des v?ux très virulents à l?égard des interventions des forces de l?ordre dans les universités et soutenant presque inconditionnellement les blocages dans les universités.

C?est la vérité, laissez-moi juste terminer.

Vous avez dit "sagesse" et contrairement à tout ce que l?on fait quand un Exécutif dit "sagesse", tout l?Exécutif a voté les v?ux. Alors, arrêtez l?hypocrisie dans le discours ! Il y a les preuves : tout l?Exécutif sur les deux premiers bancs a voté.

Vous-même, Madame LEMARDELEY, car j?étais dans l?hémicycle, vous avez voté les v?ux. C?est inqualifiable !

Ce que je voudrais dire?

Non, mais c?est incroyable ! Les images feront foi. C?est absolument incroyable ! Vous êtes un déni permanent.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Madame BERTHOUT, il faut conclure.

Mme Florence BERTHOUT, maire du 5e arrondissement. - Oui, mais pardonnez-moi, j?ai été interrompue.

Je voudrais juste dire une chose à M. BONNET-OULALDJ : si vous ne faites pas la différence entre "blocage", "occupation" et "dégradation", je me permets de vous conseiller d?appeler le Président de Paris I qui pourra vous donner des explications extrêmement précises sur ce qu?a été à Tolbiac de la dégradation et du blocage.

Merci.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - La parole pour une autre explication de vote est à M. VESPERINI.

M. Alexandre VESPERINI. - On m?empêche de parler ?

En fait, la position de l'Exécutif est désolante mais elle est tout à fait compréhensible. En effet, l'Exécutif est tenu, il est pieds et poings liés. Il est pieds et poings liés déjà vis-à-vis de l?U.N.E.F., l'organisation étudiante? Attendez. Une organisation étudiante à laquelle la Ville donne chaque année entre 30.000 et 50.000 euros par an, U.N.E.F. qui refuse de condamner les blocages, dont certains éléments - cela a été prouvé - participent au blocage, ont même participé à l?annulation, je précise bien à l?annulation des élections universitaires de Paris I, comme Florence BERTHOUT l'a dit, au mois de mars dernier.

Cet Exécutif est également pieds et poings liés vis-à-vis de sa majorité, en réalité qui part complètement à la gauche de la gauche de la gauche, comme vient de nous le dire M. Nicolas BONNET-OULALDJ. En réalité, cet Exécutif est un navire à la dérive.

Voilà, vous n'êtes pas capables de condamner un blocage, vous n?êtes même pas capables de dire que les étudiants qui veulent étudier, qui doivent travailler, qui doivent valider leurs partiels veulent le faire. Vous n'êtes même pas capable de le dire ! Cette position est compréhensible mais elle est désolante ! C?est désolant ! Voilà, c?est tout !

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Monsieur VESPERINI, il faut conclure.

M. Alexandre VESPERINI. - J?appelle, pardon, et je terminerai simplement, s?il vous plaît? Puisque c'est sagesse, puisque chaque conseiller de Paris va voter en son âme et conscience, puisque pour une fois l'Exécutif ne demande pas aux élus PS d'être des godillots comme d?habitude, eh bien je leur demande, à ces élus godillots, de prendre leurs responsabilités, de se rappeler de leurs années estudiantines?

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Monsieur VESPERINI, c?est fini, s?il vous plaît.

M. Alexandre VESPERINI. - ? et donc de voter le v?u de nos collègues Démocrates et Progressistes !

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Je donne la parole à la dernière explication de vote, qui est M. Jérôme GLEIZES.

Ah, il y en aura une autre de M. FÉRAUD après.

M. Jérôme GLEIZES. - Il y avait longtemps que l'on n'avait pas eu un débat gauche/droite sur les questions universitaires. Laissez-moi terminer. Je n?ai pas commencé à parler que déjà?

M. BARGETON fait une distinction entre l'occupation et le blocus, le blocage. Non, la distinction n'est pas à ce niveau. La distinction, elle est de savoir ce que décide une assemblée générale universitaire. Est-ce qu?elle décide du blocage, d'occupation ou d?autres choses ? Moi qui suis professeur d'université, mon université n'a pas voté le blocage, n?a pas voté l'occupation, l'université n'est pas occupée ni bloquée. Pourtant, l'université Paris XIII a eu des occupations par le passé très dures et violentes avec des blocages. La question n?est donc pas là.

Là, ce que vous dites, Monsieur BARGETON, est très grave. Vous mettez en cause la légitimité des étudiants de Tolbiac sur leurs moyens d'action. Je suppose que vous n'êtes pas allé à Tolbiac, car si vous y étiez allé, vous sauriez très bien que c'était largement majoritaire, cette occupation et ce blocage. Ainsi, aujourd?hui, il est normal? Il est normal?

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Monsieur VESPIRINI, vous avez déjà parlé !

M. Jérôme GLEIZES. - ? pour quelqu?un de gauche, de soutenir les mouvements majoritaires et les décisions d?assemblées générales. Sinon, on n'aurait jamais eu Mai 68 !

Merci !

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - La parole est à M. FÉRAUD.

M. Rémi FÉRAUD. - Merci, Madame la Maire.

Justement, je pense que la sagesse devrait être partagée, quel que soit notre avis. Ce matin, Mme BERTHOUT nous enjoignait avec force de ne pas être trop préoccupés de questions nationales, que cela n'était pas le rôle du Conseil de Paris. Tout à coup, vous défendez une position très véhémente sur une question qui est d'abord une question nationale. Pour ce qui est des blocus, des occupations - comme on veut les appeler - à ma connaissance, elles n'ont plus lieu aujourd'hui. On n'est donc pas non plus sur une question d'une urgence absolue.

Je remercie l'Exécutif de sa position de sagesse, parce qu?en effet, il ne s'agit absolument pas de mettre en cause les forces de l'ordre. Mais il n'y a pas non plus, dans ce v?u, tous les éléments dans lesquels nous pourrions nous reconnaître. Pour ma part, je m'abstiendrai. En effet, les élus du groupe Socialiste et Apparentés seront tout à fait libres et se sentiront tout à fait libres de leur vote.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Une demande de rappel au règlement, Madame BERTHOUT ?

Mme Florence BERTHOUT, maire du 5e arrondissement. - Je voudrais faire un rappel au règlement parce que l?on a mis en doute ce que je disais tout à l'heure. D?abord, si vous pouviez dire cela à chaque fois, chers collègues. Je suis assez d'accord, globalement, avec ce que vous venez de dire.

Je voudrais revenir sur le v?u précédent. Ce que j?ai dit est la stricte vérité, donc je demande bien que ce soit consigné au procès-verbal. Il y a eu deux votes. C'était M. PENINOU qui présidait. Pour le premier, il y a eu un cafouillage total. Comme on n?arrivait pas à décompter, l'Exécutif, entièrement, a revoté et a voté le v?u. Je veux que ce soit dit, les images en feront foi.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Monsieur AZIÈRE, c'est un rappel au règlement ?

M. Eric AZIÈRE. - C'est un rappel au règlement en fonction de l'esprit de ces débats, puisque c'est la liberté de vote qui est demandée à chaque conseiller de Paris. Afin d'avoir une lecture précise de cette liberté de vote, je demande un scrutin public.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Nous procédons à une suspension de séance pour organiser le vote.