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Juillet 2018
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Conseil Municipal
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QE 2018-02 Question de M. Jérôme GLEIZES et des élu-e-s du groupe Ecologiste de Paris à Mme la Maire de Paris relative à l’organisation de l’ePrix de Formule E.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2018


 

Réponse (M. Jean-François MARTINS, adjoint) :

"Paris accueille une étape du championnat de Formule électrique depuis 2016.

Sur l?opportunité d?accueillir cet événement : cet événement s?inscrit dans le cadre de la lutte contre la pollution liée au trafic routier, comportant à la fois des mesures incitatives en faveur des particuliers et des professionnels mais également des restrictions progressives de circulation pour les véhicules les plus polluants. Paris partage la vision des promoteurs de ce sport qui souhaitent influencer, à la plus grande échelle possible, les constructeurs automobiles et le grand public pour que la voiture d?aujourd?hui et de demain soit plus vertueuse en matière de propulsion.

Les mobilités électriques sont l?une de ces alternatives et Paris s?est engagée de longue date en faveur de leur promotion et de leur développement, comme en témoigne Autolib?, Utilib?, City Scoot ou encore le déploiement de bornes de recharges universelles et accessibles à tous. Des mesures concrètes ont été adoptées pour préserver la qualité de l?air et endiguer la pollution atmosphérique comme l?aménagement d?axes dédiés aux modes de déplacements doux comme le vélo, la fermeture des voies sur berges à la circulation automobile et donc la réduction de la place accordée à la voiture dans l?espace public. On ne peut malgré tout ignorer que le nombre d?immatriculations progresse inexorablement chaque année en France (selon les données du Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA), mois après mois en 2017, records enregistrés en octobre et novembre 2017). Toutes les actions, volontés, influences qui peuvent contribuer à rendre ce mode de déplacement plus propre, pour une transition soutenue et continue du parc automobile actuel vers des véhicules 100 % électriques vont dans le bon sens. Cet événement, qui est par ailleurs un formidable succès populaire, contribue à éveiller la curiosité et à entretenir l?intérêt du grand public pour les propulsions électriques, notamment chez les plus jeunes, au sein du E-Village et au travers des nombreuses animations qui s?y déroulent. Cette discipline est aussi une démonstration de la fiabilité des systèmes utilisés qui influencera positivement les réflexes d?acquisition de véhicules par le grand public au profit de l?électrique. La prise de conscience des industriels sur cette nécessité est réelle et doit se poursuivre. La recherche et le déploiement de solutions technologiques ne doit pas être opposée aux autres mesures.

Sur le coût financier et le cadre juridique liant la Ville à l?événement : l?événement ne coûte rien à la Ville et au contribuable parisien et l?entièreté des dépenses est à la charge du promoteur. La Ville pratique par AOT annuelle pour autoriser la tenue de la course.

Sur la comparaison avec l?annulation de la course à Montréal : si la Ville de Montréal a choisi de ne plus accueillir la Formula E, c?est à priori pour des raisons financières avec un bilan qui n?apportait pas les garanties d?équilibre économique attendu et il faut bien entendu respecter cette décision. De ce point de vue, la comparaison entre les deux courses montréalaise et parisienne n?a pas lieu d?être. La Ville de Montréal, comme la plupart des étapes du circuit mondial de formule E, supporte un coût pour l?accueil de la formule E, ce qui n?est pas le cas de Paris.

Sur la compatibilité avec la charte des événements co-responsables : l?événement y souscrit pleinement et "Formula E" est signataire de notre Charte éco-responsable des événements.

Sur les autres engagements et efforts de "Formula E" : lors de la 1ère édition, "Formula E" a financé la réfection d?une part importante de la chaussée au-delà des stricts besoins de la course pour plus de 200.000 euros (pontage de fissures, reprises de pièces et de zones en totalité, après prélèvements amiante qui se sont tous révélés négatifs). Tous les travaux, d?un montant de 200.000 euros, ont été effectués sous le contrôle des services de la Municipalité.

Sur les questions d?Héritage technologique : "Formula E" a fait don d?une solution énergétique efficace et propre par la construction d?une unité inédite dite "Aquafuel", qui sera confiée à notre fournisseur d?énergie, ENEDIS. Ce système prendra place sur des opérations de chantier pour suppléer progressivement le parc de groupes électrogènes utilisés pour éviter les coupures de courant pendant des travaux et qui fonctionnent encore au fuel. Le coût de cette station fabriquée spécifiquement pour Paris est estimé à 300.000 euros. D?autres solutions énergétiques propres et innovantes sont à l?étude dans le cadre de cet héritage.

Sur l?empreinte carbone de l?événement : l?étude des émissions d?autres événements permet de dégager deux gros postes influençant fortement l?empreinte carbone. Les émissions liées à la création d?infrastructures lourdes et pérennes et les émissions liées aux déplacements des spectateurs. Les émissions rapportées au nombre de spectateurs apparaissent comme un bon indicateur pour comparer les événements entre eux :

Empreinte carbone de l'évènement (tCO2e)Nombre de spectateurs (Milliers)Émissions par spectateur (kgCO2e)Formule E (Paris 2017) avec fret Paris235465Formule E (Paris 2017) avec fret saison proratisé1.1004624Coupe du monde de football (Brésil 2014)2.700.0005.154524Rallye de France (Alsace 2011)3.30021515Festival We Love Green (Paris 2014)50232NB : les recherches effectuées n?ont pas permis d?évaluer les méthodologies employées. Le taux d?incertitude est, dans ces conditions, très important. La création limitée d?infrastructures et l?accessibilité en transport en commun explique cette empreinte carbone limitée. On peut d?ailleurs déduire des données fournies par les organisateurs que les spectateurs sont très majoritairement issus d?un bassin proche de l?événement. On peut en conclure que la Formule E n?est pas très émissive comparée à d?autres grands événements sportifs.

Sur la suggestion d?organiser la course sur un circuit en Ile de France : cela est en total décalage avec l?ADN de la formule électrique, qui se définit comme de l?"Electric Street Racing" et qui comme son nom l?indique prend son sens au c?ur des rues de la Ville. Il permet ainsi une proximité avec un public urbain, confronté à ces problématiques de pollutions dans les villes et en capacité de modifier leurs moyens de transport. Cela permet une sensibilisation à la mobilité douce plus efficace, auprès d?un public plus large que les seuls amateurs de courses. Du reste, l?empreinte carbone d?une édition organisée dans un circuit en IDF (qui n?existe pas en tant que tel) serait beaucoup plus importante en raison d?un déplacement massif des spectateurs plutôt qu?au c?ur de Paris où ces derniers privilégient les transports en commun.

Sur les moyens humains et techniques que la Ville met à disposition : la Ville consacre uniquement des réunions et des échanges de travail avec les secteurs concernés : DJS, DICOM, DVD, DPSP, SG et cabinets?

Aucun déploiement d?agents de la Ville n?est effectué sur l?emprise ou durant la course."

QE 2018