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Juillet 2018
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Vœu déposé par le groupe les Républicains et Indépendants relatif à la sécurisation des quais bas rive gauche.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2018


 

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Le v?u référencé n° 129 est relatif à la sécurisation des quais bas Rive gauche.

La parole est à Mme STOPPA-LYONNET, pour le groupe LRI.

Mme Dominique STOPPA-LYONNET. - Merci, Monsieur le Maire, chers collègues.

Il s'agit d'un v?u présenté par Florence BERTHOUT et les élus du groupe Républicains et Indépendants.

Je voudrais rappeler qu'à l'approche estivale, un renforcement de la sécurité sur les quais bas est véritablement nécessaire, d'abord du fait d'une hausse de la fréquentation de ces quais, 2 millions de visiteurs annuels, 850 événements pendant la période estivale. Et puis, nécessité d'avoir des mesures adaptées contre la menace terroriste qui, on le sait, est rémanente.

Donc, les rampes d'accès aux quais sont tout à fait inadaptées. Elles présentent une source de complications pour l'arrivée des véhicules de secours et ne préviennent pas non plus d'attentats terroristes. Certains quais, d'ailleurs, n?ont même pas de dispositifs anti-béliers. Je citerai ceux du quai d'Austerlitz, jardin Tino-Rossi. On est frappé par un véritable immobilisme de la Mairie de Paris, de la Préfecture, alors que trois v?ux ont été présentés. En juin 2017, l?Exécutif disait pouvoir déployer des dispositifs de sécurisation dans les meilleurs délais. En 2017, Christophe NAJDOVSKI répondait à notre v?u que la demande était sans objet. En avril dernier, l?Exécutif nous disait que le marché était en cours d'attribution et que les travaux étaient programmés pour cet été. Nous sommes début juillet. Notre v?u est l'installation du dispositif sécurisé au niveau des accès des quais bas rive gauche permettant d'empêcher le passage de voitures béliers tout en permettant l'accès aux véhicules de secours et de sécurité. Je vous remercie.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Merci, Madame STOPPA-LYONNET.

Pour vous répondre : successivement, Mme Aurélie SOLANS, puis M. le Représentant du Préfet de police.

Madame SOLANS, vous avez la parole.

Mme Aurélie SOLANS. - Merci.

La sécurisation des zones à forte fréquentation est effectivement une priorité pour la Ville et pour la Préfecture de police, compte tenu du contexte sécuritaire que l'on connaît. Une étude globale est lancée depuis plusieurs mois afin de permettre de dégager les solutions techniques et organisationnelles les plus adaptées aux différents sites concernés. Conformément, vous l'avez dit, aux réponses qui ont déjà été apportées, notamment au Conseil de mai dernier au cours duquel vous aviez déposé un v?u similaire, la consultation pour attribuer le marché permettant de fournir des bornes escamotables reliées au PC de la DPSP arrive à son terme et le marché va être attribué. Les premières mises en place sont attendues avant l'été.

Il a d'ores et déjà été décidé de mettre en place un premier dispositif sur les berges rive gauche. Les travaux ont débuté le 25 juin pour installer de bornes rétractables commandées depuis le centre de régulation. Des enlèvements de la DPSP empêcheront le passage de voitures béliers tout en permettant aux véhicules de secours, de sécurité et de service d'y pénétrer. Quatre rampes seront sécurisées.

Concernant les autres sites et compte tenu de la compétence de la Préfecture de police en matière de sécurité publique, la Ville posera les équipements nécessaires sur les sites proposés par la Préfecture.

Je le redis : sur ce sujet, un travail en étroite collaboration est effectué avec la Préfecture et nous suivrons ses recommandations. Compte tenu de ces éléments, nous vous proposons des amendements à votre v?u, car nous ne pouvons pas être taxés d'immobilistes sur ce sujet, bien au contraire.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Merci, Madame SOLANS.

Monsieur le Représentant du Préfet de police ?

M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. - Merci, Monsieur le Maire.

Madame la Conseillère, je ne crois pas que l?on puisse parler d?immobilisme sur ce dossier, même s'il est vrai que les travaux et les réflexions qui sont menés depuis maintenant 2015 ont pu prendre beaucoup de temps aux yeux de certains. Mais les choses avancent. Je voudrais rappeler deux choses en préalable. C'est d'abord pour mesurer un peu la complexité du dossier.

La première, c'est la complexité des intervenants ou du statut des voies sur berges, puisqu?une partie des voies sur berges basses sont placées sous gestion ou sous affectation "Ville" et une autre partie, notamment celle qui concerne le 5e et l?Est parisien, sous la gestion directe d'"Haropa". Nous avons déjà deux intervenants. La deuxième chose, c'est de préciser les responsabilités de chacun. Il n'appartient pas à la Préfecture de police, sur les voies sur berges, de réaliser les aménagements de sûreté. En revanche - et c'est son rôle, sa mission et sa volonté - il lui revient d'éclairer les personnes et les institutions en charge des aménagements sur les meilleures mesures à prendre pour prévenir, comme vous l?avez indiqué, le risque d'intrusion par voiture bélier sur des axes et sur des espaces très fréquentés, notamment ces jours-ci, et d'autre part, pour garantir à tout moment l'accès des véhicules de sécurité et de secours qui pourraient avoir accès à ces espaces pour les mêmes raisons.

Voilà le cadre général du travail sur les voies sur berges mené maintenant depuis 2015, qui a fait l'objet de nombreuses réunions qui ne concernent pas - je tiens à le préciser ici - uniquement les voies sur berges. Ce travail de sécurisation concerne les principaux espaces touristiques de la capitale ou les espaces les plus fréquentés, avec cette idée de prévenir les risques par des aménagements de prévention et par la prévention situationnelle.

Pour revenir sur les voies sur berges, l'adjointe à la Maire de Paris a rappelé les avancées qui avaient été réalisées s'agissant de la partie sous gestion de la Ville. Nous nous sommes réunis encore ces dernières semaines, ces derniers mois pour préciser les accès réservés aux secours, aux véhicules de sécurité, ceux qui, à l'inverse, seraient interdit, préciser les modalités d'échange entre la Ville et les services de la Préfecture de police pour garantir à tout moment la fluidité des véhicules de sécurité et de secours. On peut considérer désormais que, sous réserve de la mise en ?uvre effective des aménagements - les consultations sont en cours -, le travail est désormais achevé. Reste maintenant à réaliser ces aménagements.

Il est vrai en revanche que, sur la partie Est, la partie gérée par "Haropa", les travaux sont plus longs et plus lents. Nous le regrettons nous aussi. Nous avons eu des échanges récents avec "Haropa" pour les inciter à avancer. Il faut clarifier les choses. Ce n'est pas parce que le Préfet de police ou le Préfet de Région Ile-de-France ont le pouvoir de police, soit sur les berges basses, soit sur la Seine, qu'"Haropa" est déchargé de toute responsabilité en matière d'aménagement de sûreté. C'est un dialogue que nous avons avec eux. Nous avons même réalisé pour leur compte, en décembre dernier, une étude permettant de les éclairer sur les choix techniques à retenir pour garantir, comme je vous le disais tout à l'heure, ces risques d'intrusion et la fluidité des véhicules de sécurité et de secours. Nous nous revoyons le 24 juillet, à un niveau technique, pour clarifier le cadre juridique, revenir sur les propositions formulées par la Préfecture de police et éclairer "Haropa" dans ses choix.

Par ailleurs, le Préfet de police prendra l'attache de la directrice générale en vue de sortir de cette situation où nous risquons un manque de cohérence, un manque de continuité entre les aménagements qui existeront sur le linéaire géré par la Ville et ceux qui restent sur la gestion "Haropa". En tout cas, nous travaillons toujours de concert à faire avancer ce dossier. Pas d'immobilisme de notre part, mais une vraie volonté d'aboutir.

Je précise enfin que, sans préjudice de ces aménagements et de ces travaux qui, eux, sont structurels, nous prenons des mesures à court terme destinées à sécuriser les quais, notamment pendant l?été qui vient. "Haropa" a décidé de sécuriser davantage, par une présence humaine cet été, certains ports dont elle a la charge en direct. Le Préfet de police, comme il l?a rappelé hier, prendra un arrêté visant à restreindre la consommation d'alcool sur la voie publique et à prévenir les risques de trouble à l'ordre public et à la tranquillité publique. En lien avec la DPSP de la Ville de Paris, nous réaliserons des patrouilles sur les quais pendant tout l?été, notamment pendant les soirées.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Représentant du Préfet, de cette réponse précise et complète.

Madame STOPPA-LYONNET, il y a une proposition d'amendement du v?u de la part d'Aurélie SOLANS, si j?ai bien compris ? Non ?

Mme Aurélie SOLANS. - Tout à fait.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Est-ce que l?amendement est accepté ?

Est-ce que Mme SOLANS peut reformuler la proposition d?amendement au v?u ? Cela n'a pas été très clair pour Mme STOPPA-LYONNET.

Mme Aurélie SOLANS. - Proposer les amendements suivants? Supprimer les trois derniers considérants suivants : "Considérant qu'à ce jour les rampes d'accès aux quais bas ne font pas l'objet, etc.", "Considérant que la Ville de Paris déploie des barrières anti-béliers mobiles". Le dernier considérant suivant : "Considérant que le renvoi incessant de responsabilité entre "Haropa Ports de Paris", la Préfecture de police et la Ville de Paris ne doit plus conduire à l'immobilisme". Et au libellé du v?u remplacé : "Que les accès aux quais bas rive gauche soient équipés d?un dispositif sécurisé pour que soit poursuivi l'équipement des accès aux quais bas rive gauche par des dispositifs sécurisés". Ajouter après "pénétrer" : "En fonction des besoins identifiés par la Préfecture de police".

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Je crois que ce sont des amendements non polémiques qui servent plutôt à préciser et à enlever les considérants qui étaient un peu polémiques.

Madame STOPPA-LYONNET, les amendements sont-ils acceptés ?

Mme Dominique STOPPA-LYONNET. - Oui, nous acceptons ces amendements et rendons aussi hommage aux explications du Préfet de police extrêmement précises et constructives.

Merci.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe les Républicains et Indépendants, amendée par l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u amendée est adoptée. (2018, V. 402).