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Juillet 2018
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2018 DEVE 5 - Réaménagement du jardin Eugénie-Djendi au sein du parc André-Citroën en vue de l'installation d'un mémorial OPEX (15e). - Convention de transfert de maîtrise d’ouvrage entre la Mairie de Paris et Etat.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2018


 

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DEVE 5. Il s?agit du réaménagement du jardin Eugénie-Djendi au sein du parc André-Citroën, en vue de l?installation d?un mémorial aux Opex dans le 15e arrondissement.

La parole est à Philippe GOUJON, pour 5 minutes maximum.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Madame la Maire, j?interviendrai au nom de Jean-François LAMOUR également.

Il est vrai que, depuis plus d?un demi-siècle, la France intervient dans de nombreuses régions du monde pour défendre la liberté, les droits de l?Homme, ramener la paix, protéger nos concitoyens.

Cet engagement a un prix que 600 soldats ont payé de leur vie. Il était donc plus que légitime que, pour honorer leur courage, leur engagement, pour faire mémoire de leur sacrifice au service de notre pays, la Nation érige un mémorial dans un lieu public, ouvert à tous. Quel meilleur emplacement que ce jardin au sein du parc Citroën, en cours de rénovation, dont j?espère qu?elle sera accélérée ; à proximité aussi du nouveau ministère de la Défense à Balard, mais aussi du cimetière de Vaugirard où reposent des héros de 14-18 et des pensionnaires des Invalides ; à proximité du pont de Grenelle, rebaptisé récemment pont des Cadets-de-Saumur ; et dans ce jardin baptisé du nom d?Eugénie Djendi récemment, une des premières femmes soldates de l?armée française, parachutée en 1944 sur le territoire national et qui a été faite prisonnière et exécutée à Ravensbrück en janvier 1945 !

Ce mémoriel est donc tout à fait important. Il marque la reconnaissance que nous devons avoir pour nos soldats en général, dont plusieurs ont été blessés il y a quelques jours encore dans l?opération Barkhane, à Gao, au Mali. Cela nous permet de penser à eux, ainsi qu?à tous ceux qui continuent à exposer leur vie pour la paix et contre le terrorisme. Il est bien, aussi, que ce mémorial ait été élevé par le précédent Président de la République au rang de haut lieu de la mémoire nationale.

C?est la raison pour laquelle je me réjouis, en tant que maire du 15e, que ce mémorial pour les soldats morts en opérations extérieures, sur les terres d?opérations extérieures, puissent enfin être érigé dans le parc Citroën.

Je vous remercie.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Je vous remercie.

La parole est à Pascal JULIEN, pour 5 minutes maximum, s?il vous plaît.

M. Pascal JULIEN. - Il y a quelque chose de beau dans le fait de servir l?Etat. Que l?on soit fonctionnaire ou d?un autre statut, il y a quelque chose de grand parce qu?on obéit à l?Etat même quand on n?est pas tout à fait d?accord avec la mission qui est confiée. Que l?on soit un instituteur, un militaire, peu importe le métier, on est conduit à faire des choses au nom de l?intérêt collectif, celui-ci étant défini par l?Etat et le Gouvernement qui gère cet Etat.

S?il ne s?agissait, à travers ce projet de délibération, que de rendre hommage à cette notion de devoir et de service public, poussé, pour les soldats, jusqu?à la mort, nous voterions pour ce projet de délibération.

Or, il s?agit d?autres choses. Il s?agit de symboliser l?engagement et le rôle de la France dans les affaires du monde et, d?ailleurs, Philippe GOUJON l?a interprété ainsi en disant : "voilà, on va rendre hommage à l?action de la France dans le monde". J?ai bien écouté ce qui a été dit et il a parfaitement raison d?interpréter ce projet de délibération de cette manière parce que c?est ce qu?il dit.

Seulement voilà? Entre 1961 et aujourd?hui, il y a eu plus de 40 interventions militaires en Afrique. La Francafrique, la France gendarme de l?Afrique, la France qui, un exemple parmi beaucoup d?autres, en 1977, rétablit au pouvoir le maréchal Mobutu.

Est-ce cela servir la paix ? Est-ce cela servir les droits de l?Homme ? Est-ce cela servir la démocratie ? Non, non et non !

Nous ne pouvons pas voter un projet de délibération qui nous demande d?honorer la politique française qui, pendant des années, a créé le chaos en Afrique, l?a entretenu dans une tradition coloniale. 1961-1962, c?est l?indépendance de l?Algérie. On considère qu?à partir de ce moment, l?empire colonial est enfin tombé. En réalité, le néocolonialisme continue. Nous ne pouvons pas honorer 40 années d?interventions néocoloniales !

Alors, attention? Nous ne sommes pas contre toute intervention armée. Je suis de ceux qui ont, par exemple, soutenu l?intervention au Mali sous François HOLLANDE, et je n?ai pas soutenu grand-chose de François Hollande? Attention donc, ne jetons pas le petit avec l?eau du bain. Nous sommes capables d?avoir du discernement mais, parce que ce projet de délibération n?a aucun discernement, nous voterons contre.

De la même manière, je crois qu?il y a un v?u à venir. Nous voterons également contre ce v?u.

Je vous remercie.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Je vous remercie.

La parole est à Sergio TINTI, pour 5 minutes.

M. Sergio TINTI. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, je connais les critiques sur le nombre d?opérations extérieures. Mon organisation politique a souvent considéré que nombre de ces opérations ont été menées sans que les négociations n?aient été poussées jusqu?au bout. Nous restons fidèles à une conception qu?évoquait la France de ne plus engager des opérations en dehors du territoire national que sous mandat de l?O.N.U.

La France a malheureusement accepté de participer à des opérations extérieures avec l?O.T.A.N. ou, bien souvent, à l?initiative des Etats-Unis. La France a même décidé de mener des opérations militaires seule, sans l?accord de l?O.N.U. C?est très grave pour un pays qui est membre du Conseil de sécurité de l?O.N.U. Il n?empêche que les soldats morts au combat en opérations extérieures ont répondu à des décisions politiques de différents gouvernements. Ils n?ont pas pris cette décision de leur propre chef.

Qu'il y ait un monument en hommage aux soldats morts en opérations extérieures ne me choque pas. C'est à la guerre qu'il faut faire la guerre, pas à ceux qui la mènent sur le terrain, toujours à la demande des gouvernements. Nous voterons donc ce projet de délibération.

Merci, Madame la Maire.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Je vous remercie.

Pour vous répondre, je donne la parole à Mme Catherine VIEU-CHARIER, pour 5 minutes maximum.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Madame la Maire, chers collègues, ce projet de délibération nous parle d'un hommage qui est extrêmement attendu et qui voit enfin le jour à travers ce projet de délibération et cette convention. Attendu notamment par les familles des soldats morts, mais aussi par l'ensemble des corps d'armée et par les civils, ce que je constate très régulièrement dans mon rôle de correspondant défense auprès des associations civiles et des autorités militaires.

C'est un projet de longue haleine, plusieurs lieux ont fait l'objet de discussions et c'est donc finalement dans le jardin Eugénie-Djendi, inauguré il y a deux ans dans le 15e arrondissement et à proximité du Ministère des Armées que sera accueilli ce monument.

C'est un hommage attendu mais aussi plus que mérité, la France, 8.000 militaires aujourd'hui très exactement sont en effet engagés dans de nombreuses opérations extérieures.

Je ne veux pas rentrer dans le débat sur le fond de la question, parce que M. Sergio TINTI a dit tout ce que j'aurais pu dire, effectivement, on peut ne pas être d'accord avec la politique extérieure de la France, mais en attendant, nous avons des soldats qui sont morts, qui ont obéit à la République qui les a envoyés sur le terrain, et c'est de ceux-là seuls dont nous parlons ce matin.

Depuis le Tchad en 1969-71, 635 militaires ont sacrifié leur vie pour la France et pour nos concitoyens. Ces 10 dernières années, plus de 150 militaires sont morts en opérations extérieures et nous leur devons la mémoire de leur engagement, à eux comme à ceux qui sont tombés avant eux.

Ce monument, je vous le dis, n'a pas vocation à engager un débat sur la politique extérieure militaire de la France, du moins dans cet hémicycle.

Il a pour unique objectif de rendre cet hommage qui est tellement attendu par les familles, par celles et ceux qui nous défendent aujourd'hui et par nos concitoyens qui veulent témoigner de leur reconnaissance, je veux saluer, dans l'aboutissement de ce dossier, la patience immense et la persévérance du général THORETTE, responsable et correspondant des familles endeuillées par la mort de leur fils, de leur mari, ou de leur père, qui a été à la tête de cette Commission d'étude et travaille sur ce projet depuis plus de 20 ans.

C'est donc une réelle satisfaction de voir aboutir ce dossier par l'intermédiaire de ce projet de délibération et de cette convention qui nous sont soumis à ce vote et je vous demande un avis favorable pour ce projet de délibération. Je vous remercie.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération DEVE 5.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DEVE 5).

Je vous remercie.