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Juin 2018
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2018 DAE 74 - Subventions (90.000 euros) et conventions avec neuf structures lauréates de l’appel à projets "Paris-Campagne".

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2018


 

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DAE 74 relatif à l'attribution de subventions et de conventions avec neuf structures lauréates de l?appel à projets "Solidarité Paris-Campagne".

La parole est à Didier LE RESTE, pour le groupe Communiste - Front de Gauche.

M. Didier LE RESTE. - Merci, Madame la Maire.

Nous tenons tout d?abord à saluer l?existence de cet appel à projets "Solidarité Paris-Campagne".

Nous rejoignons tout à fait les objectifs poursuivis et la volonté de retisser du lien entre les Parisiens et les Parisiennes dans leurs habitudes de consommation avec les productions agricoles responsables avoisinantes. Cette reconnexion entre producteurs et consommateurs est indispensable, en particulier au moment où les producteurs, notamment ceux possédant de petites exploitations et pratiquant une agriculture paysanne, peinent à vivre de leur travail.

Selon la Mutuelle sociale agricole, un agriculteur sur trois gagne moins de 350 euros par mois. Dans le même temps, de plus en plus de consommateurs souhaitent savoir d?où viennent les produits qu?ils consomment et selon quelles méthodes de production. C?est donc tout un modèle de consommation et de distribution que nous devons repenser, si nous voulons permettre aux producteurs de vivre dignement de leur travail et aux consommateurs parisiens de pouvoir bénéficier de produits de qualité à des prix accessibles.

Le groupe Communiste - Front de Gauche souscrit pleinement à la démarche portée ici qui soutient l?émergence d?une nouvelle économie agricole où les circuits courts, la proximité et les pratiques d?agriculture respectueuse de l?environnement seront garantes de meilleures conditions de travail et de vie pour les agriculteurs, d?une protection de l?air et de ressources en eau, et de produits de meilleure qualité pour les consommateurs.

Nous regrettons, en revanche, la baisse apparente du montant attribué à ces projets, puisqu?en 2017 130.000 euros avaient été alloués alors que seuls 100.000 euros sont prévus ici.

On comprend qu?un projet de délibération doit être encore voté, mais il est sous-entendu qu?il s?agira d?une subvention de 10.000 euros qui viendra s?ajouter aux 90.000 votés aujourd?hui. Si cela est bien le cas, on passerait d?un financement de 130.000 euros en 2017 contre 100.000 en 2018, ce qui est de notre point de vue dommageable. Par ailleurs, il est aussi dommage que ce projet n?ait pu être travaillé en lien avec les halles alimentaires des 10e et 14e arrondissements qui, en tant que partenaires privilégiés de la Ville de Paris sur ces questions, auraient certainement pu participer utilement à cette démarche.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci.

La parole est maintenant à Danielle SIMONNET, pour 5 minutes maximum, si vous le voulez bien, car Joëlle MOREL arrive et elle était inscrite également. Etes-vous d?accord pour intervenir maintenant ?

Merci.

Mme Danielle SIMONNET. - Oui, bien sûr, il n?y a pas de souci.

Je voterai pour ce projet de délibération évidemment, même si j?ai du mal à comprendre pourquoi il y a une telle baisse des subventions.

On est là face à des projets soutenus qui permettent de s?inscrire dans la volonté de développer de nouvelles réciprocités entre les territoires urbains et ruraux. Nous sommes là dans la concrétisation du premier appel à projets qui date de 2017, et sur les huit projets qui ont été sélectionnés, qu?il s?agit de soutenir puisqu?ils permettent de valoriser un certain nombre de démarches.

Je m?arrêterai sur un projet qui est celui de l?association "What?s the food" qui souhaite encadrer un stage d?étudiant "AgroParisTech" du 5e arrondissement, qui va réaliser une étude très intéressante sur la transformation des méthodes culturales en zone périurbaine et qui va prendre justement l?exemple du Triangle de Gonesse.

C?est qu?en rentrant dans le c?ur du projet de délibération, cela devient assez intéressant. Là, nous allons soutenir parmi les différents projets un projet d?un étudiant qui va du coup s?impliquer dans une association qui est membre du groupement "Carma". Pour ceux qui ne connaissent pas, c?est Coopération autour d?une ambition rurale et métropolitaine d?avenir, et cela regroupe une quinzaine d?associations qui portent un projet alternatif pour le Triangle de Gonesse, dans le Val-d?Oise, afin de préserver plusieurs centaines d?hectares de terres agricoles contre quel projet ? Eh bien le projet justement contre lequel la Ville de Paris n?a jamais voulu s?exprimer, qui est le projet "EuropaCity", qui est le plus grand projet de centre commercial d?Europe, complètement hallucinant, qui prévoit même une piste de ski, des choses complètement aberrantes.

En fait, je trouve qu?il y a derrière ce projet de délibération, à la fois un chouette engagement à soutenir mais une sacrée hypocrisie du "greenwashing" et finalement je trouve que, dans la politique de la Ville de Paris, il y a beaucoup la musique du "en même temps" qui plait tant aux oreilles de M. Julien BARGETON, la musique macronienne qui vise à dire une chose et à faire son contraire.

C?est comme si on faisait un Plan Climat encourageant, par exemple, à la réduction de la consommation carnée et qu?"en même temps", on fasse un week-end, tout un événement, place de la République qui pourrait valoriser la filière élevage et viande. Non, on ne ferait tout de même pas des choses pareilles !

C?est comme si "en même temps" on voulait absolument défendre les terres agricoles et qu?un week-end, on avait une manifestation sponsorisée par "Happy Valley" qui se trouve justement être le "greenwashing" d?"EuropaCity" face à l?opposition déterminée qui rassemble à la fois des citoyens et citoyennes, des associations, des petits commerçants et la profession agricole. C?est comme si, "en même temps", place de la République, on acceptait qu?"Europacity", à travers le projet totalement hypocrite de "Happy Valley" qui prétend faire une vitrine de l?agriculture française, fasse tout simplement un "greenwashing".

Je souhaite vraiment attirer votre attention sur le fait qu?on va finir par perdre absolument toute crédibilité à force de faire tout et son contraire. A un moment donné, il faut avoir une cohérence. Si on veut défendre une alimentation saine et "bio" dans nos assiettes, on défend nos terres agricoles. Qui plus est, à proximité de Paris, on fait en sorte que cette transition agricole puisse se faire : que l?on arrête l?agriculture intensive, d?un côté, et surtout que l?on arrête de bousiller nos terres agricoles pour des projets complètement aberrants et anti-écologiques comme "EuropaCity". Je vous remercie.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci.

La parole est maintenant à Joëlle MOREL, pour le groupe Ecologiste de Paris.

Mme Joëlle MOREL. - Merci.

Je souhaite aussi prendre la parole sur ce projet de délibération pour dire combien ce projet de délibération peut ouvrir une nouvelle ère et peut transformer profondément nos modes de consommation, nos rapports à la nature et à l?alimentation.

Je veux remercier les adjointes, Célia BLAUEL et Antoinette GUHL, qui ?uvrent pour que les plans que nous votons depuis le début de la mandature se concrétisent. Je veux évidemment parler du Plan Climat mais aussi du Plan Economie circulaire, de la stratégie de résilience de Paris, de la stratégie de Paris pour une alimentation durable. Ce projet de délibération accorde 90.000 euros à neuf petites structures, soit 10.000 euros par structure, qui s?engagent à rechercher des solutions en commun pour renforcer la résilience du système alimentaire, pour améliorer la gouvernance de l?énergie, diminuer les déplacements pendulaires, protéger la ressource en eau ou encore rechercher un développement économique au travers du tourisme et de la fabrication locale. Nous engageons concrètement la Ville de Paris dans la transition écologique. Nous agissons avec la société civile, au plus près des habitants.

Ces associations se sont engagées dans des partenariats avec des structures de modes de culture traditionnelles hors Paris. C?est dans cet échange et dans la confrontation que naîtront les nouveaux savoir-faire. J?en citerai trois qui agissent au niveau du 11e arrondissement et de l?Est parisien que je suis tout particulièrement.

C?est tout d?abord "l'Accorderie du grand Belleville", installée dans le 20e arrondissement. "L'Accorderie" souhaite permettre à ses membres de découvrir la permaculture en participant à des visites d?exploitation, à des ateliers de maraîchage. Un système de panier de fruits et légumes "bio" sera également créé.

L?association "What the food" va encadrer un étudiant AgroParisTech qui réalisera une étude sur la transformation des méthodes culturales en zone périurbaine, à partir de l?exemple du Triangle de Gonesse. L?objectif est également de créer une cartographie qui référencera les projets agri-urbains dans Paris et sa proche périphérie, et valorisera les circuits touristiques durables.

Enfin, l?association "Pépins production" est implantée dans plusieurs arrondissements, mais agit aussi tout particulièrement dans le 11e arrondissement, rue de Chanzy. L?association a créé une pépinière de quartier pour permettre la production de jeunes plans adaptés aux caractéristiques du milieu urbain et cultivés de manière écologique. C?est donc avec enthousiasme que nous votons ces aides à ces petites associations qui, je l?espère, pourront se développer. Je vous remercie.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci. Pour répondre à l?ensemble des orateurs, je donne la parole à Antoinette GUHL.

Mme Antoinette GUHL, adjointe. - Madame la Maire, chers collègues, merci pour vos interventions qui me permettent d?expliciter et de préciser ce projet de délibération récompensant les lauréats de la deuxième édition de l?appel à projets "Solidarité Paris-Campagne".

Madame SIMONNET, je voudrais être claire. Vous vous trompez de sujet et je regrette que vous amalgamiez ce projet de délibération avec ce sujet, ô combien important, d?"EuropaCity". Le projet "What the food" est l?un des dix projets effectivement retenus dans cet appel à projets. Il a pour objectif de soutenir un travail de recherche pour la production d?une cartographie qui référencera les projets agri-urbains dans Paris et sa proche périphérie. Ce projet se fait certes en collaboration avec "What the food" mais aussi avec AgroParisTech. Ce projet possède donc un intérêt évident puisqu?il s?agit de pouvoir faire intervenir la science dans la création d?outils cartographiques pour un tourisme durable pour Paris et sa proche périphérie.

"Paris-Campagne" va au-delà des questions d?alimentation que vous évoquez ici. Elle les intègre, bien entendu. Cela a été votre réflexe que de penser aux questions alimentaires en pensant à "Paris-Campagne". Cependant, au-delà de la question alimentaire, il s?agit bien de réinventer de nouveaux liens entre les villes et les campagnes, et donc entre Paris et les campagnes.

Je rappelle quelques chiffres : selon l?I.N.S.E.E., plus de 95 % de la population vit sous l?influence des villes, alors que trois quarts des bassins de vie français sont ruraux et que les influences entre villes et campagnes sont réciproques. Vous le savez, de plus en plus, les villes, les métropoles et les territoires ruraux sont des territoires interconnectés et aspirent, de part et d?autre, à développer de nouvelles réciprocités. Cet appel à projets a été fait dans ce sens-là.

Il s?agit également d?un appel à projets d?innovation sociale pour voir ce que les structures ont à nous proposer et à nous présenter comme nouvelle voie pour définir cette solidarité. L?année dernière, puisqu?il s?agit du deuxième appel à projets, les projets étaient beaucoup centrés sur l?alimentation, d?où vos interventions. Cette année, on se rend compte qu?ils sont beaucoup plus divers et qu?ils couvrent quatre grands thèmes : le tourisme et l?habitat solidaire ; la sensibilisation, la valorisation et la recherche aux questions d?agriculture ; la distribution - vous avez raison de mentionner le lien avec les halles alimentaires et c?est une préconisation que nous pouvons prendre en compte aujourd?hui en leur proposant de travailler avec les halles alimentaires - ; la vente en circuit court et le financements de projets d?agriculture durable ; et la valorisation des biodéchets pour pouvoir faire le lien entre Paris et la campagne.

Vous l?avez constaté, cette deuxième édition récompense de manière beaucoup plus diversifiée des projets tout à fait enthousiasmants et, au-delà de la question que vous évoquiez, Madame SIMONNET, qui, sans doute, peut justifier un débat dans un autre contexte et sur un autre projet de délibération?

Mme SIMONNET est partie. Je vais peut-être arrêter de lui répondre puisque, manifestement, elle s?en fiche.

Je vous invite donc, Mesdames et Messieurs, Monsieur LE RESTE, Madame Joëlle MOREL, à voter ce projet de délibération "Solidarité Paris-Campagne".

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci beaucoup.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAE 74.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2018, DAE 74). Je vous remercie.