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Juillet 2018
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Vœu déposé par le groupe Parisiens, Progressistes, Constructifs et Indépendants relatif à la formation aux premiers secours.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2018


 

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Nous passons au v?u référencé n° 146 relatif à la formation aux premiers secours.

La parole est à M. Alexandre VESPERINI pour deux minutes. Je vous remercie.

M. Alexandre VESPERINI. - Mes chers collègues, la France en général et Paris et la Région parisienne en particulier, accusent un retard très important, inquiétant et assez préoccupant dans deux domaines. D'abord, la réaction aux attaques terroristes. Comment est-ce que les victimes, les personnes qui se retrouvent dans un théâtre, comme c'était le cas au Bataclan, peuvent-elles mieux réagir ? Le deuxième retard concerne les gestes qui sauvent, puisque, je le rappelle, 20.000 décès par an sont causés par les accidents domestiques.

Ce v?u propose deux choses. D'abord, que la Ville de Paris se mobilise davantage dans le domaine de la formation aux gestes qui sauvent dans le cadre d'une réponse à des attentats. J?insiste précisément sur la pose de garrot tourniquet, une formation simple qui devrait être beaucoup mieux diffusée, alors qu?elle est très importante, notamment dans le cadre de l'arrivée des premiers secours, dans le cadre de blessures par balles. Le premier point de ce v?u, c'est d'avancer davantage dans le domaine de la réaction dans le cadre d'une attaque terroriste, avec les gestes qui sauvent. La Croix-Rouge propose une formation très intéressante et performante, mais, malheureusement, qui est trop peu déployée à Paris actuellement. Le deuxième point de ce v?u, c'est d'augmenter le nombre de formations aux premiers secours d'une manière plus générale, notamment dans le domaine de la vie domestique. Merci.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Je vous remercie.

Pour vous répondre, je donne la parole à Mme SOUYRIS.

Mme Anne SOUYRIS, adjointe. - Merci, Monsieur VESPERINI.

Vous me permettez de parler un petit peu de la question des premiers secours, ce qui nous permet d'avoir un nouveau coup de projecteur sur l?un des dispositifs les plus emblématiques de la résilience parisienne après les attentats de 2015. Le "Plan Paris qui sauve", qui a été souhaité par les élus parisiens en décembre 2015, a su réunir quatre grands acteurs du tourisme à Paris, quatre grands partenaires : la brigade des sapeurs-pompiers à Paris, le Samu de Paris, ainsi que deux associations de sécurité civile : la Croix-Rouge française et la protection civile de Paris-Seine, autour des trois objectifs communs que, précisément, Monsieur VESPERINI, vous évoquez dans votre v?u : la formation aux gestes qui sauvent, le déploiement des défibrillateurs accessibles 24 heures sur 24 et la prévention du psycho-traumatisme.

Nous avons monté, à chaque fois, sur ces questions de plus en plus. Nous en sommes maintenant, juste pour ne pas vous refaire toute l'histoire, à 9.100 enfants qui ont été formés cette année. Nous avons formé aussi des formateurs qui, dans les collèges, permettent de former d'autres gens. De la pose du nombre de défibrillateurs. Je ne vais pas lister tout le détail. En deux ans, ce sont plus de 40.000 personnes formées. L'organisation est maintenant mise en place pour monter encore en puissance, notamment auprès des agents de la Ville et des jeunes, et rester sur un rythme d'au moins 20.000 personnes par an.

Concernant l'utilisation du garrot tourniquet, je vous remercie pour cette proposition qui ne rejoint malheureusement pas le point de vue des partenaires de "Paris qui sauve". D?une part, le garrot de fortune paraît plus adapté aux situations d'exception. D'autre part, il est important que les messages de simplicité des gestes qui sauvent ne soient pas brouillés par l?utilisation de matériel compliqué, notamment dans le cadre de formations courtes d'initiation aux gestes qui sauvent.

J'espère que j'ai répondu quand même à vos interrogations. Je vous demanderai donc de bien vouloir retirer votre v?u.

Je vous remercie.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Monsieur le Représentant du Préfet de police, vous avez la parole.

M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. - Quelques mots pour rappeler effectivement que la problématique est nationale. Aujourd'hui, l?obligation de former toute une classe d'âge au niveau de la troisième n'est respectée que très partiellement. Entre 30 % et 40 % seulement des élèves sont formés. Cela tient en particulier à un défaut de formateurs ou de disponibilité des formateurs au sein de l'Education nationale. Dans une circulaire de 2015, le Ministre de l'Intérieur avait été amené à rappeler que l?on était encore loin des objectifs fixés par la loi de modernisation de la sécurité civile de 2004. Le chemin reste important mais il y a quand même quelques évolutions.

Aujourd'hui, à l'épreuve du permis de conduire, des questions peuvent être posées sur ce sujet.

Paris a été assez précurseur, notamment grâce à la mobilisation de la Brigade des sapeurs-pompiers, en lien avec la Ville de Paris, pour lancer, dès le mois de janvier 2016, une initiative assez originale qui a été ensuite déclinée à l'échelle nationale : la formation aux gestes qui sauvent. C?est une forme de modules d?initiation préalable qui donne quelques éléments réflexes et a permis de former, entre janvier 2016 et juin 2018, dans les centres de secours de la B.S.P.P. à Paris et dans la Petite couronne, à peu près 17.000 personnes. Sans préjudice, encore une fois, des formations plus normées et assurées par un certain nombre d'associations.

Ces actions se poursuivent encore aujourd'hui, à une échelle peut-être un peu moindre, mais elles continuent. Nous avons, toujours à Paris, un partenariat avec les écoles et les collèges parisiens, pour assurer également des modules de sensibilisation aux gestes d'urgence et aux bons réflexes. Chaque année, ce sont à peu près 3.000 élèves qui bénéficient de ce dispositif, 40.000 depuis son lancement en 2006.

Troisième volet sur lequel la Préfecture de police intervient, c'est l'agrément des associations de sécurité civile pour dispenser ces formations aux premiers secours. Le problème est national, il n'y a pas assez de formateurs. Il n'y a pas de capacités suffisantes pour les associations à répondre à la demande de formation aux premiers secours. Mais nous nous engageons à travailler avec elles pour développer et faciliter leurs conditions de formation et d'accueil des candidats.

Puisque votre v?u porte également sur la sensibilisation à la prévention des risques, ce sujet est plutôt porté par la Préfecture de Région Ile-de-France, néanmoins, au sein de la zone de défense de la Préfecture de police, nous mettons en place des campagnes de sensibilisation aux enjeux de sécurité civile existant à Paris. C'est notamment tout l'objet de la campagne d'information "Plouf" qui a eu lieu il y a encore quelques semaines, devant la Préfecture de police, et qui s'est déclinée à l'échelle de Paris par différentes actions.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Je vous remercie.

Le v?u n° 146 du groupe PPCI est-il maintenu ?

M. Alexandre VESPERINI. - Oui, il sera maintenu parce qu'il y a un désaccord de fond. Je pense qu'il faut développer davantage l'installation des garrots tourniquets. Je pense que c'est très important. Il y a un désaccord de fond sur ce point. Il faut que nous puissions réagir de manière moins passive.

Deuxièmement, même si ces formations se développent, elles sont, à mon avis, incomplètes. Ce qui compte, ce sont les formations P.C.S. 1/I.R.R.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe PPCI, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.