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Juillet 2018
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Conseil Municipal
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2018 DASES 22 - Communication de la Maire de Paris : Point d'étape sur la politique parisienne du handicap. Vœu déposé par le GEP relatif à l’accès aux droits des aidants familiaux. Vœu déposé par le GEP relatif au service de PAM75. Vœu déposé par le GEP relatif à la scolarisation des enfants handicapés. Vœu déposé par les groupes GEP et PCF-FG relatif à l’accessibilité des logements aux personnes handicapées. Vœu déposé par le groupe DP relatif à l'accessibilité des logements sociaux. Vœu déposé par le groupe LRI relatif à l'accessibilité des logements sociaux. Vœu déposé par le groupe LRI relatif à l’accessibilité des logements sociaux. Voeu déposé par l'Exécutif. Vœu déposé par le groupe PCF-FG relatif à l'accessibilité des parcours sportifs urbains. Vœu déposé par le groupe LRI relatif à la prise en compte du handicap dans les projets de la Mairie de Paris. Vœu déposé par le groupe LRI relatif à la sécurisation des traversées piétonnes. Vœu déposé par le groupe LRI relatif à la prévention et au dépistage des troubles du spectre autistique. Voeu déposé par l'Exécutif. Vœu déposé par le groupe LRI relatif aux clauses sociales spécifiques à l'insertion des personnes en situation de handicap. Vœu déposé par le groupe LRI relatif à l'apprentissage de la langue des signes dans les cours municipaux pour adultes. Vœu déposé par le groupe LRI relatif à l'organisation d'un Intégrathlon. Vœu déposé par le groupe LRI relatif à la prise en compte du handicap dans les projets du budget participatif. Vœu déposé par le groupe LRI relatif au budget participatif à destination des personnes en situation de handicap. Voeu déposé par l'Exécutif. Vœu déposé par le groupe LRI relatif aux ascenseurs et escaliers mécaniques dans l'espace public. Vœu déposé par le groupe LRI relatif à l'entretien des ascenseurs dans les équipements publics municipaux. Vœu déposé le groupe LRI relatif à l'accessibilité des concerts des personnes sourdes et malentendantes. Vœu déposé par le groupe LRI relatif à une campagne de communication pour l'accessibilité de l'espace public. Vœu déposé par le groupe UDI-MODEM relatif à l'accessibilité dans le métro. Voeu déposé par l'Exécutif. Vœu déposé par le groupe PPCI relatif au dispositif "Vacances Arc-en-ciel". Vœu déposé par le groupe PPCI relatif au stationnement. Vœu déposé par le groupe PPCI relatif aux activités extra-scolaires et à la pratique du sport. Vœu déposé par le groupe PPCI relatif à la création de CLAP. Vœu déposé par le groupe PPCI relatif aux athlètes déficients intellectuels aux Jeux paralympiques de 2024. 2018 DASES 104 G - Subvention (13.000 euros) et convention avec la Fédération Etudiante pour une Dynamique Etudes et Emploi avec un Handicap (FEDEEH) (14e) qui agit en faveur des personnes en situation de handicap. 2018 DASES 177 G - Subvention (3.000 euros) à l’association "Action Handicap France" (13e), qui agit dans le domaine de l’information et du soutien aux aidants. 2018 DASES 187 G - Subvention (30.000 euros) et convention avec l'association "Action Passeraile". 2018 DASES 188 G - Subvention (15.000 euros) pour l’association "Advocacy Paris Ile-de-France" (19e), qui agit dans le domaine de l’information et du soutien aux aidants. 2018 DASES 189 G - Subvention (4.000 euros) à l’Association Réadaptation et Défense des Devenus Sourds ARDDS "La Caravelle" (20e), qui agit dans le domaine de l’information et du soutien aux aidants. 2018 DASES 190 G - Subvention (25.000 euros) et convention avec l'UNAFAM. 2018 DASES 191 G - Subvention (3.000 euros) à l’Association de Familles de Traumatisés Crâniens et de Cérébro-lésés Ile-de-France/Paris (14e), qui agit dans le domaine de l’information et du soutien aux aidants. 2018 DASES 192 G - Subvention (30.000 euros) et avenant n° 1 avec l'association "EPOC". 2018 DASES 193 G - Subvention (13.000 euros) à l’association "Les Papillons Blancs de Paris - APEI 75" (9e), qui agit dans le domaine de l’information et du soutien aux aidants. 2018 DASES 194 G - Subvention (2.000 euros) à l’Association des Parents d’Enfants Déficients Visuels (APEDV) (18e), qui agit dans le domaine de l’information et du soutien aux aidants. 2018 DASES 200 G - Subvention (40.000 euros) et convention avec l'association "Jaccede.com" (30.000 euros pour son fonctionnement et 10.000 euros pour le challenge). 2018 DASES 216 G - Subvention (73.391 euros) et convention avec l’association "Agir Soigner Eduquer Insérer" (ASEI) (31) pour les travaux d’aménagement et d’équipement du Centre d’accueil de jour (C.A.J.) "Resolux". 2018 DASES 218 G - Subvention (17.180 euros) à 6 associations dans le cadre du "Mois Parisien du Handicap". 2018 DASES 230 G - Subvention (6.000 euros) à l’association "Mobile en ville" (14e), qui agit dans l’organisation de loisirs à destination d’enfants en situation de handicap. 2018 DASES 233 G - Subvention (20.000 euros) à l’association "Personimages" (14e), qui agit dans l’organisation de loisirs à destination d’enfants en situation de handicap. 2018 DASES 235 G - Subvention (5.000 euros) à l'association "La Vague à l’âme" pour son action culturelle et d’inclusion pour des personnes en situation de handicap. 2018 DASES 236 G - Subvention (2.000 euros) à l’Association du locked-in-syndrome (ALIS) (92), qui agit dans le domaine de l’information et du soutien aux aidants. 2018 DASES 247 G - Subvention (10.000 euros) à l'association "Comité National Premiers de Cordée" (C.N.P.C.) pour ses activités sportives et de loisirs. 2018 DASES 253 G - Subvention (5.000 euros) à l'association "Animation Insertion et Culture Vélo" - A.I.C.V. - pour son action sportive et de loisirs destinée aux personnes en situation de handicap. 2018 DASES 258 G - Subvention (1.500 euros) à l'U.N.A.P.E.D.A. Union nationale des associations de parents d'enfants déficients auditifs. 2018 DAC 182 - Subventions (21.000 euros) aux associations "Culture et Hôpital" (14e) et "Orange Rouge" (19e). 2018 DAC 183 - Subvention aux associations "Ma P'tite folie" (93400), "Pro Musicis" (15e) et Théâtre de la marionnette à Paris (5e). 2018 DAC 321 - Subvention (30.000 euros) et convention avec l’association "Groupe SOS Solidarités". 2018 DAC 329 - Subvention (15.000 euros) à l’association "ANQA". 2018 DJS 152 - DASES - Subvention (40.000 euros) et convention avec le Comité départemental de sport adapté de Paris au titre de l'organisation des 1ers Jeux européens INAS de sport adapté Paris 2018. 2018 DJS 179 - Subvention (30.000 euros) et convention avec la Fédération française handisport à l'occasion de l'organisation du Handisport Open Paris 2018.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2018


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Nous allons à présent passer au débat organisé concernant une communication de la Maire de Paris. Un point d'étape sur la politique parisienne du handicap, puisqu'il s'agit du dossier DASES 22 auquel il convient d'adjoindre de très nombreux projets de délibération. Je ne vais pas tous les citer, je ne suis pas obligée, puisqu'on vote après.

La conférence d'organisation a donc convenu d'un débat organisé sur ce thème, ce débat inclura dans les temps de parole définis, la présentation des v?ux, mais je vais introduire ce débat.

Mes chers collègues, ce soir se tient à l'Hôtel de Ville de Paris la manifestation de clôture du "Mois parisien du handicap". J'ai voulu à cette occasion mettre de nouveau le sujet de l'égalité et de l'accessibilité pour les personnes en situation de handicap au c?ur de ce Conseil de Paris.

Je veux saluer la réussite de ce "Mois parisien du handicap" piloté par mon adjoint, Nicolas NORDMAN. Je veux le remercier tout particulièrement pour le travail qu'il fait à mes côtés, avec les autres adjoints, puisque c'est un travail très transversal, avec l'administration de la Ville, et bien sûr, saluer aussi avec lui l'ensemble des associations qui dans ce secteur poussent les pouvoirs publics, sont aux avant-postes, sont les éclaireurs des pouvoirs publics. Je veux les remercier, et les saluer pour celles et ceux qui sont présents dans nos tribunes.

Je vous invite à venir nombreux ce soir à la rencontre de celles et ceux qui ont permis de faire du cru 2018 une très belle édition.

Construire un Paris inclusif, accessible et solidaire est pour moi une priorité. Je veux, sur ce sujet qui concerne la vie d'une part très importante des Parisiens, faire bouger les lignes. 150.000 Parisiennes et Parisiens bénéficient d'un droit ouvert à la Maison départementale des personnes handicapées, soit près de 7 % de la population parisienne.

Les dépenses de la Ville en matière de politique du handicap sont en progression constante depuis 2001. De 110 millions d'euros en 2001, nous sommes passés à plus de 340 millions d'euros en 2017. Ces dépenses couvrent notamment le budget de la M.D.P.H., la mise en accessibilité, et l'hébergement des personnes en situation de handicap.

Les Parisiens et Parisiennes portent un intérêt croissant aux questions concernant l'accessibilité universelle. Les projets en ce sens déposés lors de la campagne 2018 des budgets participatifs n'ont jamais été aussi nombreux. On en dénombre une cinquantaine aujourd'hui. Il faut s'en réjouir, tout en veillant à ce que cette vague d'intérêt puisse s'amplifier.

La dernière communication sur le handicap au sein du Conseil de Paris date de mars 2017, et avec Bernard JOMIER alors adjoint en charge de la santé et du handicap, dont je tiens à saluer le travail, je vous avais présenté la stratégie parisienne, "Handicap inclusion et accessibilité universelle 2017-2021", que vous aviez votée à l'unanimité alors.

Cette stratégie nous engage sur de nombreux projets et je suis fière aujourd'hui de pouvoir vous présenter certaines réalisations à peine un an après son vote.

Parmi ces nombreux projets, il y en a un qui me tient particulièrement à c?ur. Il s'agit de la nouvelle plateforme numérique de la Maison départementale des personnes handicapées. Cette plateforme est sur handicap.paris.fr, et conformément à ce que j'avais annoncé en janvier dernier, à l'occasion de mes v?ux pour la nouvelle année, ce site a été conçu pour être accessible à tous les types de handicap, en concertation avec les usagers de la Maison départementale des personnes handicapées, avec les conseils locaux du handicap qui sont désormais au nombre de 15, mais aussi bien sûr avec toutes les associations du secteur.

La prochaine étape dans l'évolution du site est importante. Elle consiste en la mise en place de téléservices qui, sans remettre en cause le principe de l'accueil physique des personnes, permettra aux usagers et à leur famille d'effectuer leurs démarches en ligne. Il s'agit d'un travail conséquent pour lequel je tiens vraiment à remercier les agents de la Maison départementale des personnes handicapées, et toutes celles et ceux qui ont participé à cette avancée pour plus d'accès au droit, pour plus de simplification, pour plus d'égalité.

Les efforts entrepris ces dernières années ont permis à la M.D.P.H. de diviser globalement par 2 ses délais de réponse. Le délai moyen de traitement est aujourd'hui d'environ 4 mois, alors qu?il était de près de 8 mois au début de 2018. Nous devons encore améliorer ce délai de réponse.

Les demandes concernant les enfants, en particulier la scolarité, font l'objet de délais encore plus courts, et d'une procédure accélérée qui est mise en ?uvre dans les cas d'urgence.

Mon autre combat est celui de l'accessibilité universelle. Vous le savez, Paris a du retard à rattraper en matière d'accessibilité, retard que nous héritons d'une période où l'accessibilité représentait plutôt un fardeau, mais les temps ont changé. J?y vois, pour ma part, une chance pour modifier la ville et la rendre plus bienveillante.

Je tiens absolument à ce que l?objectif de 50 % a minima des travaux inscrits dans les agendas d?accessibilité programmés soit tenu d?ici à la fin de cette mandature. Nous sommes sur la bonne voie et je remercie pour cela les directions de la Ville, la Secrétaire générale ici présente, qui sont à la tâche pour rendre les équipements publics accueillants pour tous. Au total, ce sont 2.200 équipements et plus de 400 installations ouvertes au public, majoritairement des espaces verts, qui seront mis en accessibilité d?ici à 2024.

L?accessibilité ne saurait toutefois se limiter au seul bâti, nous le savons. Il faut au préalable pouvoir se déplacer. La décision que j?ai prise de rendre gratuit le "pass" Paris Access pour les Parisiennes et Parisiens en situation de handicap, ainsi que pour les plus de 65 ans, qui ont des difficultés à se déplacer, va dans ce sens. Tous n?ont pas forcément des difficultés à se déplacer mais toutes les personnes qui ont des difficultés à se déplacer peuvent grâce à ce "pass" Paris Access gratuit, en gros le "pass" Navigo gratuit pour les personnes en situation de handicap, le faire. Cette mesure est effective depuis le 1er juin.

La mobilité sans entrave est un enjeu essentiel pour Paris car nous devons être à la hauteur des événements à venir et à la hauteur des attentes des Parisiens. Je pense bien sûr aux événements sportifs à venir et aux plus importants d?entre eux : les Jeux olympiques et paralympiques de 2024 pour lesquels nous sommes en train de nous préparer.

Londres avait ouvert la voie lors des Jeux olympiques et paralympiques de 2012 en réunissant à faire l?accessibilité de l?historique "tube" à l?approche des Jeux. J?invite aujourd?hui bien sûr la R.A.T.P. et Ile-de-France Mobilités à profiter de ce moment exceptionnel pour réaliser la mise en accessibilité de parcours cohérents, incluant les lignes historiques du métro, actuellement inaccessibles, ou encore des parties de ces lignes.

Ces Jeux olympiques et paralympiques seront un moment extraordinaire à la fois pour la visibilité, le changement de regard, la place des personnes en situation de handicap dans notre ville. J?ai eu la chance de voir lors des Jeux paralympiques de Rio combien la présence d?athlètes paralympiques, la présence, dans une ville, de tous ces athlètes, de toutes les associations, faisait vraiment changer le regard sur le handicap. Je veux dire ici combien je suis toujours fière et heureuse de saluer ces grands athlètes qui, vous le verrez, en 2024 également, seront sans doute les vedettes des Jeux.

Dans le cadre aussi du programme "Réinventons nos places", j?ai demandé aux équipes de la Ville d?être exemplaire dans le dialogue avec les personnes en situation de handicap, afin de réussir l?accessibilité des sept places aménagées sous cette mandature. Je veux remercier Jean-Louis MISSIKA et Christophe NAJDOVSKI pour le travail qu?ils font aux côtés de Nicolas NORDMAN sur ce projet.

Atteindre une égalité réelle pour les Parisiennes et les Parisiens en situation de handicap constitue donc un objectif absolu. C?est pourquoi je considère que la question du handicap a vocation à irriguer l?ensemble des politiques publiques. Il faut penser l?accompagnement des situations de handicap complexes, qu?il s?agisse des situations d?autisme, de handicap mental ou moteur, avec ou sans trouble associé. Cela constitue une nécessité incontournable pour Paris. Je le dis souvent : c?est en s?attardant et en s?attachant à régler la situation des plus fragiles d?entre nous que nous progressons collectivement. C?est parce qu?il y a une attention aux malades que les progrès de la médecine se font ; c?est parce qu?il y a eu une attention aux personnes à mobilité réduite que des progrès en matière de mobilité ont été accomplis. Ce que nous allons faire, et ce que nous sommes en train de faire sur la question du handicap à Paris, doit nous permettre de rendre cette ville plus paisible, plus ouverte, plus accueillante à celles et ceux qui, par accident de la vie ou de naissance, se sont trouvés confrontés à une singularité qui fait qu?ils ne peuvent pas être mis au banc de notre société.

Au contraire, ils peuvent nous aider à progresser en intégrant pleinement leur situation dans la façon dont nous analysons, dont nous élaborons et dont nous construisons notre environnement.

La création d?établissements se poursuit. Entre 2018 et 2020, plus de 150 nouvelles places ouvriront pour les personnes avec autisme, handicap psychique et mental ou polyhandicap. A ces places, s?ajouteront 376 places supplémentaires d?ici 2022. Au-delà des réponses sociales spécifiques, c?est l?inclusion pour tous que nous voulons promouvoir. Celle-ci exige une authentique accessibilité universelle et une pleine participation des personnes à la vie de la cité. Nous continuerons à ?uvrer pour favoriser l?une comme l?autre.

Enfin, il ne saurait être question de plaider pour une meilleure intégration des personnes en situation de handicap à leur ville sans remédier aux difficultés qu?elles peuvent rencontrer pour exercer leur droit de vote. C?est pour cela que j?ai demandé à ce qu?un travail sur l?accessibilité des opérations de vote à tout type de handicap soit mené en concertation avec les associations.

Il faut d?ailleurs élargir ce travail aux personnes âgées qui peuvent rencontrer des problèmes similaires. La tenue des élections européennes de 2019 me semble être une échéance idéale pour procéder à un premier test, pour réaliser des avancées importantes et, bien sûr, pour continuer de faire ce que nous faisons déjà, notamment en matière d?accessibilité des opérations de vote aux personnes à mobilité réduite.

Améliorer la situation individuelle des personnes en situation de handicap au quotidien implique, notamment, de faciliter le logement et l?accès aux soins. Vous le savez, l?accès à un logement est une difficulté supplémentaire pour une personne en situation de handicap. Pour y remédier, une convention avec les bailleurs de la Ville de Paris sera signée dans les semaines qui viennent. L?objectif est d?identifier 70 logements pour permettre à des associations de proposer à des personnes qui en ont le désir de tester la vie plus autonome en appartement. Je souhaite aller encore plus loin et que soient étudiés les voies et moyens pour développer les logements accompagnés auprès des bailleurs privés. C?est ce que j?ai souhaité aussi en annonçant et en confortant notre engagement sur l?obligation de mise en accessibilité de 100 % des logements neufs produits à Paris, même si la loi Elan a réduit cet objectif. A Paris, nous appliquerons les 100 %. C?est une mesure indispensable pour faciliter l?accès au logement des personnes en situation de handicap.

Enfin, la Ville doit jouer, en matière de handicap, un rôle d?entraînement du reste de la société. C?est la raison pour laquelle s?est tenue, il y a quelques jours, une première journée consacrée à l?innovation dans le champ du handicap et l?accessibilité, avec l?appui notamment de "Paris&Co". Elle s?est ensuite suivie d?un "meet up" réunissant les "start-up", les élus, les agents de la Ville, les experts, les associations, les grandes entreprises, autour de Nicolas NORDMAN. Tout cela s?est réalisé sous forme d?un "hackathon" extraordinaire au Pavillon de l?Arsenal que je remercie ici d?avoir accueilli cette manifestation. Vu la manière dont on m?en parle, je peux vous dire que cela va faire des petits et qu?il y aura non seulement des applications, mais sans doute des idées de services nouveaux.

Mon ambition sur la question de l?innovation et du handicap se veut aussi opérationnelle que concrète. Comme il est temps de créer un incubateur dédié à la question du handicap, nous allons le créer. Derrière cet objectif, il s?agit de permettre aux personnes concernées de disposer de nouveaux moyens de compenser leur handicap, de rendre la vie quotidienne plus facile à ces personnes mais aussi à leurs aidants, voire même de créer leur propre projet d?entreprises pour celles et ceux qui en ont envie.

Je veux à nouveau remercier toutes les équipes, Nicolas NORDMAN, les équipes de la DASES, la Maison départementale des personnes en situation de handicap, toutes les directions associées sous l?égide du Secrétariat général, pour leur important travail, leur mobilisation. C?est vraiment une mobilisation sincère, authentique et entière que je veux saluer ici en faveur de cette politique en matière de handicap.

C?est donc en renforçant l?accès au droit et la prise en charge des personnes en situation de handicap, tout en favorisant leur autonomie, leur implication citoyenne, que notre Ville répondra à une exigence essentielle : offrir à chaque Parisien et à chaque Parisienne les meilleures conditions de réussite, d?épanouissement et d?émancipation.

Mes chers collègues, notre ville est riche de ses habitants, le handicap n'est pas un frein mais un moteur nous permettant de nous améliorer, de changer nos pratiques et nos conceptions. Le handicap peut être une source de richesse, de créativité et d'innovation.

Je veux conclure ici en citant l'astrophysicien de génie Stephen Hawking, qui affirmait que : "le handicap ne peut pas être un handicap". Nous partageons cette volonté farouche de permettre à chacun, quel que soit son handicap, de vivre comme les autres. C'est la pierre angulaire, ici à Paris, de notre combat contre les discriminations et pour l'égalité et qu'il nous convient chaque jour de réaffirmer.

Je vous remercie.

Nous avons deux représentants du Conseil des Générations Futures qui vont venir s'exprimer sur cette question. Je suspends donc la séance et nous allons les chercher.

(La séance, suspendue à neuf heures vingt-sept minutes, est reprise à neuf heures trente minutes).

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Je vais laisser à nos deux intervenantes, que je vais vous présenter, reprendre leur souffle. Je crois que ce matin il y a des problèmes sur la ligne? Laquelle ? Sur toutes les lignes du métro ? Mais enfin. Je précise à ceux qui ne le sauraient pas que je ne suis pas présidente de la R.A.T.P. ni même de Mobilités Ile-de-France. A ceux qui voudraient peut-être considérer que... Voilà. Je vois que vous avez de l'humour.

Bienvenue à vous, Madame NGO MELHA Ernestine et Madame MARIGNY Angélique. Le Conseil des Générations Futures, comme c'est son rôle, a travaillé sur cette question relative aux personnes en situation de handicap.

Je donne tout de suite la parole à Mme Ernestine NGO MELHA.

Mme Ernestine NGO MELHA. - Bonjour à tous, bonjour à toutes.

Merci, Madame la Maire, de donner la parole au Conseil des Générations Futures et notamment à la Commission "vivre ensemble" que nous coprésidons, Angélique et moi. Dans un premier temps, je vais lui laisser la parole pour présenter les travaux de notre commission et, après, je vais embrayer sur la problématique du handicap.

Merci.

Mme Angélique MARIGNY. - Bonjour, je suis Angélique MARIGNY, du collège des salariés. On vous a déjà présenté Ernestine NGO MELHA, du collège de la démocratie locale. Nous sommes aujourd'hui présentes pour vous présenter les résultats de nos travaux.

Tout d'abord, je dois vous préciser que la thématique du vivre-ensemble est une auto-saisine de la part des membres du C.G.F. La première étape a été pour nous de nous accorder sur ce qui était le vivre-ensemble, puisqu'il y a autant de définitions qu'il y a de membres, et nous avons réussi à nous mettre d'accord sur les termes suivants. Tout d'abord, mieux vivre ensemble, c'est développer et enrichir les liens sociaux. Au niveau d'une ville, une ville offre le meilleur du vivre-ensemble lorsqu'elle se préoccupe de tous, dans l'intérêt de tous.

Une fois ces bases établies, nous avons dégagé plusieurs notions, qui étaient mobilisées autour de cette thématique du vivre-ensemble. Il y avait la notion du partage, par exemple le partage d'espaces communs, le partage de lieux dédiés à ce vivre-ensemble, puis le partage de valeurs, de fonds communs ou d'une identité. Il y avait également des notions telles que celles de l'écoute, de la pédagogie, de la médiation, le fait de multiplier les interactions. Une fois que nous avons dégagé toutes ces notions, nous nous sommes rendu compte que cela faisait naître plusieurs problématiques. Il y avait par exemple celle de l'éducation, celle de l'entraide, puis la place des seniors et des plus jeunes, la place également des exclus, des plus défavorisés, mais aussi la thématique de la fracture numérique.

Après avoir mobilisé tous ces axes, nous avons décidé de retenir deux axes de travail : l'intergénérationnel et le handicap. Concernant l'intergénérationnel, nous avons vraiment travaillé à vous faire une proposition qui était très concrète. Cette proposition, c'est élargir l'accès aux 42 restaurants "Emeraude" de Paris dans une démarche intergénérationnelle. En quoi cela consiste ? Notre idée, c'est qu'il faudrait inciter des personnes non éligibles à rencontrer et accompagner dans un cadre sécurisé les seniors de leur quartier, et en contrepartie on leur permettrait de prendre des repas équilibrés à un tarif préférentiel dans le cadre d'un moment convivial qui est celui du repas.

Notre cible, pour pouvoir faire le lien avec l'intergénérationnel, c'est celle des jeunes ; cela peut être des étudiants, des jeunes travailleurs ou des jeunes en recherche d'emploi. Les bénéfices que nous avons vus à cette proposition étaient le fait de sortir de l'isolement des seniors, des jeunes et aussi le fait de favoriser l'entraide, de créer du lien intergénérationnel, d'animer de la convivialité au sein d'un voisinage, ainsi que le fait de permettre à des personnes à faibles revenus d'avoir des repas équilibrés.

La seconde thématique de notre commission, c?était "quel regard sur le handicap dans la perspective d'une ville plus inclusive ?" et je vais laisser la parole à Ernestine.

Mme Ernestine NGO MELHA. - Merci, Angélique.

La commission s'est penchée sur la question du handicap en l'abordant à partir de deux constats. Le premier constat, c'est que le nombre de personnes en situation de handicap est en nette augmentation et qu?un certain nombre d'obstacles continuent à empêcher la personne en situation de handicap de vivre pleinement et de participer pleinement à la vie de la société.

A partir de ces deux constats, on a posé comme question de base "quels regards porter sur le handicap dans la perspective d'une ville plus inclusive ?". Pour aborder cette question, nous nous sommes appuyés sur la loi de 2005, qui est une loi à visée inclusive, et sur les résultats de certaines enquêtes qui montrent que les attitudes et les mentalités constituent l'une les barrières principales à l'inclusion pleine et entière des personnes en situation de handicap.

Après, nous avons identifié deux pistes de propositions que nous vous soumettons. La première, c'est qu'il faut, pour changer le regard sur le handicap, procéder d?abord par un changement de regard sur les personnes en situation de handicap, puis regarder du côté des dispositifs des espaces publics mis en place par la Ville pour permettre aux personnes en situation de handicap de pouvoir sortir de chez elles sans "avoir la boule au ventre" et pouvoir contribuer à la société en faisant profiter justement cette société de ces talents et de ces compétences.

Derrière ces deux idées, nous avons dégagé le premier concept avec les journées "Devine mon talent". Derrière ce concept, nous avons pensé que les espaces de la Ville de Paris pourraient accueillir, le temps d?une journée, des personnes en situation de handicap qui auraient, soit des talents exceptionnels, soit qui exerceraient un métier et qui viendraient justement expliquer aux jeunes quel est leur plus par rapport à leur handicap dans l?exercice de leur métier, quels sont leurs parcours et les éléments que l?on peut tirer pour la société entière et quels enseignements cela peut apporter.

La deuxième idée que nous avons retenue porte sur les signalétiques et les équipements artistiques qui devraient être intégrés dans l?espace public de façon positive et artistique, de manière à permettre l?inclusion de tous et ce, dans le prolongement des réformes sur le 1 % accessible dans l?espace public.

Le bénéfice de ces deux propositions que nous vous soumettons est, pour la première, de commencer à sensibiliser sur le handicap dès le plus jeune âge, de valoriser les compétences des personnes en situation de handicap en leur permettant, par exemple, d?intervenir dans des manifestations soit à caractère scientifique, soit à caractère événementiel, de façon à montrer que la personne en situation de handicap ne se résume pas à son handicap mais qu?elle a des potentialités et des capacités dont elle peut faire bénéficier la société.

Derrière le deuxième le concept, le bénéfice que nous avons tiré principalement est de permettre d?avoir dans la ville un mobilier adapté à la situation de handicap, donc aux personnes en situation de handicap, et de montrer l?engagement de la Ville pour une société inclusive.

Pour terminer mon propos et en guise de conclusion, j?aimerais dire, pour paraphraser une personne que j?aime bien, les personnes en situation de handicap sont des citoyens avant tout, et puis ce sont des citoyens qui ont leur place dans la ville et qui peuvent apporter leur contribution à l?avancement de la société. Ce qui est conçu pour les personnes en situation de handicap, en définitive, est bon pour toute la société. Je fais ici un clin d??il à la femme avec sa poussette, qui sort du métro, qui est confrontée aux escaliers et qui doit emprunter l?ascenseur qui initialement a été pensé pour la personne en situation de handicap.

Je vous remercie pour votre attention. Angélique et moi, nous nous tenons à votre disposition pour répondre éventuellement à vos questions. Merci beaucoup.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Je tiens à vous remercier au nom de l?ensemble de ce Conseil et en mon nom pour le travail que vous avez effectué. Je veux remercier aussi Pauline VÉRON, qui préside non le Conseil des Générations Futures mais qui accompagne les travaux de ce Conseil.

Je crois qu?il est prévu à l?instant que nous reprenions le débat. Permettez-moi de vous remercier l?une et l?autre. Vos propositions seront intégrées dans la discussion que nous avons et elles sont nombreuses. Je pense qu?au-delà de la philosophie que vous avez exprimée et que je partage totalement, il y a des idées, très concrètes. Ouvrir les restaurants Emeraude à des publics mixtes, par exemple, cela fait partie de ces très belles idées sur lesquelles je pense que nous allons avancer, et sur beaucoup d?autres idées que vous avez portées.

En tous les cas, merci pour l?expertise citoyenne qui est la vôtre. Merci d?avoir porté cette parole ici, au sein du Conseil de Paris.

Nous allons à présent poursuivre dans l?ordre des interventions qui ont été programmées. Je suspens et je reprends la séance après.

Merci beaucoup à vous, merci Mesdames.

(Suspension de séance).