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Juillet 2018
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2018 DU 133 - Z.A.C. "Chapelle-Charbon" dans Paris Nord-Est (18e). - Dossiers de création et de réalisation de Z.A.C. - Programme des équipements publics. - Avenant n° 1 au contrat de concession d'aménagement.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2018


 

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Nous examinons le projet de délibération DU 133 relatif à la Z.A.C. "Chapelle-Charbon" dans Paris Nord-Est et l?amendement n° 154 qui s'y rattache.

La parole sera successivement à Christian HONORÉ, Pascal JULIEN, Danielle SIMONNET, Didier LE RESTE. C'est bon ? Christian HONORÉ, c?est à vous.

M. Christian HONORÉ. - Madame la Maire, il s'agit de la création et de la réalisation de la Z.A.C. dans sa première phase, dont les trois hectares d?espaces verts créés d?ici 2020 et 35.000 mètres carrés de construction. Nous sommes tous d'accord pour la création d'un espace vert, bien entendu. En revanche, nous sommes plus que réservés quant à la densification. Le 14 juin, nous avons posé la première pierre de la résidence étudiante, c'est parfait. Il s'agit de la revitalisation du quartier, amener des jeunes, des étudiants avec tout ce que cela implique dans la vie du quartier.

En revanche, les constructions de logements sont trop nombreuses malgré la réduction de 50 logements par rapport au projet initial, de 450 au lieu de 500, obtenue à la suite de la protestation des habitants. Ces derniers voient bien que le quartier risque l'asphyxie et qu?on y est encore trop nombreux. Les observations du public, dans le cas de la consultation numérique d'avril-mai 2018, le confirment. Paris, je le répète, c'est un fait, est la sixième ville la plus dense du monde. Il faut arrêter. Créer plus d'espaces verts, plus d'espaces de respiration, des lieux de vie.

Vous promettez un parc fini total de 6 hectares et demi. J'émets des réserves sur la surface réelle qu'aura à l'arrivée le parc, puisque vous ne maîtrisez pas les conditions de sa réalisation, c'est-à-dire la mutation de "Cap 18" par exemple, pour laquelle vous n'avez aucune certitude. D'ailleurs, à ma connaissance, aucune information ne nous a été donnée sur le lieu où il s'installerait.

Je rappelle quand même qu'il s'agit, pour "Cap 18", d'une surface de 2 hectares et qu'il ne représente pas moins de 1.500 emplois. Au-delà des déclarations d'intention, des déclarations de principe, où allez-vous mettre "Cap 18" ? Même si vous parvenez à réaliser ce parc, ce que je souhaite, dans son entièreté, il ne suffira pas à contrebalancer le nombre de mètres carrés construits et prévus dans le secteur. Je rappelle quelques chiffres : 900 logements à Chapelle/International, 450 logements à Chapelle/Charbon et entre 700 et 800 logements à Hébert, soit plus de 2.000 logements dans un secteur déjà fort densifié et pourvu d'un très grand nombre de logements sociaux. Ce n'est pas ainsi que l'on construit une ville harmonieuse et équilibrée et ce n'est pas notre conception de la mixité sociale. Nous ne pensons pas que ce soit l'exemple à suivre dans une politique d'espaces verts dont a besoin une ville comme Paris. Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci. La parole est à Pascal JULIEN.

M. Pascal JULIEN. - C'est un très beau jardin, c'est un très beau jardin de 3 hectares. C'est un très beau jardin de 3 hectares qui sera inauguré à la veille des élections municipales de 2020 par la Maire de Paris.

C'est un très beau jardin, parce qu'il a été, M. HONORÉ a oublié de le signaler, concerté. Le dessin, la configuration de ce jardin a donné lieu à une concertation que j'ai suivie de près et dont je veux témoigner ici de la qualité. Les habitants qui le souhaitaient, les associations ont pu dire leur mot et ils ont été entendus. Je crois que c'est assez important pour être souligné.

Reste que? D'abord, je partage au moins en partie ce qui a été dit sur une densification. Même si quelques efforts ont été faits, il faut rester prudent, car, de toute façon, 3 hectares, c'est un jardin. Pour comparaison, le jardin d'Eole c'est 4,1 hectaires et je n'irai pas pousser l'insolence jusqu'à comparer avec les Buttes Chaumont de 25 hectares.

Ce jardin de 3 hectares, que voulez-vous que je vous dise, ne suffira pas à répondre aux besoins. C'est un bel effort, mais qui ne rattrape pas, puisqu'on va créer beaucoup, et c'est normal, de demandes. On crée un pôle universitaire, des logements, etc. Sur l'ensemble de ce Paris Nord-Est, il y a tellement de nouveaux équipements, de nouveaux logements que ces 3 hectares ne suffiront pas à satisfaire aux besoins. Il faut, je crois, le souligner.

Alors on me dit que ce n'est pas 3, c'est bien plus, c'est le double. Là, évidemment, je joins ma voix - ce n'est pas que cela me fasse plaisir, mais cela arrive - à M. HONORÉ pour demander quelques précisions sur l'avenir de "Cap 18", puisque c'est de cela que tout tient. D'ailleurs, c'est pour être sûr que ce ne soit pas une promesse en l'air que nous avons déposé un amendement qui fait passer grosso modo ce qui est dans les considérants, dans l'attendu. On propose de muscler le projet de délibération en faisant bien figurer l'engagement des 6 hectares dans les attendus. C'est l'objet de cet amendement. Pour le reste, écoutez, j'espère que l'on verra ces 6 hectares avant que nous ne mourions. Voilà, merci.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Je nous le souhaite à tous, cher Pascal JULIEN. La parole est à Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Ecoutez, je trouve que c'est une occasion ratée, ce projet. C'est une occasion ratée parce qu'au lieu de faire un jardin de 3 hectares, on aurait pu faire un véritable poumon vert en quartier rouge, faire un véritable bois supplémentaire dans cet emplacement. On aurait pu être beaucoup plus ambitieux sur l'emprise espace vert et la reconquête du terrain, avec évidemment tous les défis écologiques de santé environnementale posés par les sols pour une grande part pollués, avec un traitement qui va être long et nécessaire avant que nous ne puissions transformer ces terres, les désimperméabiliser et faire en sorte que l'on ait vraiment de la nature en pleine terre.

Voilà, je pense vraiment que c'est une occasion ratée. On aurait pu faire ce poumon vert si nécessaire dans cette ville ultra-dense et dans ces quartiers populaires. On parlait justement de l'articulation Paris/banlieue. Cet emplacement-là, cela avait du sens d'essayer de faire un troisième bois. Un troisième bois vert pour Paris, qui cette fois-ci était vraiment au c?ur des quartiers populaires. C'était une idée que je défendais lors des élections municipales de 2014. De fait, avec ce projet de délibération, vous réduisez tout le projet à simplement 3 hectares d'espaces verts.

Evidemment, il y a cette question du logement social que vous défendez mais, encore une fois, la part des logements sociaux dans le projet ne représente que 50 %. De plus, on est toujours sur une conception qui est au lieu de penser le changement de peuplement de Paris par la préemption et par le fait d'enrayer, d'inverser la gentrification qui s'est poursuivie sans cesse depuis 2001, que vous n'avez jamais enrayée, vous n'avez simplement que le levier de la construction, de la bétonisation et de l?hyper-densification. Je pense que Paris crève de son hyper-densification. C'est anti-écologique et, in fine, c?est antisocial. En effet, même quand vous faites 50 % de logements sociaux, le reste est voué à la spéculation qui se poursuit.

Non, je ne suis pas emballée par ce qu'il advient de cette opération d'aménagement de la Chapelle-Charbon dans Paris Nord-Est. Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup. La parole est à Didier LE RESTE.

M. Didier LE RESTE. - Merci, Madame la Maire.

Nous revenons aujourd'hui sur ce projet d'aménagement du secteur Chapelle-Charbon, qui deviendra un jour un grand parc très attendu par les habitants. Ce regard positif des habitants est le fruit d'une démarche de concertation engagée dans un premier temps par les conseils de quartier, puis assurée par un prestataire de la Ville.

Je voudrais souligner que cette démarche est reconnue par tous comme productive et que la voix des populations a été entendue et intégrée au projet. Enfin presque. Car sur le point de la parole, je dirais que le cri des habitants n'a pas été entendu. C'est la traversée de ce parc par le CDG Express. Dans le 18e, on crée des espaces de "Paris Respire". Dans cet espace de nature, on fera passer des rames toutes les 7 minutes dans chaque sens, à savoir 152 fois sous les fenêtres des riverains. 152 fois par jour !

Dans le 18e, on prévoit l'Arena II, qui oblige à repenser la porte de la Chapelle, mais on refuse de repenser l'enfouissement demandé par les riverains et les associations afin d'éviter les nuisances de ce train en surface pour les habitants. Petit parc qui deviendra grand, en trois phases et dont la finalisation, qui nécessite la mutation de "Cap 18", reste un horizon très incertain, car si le terme de mutation est élégant, il signifie la délocalisation du site.

Il nous est proposé de nous projeter sur le futur grand parc avec une seconde phase qui aura pour programme son extension pour atteindre 6,5 hectares.

Si cette vision à long terme est bien développée dans l'exposé des motifs, qui sous diverses formes et à plusieurs passages montre l'approche globale du grand parc, le projet de délibération qui nous est soumis oublie de situer cette première phase dans un engagement de la Ville pour le grand parc de 6,5 hectares.

C'est pourquoi nous soutiendrons l'amendement du groupe Ecologiste de Paris, qui demande que soit affiché cet engagement, après la libération de l'emprise de "Cap 18".

Notre vote en faveur de l'opération d'aménagement Chapelle-Charbon, jamais démenti, ne nous empêchera pas de continuer à nous opposer au CDG Express, train coûteux et ségrégatif.

Faudra-t-il passer à des actions spectaculaires pour être entendu et continuer à lutter contre ce projet CDG Express inutile, fait pour les premiers de cordée et pas pour les Parisiens, pas plus pour les habitants des départements traversés ?

Pour nous, nous continuerons à soutenir cette opération de Chapelle-Charbon, qui donnera un poumon vert à terme dans ce bout de ville en rappelant que la dynamique qui s'est instaurée avec les habitants, et leur participation au projet ne s'arrêtent pas au vote de la Z.A.C. mais continue tout au long du chantier. Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci.

Pour vous répondre, la parole est à Jean-Louis MISSIKA.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Merci beaucoup, Madame la Maire, et merci à tous les orateurs pour leurs interventions.

Je voudrais quand même rétablir un point essentiel, nous avons tout à fait l'intention de faire un poumon vert, un grand parc, mais nous avons choisi de le faire vraiment. Nous étions face à 2 solutions, celle de procéder par étape, et donc d'avoir un premier parc de 3 hectares dans cette mandature, ou celle d'attendre que tout le reste soit fini, et quand je parle du reste, je parle notamment du Charles de Gaulle express.

Nous avons choisi la solution de faire ce parc en première phase, et de prévoir les phases suivantes.

Après analyse des observations du public et prise en compte de l'avis de l'autorité environnementale, nous pouvons maintenant approuver le dossier de création de la Z.A.C. et entrer dans une phase active de réalisation du projet urbain, à commencer par la création de cette première partie du parc Chapelle/Charbon sur 4,5 hectares, dont 3 premiers hectares qui seront ouverts dès 2020.

Comme nous l'avons répété à de nombreuses reprises, la deuxième phase du parc permettra d'atteindre les 6 hectares en mobilisant une partie de la zone d'activité aujourd'hui occupée par "Cap 18".

Nous conservons cet objectif, nos conversations avec les propriétaires de "Cap 18" se passent dans de bonnes conditions, et nous sommes favorables à l'amendement proposé par Pascal JULIEN et le groupe Ecologiste.

"Covivio", qui s'appelait autrefois la Foncière des régions, titulaire du bail sur "Cap 18", est très attachée à la mutation de ce parc d'activité, afin de l'adapter aux nouveaux besoins du tissu économique. Elle partage avec nous l'objectif d'y favoriser un programme mixte et de libérer la surface nécessaire à l'extension du parc Chapelle-Charbon, donc nous considérons que ce parc est tout à fait envisageable et faisable.

Les contraintes du chantier Charles de Gaulle express, qui traversera le terrain "Cap 18" sur sa voie centrale, nous empêchent de prévoir les travaux avant 2023. Cela nous laisse le temps de construire ensemble une opération qui finalisera l'aménagement de Paris Nord-Est et ouvrira le parc Chapelle-Charbon sur la rue d'Aubervilliers, faisant également le lien avec l'opération de "Réinventer Paris" l'îlot fertile sur le triangle Eole Évangile ainsi qu?avec l'opération d'espace ferroviaire sur Hébert de l'autre côté de la rue de l'évangile, ce qui transformerait radicalement l'ensemble de cette partie du 18e arrondissement.

Nous travaillons sur un territoire contraint, qui nous impose un aménagement agile. Notre objectif est d'accueillir sur ces différentes opérations à proximité de la gare RER Rosa Parks, du tramway T3 et du métro Porte de la Chapelle, quelques milliers de nouveaux habitants. Notre choix a été de commencer par ouvrir au plus vite ce parc, avant même la réalisation des premiers logements, pour répondre à l'attente très forte exprimée par les riverains et les habitants du quartier environnant.

Je rappelle enfin les autres ambitions du programme qui sont le fruit d'une concertation exemplaire, environ 450 logements, qui répondent à nos engagements de construction de logement mais aussi à la nécessité de border le parc de programmes bâtis pour garantir une animation du parc, des surfaces d'activités et de commerces qui ont été augmentées et correspondent à environ 2.500 mètres carrés.

Le projet propose aussi l'implantation d'un groupe scolaire initialement envisagé dans le secteur voisin d'Hebert, pour répondre aux nouveaux besoins du quartier créés par l'aménagement de ces secteurs.

Ce projet, et j'insiste sur ce point, permettra de désenclaver des quartiers existants et de répondre à notre souhait de créer du logement, de créer des quartiers mixtes et vivants, et de créer ce grand poumon vert dont Paris Nord-Est a besoin, et je vous remercie de voter ce projet de délibération ainsi que ce v?u.

(Mme Afaf GABELOTAUD, adjointe, remplace Mme Colombe BROSSEL, au fauteuil de la présidence).

Mme Afaf GABELOTAUD, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur le Maire. Je crois que j'ai une explication de vote de M. Christian HONORÉ.

M. Christian HONORÉ. - D'abord, je voudrais dire à Pascal JULIEN que parfois je partage ses idées, et qu'en fait aussi je partage son jugement sur le parc, c'est un très beau parc.

Nous allons voter cet amendement, en précisant que nous partageons également ses craintes sur la réalité finale de ce parc de 6,5 hectares qui a été annoncé. Nous le souhaitons. Nous souhaitons que vous y parveniez, Monsieur MISSIKA, mais permettez-moi de dire, et Pascal JULIEN partage notre inquiétude, nous ne sommes pas sûrs que vous y arriverez.

Mme Afaf GABELOTAUD, adjointe, présidente. - Merci.

Monsieur le maire du18e arrondissement, vous avez la parole.

M. Eric LEJOINDRE, maire du 18e arrondissement. - Je n'avais pas prévu d'intervenir sur ce projet de délibération, parce que nous en avons déjà débattu longuement au Conseil du 18e arrondissement, mais je voulais vraiment me réjouir et remercier à la fois Pénélope KOMITÈS et Jean-Louis MISSIKA.

Avec la Maire de Paris, nous avons décidé d'aller plus vite, parce que nous pensons que ce futur poumon vert dans cette partie du 18e méritait que nous allions plus vite.

Je rappelle que dans les premiers plans, dans les premières idées que nous avions sur la mutation du secteur, le parc arrivait à la fin, donc je me réjouis de cette accélération. Je sais que les habitants s'en réjouissent aussi, nous aurons dans quelques années un très beau parc, et dans quelques années un parc encore plus beau, mais l'important est d'avancer vite et c'est ce que nous faisons.

Mme Afaf GABELOTAUD, adjointe, présidente. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition d'amendement n° 154 déposée par le groupe Ecologiste de Paris, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition d'amendement n° 154 est adoptée.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DU 133 ainsi amendé.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération amendé est adopté. (2018, DU 133).