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Juin 2018
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2018 SG 29 - Convention de partenariat avec l’association "CM 98" - "Journée nationale en hommage aux victimes de l’esclavage" du 23 mai 2018.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2018


 

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération SG 29. Il s?agit de la convention de partenariat avec l?association "CM 98" - "Journée nationale en hommage aux victimes de l?esclavage".

La parole est à Mme Raphaëlle PRIMET, pour le groupe Communiste - Front de Gauche.

Mme Raphaëlle PRIMET. - Mes chers collègues, nous nous félicitons que le Conseil de Paris délibère sur ce thème "Journée nationale en hommage aux victimes de l?esclavage" qui est un enjeu historique important.

Il s?agit dans ce cas de respecter notre devoir de mémoire et d?honorer les victimes de l'esclavage pour que ces faits ne se reproduisent plus.

Créer une journée nationale de l'esclavage le 23 mai est symbolique. Cette date fait référence à la grande marche silencieuse pour honorer les victimes de l'esclavage colonial du 23 mai 1998, réunissant 40.000 personnes à Paris et qui sera le point de départ d'une mobilisation.

Cet événement permettra ainsi la création de la loi dite "Taubira" du 21 mai 2001. Il est nécessaire que la Ville commémore la mémoire de ces femmes et de ces hommes qui ont subi l'horreur. C'est alors sans hésitation que nous voterons ce projet de délibération.

Plus généralement, nous profiterons de ce projet de délibération pour mettre en lumière l'importance de telles actions. Les générations futures ont besoin de connaître également les côtés sombres de notre histoire, pour ne jamais oublier que nos droits sont fragiles et peuvent être quotidiennement bafoués. Le devoir de mémoire, la reconnaissance des crimes du colonialisme nécessitent un travail pédagogique pour continuer à combattre l'esclavage et le racisme partout où ils subsistent encore. La Ville de Paris doit amplifier ce combat en participant à des événements de commémoration et d'hommages et doit conserver son identité multiculturelle et ses valeurs de tolérance.

Malgré ses efforts, les objectifs ne sont pas atteints. Harcèlements de rue, insultes, contrôles au faciès, on dénombre encore beaucoup de crimes et délits racistes dans nos rues. Cela doit cesser, sans compter les enseignes comme celles "du Nègre joyeux" qui rappellent cette triste période.

Vous connaissez notre combat pour la création d'un musée de l'esclavage. Favoriser la mémoire à travers la pédagogie est le meilleur moyen de lutter contre le racisme. Nous avons porté de multiples v?ux et nous attendons encore sa création. Quant "au Nègre joyeux", la démarche présentée par la Ville ne peut s'inscrire que dans un parcours pédagogique large dans les rues de Paris et par des moyens innovants, mais aussi dans le cadre d'un partenariat avec le musée Carnavalet et le futur musée de l'esclavage. L'esclavage n'est pas fini, il existe toujours un esclavage moderne. Dernièrement, nous avons tous été témoins d'images montrant des migrants africains vendus aux enchères en Libye dans les médias. Enfin, dans un contexte de crise migratoire, une méfiance à l?égard des populations migrantes s?installe, notamment à l?encontre des populations d'Afrique subsaharienne qui se retrouvent être des cibles privilégiées. Plus largement, la paix des peuples et l?ouverture à autrui passe par l'éducation, la sensibilisation dès le plus jeune âge dans les établissements scolaires. La Ville de Paris doit être au premier rang des dénonciations des crimes et des délits racistes avec l'aide des pouvoirs publics pour que ces faits ne se banalisent pas. Je vous remercie.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci, Raphaëlle PRIMET, et merci d'avoir tenu votre temps de parole. Pour répondre, je donne la parole à Bruno JULLIARD.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Merci, Monsieur le Maire, et merci à Raphaëlle PRIMET d'avoir parfaitement rappelé l'importance, pour nous tous et pour la Ville de Paris, de notre attachement au devoir de mémoire, de vérité et de justice, mais aussi la nécessité d'une réconciliation apaisée avec notre histoire.

Nous devons tout à la fois contribuer au devoir de mémoire, d?une part pour honorer les victimes des souffrances historiques endurées par les Outre-mer et en particulier l'esclavage, et d?autre part pour rendre hommage aux personnalités ultramarines qui ont contribué à la grandeur de la France et de Paris, et c'est le sens de notre soutien et de notre convention avec l'association "CM 98", "Journée nationale en hommage aux victimes de l'esclavage", qui s?est déroulée le 23 mai dernier.

Je n'en dirai pas plus si ce n'est m'excuser du fait que nous passions au Conseil de Paris cette convention a posteriori de la date de l'événement. J?ai d?ailleurs oublié de le dire lors du précédent projet de délibération, mais passer les partenariats de "Paris Plages" avant la tenue de "Paris Plages" est très complexe mais c'est un engagement que nous avons pris devant les conseillers de Paris pour des raisons démocratiques évidentes. Nous essayons de le faire pour la totalité de nos conventions. Là, cela n'a pas été possible, puisque l'association "CM 98" a déposé très tardivement son dossier en Préfecture, dossier obligatoire car il s'agit d'une manifestation revendicative et il est nécessaire pour assurer les éléments de sécurité et répondre aux recommandations de la Préfecture de police. Nous n'avons donc pas pu faire autrement mais nous essaierons de faire mieux les années prochaines.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 29.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2018, SG 29). V?u déposé par le groupe Démocrates et Progressistes r