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Juin 2018
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Conseil Municipal
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2018 DGRI 35 - Aide d’urgence (50.000 euros) à l’association "Médecins du Monde" pour une intervention d’urgence à Gaza (Territoires Palestiniens). Vœu déposé par le GEP relatif à une aide d'urgence pour les blessés palestiniens. Vœu déposé par Mme Danielle SIMONNET relatif au conflit israélo-palestinien.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2018


 

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Nous examinons le projet de délibération DGRI 35 et le v?u n° 141 : aide d'urgence à l'association "Médecins du Monde" pour une intervention d'urgence à Gaza.

Il y a plusieurs inscrits sur ce projet de délibération. Je commence par donner la parole à Pierre AURIACOMBE.

M. Pierre AURIACOMBE. - Merci. Oui, bien évidemment, dès que l'on parle de cette région et du conflit israélo-palestinien, il s'agit d'être équilibré. Mais, ici, sur cette bande de Gaza, sur cette zone très dense, où des milliers de personnes doivent affronter une situation tragique, avec, en l'occurrence, des difficultés dans les hôpitaux, vous avez décidé de mettre cette proposition en urgence dans le débat. Bien évidemment, nous la soutiendrons. Il s'agit d'une opération d'urgence qui s'inscrit dans le cadre de l'aide à des personnes en difficulté, et je le pense réellement, dans le cadre de la paix.

Nous la voterons. Merci.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - La parole est à Mme Raphaëlle PRIMET.

Mme Raphaëlle PRIMET. - Mes chers collègues, je ne ferai qu'une seule intervention pour balayer l'ensemble du débat porté par le projet de délibération, le v?u de mes amis du groupe Ecologiste et celui de Danielle SIMONNET.

Depuis le 30 mars dernier, l'armée israélienne, obéissant aux ordres de son Gouvernement, a tué à balles réelles et mutilé des Palestiniens de Gaza. On dénombre 120 morts et 13.000 blessés, dont certains de manière irréversible. Ils manifestaient pacifiquement sur leurs terres pour le respect de leurs droits fondamentaux. Quand on tire sur des enfants et des femmes, cela s?appelle un massacre. Ce n'est pas moi qui le dis, mais Dominique de VILLEPIN, ancien Premier Ministre, que l'on ne peut pas qualifier de dangereux islamo-gauchiste. Quand on tue des journalistes et des infirmières, il s?agit de graves atteintes aux Droits de l'homme. "Amnesty International" parle de crimes de guerre.

L'O.N.U. a condamné ces actes, le Gouvernement français a condamné ces actes. Je crois que Paris peut aussi le faire.

Mais revenons à ce projet de délibération. Vous accordez 50.000 euros à "Médecins du Monde" pour Gaza. C'est une aide importante, nous la saluons.

D'ailleurs, je suis scandalisée, cher Patrick, par les attaques à ce propos, dont vous faites l?objet sur certains sites israéliens qui vous reprochent ces aides.

Mais nous pouvons aller plus loin. C'est ce que demande le v?u déposé par le groupe Ecologiste, pour une aide supplémentaire, une subvention exceptionnelle aux associations humanitaires. Nous soutiendrons ce v?u.

Dans tous les cas, si la situation exige une aide humanitaire forte, cela ne suffira pas. Cela ne suffit plus. Ce que les Gazaouis et les Palestiniens vivent, ne sont pas les conséquences d'une catastrophe naturelle, mais les résultats d'une politique. Si nous ne voulons pas être condamnés à devoir voter aide sur aide ad vitam aeternam, c'est bien aux causes qu'il faut s'attaquer. C'est bien cela que fait le v?u de Danielle SIMONNET, ce qu'elle veut porter, v?u que notre groupe partage à 100 %.

J'aurais pu déposer le même, mais j?avoue que le mur contre lequel on se heurte ici, dès que l'on parle de la Palestine, m'a découragée. J'entends déjà les arguments : ce ne sont pas les problèmes du ressort de la Ville. Les Droits de l'homme, pourtant : la Ville en parle dans bien des cas et à juste titre, mais, pour la Palestine, c'est toujours non.

Nous savons que seules l?action et les sanctions internationales peuvent peser pour que l?Etat d?Israël respecte enfin le droit international et les droits du peuple palestinien.

Le Conseil de Paris a su prendre parti pour reconnaître l'Etat palestinien et pour défendre notre compatriote Salah HAMOURI dans la mandature précédente. La situation qui se dégrade au Proche-Orient exigerait que nous maintenions le même niveau d'implication. Mais nous sommes de plus en plus frileux, en retrait.

Aucun des v?ux déposés par le groupe Communiste sur le sujet n'a été pris en compte. Hier, s'est ouvert la saison croisée France-Israël, en la présence honteuse de Benyamin NETANYAHOU. Nous étions d'ailleurs plusieurs centaines à manifester contre la venue de celui qui sera, un jour vraisemblablement, déclaré criminel de guerre.

La France a désapprouvé la décision des Etats-Unis de transférer leur ambassade à Jérusalem, condamné les violences de l'armée israélienne. Elle a appuyé à l'O.N.U. l'ouverture d'une enquête indépendante. Mais il faut maintenant passer de la parole aux actes. La tenue de cette saison France-Israël se situe dans un contexte particulier. On ne peut pas faire comme si de rien n'était. Qu'on le veuille ou non, elle apparaît comme un encouragement pour NETANYAHOU à continuer de perpétrer des crimes. La Ville pourrait agir en annulant les initiatives de la saison qui se passent dans les établissements sous sa tutelle. Il ne s'agit ni de condamner un pays, et encore moins un peuple, il s'agit de condamner un Etat dirigé par des politiciens corrompus qui appliquent une politique coloniale, guerrière, raciste, et d'extrême-droite.

Je vous remercie.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - La parole est à Mme Marie ATALLAH.

Mme Marie ATALLAH. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, nous souhaitons, dans un premier temps, saluer ce projet de délibération qui permet d'octroyer une subvention à l'association "Médecins du Monde", destinée à renforcer son action relative à la prise en charge médicale de la population palestinienne à Gaza.

Ce projet de délibération nous permet également de revenir sur la situation insoutenable des conditions de vie des Palestiniens, notamment à Gaza dont la population subit un blocus hermétique exercé par le Gouvernement israélien depuis plus de dix ans.

Toutes les O.N.G. sur place alertent sur l'aggravation, jour après jour, des conditions de la vie quotidienne des Palestiniens. Selon le Comité international de la Croix-Rouge, quatre familles sur cinq n'ont pas de source de revenus stables, et sept personnes sur dix dépendent de l'aide humanitaire.

Pénurie chronique de médicaments et manque de matériels dans les équipements de soins. Cette situation insoutenable a pris une tournure encore plus tragique, le jour de l'inauguration de l'ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, le 14 mai dernier, mettant en acte la décision du Président TRUMP du 6 décembre 2017, au mépris de l'ensemble de la Communauté internationale et des résolutions des Nations Unies.

Pour contester cette décision, les manifestations de la population civile palestinienne et israélienne se sont succédé depuis le 30 mars et ont été réprimées par l'armée israélienne, en particulier le 14 mai, le jour de l'inauguration de l'ambassade américaine à Jérusalem, quand 60 personnes palestiniennes sont tuées, manifestant à Gaza, et faisant aussi des milliers de blessés.

Depuis le 30 mars, ils sont 13.000 Palestiniens à être blessés, dont près de 4.000 par des tirs à balles réelles, dont plus de 1.000 enfants mineurs.

Face à l'afflux massif de blessés vers les hôpitaux de Gaza, les structures de santé locales peinent à faire face aux besoins médicaux.

Plusieurs acteurs humanitaires présents sur place ont poussé un cri d'alarme face à l'ampleur des besoins et au manque de moyens dans les équipements de soins. C'est pourquoi, dès le 24 mai, la France, par le biais du centre de crise et de soutien du Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, a octroyé des subventions additionnelles d'un montant de plus de 400.000 euros, à deux O.N.G. humanitaires françaises présentes sur place : "Médecins du Monde France" et "Humanité & Inclusion", nouveau nom de "Handicap International", afin d'aider ces structures à répondre à l'afflux de blessés.

Nous saluons, bien sûr, le travail remarquable et difficile des équipes de ces O.N.G. sur place, qui permettent de sauver des vies, soulager des souffrances morales ou physiques. Face à l'ampleur des besoins dans les territoires et les villes palestiniennes, nous espérons en tant qu?écologistes, que d'autres aides seront allouées par notre Ville et que des projets de coopération décentralisée mis en place par notre collectivité soient encore plus renforcés.

Pour toutes ces raisons, nous votons bien sûr ce projet de délibération et, comme vous le savez, le groupe Ecologiste propose également à notre Assemblée un v?u portant sur le même sujet, et qui est rattaché à ce projet de délibération.

Je vous remercie.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Je vous remercie.

La parole est à Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Mes chers collègues, nous sommes donc amenés à délibérer sur le fait que l'on accorde une aide d'urgence de 50.000 euros à l'association "Médecins du Monde", pour une intervention d'urgence à Gaza, en territoire palestinien.

Mes chers collègues, je regrette que, dans les considérants de ce projet de délibération que je salue, que je soutiens et que j'adopterai, on ne sache pas bien ce qu'il se passe à Gaza. A lire le projet de délibération, on pourrait penser qu'il y a eu une catastrophe naturelle à Gaza. Rien n'explique ce qu'il s'est passé exactement sur place. Aucun élément ne permet de le comprendre.

Mes chers collègues, en réponse à un v?u que j'avais présenté en novembre 2017, la Ville de Paris s'était engagée, en interpellant le Gouvernement français, pour qu?il reconnaisse l'Etat palestinien et que cette reconnaissance accompagne la négociation entre ces deux Etats, afin qu?ils vivent l'un et l'autre en paix et en sécurité, avec des frontières mutuellement et internationalement reconnues. Tel est un extrait du v?u qui avait été adopté ici à l'unanimité.

Mes chers collègues, suite à la reconnaissance par les U.S.A. par la voix de TRUMP, de Jérusalem comme capitale d'Israël, et en piétinant ainsi le droit international et les résolutions du Conseil de l'O.N.U., la situation est entrée dans un engrenage extrêmement inquiétant.

Comme vous le savez, la situation à Gaza est extrêmement préoccupante. Asphyxiés dans un territoire qui, selon l'O.N.U. elle-même, sera devenu inhabitable en 2020 si le blocus perdure, ils mènent, depuis le 30 mars, des actions pacifiques pour réclamer leur droit au retour sur leur terre et à la fin du blocus abject dont ils sont victimes.

Considérant que l'armée israélienne, le lundi 14 mai, a tiré à balles réelles sur des Palestiniens, des Palestiniennes et des enfants, et en a tué 61, dont huit enfants de moins de 16 ans et en a blessé plus de 2.000 autres, alors qu?ils protestaient contre l'installation de cette ambassade. Ces morts portent à 106 le nombre de Palestiniens et Palestiniennes tués dans la bande de Gaza par les tirs israéliens depuis le 30 mars 2018, début de la marche du retour, mobilisation citoyenne et pacifique de l'ensemble des Gazaouis.

Le Comité de l'O.N.U. pour l'élimination de la discrimination raciale exhorte Israël à mettre immédiatement fin à l'usage disproportionné de la force contre les manifestants palestiniens, à s'abstenir de tout acte qui pourrait faire de nouvelles victimes, et à garantir que les blessés palestiniens aient un accès rapide et sans entrave aux soins médicaux.

Le Gouvernement d'Israël viole le droit international en poursuivant cette colonisation. La situation humanitaire à Gaza est désastreuse. Ces exactions commises par l'armée israélienne mettent à mal le processus de paix dans la région, et sont tragiques pour la solution à deux Etats.

Oui, j'entends vos chahuts, mais vous feriez mieux d'intervenir et de vous inscrire dans le débat pour répondre de manière argumentée, plutôt que d'essayer de lancer quelques phrases.

Je vais vous dire, de la même manière que la remise en cause de l'accord sur le nucléaire iranien par TRUMP renforce les plus extrémistes radicaux en Iran, les crimes de guerre commis par le Gouvernement de NETANYAHOU, ce dirigeant d'extrême-droite, renforcent aussi les militants de la lutte armée en Palestine. Quand on est en faveur de la paix, cela veut dire que l'on défend totalement la question du respect du droit international. Cela me semble extrêmement important.

Inscrivez-vous et comme cela vous ferez le lien, selon vous, qu'il y a avec le Venezuela.

Le Secrétaire général de l'O.N.U., Antonio GUTERRES, ainsi que la représentante de la diplomatie européenne, Federica MOGHERINI, ont réclamé une enquête indépendante sur l'usage par Israël de balles réelles. L'organisation non gouvernementale "Médecins du Monde" s'est jointe à cet appel. Les associations de défense des Droits de l'homme accusent l'armée israélienne d'un usage disproportionné de la force. Plusieurs pays ont rappelé leurs ambassadeurs en Israël, notamment l'Afrique du Sud, qui estime que les victimes étaient en train de participer à des manifestations pacifiques, contre l'inauguration de l'ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, qui constitue une provocation, et qui condamne l'agression violente des forces armées israéliennes.

Cette saison croisée France-Israël va regrouper, de juin à novembre, des dizaines d?événements en Israël et en France. On sait très bien que pour Israël, il s'agit de reconstruire une image positive, de tenter à travers la science, l'art, la culture, de se blanchir de ses crimes.

Oui, cette saison croisée a été inaugurée hier soir par le Premier Ministre israélien Benyamin NETANYAHOU et le Président de la République Emmanuel MACRON. J'ai appris que la Maire de Paris n'y était pas et je voudrais l'en remercier.

La Ville de Paris doit être à côté de la paix et du droit international. Elle doit défendre les droits du peuple palestinien jusqu'à ce qu?ils soient effectivement reconnus. Cette reconnaissance est nécessaire pour la paix des Palestiniens comme pour la paix des Israéliens.

Mon v?u demande que :

- la Mairie de Paris condamne les crimes de guerre commis par l'Etat d'Israël à l'encontre des Palestiniens de Gaza ;

- interpelle le Président de la République et le Gouvernement pour demander l'annulation de "cette saison croisée" ;

- que le Conseil de Paris réaffirme son engagement à interpeler le Gouvernement "pour qu'il reconnaisse l'Etat palestinien et que cette reconnaissance accompagne la négociation entre ces deux Etats, afin qu?ils vivent, l'un et l'autre, en paix et en sécurité, avec des frontières mutuellement et internationalement reconnues".

Je vous remercie.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Pour répondre, la parole est à Patrick KLUGMAN.

M. Patrick KLUGMAN, adjoint. - Merci, Madame la Maire.

C'est difficile de répondre, mais puisque nous sommes saisis par un projet de délibération, je voudrais en revenir au projet de délibération.

Ce projet de délibération qui nous est proposé, et d'ailleurs je voudrais féliciter les services qui ont travaillé dans des conditions difficiles pour permettre au Conseil de Paris de délibérer, est un projet de délibération proposant une aide d'urgence à la population de Gaza. Il nous permet de nous poser une question, qui est finalement peut-être la seule à laquelle nous aurions à répondre : comment être utile ?

Sur les causes du conflit israëlo-palestinien, c'est peu de dire que nous avons peu de prise. Sur l'analyse de ses causes, c'est peu de dire que nous ne sommes pas d'accord, tous entre nous, et quelque part peut-être même que nous n'avons pas à être d'accord, au moins aurions-nous pu essayer de briller, puisque nous ne sommes pas sur le théâtre du conflit, par une capacité à dialoguer, à nous entendre, qui n'est pas toujours ce dont nos débats sont empreints.

D'ailleurs, je constate, et je le dis tout de suite aux oratrices qui se sont exprimées, qu'il y a des propos dont la sincérité est importante évidemment, mais qui sont des propos militants, auxquels je ne vais pas répondre par des propos du même ordre, parce que ce n'est pas ici le lieu, ni ma fonction.

Il nous est proposé de voter une aide d'urgence à destination de la population de Gaza, parce que l'état humanitaire et médical de la population de Gaza ne souffre aucun débat. Sur cela, je pense que la Ville de Paris a vocation à agir tout simplement parce que la Ville de Paris, notamment par le biais d'aides d'urgence sollicitées par des O.N.G. comme "Médecins du Monde", avec lesquelles nous travaillons sur beaucoup de théâtres d'opération et beaucoup de zones de conflit, nous demande notre aide.

Là-dessus, je pense, oui, que la Ville de Paris peut faire valoir sa position, sa solidarité et son soutien. Vous voulez ajouter à cet acte qui est le seul sur lequel nous pouvons réellement être utiles, excusez-moi de vous dire qu'une femme ou qu?un enfant de Gaza n'a bien que faire de nos condamnations, ou des considérations intellectuelles, politico-idéologiques de vous, chère Danielle SIMONNET, de vous, chère Raphaëlle PRIMET, ou de moi-même.

En revanche, l'accès aux soins, l'accès à l'aide médicale, peut sauver des vies et c'est ce que nous demande "Médecins du monde". C'est pourquoi je vous encourage à contribuer à cette aide sur laquelle il faut être précis. C'est une aide sollicitée par "Médecins du Monde", abondée par l'O.N.U., par le Ministère des Affaires étrangères, et si vous en êtes d'accord, par la Ville de Paris comme nous l'avions déjà fait d'ailleurs en 2014.

Je crois que nous ne pourrions rien faire de plus ni rien dire de plus intelligent que de voter ce projet de délibération, et je l'espère, à l'unanimité.

Je constate que nous avons été saisis d'un v?u qui nous demandait de voter une telle aide et d'attribuer une subvention exceptionnelle au profit d'une association, pour éviter d'ajouter de la polémique à de la polémique, vous constaterez comme moi que le projet de délibération répond au v?u, et que le v?u est dépourvu d'objet.

Je vous demanderai donc d'en tirer toutes les conséquences et de procéder au retrait de ce v?u. Sinon, je serais amené à émettre un avis défavorable. Madame la Présidente de séance, est-ce que je réponds également au v?u de Danielle SIMONNET ? C'était un peu confus.

Dans la foulée de ce long exposé consacré au Proche-Orient, nous avons été également saisis d'un v?u nous demandant de condamner dans des termes, je pense, inappropriés parce que excessifs, la situation à Gaza. Surtout, ce v?u nous demandait de demander l'annulation de l'année croisée France-Israël, et de demander à la France de rappeler son ambassadeur en Israël.

Je voudrais simplement rappeler encore une fois, faire les choses très simplement, vous dire que le Conseil de Paris a voté un v?u portant sur la participation de la Ville à cette année croisée. Certes, avant la crise récente à Gaza, mais la situation de Gaza, ce n'est pas comme si elle était totalement nouvelle non plus. Je tiens totalement à ce v?u. Je vous précise qu'Anne HIDALGO a souhaité que Pierre AIDENBAUM soit son représentant pour cette année croisée. A ce titre, Pierre AIDENBAUM a assisté hier à l'inauguration de l'année croisée, où il représentait Anne HIDALGO, mais elle a souhaité que ce soit son représentant pour cet événement. Je pense que c'est très important compte tenu de la politique de la Ville de Paris, de ses liens avec les 2 parties, de nos coopérations avec la Palestine, que nous participions aux événements de l'année croisée. A la fin, quoi que nous pensions des causes et des responsabilités des uns et des autres dans le conflit israëlo-palestinien, une conviction qui nous anime dans la majorité, c'est qu'il n'y a que le rapprochement, la culture, que le fait que ces deux parties qui aujourd'hui se parlent, se voient et cohabitent si peu arrivent à se rapprocher par différents événements, et si nous pouvons y contribuer par une meilleure connaissance ici à Paris, ce sera tant mieux. Je ne vois pas de motif ni dans son opportunité ni dans son expression, ni dans ses propositions, à voter favorablement votre v?u, chère Danielle SIMONNET.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - J'ai 2 demandes d'explication de vote sur le v?u n° 142 que Mme SIMONNET a présenté dans son intervention. Je donne tout d'abord la parole à Pierre AURIACOMBE.

M. Pierre AURIACOMBE. - Merci. Je l'ai dit il y a quelques minutes lorsque j'ai évoqué la subvention d'aide d'urgence pour la bande de Gaza à "Médecins du Monde", subvention que nous allons voter pour ce qui est de notre groupe, il s'agit d'être équilibré dès que l'on parle de cette région. Il s'agit d'être modéré. Quand je lis votre v?u, Madame SIMONNET, ce n'est pas le sentiment que j'ai. Ici, les mots ont un sens, et j'ai peur que votre v?u, ce n'est même pas que j'ai peur, j'ai le sentiment très fort que vous ne faites que le jeu des extrêmes. C'est pour cette raison que nous voterons contre votre v?u.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Je vous remercie.

La parole est à Jérôme GLEIZES.

M. Jérôme GLEIZES. - Merci, Madame la Maire.

Max Weber parlait de neutralité axiologique au sens où c'est bien de prendre des décisions sans jugement de valeur. Dans n'importe quel pays où l'on aurait une armée régulière qui tire sur des manifestants non violents? Je parle des manifestants non violents, je parle de l'acte, en droit, on juge sur les actes. Le Hamas, c'est autre chose. Que le Hamas soit condamné, c'est autre chose. Dans n'importe quel pays, on aurait une armée régulière qui tirerait sur des manifestants non violents, même s'il y avait une composition militaire à côté, ce serait considéré comme un crime de guerre. C'est pourquoi la procureure du C.P.I. s'est dite prête à s'auto-saisir par rapport à cette décision. Je ne suis pas juge, je ne jugerai pas à la place des juges. C'est pour cela que nous allons soutenir ce v?u. Si cela avait été un autre pays, il n'y aurait aucune difficulté pour soutenir ce v?u. Malheureusement, il y a trop de? pas de préjugés, mais trop de pression.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur GLEIZES.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 141 du groupe Ecologiste de Paris avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u est rejeté.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 142 de Mme SIMONNET avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u est rejeté.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DGRI 35.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DGRI 35).

Je vous remercie.