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Juin 2018
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Conseil Municipal
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Hommage à M. Ronan Gosnet et aux autres victimes de l'attentat perpétré le 12 mai 2018 à Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2018


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Mes chers collègues, nous ne pouvions ouvrir ce Conseil autrement qu'en ayant une pensée pour les victimes de l'attaque de la rue Monsigny. Samedi 12 mai, le terrorisme a de nouveau frappé Paris en plein c?ur du 2e arrondissement. À l'heure où l'on sort dîner, voir un film ou une pièce de théâtre, un homme armé a semé la panique et la mort blessant quatre personnes et tuant un Parisien.

Ce Parisien s'appelait Ronan Gosnet, il avait 29 ans. Il travaillait dans le quartier où il a perdu la vie, à la librairie située à l'angle des rues Monsigny et Saint Augustin. Il était originaire de la Sarthe, il habitait dans le 13e arrondissement de Paris depuis 10 ans.

Ronan était un jeune homme discret, généreux, d'une humanité exceptionnelle. Il était toujours prêt à rendre service. Nous avons une pensée pour sa famille, pour ses proches, ses voisins, ses collègues de la librairie Book off. Nous avons une pensée pour Laurence ALIGON, Ziijang YU, Aïda ABDELOUHAB, Justine UZZAN, blessées lors de l'attaque mais aujourd'hui heureusement tirées d'affaire.

Nous rendons également hommage aux policiers, aux commerçants, aux riverains, aux touristes ou aux Parisiens qui ont fait preuve de courage, de sang-froid et de solidarité juste après l'attaque. J'ai pu les rencontrer juste après l'attaque avec les élus qui m'accompagnaient, les élus de Paris et du 2e arrondissement, aux côtés des forces de l'ordre et du Procureur de la République. J'ai pu dès cet instant saluer le courage notamment des policiers du 3e arrondissement qui patrouillaient et qui ont pu mettre justement fin à cette attaque terrible et de ce fait sauver des vies avec un courage inouï. Ils n'ont pas perdu leur sang-froid.

Je veux dire aussi que les restaurateurs, les Parisiens qui ont pu à ce moment-là, de façon très spontanée, agir et réagir, ont mis à l'abri leur personnel, les clients jusque très tard dans la nuit. Ce qui m'a frappée, ce qui a frappé celles et ceux présents ce soir-là, c'est justement ce grand calme, cette grande résilience, cette grande capacité à surmonter l'horreur telle que nous l'avons vécue encore cette nuit.

Ce sont ces images de Parisiens debout, c'est ce message de solidarité que nous retiendrons de l'attaque du 12 mai comme nous l'avons fait après les attentats du 13 novembre.

Paris est fière de ses valeurs, face aux terroristes nous restons unis, debout, soudés. Nous l'avons montré aussi en nous rendant sur place, à l'initiative du maire du 2e arrondissement, dès le début de la semaine qui a suivi cette attaque. Les terroristes ne gagneront pas, et nous ne céderons ni à la haine qui divise, ni à l'usure qui crée l'indifférence. Il n'y a ni banalisation ni indifférence.

Un mort dans Paris du fait de terrorisme, c'est un mort de trop. Nous sommes debout pour le dénoncer. Il n'y aura ni dilution de la société, ni résignation des consciences.

Le calme est revenu rue Monsigny, la vie n'a pas tardé à reprendre ses droits dans ce quartier animé du centre de Paris. C'est la force de Paris, c'est là sa résilience. Je vous propose une minute de silence.

(L'Assemblée, debout, observe une minute de silence).

Je vous remercie.