Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Juin 2018
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

Vœu déposé par le groupe PCF-FG relatif à la création d'un dispositif "SOS rentrée" de la maternelle à l'université.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2018


 

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Il y a un petit changement dans l'ordre du jour, nous passons à l'examen de v?ux non rattachés, le v?u n° 138 relatif à la création d'un dispositif "SOS rentrée" de la maternelle à l'université.

La parole est à Jean-Noël AQUA.

M. Jean-Noël AQUA. - Madame la Maire, mes chers collègues, le fiasco de "Parcoursup" se révèle chaque jour un peu plus. On nous avait promis que le tirage au sort d'A.P.B., qui je le rappelle ne concernait que 0,4 % des étudiants, était un vieux cauchemar. Le cauchemar empire. "Parcoursup" généralise en fait la loterie pour tous.

On nous avait promis jusque dans cet hémicycle, par les zélés servants et servantes de Jupiter, qu'aucun étudiant ne recevrait de réponse négative.

La réalité, c'est que "Parcoursup" bloque l'avenir de nombreux lycéens parfois classés 157e sur une liste d'attente de quelques centaines de places.

Cerise sur le gâteau prévisible, prévue et prévenue par nous-mêmes dans un v?u de décembre, de nombreux élèves sont refoulés dans tous leurs v?ux avec une injustice sociale très marquée.

Là où des classes entières dans les quartiers favorisés ont au moins un choix accepté, des classes entières dans les quartiers pauvres, par exemple de l'autre côté du périphérique, ont tous leurs choix refusés. Un vrai supplice jupitérien, alors même que les lycéens devraient se préparer au bac.

Pour conclure, de nombreux lycéens aujourd'hui sont dans l'incompréhension validant parfois un v?u qui est invalidé le lendemain par le logiciel.

Que pouvons-nous faire pour aider les lycéens et leurs familles victimes de cette politique ? Nous proposons par notre v?u de créer un dispositif de type "SOS rentrée", un dispositif qui permettrait pour les étudiants bloqués à la rentrée dans tous leurs v?ux, d'avoir un dialogue éclairé et facilité avec le Rectorat.

Celui-ci restera le dernier recours pour avoir au moins une place dans une formation.

Nous savons que la pauvreté n'est pas qu'économique, mais aussi informationnelle et relationnelle. Nous savons que Paris accueille de nombreuses classes populaires mais aussi des classes moyennes perdues dans les dédales du kafkaïen "Parcoursup".

Les syndicats étudiants sont sur le pied de guerre pour leur venir en aide, mais il y aura certainement des cas compliqués à gérer à la rentrée. Nous proposons de nouer un dialogue constructif avec tous les acteurs et le Rectorat afin de trouver des solutions qui permettent à tous les jeunes de partir dans la vie sur des choix qui leur sont propres.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Je vous remercie.

Pour vous répondre, je donne la parole à Marie-Christine LEMARDELEY.

Mme Marie-Christine LEMARDELEY, adjointe. - Cher Jean-Noël AQUA, c'est évidemment un sujet important. Je rappelle que le titre du v?u c'était "SOS rentrée" de la maternelle à l'université, donc je vais répondre sur les deux sujets en concertation avec Patrick BLOCHE, et différemment.

Pour le scolaire, qui concerne les inscriptions des enfants à l'école primaire ou au collège, les capacités d'accueil des écoles parisiennes sont largement suffisantes compte tenu de la démographie scolaire globalement déclinante.

Lorsque localement il y a un problème de sureffectif, les mairies pratiquent des dérogations administratives. Comme dans tout processus d'inscription, il y a une procédure administrative et des pièces justificatives demandées. Dans certains cas, l'absence de ces pièces - extrait de naissance ou jugement indiquant le titulaire de l'autorité parentale - peut ralentir le processus, mais c'est un problème largement vite résolu.

Je vous confirme qu'il n'y a pas d'enfants sans place dans les écoles et dans les collèges parisiens.

Les autres cas qui peuvent poser problème sont ceux des enfants des familles vivant à la rue, d'enfants Roms, ou ceux résidant dans des hôtels sociaux pour lesquels certaines mairies ne permettent pas l'inscription à l'école.

Nous sommes mobilisés sur ces cas. Pour les enfants à la rue, je rappellerai l'engagement de la Maire de Paris pour que tous les enfants du territoire parisien soient scolarités et notre mobilisation est aussi forte.

En ce qui concerne le supérieur, nous faisons des points réguliers avec le Recteur de Paris sur l'évolution de "Parcoursup", conformément au v?u déjà adopté par le Conseil de Paris.

Nous serons attentifs aux remontées des associations, notamment du dispositif "SOS inscription", une plateforme d'information, de recensement et d'aide réalisée par des étudiants, des lycéens et des parents d'élèves soutenus par l'Unef, l'U.N.L. et la F.C.P.E. Cette plateforme répond aux questions sur le processus d'inscription, mais également pour délivrer des informations sur les droits des étudiants, notamment l'accès aux bourses et au logement.

Je réitère la position de l'Exécutif déjà affirmée au sujet de "Parcoursup" et de la loi O.R.E., qui est une position de vigilance quant aux effets du dispositif et pour que chaque bachelier dispose d'une place dans l'enseignement supérieur.

En lien avec les associations et comme le recommande le v?u, je vais organiser une rencontre avec les différents acteurs avant le début de l'été.

Patrick BLOCHE et moi-même, après avoir refait un point avec les associations, saisirons le Recteur de ce v?u afin de voir comment nous pouvons formaliser davantage ces dispositifs de vigilance. Pour conclure, j'émets un avis favorable si le v?u est amendé dans le sens de ces remarques.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - L'amendement est-il accepté ? Je vous remercie.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 138 du groupe Communiste - Front de Gauche ainsi amendé.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u amendé est adopté. (2018, V. 335).