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Septembre 2001
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Conseil Général
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27 - QOC 2001-1004 G Question de Mme Cécile RENSON à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, au sujet du dispositif "Paris-Info-Mairie" portant connaissance des centres I.V.G. de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris ouverts l'été

Débat/ Conseil général/ Septembre 2001


Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Nous passons à la deuxième question de Mme Cécile RENSON au sujet du dispositif "Paris-Info-Mairie" portant connaissance des centres I.V.G. de l'Assistance publique ouverts l'été.
Madame RENSON, vous avez la parole.
Mme Cécile RENSON. - Merci, Madame le Président.
Pendant 6 semaines, du 19 juillet au 2 septembre, de 6 heures à 23 heures 59, des panneaux ont affiché un numéro d'appel unique "Paris-Info-Mairie" : 08.20.00.75.75. qui permet de connaître les centres d'I.V.G. de l'A.P. ouverts cet été.
Monsieur le Maire, vous avez promis à la fin de la saison d'en faire le bilan afin, dites-vous, et je vous cite, d'évaluer si le dispositif méritait d'être pérenne.
Permettez-moi de vous préciser :
1 - que ce dispositif est antérieur à votre mandature, quoi qu'en aient dit les médias et qu'il vous survivra.
2 - que sur les 13 hôpitaux proposés, et censés être ouverts, à un moment ou à un autre, 7 ont été inopérants le plus souvent par manque de personnel.
Les femmes ont été renvoyées d'un établissement à un autre.
3 - que cette campagne financée par 1 million de francs supplémentaires affectés au planning familial aurait pu inclure des indications concernant la contraception, à tout prendre, plus recommandée surtout pour les adolescentes qui, en période de vacances, ne bénéficient même pas des infirmières scolaires habilitées à leur procurer la pilule du lendemain.
Ne pensez-vous pas qu'il eut fallu profiter de ces panneaux pour privilégier la prévention plutôt que l'intervention ?
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - La parole est à Anne HIDALGO pour vous répondre.
Mme Anne HIDALGO. - Madame RENSON, cet été, nous avons en effet mené une campagne d'information sur le dispositif d'accueil des femmes souhaitant pratiquer une I.V.G. durant l'été.
C'est un dispositif qui nous précédait, vous avez raison de le dire, et d'ailleurs nous ne l'avons jamais nié, sauf qu'il était insuffisant.
Nous avons souhaité lui donner une plus grande ampleur. C'est pourquoi nous avons avec Bertrand DELANOË, avec Gisèle STIEVENARD et Alain LHOSTIS, participé au lancement de cette campagne notamment à l'hôpital Broussais cet été.
J'espère vraiment que ce dispositif nous survivra tant il est utile.
Nous avons dit que nous ferions le bilan. Le bilan est en train de se réaliser et si des dysfonctionnements apparaissent, eh bien nous saurons en tirer les leçons pour l'année prochaine.
Madame RENSON, cette campagne d'information menée cet été par le biais des panneaux lumineux de la Ville, sur l'ouverture de ces centres pratiquant l'I.V.G. ne doit pas être confondue avec le projet de numéro vert sur la contraception et l'I.V.G., confiée au mouvement du planning familial dont a très bien parlé ma collègue, Mme CALANDRA.
La campagne d'information portant sur les centres I.V.G. visait bien à informer les Parisiennes et Parisiens sur les possibilités de recours à l'I.V.G. pendant une période estivale marquée par une moindre activité dans les hôpitaux alors que beaucoup de femmes peuvent être confrontées à une situation d'urgence.
Il s'agissait de traiter l'urgence. La question de la prévention ne peut être opposée à celle de l'intervention.
Les deux messages correspondent à des besoins différents et non exclusifs.
Le projet "numéro vert" confié au mouvement du Planning familial pour lequel effectivement un million de francs ont été inscrits au budget de la D.A.S.E.S., se distingue de cette campagne estivale.
Il vise la création d'un dispositif permanent d'information et d'orientation parisien. Cette information portera non seulement sur l'I.V.G. et les possibilités d'y recourir, mais avant tout sur la contraception et donc la prévention.
Les appelants seront ensuite majoritairement orientés sur des intervenants médico-sociaux adéquats dans les centres de planification et d'éducation familiale, gérés ou conventionnés par le Département.
Ce numéro vert dont le démarrage est prévu dans le courant de l'automne fera l'objet d'une campagne d'information spécifique mais ces sujets ne sont ni à opposer ni à confondre.
Je vous remercie.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - La parole est à Mme RENSON, pour une minute de réplique.
Mme Cécile RENSON. - Cette campagne de prévention est la bienvenue, mieux vaut tard que jamais car s'il existe un domaine où le temps est compté, c'est bien celui de l'I.V.G., où les mois et les semaines sont comptés.
Je regrette vivement ce décalage entre la mise en place de la campagne de contraception et le battage médiatique annoncé par Libération du 18 juillet : "avorter en août ne sera plus le parcours de la combattante".
Vous arrivez et vous semblez découvrir le problème. Vous présentez un dispositif qui donne de l'espoir à tout le monde, et on allait voir ce qu'on allait voir ! Hier j'ai cru comprendre que si les services étaient fermés, c'était par déficience de l'A.P.
Or, il me semble que le Maire de Paris est le Président du Conseil d'administration de l'Assistance publique et alors ou il méconnaît les problèmes de l'Assistance publique, et c'est grave, ou il les sacrifie à une publi-mania et c'est irresponsable.
Vous avez apporté, par ces panneaux, beaucoup d'espoir surtout aux plus jeunes, aux mineures, les plus fragiles. Vous les avez déçues. Vous les avez fait renvoyer d'un établissement à un autre pour se faire opérer. Et où ont-elles fini par arriver ? Je vous le demande ? Elles sont arrivées dans des cliniques privées !
C'est une curieuse conception du service public. Monsieur le Maire, le domaine de la Santé est trop sérieux pour en faire la politique par coup d'affichage ou par démagogie.
(Applaudissements sur les bancs du groupe "Rassemblement pour la République et apparentés").
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - La parole est à M. LHOSTIS.
M. Alain LHOSTIS. - Comme Président suppléant du Conseil d'administration de l'Assistance publique, j'avoue que franchement, ce type de polémique ne devrait pas être de mise.
Il y a deux ans, le Président était sur vos bancs, il était impossible de faire une I.V.G. pendant l'été à Paris à l'A.P.-H.P. Nous avons pris des dispositions.
Nous avons demandé à la Direction générale de l'Assistance publique de prendre des mesures, et effectivement, avec le Maire - et cela a été rappelé par Mme HIDALGO - nous avons tenu à aller sur place témoigner de notre vigilance sur ce problème.
Madame, sur les bancs sur lesquels vous siègez, j'ai connu il y a pas mal d'années, le débat sur justement la possibilité de pratiquer des I.V.G. à l'Assistance publique.
Dans les manifestations que j'ai été obligé de faire dans mon arrondissement, avec les groupes femmes à l'époque, au milieu des années 1970, je n'ai pas vu beaucoup de gens issus des bancs sur lesquels vous siègez aujourd'hui qui étaient attentifs à cette question.
Alors ne venez pas nous donner des leçons s'il vous plaît. En tout cas, je m'engage à ce que nous tirions un bilan.
(Protestations sur les bancs du groupe "Rassemblement pour la République et apparentés").
Je m'engage à ce que nous tirions tous les enseignements... vous ne me ferez pas taire... si vous croyez me faire taire, c'est que vous êtes nouveau ! ... Dans cette affaire très sûrieuse, nous évaluerons exactement ce qui s'est passé.
Vous avez fait état de dysfonctionnements, Madame RENSON. Si ces dysfonctionnements ont eu lieu, je demanderai au Directeur général de l'Assistance publique de m'en donner les raisons, de m'en donner les motifs.
S'il s'agit de moyens, nous n'hésiterons pas à les demander au Ministère de la Santé pour y faire face l'an prochain. Par contre, si cela est dû à des questions d'organisation, je demanderai à la Direction générale qui s'était engagée lors de la venue du Maire, Président de l'Assistance publique, au centre d'orthogénie de Broussais, de corriger ces insuffisances et ces errements éventuels.
Il y a des pratiques à réformer, et j'espère que vous serez à mes côtés et que vous ne serez pas du côté du conservatisme, du côté duquel vous avez toujours été quand vous avez été aux manettes à l'Assistance publique !
(Applaudissements sur les bancs du groupe communiste).
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - J'approuve totalement les propos de M. LHOSTIS.