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Septembre 2001
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Conseil Général
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28 - QOC 2001-1005 G Question de Mme Roxane DECORTE à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, sur la situation délicate des urgences et de l'accueil des personnes âgées à l'hôpital Bichat (18e)

Débat/ Conseil général/ Septembre 2001


Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Chers collègues, il est 13 heures. Nous avons une dernière question de Mme Roxane DECORTE sur la situation délicate des urgences et de l'accueil des personnes âgées à l'hôpital Bichat.
Je vous demande encore un peu de patience.
Mme DECORTE a la parole.
Mme Roxane DECORTE. - Madame la Présidente, 500.000 patients franchissent chaque année le seuil des urgences parisiennes, soit un cas toutes les 35 secondes.
En l'an 2000, l'hôpital Bichat a accueilli 55.434 urgences, soit une urgence toutes les 10 minutes. dès lors, un constat s'impose : des salles d'attente qui ne désemplissent pas, une attente interminable dans les couloirs des urgences et une pénurie de lits en médecine, notamment en gériatrie aiguë, qui vire au cauchemar, en particulier l'été, ce dont les médias se sont fait l'écho.
Les difficultés de fonctionnement du service des urgences de l'hôpital Bichat ne sont cependant pas liées à un problème quantitatif, selon les propos de sa directrice Mme de SAXCE. Elles correspondent en fait à la prise en charge des personnes âgées qui nécessitent un temps médical et soignant et un espace géographique important.
Les personnes âgées arrivant aux urgences ont besoin, pour beaucoup, d'être hospitalisées en raison de leurs polypathologies.
Or, les services aigus sont souvent mal armés pour les gérer et, faute de places, elles occupent longtemps les lits-porte des services d'urgences en attendant leur transfert. Il faut préciser que ces unités inconfortables sont conçues pour surveiller les patients 24 heures au maximum. La prise en charge n'est pas décente dans ces lits.
Or, cette situation tend à s'aggraver puisque les tutelles ferment encore des lits de médecine et que, sur le plan démographique, le nombre de personnes âgées va croissant. Cette situation est intolérable.
Ainsi, le service de gériatrie aiguë de l'hôpital Bichat a vu ses capacités d'hospitalisation diminuées, passant de 24 lits en 1999, à 20 lits en 2000. Les admissions, elles, ont augmenté de 25 %, la durée moyenne de séjour passant de 12 à 13 jours.
Le centre de gérontologie, dont l'activité est véritablement remarquable, a également vu ses capacités d'hospitalisation réduites. La fermeture de ces lits doit-elle se justifier par l'ouverture, depuis juin 2001, de l'hôpital gériatrique Bretonneau ?
Encore une fois, mes chers collègues, le nombre de personnes âgées va continuer d'augmenter compte tenu de l'allongement de l'espérance de vie. Plus de 30.000 personnes âgées de plus de 75 ans habitent dans les 17e et 18e arrondissements. Parmi elles, 60 % vivent seules dès l'âge de 80 ans. Il est dès lors évident que de plus en plus de seniors se tourneront vers l'hôpital.
Les efforts consentis par l'A.P.-H.P. en matière de restructuration et de réduction du nombre de lits aigus depuis plusieurs années ont été considérables.
Que comptez-vous faire pour remédier à cette situation difficile ?
Je vous remercie.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - La parole est à M. LHOSTIS pour la réponse.
M. Alain LHOSTIS. - C'est un éclairage. La question des urgences est une question extrêmement préoccupante, qui perdure et on a vu s'accroître le rythme des admissions aux urgences de façon continue ces dernières années. En dépit d'un certain nombre de moyens importants qui ont été apportés, la situation a continué de s'aggraver.
Concernant en particulier l'hôpital Bichat, ce qui a été rappelé par Mme DECORTE est exact. On constate une augmentation de l'accueil des urgences, particulièrement une progression des personnes âgées qui sont admises dans ce secteur.
Ceci étant, des mesures ont été prises par l'Assistance publique, malgré la diminution de 4 lits de médecine à orientation gériatrique à Bichat. En effet l'ouverture de 38 lits de court séjour de médecine gériatrique à l'hôpital Bretonneau en juillet 2001 a accru sensiblement la capacité en lits de médecine dans ce secteur sanitaire : on est passé de 24 lits en 1999 à 58 lits actuellement.
Cet hôpital travaille en étroite collaboration et coopération avec Bichat. Puisque vous êtes élue de cet arrondissement, vous connaissez le site de Bretonneau. C'est une réalisation exceptionnelle de grande qualité qui a vu bien sûr un financement important de l'Assistance publique, mais je vous rappelle que nous avons voté cette année un complément de financement, la Ville de Paris est intervenue à hauteur de 83 millions de francs pour financer cette opération. Il a fallu cette année complèter ce financement à hauteur de 20 millions de francs.
La capacité de Bretonneau va permettre de mieux répondre à ces demandes. Il y a eu la fermeture de 97 lits en soins de longue durée à Bichat, mais l'ouverture parallèle de 105 lits à Bretonneau. L'opération est légèrement excédentaire dans l'offre.
Ceci étant, vous avez raison de souligner que la question de la gériatrie doit être prise à une plus grande dimension dans ses réponses par l'Assistance publique, mais pas seulement par elle. Je crois qu'il y a un travail d'ensemble à faire. A l'heure actuelle, ce dont nous souffrons à l'Assistance publique, c'est du manque de visibilité du fait que le plan stratégique de l'Assistance publique 2001-2004 n'a pas encore été adopté. Nous travaillons avec le Conseil d'administration sur la définition d'un nouveau plan stratégique.
Vous avez fait un certain nombre de remarques. Elles participeront à leur façon à la réflexion en cours sur ces questions. Je pense donc que nous serons amenés à revenir sur ces problèmes pour apporter des réponses efficaces à la grave question que vous avez soulevée.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente.- Merci, Monsieur LHOSTIS.
Vous souhaitez reprendre la parole ? Vous avez été entendue quand même !
Mme Roxane DECORTE. - Ne faudrait-il pas développer et avant tout renforcer tous les réseaux gérontologiques d'une manière globale ?
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - C'est une question sur laquelle nous aurons l'occasion de revenir...
M. Alain LHOSTIS. - Vous avez tout à fait raison, mais je n'ai pas pu trop développer faute de temps. C'est une vraie question, je suis tout à fait ouvert à toutes les réflexions non polémiques parce que c'est une question centrale pour le devenir de l'Assistance publique, pour ses missions et pour la dignité de la personne humaine et le respect que nous devons aux personnes âgées. C'est une question grave et, pour l'instant, les réponses apportées sont, de mon point de vue, insuffisantes et il faut y travailler.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Madame l'adjointe chargée des personnes âgées, Mme Danièle HOFFMAN-RISPAL a engagé la réflexion sur ce plan et vous aurez naturellement une communication sur cet important sujet.