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Juin 2018
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par Mme SIMONNET relatif aux fermetures de magasins "Carrefour".

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2018


 

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Nous examinons maintenant le v?u référencé n° 39 relatif aux fermetures de magasins "Carrefour", présenté par Danielle SIMONNET.

Vous avez la parole.

Mme Danielle SIMONNET. - Mes chers collègues, cela a été confirmé, hélas, aujourd'hui, ce matin : 243 magasins "Carrefour", ex-magasins "Dia", vont donc être fermés par la direction de l'enseigne. Sur Paris, 21 magasins vont fermer. Vous imaginez le nombre de caissiers, surtout de caissières, qui se retrouvent du jour au lendemain sans emploi, sans travail. J'ai une pensée toute particulière pour ma belle-s?ur qui est dans l'un de ces magasins sur Paris. Je peux vous dire que même s'il y a le P.S.E. soi-disant le plus "top" de ce qui peut se faire dans les P.S.E., cela n'en est pas moins qu'un plan de licenciement extrêmement violent.

Vous pouvez envisager tous les plans de formation que vous voulez pour les personnes, quand, généralement? Si cela ne vous dérange pas d?écouter? Quand, généralement, vous n'avez pas fait d'études, que vous n'avez pas de diplôme, vous savez pertinemment que les plans de formation que l'on va vous proposer, dans la situation de pénurie d'emplois que l'on connaît aujourd'hui, vous avez très peu de chances de retrouver un emploi. Je voudrais d?abord que vous ayez tous une pensée pour toutes ces femmes et hommes, en grande majorité femmes, qui sont dans une situation de détresse très forte aujourd'hui.

A travers ce v?u, je voudrais que la Maire de Paris interpelle le P.-D.G. de "Carrefour" pour que des négociations approfondies soient menées, que la Mairie de Paris interpelle également le Gouvernement parce qu?il y a un scandale derrière tout cela. Ce sont des sommes énormes touchées par "Carrefour" en Crédit d'impôt compétitivité emploi, soi-disant pour préserver l?emploi, mais qui ont basculé en redistribution de dividendes aux actionnaires de "Carrefour" et absolument pas pour préserver l'emploi.

Évidemment, le modèle "Carrefour" n?est absolument pas notre modèle d'alimentation saine et durable et de commerce équitable. Justement, puisque l'on est face à une situation catastrophique, que la Ville envisage enfin la préemption de ces magasins qui vont fermer et réfléchisse à l?implantation, après consultation des citoyens du quartier, de projets alimentaires, de produits "bio" en circuit court, de commerces de proximité qui répondent aux besoins, ou d'autres lieux de vie collectifs et associatifs, ou de services publics locaux de quartier, afin que l'on puisse se réapproprier ces lieux, qu?ils ne soient pas livrés à la spéculation, mais que, déjà, on apporte notre soutien unanime et notre pensée à l'ensemble des salariés concernés.

Je vous remercie.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci.

Pour répondre, je donne la parole à Afaf GABELOTAUD.

Mme Afaf GABELOTAUD, adjointe. - Merci, Madame la Maire.

Merci, Madame SIMONNET. Je suis très embêtée par votre v?u. Je vous remercie parce qu?effectivement, nous avons été informés de tout cela. Comme vous le signalez, le groupe "Carrefour" s'est lancé dans une procédure de cession d'un nombre important de magasins en France et cette cession va avoir des effets sur l?emploi. "Carrefour" a d'ores et déjà lancé un plan de sauvegarde de l'emploi à l'échelle nationale. Sur Paris, en ce qui nous concerne, 10 magasins semblaient menacés de fermeture d'après diverses sources.

Je peux cependant vous faire part des annonces et des nouvelles qui ne devraient pas manquer de vous rassurer, mais qui sont contradictoires - et nous avons échangé sur ce sujet - puisque les discussions que nous avons avec "Carrefour" étaient plutôt constructives et rassurantes sur la question parisienne. Sans dévoiler une information parce que ce comité d'entreprise a eu lieu aujourd'hui et nous n'avons pas les mêmes données et les mêmes informations, puisque mes informations s'avéraient beaucoup plus optimistes.

Il s'avérait qu'un établissement était cédé, enfin, que l'ensemble des établissements parisiens ne devaient pas être touchés par cette annonce et que la quasi-totalité des sites en question sur Paris seraient conservés par "Carrefour". Si jamais il s?avérait qu?un établissement soit cédé et ne trouve pas de repreneur, nous avions la garantie par "Carrefour" que les salariés seraient réintégrés en conservant adéquation de compétences, maintien de salaire et ancienneté dans l?un des magasins du groupe, à proximité de leur domicile s'ils le souhaitent.

Je vous confirme que nous suivons cette affaire de très près. Aujourd'hui, le comité d'entreprise s'est réuni. Je n'ai pas les mêmes informations que vous. Nous avons essayé, sur un laps de temps très court, d'en avoir. Nous avons une petite problématique de "timing" puisque ce v?u est déposé le jour où, aujourd'hui, il y a comité d?entreprise. Je suis donc très embêtée de répondre favorablement à votre v?u. Je demanderai plutôt une forme de sagesse, de regarder, peut-être de remettre ce v?u à juillet et se dire que l?on se donne le temps de voir la réalité et de voir ce qui s'est réellement dit lors de ce comité d'entreprise, et ce sur quoi s'est engagé "Carrefour". Ce qui m'étonne, puisque nous avons eu un certain nombre d'engagements et ce, pas plus tard que vendredi dernier.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci.

Madame SIMONNET, est-ce que vous retirez votre v?u ?

Mme Danielle SIMONNET. - Je crois que la direction de "Carrefour" vous a abusés totalement. La presse fait état de 21 magasins qui ferment sur Paris. Il est possible que le chiffre soit moins important. J?ai d?autres sources sur le fait qu'il y en a au moins 10 qui ferment. En tous les cas, il y a un vrai problème : c?est que la direction de "Carrefour", quand elle prétend, auprès de vous, dire qu?il n?y a qu?un seul magasin qui ferme sur Paris, à mon avis, c'est du pipeau complet parce que c?est en totale contradiction avec les informations que nous avons.

Donc, je regrette, mais j?étais prête à accueillir comme une très bonne nouvelle ce que vous m?avez avancé, mais c'est très loin de la réalité. Je maintiens mon v?u.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - D?accord. Très bien. Merci.

Je vais donc soumettre ce v?u avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Il y a une demande d'explication de vote du groupe Communiste.

Monsieur le Président, Nicolas BONNET-OULALDJ.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - J'entends les arguments de l'adjointe à la Maire, Afaf GABELOTAUD, mais je pense que le poids de la Ville de Paris dans cette discussion est important pour les salariés. Je ferai remarquer deux choses. D'abord, nous l'avons dit à plusieurs reprises : nous sommes face à une guerre de la grande distribution pour récupérer des surfaces dans Paris, entre "Casino", "Carrefour", "Franprix" et de nombreuses supérettes. C?est inacceptable. Ce sont les Parisiens qui sont pris en otage. C'est une augmentation de la spéculation qui s'accélère.

Et puis, le deuxième point que je vous ferai remarquer, c?est que, dans cet hémicycle, à plusieurs reprises, nous avons condamné le fait que La Poste développe des points relais contacts dans ces supérettes. Voilà ce que nous présente notre collègue, Danielle SIMONNET : la preuve que ce modèle de développement des points de contact dans des supérettes La Poste peut être en péril puisque, du jour au lendemain, ces grandes chaînes de distribution sont capables de fermer ces supérettes et de licencier l'ensemble de leurs salariés.

Nous voterons donc le v?u de Danielle SIMONNET et nous le soutenons.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par Mme SIMONNET, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.