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Juillet 2018
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Conseil Municipal
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2018 SG 35 - Convention de mise à disposition du plateau Joffre (7e) pour l’installation d’une structure éphémère, accueillant des activités culturelles et sportives, avec la RMN-GP et le COJO. Vœu déposé par le GEP relatif au report de la délibération. Vœu déposé par le groupe LRI relatif aux conditions d'installation de la sculpture. Vœu déposé par le groupe UDI-MODEM relatif au démontage de la structure éphémère. Vœu déposé par Mme SIMONNET relatif à l'espace concédé sur le Champ-de-Mars.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2018


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Mes chers collègues, nous allons maintenant passer au projet de délibération SG 35 et aux v?ux nos 79, 80, 81 et 82 qui y sont rattachés.

Il s?agit de la convention de mise à disposition du plateau Joffre pour l?installation d?une structure éphémère.

Je vais donner successivement la parole à Rachida DATI, Emmanuelle DAUVERGNE, Jérôme GLEIZES, Nicolas BONNET-OULALDJ, Thierry HODENT, Yves POZZO di BORGO, Thomas LAURET, Julien BARGETON, Claire de CLERMONT-TONNERRE, Danielle SIMONNET.

Bruno JULLIARD vous répondra.

A la demande du groupe Ecologiste de Paris, il y aura un scrutin public sur ce projet de délibération. Je demande donc aux secrétaires généraux des groupes de s?y préparer.

Je donne la parole à Rachida DATI.

Mme Rachida DATI, maire du 7e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, tout d?abord, la sélection d?un site pour accueillir la structure temporaire du Grand Palais, lors des travaux, a fait l?objet de nombreuses discussions et d?âpres négociations. Nous avons toujours été opposés à toute installation sur le Champ-de-Mars, déjà très dégradé par des années de sous-investissement et d?une importante activité événementielle de moins en moins maîtrisée.

L?installation de cette structure fait l?objet aujourd?hui d?un projet de convention tripartite entre la Mairie de Paris, la Réunion des musées nationaux-Grand Palais et le Comité d?organisation des Jeux olympiques. Vous comprendrez donc que le rapport de forces avec la mairie du 7e arrondissement ne nous est pas très favorable. On a oublié que le Champ-de-Mars s?inscrit dans un quartier, qu?il avait des usagers réguliers, des habitants, des riverains et des touristes, accessoirement.

Après une ferme opposition, cela nous a conduits à voter contre en Conseil d?arrondissement. Très vite, puisque nous sommes lucides et réalistes, nous avons compris qu?au-delà même de la Mairie de Paris, ces structures nous seraient imposées par l?État. Par conséquent, il est aujourd?hui important pour les riverains, pour les habitants, pour les administrés du 7e arrondissement que nous puissions exiger des contreparties pour pouvoir assurer la tranquillité et la sécurité des riverains et des habitants du 7e arrondissement.

J?ai donc déposé, en ce sens, un v?u qui vise réellement à intégrer le projet de structure dans son environnement, dans le respect des riverains. Il s?agit pour les riverains de bénéficier de compensations pour les nuisances importantes qu?ils devront subir.

Le déplacement du Mur pour la Paix, d?abord, maintenu illégalement - je le dis : illégalement ! - sur ce site depuis 17 ans est une condition sine qua none pour l?installation de ces structures éphémères du Grand Palais. Il est impensable de le maintenir dans cette enceinte, notamment pour des raisons de sécurité avérées, mais aussi pour des raisons d?hygiène, tant il est dégradé.

Ensuite, la Mairie de Paris et l?État doivent faire appliquer le droit sur ce Champ de Mars.

S?agissant du voisinage, les habitants du 7e arrondissement doivent être impliqués - nous l?exigeons également - dans le choix et le suivi du fonctionnement de cette structure. Quand on vient installer un équipement de cette nature, sous vos fenêtres, sur un site prestigieux, dont la perspective est classée, il est indispensable d?avoir son mot à dire. Nous souhaitons vivement que le 7e arrondissement soit intégré au comité de suivi du Grand Palais éphémère et que la Mairie de Paris tienne compte de la mairie du 7e arrondissement dans le choix de la structure.

J?espère, et c?est une interrogation, que la décision ne reviendra pas à "GL Events". Nous attendons un engagement ferme concernant l?interdiction de tout autre événementiel sur le site du Champ-de-Mars pendant la durée d?exploitation de la convention. L?installation de la structure éphémère, de la création également du mur de sécurisation de la Tour Eiffel, que nous avions acceptée, réduisent la surface de ce jardin ouvert. Il n?était donc pas acceptable de prévoir en plus une extension sur l?emprise au-delà de l?allée Charles-Risler. Le maintien d?une activité événementiel supplémentaire sur ce site aboutirait finalement à le privatiser complètement. Le Champ-de-Mars doit rester ce poumon vert auquel tous les Parisiens sont attachés. En lien avec cette interdiction, nous demandons également la mise en place de relevés sonores au sein et aux abords de la structure pour limiter en temps réel toutes les nuisances constatées. La gestion des flux devra être strictement étudiée pour ne pas pénaliser les riverains dans leurs déplacements. A titre de dédommagement également, nous demandons la gratuité du stationnement résidentiel en cas de difficulté de déplacements ou de nuisances constatées et avérées. A l?expiration de la convention, cette structure devra être retirée. Nous avons tout de même le précédent du Mur pour la Paix? Enfin, nous attendons que la Mairie de Paris s?engage concrètement pour la restauration tant attendue et de la mise en valeur de la perspective historique de ce site qui s?étend de la place de Fontenoy au Trocadéro. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. Jérôme GLEIZES.

M. Jérôme GLEIZES. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, le projet de délibération qui nous est soumis ici porte sur la convention de mise à disposition de plus de 27.000 mètres carrés situé sur le Champ-de-Mars pour l?établissement public Réunion des musées nationaux-Grand Palais et le Comité d?organisation des Jeux olympiques et paralympiques Paris 2024.

Je vais vous présenter ici trois points fondamentaux qui ont amené notre groupe à déposer un v?u demandant le report de ce projet de délibération, trois points qui nous amèneront à voter contre ce projet de délibération si celui-ci était maintenu.

Une demande de report, car il est ici de notre responsabilité d?alerter cette Assemblée sur les risques importants que prend la Ville avec cette convention. D?ailleurs, suite au vote du 7e arrondissement, il n?y a pas eu d?amendement technique pour tenir compte des accords qu?il y aurait eus avec la mairie du 7e arrondissement.

Voilà ce que répondait la Ville de Paris en octobre dernier aux Parisiens à propos de ses démêlés judiciaires avec Marcel CAMPION : "l?espace public est un bien commun qui appartient à tous les Parisiens ; il ne peut pas être occupé sans autorisation, il y a des procédures et des règles à respecter". La Ville semble, quelques mois plus tard, avoir oublié ses engagements. C?est ce que nous allons voir ici.

Nous demandons l?ajournement du projet de délibération, tout d?abord, pour des raisons juridiques pour éviter un recours gagnant au Tribunal administratif contre ce projet de délibération. Les revers et démêlés juridiques de notre Ville sont actuellement nombreux et font la une des médias. Avec ce projet de délibération, ce n?est pas moins que le Code de l?environnement, le Code de l?urbanisme et le Code du patrimoine qui ont été mis de côté. En effet, alors que le projet de restauration et d?aménagement du Grand Palais est antérieur à la décision d?attribution des Jeux olympiques de la Ville de Paris et alors que ce site ne figurait pas dans le dossier de candidature de la France et de Paris pour l?attribution des Jeux 2024 - puisque le C.I.O. ne réfléchit qu?aujourd?hui à un site olympique supplémentaire -, comment justifier de faire appel à la loi olympique du 26 mars 2018 relative à l?organisation des Jeux olympiques et de bénéficier de la dérogation de l?article L. 421-5 du Code de l?urbanisme ?

D?ailleurs, cette loi n?est pas mentionnée à la convention, mais elle nous fut présentée en Commission. Même si cette loi, et c'est le plus important, est citée, comment justifier les 51 mois, "si les constructions, installations et aménagements temporaires - article 10 - seront dispensés de toute formalité au titre du Code de l'urbanisme, ceci à condition que la durée de leur implantation ne dépasse pas 18 mois et la durée de remise en état des sites, 12 mois, à compter de la fin de leur utilisation".

Or, ici, nous avons une convention de 51 mois, donc largement au-delà des 30 mois, qui font l'addition de 18 et de 12.

La convention va également au-delà des autorisations concernant les superficies concernées : 27.100 mètres carrés contre 13.500 mètres carrés autorisés dans le décret.

Par ailleurs, nulle part il n'est fait mention de la nécessaire passation en Commission des sites, tel que le voudrait une telle convention.

Je ne parle pas de l'appel à manifestation d'intérêt dont on ne trouve trace nulle part et sur les propositions alternatives proposées pour le Grand Palais éphémère.

Nous demandons ensuite l'ajournement du projet de délibération pour des raisons environnementales. Une grande partie de la pelouse du Champ-du-Mars sera couverte par la structure.

Après le vote de la Stratégie Résilience, le vote du Plan Climat et, en mars, du Plan Biodiversité, on peut se demander quelle est la valeur des engagements pris par la Ville si, quelques mois plus tard, un espace de pleine terre de grande ampleur est ainsi rayé de la carte pour 51 mois.

L'action 15 - la Stratégie Résilience - engage la Ville à développer la nature en ville pour faire de l'espace public, un vecteur d'inclusion sociale et de bien-être.

L'action 10 du Plan Diversité, renforcer la végétalisation de la ville, et le Plan Climat, qui annonce la préservation des espaces de pleine terre et la création de nouvelles surfaces de pleine terre, seront systématiquement recherchées.

C'est tout simplement un îlot de fraîcheur qui disparaîtra ici. Les Parisiennes et Parisiens ont besoin et demandent de vrais espaces verts de pleine terre et pas simplement des espaces végétalisés. La Ville est en déficit d'espaces verts, et pourtant ceux-ci semblent constituer des réservoirs d'espaces disponibles à rentabiliser sans restriction.

Nous demandons enfin l'ajournement du projet de délibération pour une raison symbolique. En effet, le Mur pour la Paix, présent sur la parcelle concernée, est une ?uvre majeure de Clara HALTER, artiste, et de Jean-Pierre WILMOTTE, architecte, érigée sur le Champ-de-Mars et devant l'Ecole militaire à Paris, pour les commémorations de l'an 2000, donc il y a plus de quinze ans.

Il célèbre la paix et le dialogue entre les cultures, il est devenu un lieu de ralliement pour les militants de la paix et des droits de l'homme, connu dans le monde entier, et il serait surprenant de le faire disparaître pour les Jeux olympiques.

Or, la convention soumise ici au vote a tout simplement oublié le Mur pour la Paix. Etonnant alors que l'article 4 détaille avec force les dispositions pour les bancs et candélabres, mais a oublié de citer le Mur pour la Paix.

La Mairie de Paris a toujours soutenu le Mur pour la Paix, en particulier par la forte contribution financière versée pour la construction. Ce soutien fut réitéré lors du vote du v?u que j'ai proposé à cette Assemblée en mai 2016 et qui a contribué à la préservation de l'?uvre durant l'Euro 2016.

Nous sommes ici devant un oubli grave, celui d'une ?uvre qui est un hymne à la paix, valeur dont se prévalent pourtant les Jeux olympiques.

En conclusion, je rappellerai que le Conseil du 7e arrondissement a voté contre ce projet de délibération le 18 juin dernier. Nous demandons donc l'ajournement de ce projet de délibération afin qu?il offre toutes les garanties légales, environnementales, mais aussi qu'il préserve un symbole fort, le Mur pour la Paix. L'application de la convention est prévue pour débuter dans plus de deux ans, le 1er septembre 2020. Nous avons donc largement le temps de trouver une solution.

Nous voterons le v?u UDI-MODEM, le v?u de Danielle SIMONNET et nous voterons contre le v?u porté par la maire du 7e arrondissement. En cas de refus sur notre v?u, nous demandons un scrutin public sur ce projet de délibération.

Merci de votre attention.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. Nicolas BONNET-OULALDJ.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci.

Mes chers collègues, on aurait souhaité que ce projet de délibération soit repoussé. Vous nous le soumettez au vote, nous découvrons en pleine séance un accord avec la maire du 7e arrondissement, sous forme de v?u.

On est quand même dans l'empressement sur ce sujet. Je voudrais dire que construire un Grand Palais éphémère sur le Champ-de-Mars, cela nous paraît un vrai sujet qui nécessite un peu plus de temps que la manière dont c'est pris aujourd'hui. Pour ne pas s'embêter avec les différentes autorisations d'urbanisme, mettons le COJO dans la boucle, cela nous permettra d'arguer de la loi olympique et des dérogations qu'elle permet. Voilà sommairement ce qui nous est présenté.

Je peux comprendre ce qui sous-tend la construction d'un Grand Palais éphémère. La fermeture pour travaux pendant trois ans ne permet plus d'organiser les événements qui s'y déroulent habituellement, et singulièrement la Foire internationale d'Art contemporain. Ne soyons pas hypocrites, c'est de cela dont il s'agit.

Si Paris n'est plus en mesure d'organiser la F.I.A.C, celle-ci s'exilera à Londres, Berlin, Rome, Los Angeles, Shanghai ou ailleurs. Par un manque d'anticipation de l'État, manque d'anticipation du ministère de la Culture, il fallait se donner les moyens de la garder, de construire en un temps record une structure qui respecte les exigences de prestige, de centralité et tous les événements actuels du Grand Palais.

Cela dit, je pense que les travaux du Grand Palais sont prévus depuis très longtemps. Ce n'est pas hier que l'État a décidé de les entreprendre. Ce n'est pas la désignation de Paris comme ville hôte des Jeux Olympiques et Paralympiques non plus qui a décidé l'État à engager ces travaux, mais l'intérêt du COJO. Et la perspective de pouvoir y organiser des épreuves olympiques permettraient d'outrepasser les règles d'urbanisme actuelles en s'appuyant sur la loi olympique.

La ficelle est un peu grosse. Désormais, la rédaction de certains articles de la loi olympique nous apparaît beaucoup plus claire. La loi olympique devient un cheval de Troie pour tout faire passer.

D'autre part, le choix du Champ-de-Mars est assez critiquable. Site classé, site historique, d'ailleurs longtemps défendu par beaucoup de membres de l'opposition, mais cette fois-ci, la droite négocie, s'arrange et ne regarde plus tout ce qui a été critiqué par le passé comme utilisation du Champ-de-Mars.

Je voudrais évoquer, comme l'a fait mon autre collègue, une question posée actuellement dans les médias par voie de pétition, qui est celle du Mur pour la Paix, ?uvre de Clara HALTER et de Jean-Marc WILMOTTE.

Je pense que ce serait une énorme erreur de le démonter pour l'installation du Grand Palais éphémère. D'une part, parce que nous avons un grand doute sur le fait que vous réinstalliez l'?uvre à cet endroit, malgré que vous nous présentiez un v?u, mais aussi que vous profitiez de son démontage pour proposer au mieux un autre endroit. D'autre part, parce que le choix de son lieu d'implantation, n'en déplaise à certains, est emblématique. Le Mur pour la Paix est situé sur le Champ-de-Mars, en face de l'Ecole militaire. Le symbole existe, il est important, ne le négligeons pas.

L'organisation des Jeux olympiques et paralympiques en 2024 est une formidable occasion pour nous de recentrer l'olympisme sur ses valeurs initiales et originales : la paix et le partage entre les peuples.

Avouez tout de même que de relancer la controverse ici qui, depuis son installation, ne cesse d'alimenter la chronique à l'occasion de la construction du Grand Palais éphémère qui servira pour les valeurs olympiques et les valeurs de la paix, ne manque pas de paradoxe.

L'hypothèse de son intégration à la future structure éphémère a-t-elle été étudiée ? Pour nous, cela fait sens. Imaginons un patio qui contiendrait le Mur pour la paix. Alors que le Grand Palais éphémère accueillera essentiellement des événements culturels jusqu'en 2023, avec la F.I.A.C. notamment, une ?uvre d?art dans un lieu culturel ne nous semble pas aberrant.

Par ailleurs, qu'une ?uvre d?art dans un lieu de pratique sportive qui, plus est, l'?uvre d?art et la manifestation sportive qui prônent les valeurs de paix nous semble faire sens.

D'ailleurs, Madame la Maire et mes chers collègues, je me souviens du plan d'accompagnement de la candidature des Jeux olympiques et paralympiques, que nous avons adopté en 2016. Sur les 43 mesures, il y avait une mesure 19 qui avait pour ambition de rapprocher les univers et les publics culturels et sportifs pour un Paris éducatif et citoyen. Cette mesure se décline en plusieurs axes au nombre duquel je cite "l'application, dès 2017, du principe d'une ?uvre culturelle par équipement sportif, avec la mise en place dans chaque gymnase, piscines ou T.E.P., d'une ?uvre, cette démarche pouvant être enrichie en encourageant la création et la pratique artistique dans les équipements sportifs".

Il serait tout de même regrettable de tout renier d'un seul coup en refusant d'intégrer l'?uvre du Mur pour la paix avec cette future structure du Grand Palais éphémère, surtout si elle accueille des épreuves en 2024.

Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. Thierry HODENT.

M. Thierry HODENT. - Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, en décembre 2020, le Grand Palais fermera ses portes pour trois ans de travaux en vue des Jeux olympiques de 2024. Pendant cette longue période, Paris doit se trouver un lieu à même d'héberger les nouvelles activités culturelles et commerciales que la nef accueillait jusqu'alors.

Il s'agit d'une question à la fois de rayonnement et d'attractivité pour la Capitale, celle-ci ne pouvant pas se permettre de perdre, au profit d'autres métropoles, des manifestations d'envergure mondiale telles que la F.I.A.C. ou la "Fashion Week".

Si nous ne contestons absolument pas ce point qui tient du bon sens et fait consensus parmi notre Assemblée, nous nous permettons cependant d'attirer votre attention sur les limites et les faiblesses de l'option de remplacement que vous soumettez à nos suffrages.

En effet, bâtir une structure éphémère sur le plateau Joffre pour recevoir les activités délaissées par la rénovation du Grand Palais ne nous semble pas une bonne idée pour trois raisons.

Premièrement, cette convention de mise à disposition ne répond pas aux critères écologiques dont se targue pourtant l'Exécutif. En effet, le Champ de Mars dont fait partie intégrante le plateau Joffre n'a pas vocation à recevoir des constructions et à être davantage urbanisé. Il s'agit d'un monument naturel classé au titre des sites protégés par l'État, en 1956, inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco dans le cadre de l'ensemble Rives de Seine en 1991 et régi par un règlement des parcs et jardins en 2010.

Paris ne peut faire ainsi fi du caractère historique, patrimonial et végétal de ce lieu, reconnu en France et dans le monde, pour y construire une immense structure et par la même anéantir un des rares grands espaces verts que compte la Capitale.

Par votre décision, le Champ de Mars verrait sa surface se réduire comme peau de chagrin et priverait les Parisiennes et les Parisiens d'un de ses plus beaux jardins.

Déjà amputé au nord par le mur de protection de la Tour Eiffel, il sera dorénavant tronqué au sud par une méga structure saturée de touristes et de visiteurs.

Par ailleurs, au nom de la culture, l'Exécutif cherche surtout à poursuivre sa politique de marchandisation de la Capitale, se servant de l'attrait de la Tour Eiffel pour attirer toujours plus de touristes au détriment de la qualité et du cadre de vie des Parisiens. Le Champ de Mars ne doit pas devenir un produit commercial au profit de riches minorités.

A Paris, tout n'est pas à vendre sur l'hôtel de la compétitivité économique. Ainsi, le Champ de Mars est un parc où peuvent se promener les familles parisiennes et non un objet mercantile, une friche urbaine toujours bonne à construire. Enfin, nous nous opposons au projet, car il n'y a aucune certitude que la structure éphémère soit démontée après la réouverture du Grand Palais. Ce ne serait pas dans l'histoire de la Capitale le seul monument éphémère à être maintenu au-delà de la durée initialement prévue.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Vous parlez de la Tour Eiffel ?

M. Thierry HODENT. - Par exemple. Bernard SEYDOUX, secrétaire général de l'association des "Amis et usagers du Champ de Mars" écrivait dans un récent article que "à son terme, l'épisode de l'occupation du Grand Palais sera inévitablement brandi comme un maillon supplémentaire de cette chaîne de grands événements et on trouvera toute bonne raison de la prolonger encore et encore". Paris doit donc réfléchir à trouver un autre emplacement pour recevoir et héberger les activités du Grand Palais durant sa rénovation, car le Champ de Mars n'est pas à vendre. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. Julien BARGETON.

M. Julien BARGETON. - Merci, Monsieur le Maire.

C'est pour indiquer la position de vote de notre groupe Démocrates et Progressistes qui votera ce projet de délibération.

Le Grand Palais a besoin de travaux, et on ne peut pas imaginer que les événements qui s'y déroulent n'aient pas lieu pendant trois ans. Y compris des gens qui s'opposent ou s'interrogent sur le projet de délibération l'ont dit. Je l'ai entendu de la part de plusieurs intervenants, quasiment tous d'ailleurs, pour dire que c'était évidemment inimaginable. Il faut bien que notamment la F.I.A.C. puisse se dérouler.

Une occasion est créée, en plus, avec les Jeux olympiques. La conjonction, la rencontre de deux événements. D'une part, on a besoin d'un lieu temporaire pour le Grand Palais, et d'autre part, les Jeux olympiques vont se dérouler à Paris et pourront bénéficier d'une structure supplémentaire. Ce serait dommage de ne pas se saisir de cette occasion.

J'ai apprécié l'intervention de la maire du 7e arrondissement et je voterai son v?u, car je comprends les réticences, les interrogations, les difficultés des habitants du 7e arrondissement. Il me semble que sa démarche est constructive, car elle dit qu'effectivement, elle était opposée à cette décision mais que, puisque cette structure sera créée, autant qu'elle puisse se faire dans les meilleures conditions possibles au regard de la vie de son arrondissement et c'est pourquoi je la rejoins de ce point de vue et nous voterons le v?u qui a été déposé par son groupe et également par l'UDI-MODEM, je crois.

Voilà quelle est la position du groupe Démocrates et Progressistes sur ce projet de délibération. Merci beaucoup.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. Yves POZZO di BORGO.

M. Yves POZZO di BORGO. - Monsieur le Maire, quelqu'un peut-il m'expliquer ou me démontrer qu'il n'y avait aucun autre lieu ni aucune autre manière de délocaliser pendant la fermeture du Grand Palais, les événements qui sont programmés habituellement ?

Il y a quelques années, nous avons déjà connu une restauration du Grand Palais. Tous ses événements avaient été délocalisés et pas au Champ de Mars. La F.I.A.C., le défilé Chanel ou le Saut Hermès devraient-ils tous être délocalisés à moins de deux kilomètres du Grand Palais ? Les visiteurs l'auraient sinon boudé ? Assurément non. Ce n'est pas le Grand Palais qui attire, encore que l'?uvre architecturale est exceptionnelle, mais ce sont les événements eux-mêmes qui ont leur public. Des événements programmés qui ne sont pas des événements grand public, mais qui s'adressent à un public d'habitués, de professionnels internationaux. Ce public se rendra là où se tiendra l'événement, que ce soit au Grand Palais, sur le Champ de Mars, à la Villette, à Neuilly ou à Versailles !

Le périmètre d'implantation d'un Grand Palais éphémère ne doit pas être envisagé à l'échelle des 7e et 8e arrondissements, mais dans tout Paris, voire dans la métropole. Le site du Champ de Mars aurait été préféré pour son prestige. Quel est l'esprit malade qui a décidé cette implantation ? Jamais dans l'histoire de Paris le Champ de Mars n'a eu une structure éphémère qui a duré aussi longtemps, plusieurs années.

Seule la Tour Eiffel a échappé à cela.

Mais pour le reste, quel est l'esprit malade qui a pu décider cela ?

Voilà la question que je vous pose les amis.

Je me demande quelle est cette personne qui a décidé ? Vous êtes tous des élus de droite comme de gauche, vous êtes le terrain, vous connaissez les choses, vous n'êtes pas des technocrates "macroniens", hors du réel, vous connaissez les choses. Comment a-t-on pu accepter cela ? Comment a-t-on pu accepter cela sur un jardin, le plus important de Paris, après la COP, après la volonté de la Ville de Paris de faire partout des espaces verts ? Pendant 4, 5 ans nous allons supprimer tout cela...

Ce n'est pas acceptable !

Bref, je ne m'explique pas cela. Je ne sais pas pourquoi la réflexion d'un lieu alternatif au Grand Palais n'a pas été envisagée de façon plus générale. Il faut bien s'imaginer ce que cela représente pour les riverains d'avoir pendant 4 ans, un temps long qui n'est plus éphémère, une structure gigantesque qui vient remplir l'espace habituellement non urbanisé.

Les amis, je m'adresse aux élus, pas aux technocrates qui ont décidé cela, prenez conscience que ce n'est pas acceptable. Je soutiendrai la position des Verts : soit nous arrivons à reporter ce projet de délibération, tant mieux. Soit nous n'arrivons pas à le reporter, moi-même et mes amis aussi, je pense, nous voterons contre ce projet de délibération !

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Madame Claire de CLERMONT-TONNERRE, vous avez la parole.

Mme Claire de CLERMONT-TONNERRE. - Merci, Monsieur le Maire.

Dans la perspective de la rénovation du Grand Palais, vous nous demandez aujourd'hui d'approuver une convention de mise à disposition d'une partie du Champ de Mars pour une durée de 51 mois.

Si nous sommes convaincus de la nécessité de rénover ce site exceptionnel qu'est le Grand Palais, si nous souhaitons que les manifestations qui contribuent au rayonnement de la Capitale puissent se tenir pendant la durée des travaux de ce monument, le maire du 15e ne peut être ainsi mis devant le fait accompli à travers un projet de délibération que nous découvrons au Conseil de Paris.

Car, Monsieur le Maire, savez-vous que le Champ-de-Mars est fréquenté par nombre d'habitants du 15e arrondissement ? Savez-vous que lors des manifestations qui s'y tiennent, l'essentiel des accès se fait par les stations de métro situées dans le 15e arrondissement ?

Savez-vous que lors de certains événements, les riverains du 15e arrondissement subissent des nuisances de tout ordre, en particulier les habitants de l'avenue de Suffren et des rues conduisant aux stations de métro La Motte-Picquet, Cambronne, Dupleix, qui desservent le Champ-de-Mars ?

Savez-vous que ces riverains seront impactés pendant plus de 4 ans du fait de l'utilisation intensive de cette structure éphémère : métro surchargé, circulation désorganisée, stationnement anarchique, pollution sonore, encombrement de l'espace public, ou encore noria de camions dans nos rues ?

Dites-nous comment ce projet de construction pourra être compatible avec les plans climat et biodiversité que notre Assemblée vient de voter à l'unanimité. Dites-nous à quel moment vous envisagez de réunir le comité du Champ de Mars, que vous présidez...

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - C'est une oratrice de votre propre groupe qui est en train de parler, merci.

Mme Claire de CLERMONT-TONNERRE. - Je reprends.

Dites-nous, Monsieur le Maire, à quel moment vous envisagez de réunir le comité du Champ de Mars que vous présidez et dans lequel siègent les représentants des 7e et 15e arrondissements, ce comité n?ayant pas été réuni depuis mars 2017 ?

Enfin, dites-nous à quelle échéance le projet de schéma directeur pour l'aménagement, l?occupation et la réhabilitation du Champ-de-Mars verra le jour. Et, d'ailleurs, je m'étonne que Pénélope KOMITÈS ne soit pas co-rapporteure de ce projet de délibération qui concerne un grand espace vert parisien.

Monsieur le Maire, vous comprendrez qu?en l'état et au regard des éléments que je viens d'évoquer, le maire du 15e ne puisse approuver une telle convention portant sur de telles installations et pour une durée aussi longue, alors que nous n'avons pas été informés en amont de ce projet qui impactera durablement nos riverains et usagers du Champ-de-Mars. En revanche, nous attendons qu'un dialogue constructif s'instaure rapidement afin que de vraies avancées puissent être obtenues et ainsi, limiter les nuisances pour les habitants du 15e arrondissement. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. Alexandre VESPERINI.

M. Alexandre VESPERINI. - Merci.

Mes chers collègues, de quoi s'agit-il ? Il s'agit du Champ-de-Mars, d?accord ? Il s?agit donc de parler d'un certain nombre de réalités. La réalité du Champ-de-Mars est protéiforme. D'abord, le Champ-de-Mars, aujourd'hui, c'est quoi ? C'est une cinquantaine d?événements autorisés chaque année, dont l'intérêt et la qualité sont assez discutables parfois, et dont l'intérêt ne justifie pas les conséquences en termes de nuisances pour les riverains, pour les commerçants, pour les 21 millions de visiteurs du Champ-de-Mars qui profitent de cet équipement absolument stratégique, qui est un équipement historique pour Paris et pour la France.

L'autre réalité, c'est que l'on est en train de transformer, depuis des années, un espace vert en enclos, tantôt à supporters, tantôt à militants politiques, avec les nuisances, là encore, que cela provoque. Je me souviens très bien de Bertrand DELANOË alors Maire de Paris, en 2013, demandant aux organisateurs de la "Manif pour tous" de prendre en charge les 500.000 euros de réfection des pelouses, à juste titre d'ailleurs.

Troisième réalité : c'est un patrimoine végétal qui est aujourd'hui à l'abandon, dont la moitié des arbres est malade. Je ne fais que citer l'étude O.N.F. qui a été faite récemment : la moitié des arbres du Champ-de-Mars sont malades. Un espace marqué par un ensablement non maîtrisé, par des pelouses négligées - j?ai eu l?occasion d?en parler - sur l'ensemble des 24 hectares, mais, plus particulièrement, sur le tapis vert.

C?est, enfin - je termine sur les réalités actuelles - un équipement et des activités qui n?ont absolument pas été repensés depuis quasiment 30 ans, avec des bancs qui n'ont pas été repeints pour la plupart d'entre eux et avec, évidemment, de véritables fiascos, comme l'illustre le fameux "Mur pour la paix" qui a été installé sans grand enthousiasme - il faut bien le dire - au tout début des années 2000 et qui pèse encore sur nous 17 ans plus tard, et que nous allons faire partir, si j?ai bien compris, pour y installer une nouvelle halle qui va occuper le tiers du Champ-de-Mars.

Bref, pour la Mairie de Paris, le Champ-de-Mars représente finalement une grande halle événementielle dans laquelle on installe les événements dont on ne sait pas trop quoi faire. De ce point de vue, j'aurai une chose à dire sur l?attitude de la Mairie de Paris. La Mairie de Paris, sur le Champ-de-Mars, ne mène pas une mauvaise politique ou une bonne politique : elle n'en a aucune. Cela fait des années que cela dure. Ce n'est pas cette mairie-là qui est en cause. Cela se fait depuis des décennies, peut-être même depuis des siècles. J?en veux pour preuve une anecdote historique. Suite à l'Exposition universelle de 1900, pendant des années, le Champ-de-Mars, le plateau Joffre actuel, a servi d'entrepôt à un dépôt-vente de pommes de terre. C'est exactement la même chose qui est en train de se passer aujourd'hui au Champ-de-Mars.

La Mairie de Paris ne sait vraiment pas quoi faire de cet équipement, qui est pourtant, je le rappelle, classé au patrimoine mondial de l'Unesco. La Ville de Paris se gargarise de prendre des engagements et de soi-disant tenir des engagements en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Il s?agit là du poumon vert de la ville de Paris. Et qu?est-ce qu'il se passe ? On est en train de privatiser - parce que c?est de cela dont il s?agit - cet équipement, cet espace vert, cet espace de service public dans lequel tous les Français se réunissent chaque année pour le 14 juillet. C'est un espace de rassemblement. C?est un espace où il y a eu des concerts qui ont réuni tout le monde de manière gratuite. On se souvient tous du concert de Johnny Hallyday en 2009.

Je souhaite que cet équipement soit à la hauteur de ce qu'il a été quand on l'a repris en main en 1790, au moment de la Fête de la Fédération. Je souhaite que tous les Parisiens, que tous les touristes qui aiment Paris, que tous les gens qui veulent se promener puissent continuer à le faire. Je regrette que la Mairie qui, soi-disant, est marquée à gauche, procède de cette manière à une privatisation qui, d'ailleurs, d'un point de vue financier et budgétaire, ne me semble pas être tout à fait raccord avec les objectifs de valorisation du domaine public parisien. C'est une petite parenthèse financière.

Bref, je m'opposerai donc, avec mes collègues du groupe Parisiens, Progressistes, Constructifs et Indépendants, avec Thierry HODENT, à ce projet, qui, en réalité, n'est que le dernier avatar d'une politique d?échec, d?une politique de braderie de cet équipement absolument fondamental. Je vous invite à prendre vos responsabilités sur ce sujet.

Enfin, je terminerai juste sur une chose, parce que je suis élu et j'ai l'honneur et le privilège d'être élu dans le 6e arrondissement de Paris. Nous avons, nous aussi, un poumon vert de la Capitale qui, je crois, là encore, rassemble énormément de Français, qui est gratuit, qui n'accueille pas de manifestations exclusives, élitistes, qui vont réunir toujours les mêmes qui ont toujours les plus gros moyens. J?ai la chance d?être élu dans le 6e arrondissement et nous avons le Luxembourg. Ce Luxembourg, ces jardins-là appartiennent au Sénat. Je peux vous dire : je ne compte pas, avec Jean-Pierre LECOQ, le nombre d'habitants qui nous disent : "Ah, quel plaisir, quel bonheur d'avoir, dans notre arrondissement, un équipement qui n'est pas bradé, qui reste un service public et qui appartient au Sénat !". Je vous mets au défi de me trouver des habitants qui souhaitent que le Champ-de-Mars reste comme il est actuellement.

Non, ce n?est pas du pipeau, Monsieur MARTINS. Là encore, c?est quand même l'adjoint au tourisme qui me fait du pipeau quand il m'entend. Vous savez, vous ne devriez pas être aussi sûr de vous, aussi arrogant, je pense, surtout en ce moment, quand on voit ce que les Parisiens disent de l'Exécutif actuel de la Ville de Paris.

Voilà, j?en ai terminé là-dessus. Vous comprendrez donc la position de notre groupe qui est extrêmement préoccupé par cette question. Merci.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

Je vous rappelle quand même qu?il reste quelques équipements payants dans le Luxembourg.

La parole est à Mme Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Mes chers collègues, moi aussi, je voterai contre ce projet de délibération. J'ai également présenté un v?u qui s'y rapporte. Je voterai également le v?u du groupe Ecologiste.

Ecoutez, bien évidemment qu'il faut restaurer le Grand Palais. Mais que prévoyez-vous à travers ce projet de délibération ? D'installer, durant les travaux de restauration et d?aménagement du Grand Palais, un espace d'exposition temporaire sur le Champ-de-Mars pendant quatre ans et qui va, par ailleurs, avoir vocation à être l?un des lieux dans le cadre des Jeux olympiques - ce n'est pas rien - et comme cela, au détour d'un projet de délibération, sans qu?il y ait eu un réel débat au préalable.

La convention d'occupation de l'espace public relative à ce projet propose une emprise de 27.100 mètres carrés sur la moitié de la longueur du Champ-de-Mars et menace ainsi, au passage, l'accessibilité du "Mur de la Paix" et du "Monument des droits de l'homme et du citoyen". Ce projet de délibération confirme, par ailleurs, l'intention du C.I.O., récemment révélée dans la presse, d'exploiter l'espace temporaire projeté sur le Champ-de-Mars pour en faire un site olympique supplémentaire. Ce projet d'organiser sur ce site des événements sportifs tests tout au long des mois d'août et de septembre 2023, d?en faire un site olympique, n'a fait l'objet d'aucun débat public préalable.

On voit bien toutes les dérogations autorisées par la loi olympique en termes de régulation de l'espace public en général et plus particulièrement en matière de publicité autour des sites olympiques, qui sont totalement inacceptables et qui vont être exploitées à plein sur ce site-là. A quand un retour d'expérience de la "fan zone" qui avait été installée sur le Champ-de-Mars, dont les dégâts sur l'environnement, la biodiversité, la qualité de vie des riverains, ont été considérables et les coûts de restauration en proportion ? Avez-vous pris connaissance du rapport alarmant de l'O.N.F. sur le Champ-de-Mars en termes de santé des plantations ?

Mes chers collègues, le parc du Champ-de-Mars, c'est un poumon vert, un lieu de respiration et de récréation essentiel à la qualité de vie et à la biodiversité dans notre ville. Combien de fois faudra-t-il rappeler que Paris est l?une des villes européennes qui laissent le moins de mètres carrés d'espaces verts par habitant ? Ce n'est pas simplement un problème au niveau de la qualité de vie, mais un problème écologique. A quoi bon voter des plans climats d'un côté et faire l'inverse en termes de politique publique de l'autre ? Quand est-ce que cette hypocrisie cessera ? Oui, les inquiétudes sont considérables sur ce que soulève ce projet d'occupation du parc du Champ-de-Mars. Ce ne sont pas que des inquiétudes d'habitants du 7e arrondissement.

Mes chers collègues, comment accepter une telle occupation pendant quatre années, quatre longues années ? Et encore, j'entends aussi les inquiétudes de celles et ceux qui se disent : "Mais, au bout de ces quatre et longues années, l'installation aura-t-elle vocation à perdurer ?" Ces inquiétudes, quand va-t-on enfin les entendre ? Comment se fait-il que tout cela n'ait fait l'objet d'aucune étude d'impact alors que cela mériterait un débat public conséquent ?

Je rappelle que, par ailleurs, la population n'a toujours pas été consultée concernant les Jeux Olympiques. Dans mon v?u, je demande les différentes choses suivantes : premièrement, le projet d'installation pour 4 années d'un espace concédé de 27.100 mètres carrés sur le Champ-de-Mars, devrait faire l'objet d'une étude d'impact ainsi que d'une concertation, notamment ouverte à l'ensemble des associations de préservation de l?environnement, du patrimoine, de l?espace public et à l?ensemble des élus, notamment de l'arrondissement concerné et de toute la Capitale. Cet espace ne doit pas pouvoir devenir un site olympique sans une inscription préalable de cette question spécifique à l'ordre du jour de nos Conseil de Paris et du Conseil d'arrondissement concerné.

Mais, mes chers collègues et membres de l'Exécutif parisien, puisque vous avez fait une votation citoyenne sur le Plan Climat, postérieure à l'adoption dans ce Conseil de Paris du Plan Climat, je souhaite à travers ce v?u que vous organisiez enfin, le plus solennellement possible, un vote, une votation citoyenne permettant aux Parisiennes et aux Parisiens de pouvoir s'exprimer pour ou contre la décision d'accueillir les Jeux olympiques de 2024. Et ne me dites pas "on a déjà adopté ici la décision", puisque vous en avez fait de même pour le Plan Climat. Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. Pour vous répondre, à toutes et à tous, Bruno JULLIARD.

M. Bruno JULLIARD, premier adjoint. - Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les intervenants de ce débat, qui est un débat légitime, je voudrais d'abord dire que j'espère que les débats dans notre hémicycle ont une utilité et qu'à l'écoute de la correction d'un certain nombre d'inexactitudes qui ont pu être prononcées par un certain nombre d'entre vous, certains entendront ces arguments et en modifieront peut-être, je le souhaite en tout cas, leur vote.

D?abord, comme peu d?entre vous mais certains l'ont dit, nous pouvons tous ensemble nous réjouir que le Grand Palais, monument historique édifié pour l'Exposition universelle de 1900, monument phare de notre ville avec son voisin que nous connaissons bien, le Petit Palais, puisse enfin être restauré et retrouver son éclat. Je rappelle tout de même que pour cette rénovation, le Grand Palais, donc l'Etat, va investir près de 500 millions d?euros, ce qui est une excellente nouvelle pour Paris, puisque le Grand Palais, et évidemment la nef du Grand Palais, est un élément majeur patrimonial et architectural de Paris, mais aussi un élément majeur de l'attractivité de notre Capitale.

Cette rénovation - ce n'est pas la première fois que j'en parle, y compris dans cette enceinte - impose la fermeture du monument, de la fin de l'année 2020 jusqu'au printemps 2023. Vous le savez, le Grand Palais est aujourd'hui une institution culturelle majeure, qui compte près de deux millions de visiteurs chaque année. Pendant cette période de fermeture, la question du maintien dans notre ville des manifestations d'envergure, accueillies sous la grande verrière de la nef, se pose.

Je pense à des manifestations pour lesquelles nous nous sommes tous battus, de gauche comme de droite, pour les avoir à Paris. Nous nous sommes tous battus et nous nous battons quotidiennement pour que Paris soit la capitale internationale de la mode. Nous nous battons tous pour que la F.I.A.C. soit la plus belle foire internationale d'art contemporain. Nous sommes heureux d'accueillir le saut Hermès au Grand Palais. Nous sommes heureux d?accueillir des événements culturels comme "Paris Photo". Si nous nous sommes battus pendant des années pour obtenir ces événements, c'est évidemment grâce à notre investissement de gauche comme de droite, mais c'est aussi parce que nous avons ce joyau du Grand Palais.

Si cette question se pose pendant le chantier, bien sûr, elle se posera aussi après la fermeture du Grand Palais et c'est cet aspect-là que j'aimerais vous faire comprendre. Tous ceux qui comme moi ont discuté avec ceux qui organisent les grands événements au Grand Palais savent qu'il n'est tout simplement pas possible d'avoir dans les grands événements internationaux un trou dans les agendas parisiens de trois années. Si nous ne sommes pas en capacité d'offrir à ces grands événements internationaux un lieu d'accueil de qualité en plein c?ur de Paris, alors nous perdrons ces grands événements internationaux. Et on ne peut pas faire des leçons d'attractivité à longueur de journées quand il y a une possibilité de poser un acte qui garantisse l'attractivité de Paris. Il faut être au rendez-vous et voter ce projet de délibération.

Alors, nous avons tous une bonne raison de ne pas voter ce projet de délibération, parce qu'effectivement, après y avoir travaillé pendant de nombreux mois et même plusieurs années, il est extrêmement difficile de trouver le lieu pertinent pour accueillir une structure éphémère aussi complexe que celle équivalant à la nef du Grand Palais.

C'est la raison pour laquelle, avec les équipes de la Ville, que je remercie, avec les équipes de l'Etat, du Ministère de la Culture, ainsi que les équipes du Grand Palais, nous avons travaillé sur plusieurs hypothèses qui, cher Yves POZZO di BORGO, devaient évidemment d'abord concerner le c?ur et le Centre de Paris pour des raisons évidentes.

C?est la raison pour laquelle nous avons travaillé à l'accueil d'une structure éphémère place de la Concorde. Le refus de la Préfecture de police a été immédiat pour des questions de sécurité et, par ailleurs, des études d'espace ont montré que malheureusement, ce n'était pas accessible. Nous avons réfléchi aux Tuileries, ce qui aurait nécessité un morcellement de la structure, qui était inenvisageable, et un problème conséquent concernant évidemment le respect de l'espace vert. Nous avons réfléchi à des structures plus éloignées - je pense au Centquatre - mais qui étaient nettement trop restreintes. Nous avons réfléchi aux Invalides mais la portance du sol est nettement insuffisante.

Bref, après des mois et des mois de recherches et d'analyses techniques, seul le plateau Joffre réunit l'ensemble des critères techniques nécessaires.

Dès lors, nous avons demandé au Grand Palais de travailler sur un projet ambitieux, respectueux de ce site exceptionnel et des riverains. Je voudrais remercier l'état d'esprit constructif, je peux vous le dire très exigeant, de Rachida DATI et de ses équipes pour la mairie du 7e arrondissement. Je veux la remercier pour le dialogue constructif que nous avons pu avoir ces dernières semaines et surtout ces derniers jours, et qui se traduit par le v?u des Républicains amendé par l'Exécutif, auquel je donnerai donc un avis favorable pour limiter au maximum les nuisances que pourraient imposer cette structure éphémère.

Il en va de même pour le v?u du groupe UDI-MODEM, auquel, malgré les consignes de vote que j?ai cru comprendre il y a un instant, je confirme tout de même notre engagement absolu de procéder au retrait de la structure à échéance de la convention, tout comme notre ambition pour le Champ-de-Mars. Malheureusement, vous comprendrez bien sûr que je ne puisse réserver les mêmes suites aux v?ux du groupe Ecologiste de Paris et de Danielle SIMONNET, puisqu?ils contestent le principe même de l?implantation de cette structure.

Pour conclure, je voudrais revenir sur les quelques réserves qui ont pu être exprimées, Monsieur le Maire, d'abord s'agissant du Mur pour la Paix. Je rappelle que cet édifice a été installé sur la pelouse du Champ-de-Mars, propriété de la Ville de Paris, dans le cadre des célébrations du passage au troisième millénaire, à la faveur d'une autorisation d'occupation du domaine public délivrée pour une durée de quatre mois. Nul n'ignore en ce Conseil les débats récurrents qui ont eu lieu depuis sur la pérennité de cette implantation.

Nous avons aujourd'hui l'opportunité de saisir l'installation de la structure éphémère du Grand Palais pour sortir par le haut de cette controverse sans fin.

Des échanges ont eu lieu encore ce week-end et se poursuivront avec Marek HALTER pour trouver une solution pérenne dans les meilleurs délais, notamment par un déménagement constructif de cette offre qui, en tout état de cause, doit être démontée pour être restaurée rapidement. Ma conviction profonde, et j?en ai la certitude absolue, est que nous y arriverons. Je ne veux pas m?avancer mais un site en particulier est à l?étude et en négociation avec Marek HALTER.

S?agissant du prétendu détournement de la loi olympique, je voudrais clarifier un point. La loi adoptée en mars dernier prévoit une simplification des procédures administratives dans deux cas de figure. Il s?agit de l?article 10 alinéas 2 et 3. D?abord, pour les aménagements temporaires directement liés à des travaux réalisés sur un site accueillant des compétitions olympiques, en l?occurrence le Grand Palais, qui accueillera les épreuves d?escrime et de taekwondo. La structure du Champ-de-Mars entre donc dans ce cadre en permettant au Grand Palais de procéder aux travaux nécessaires, absolument indispensables pour accueillir la compétition, sans avoir à interrompre ses activités pendant de longues années.

Deuxième cas de figure : pour les constructions temporaires directement utilisées pour l?accueil des manifestations olympiques, la durée d?implantation ne peut être supérieure à 18 mois. Le Comité d?organisation des Jeux olympiques utilisera donc la structure à la suite du Grand Palais à compter de juillet 2023 et jusqu?à novembre 2024 maximum, date à laquelle la structure sera démontée.

Pour conclure, s?agissant de la redevance et pour répondre aux interrogations de Jérôme GLEIZES, il faut bien comprendre que cette structure est particulière car elle générera, au départ, des charges fixes très importantes liées à sa construction et à la préparation du site. De plus, son coût d?exploitation marginal sera relativement faible une fois ces éléments acquis. Cela explique les modalités retenues pour le calcul de la redevance jusqu?à un certain niveau de recettes. Le point d?équilibre est estimé à 7,5 millions d?euros. Le taux de redevance est relativement faible car les recettes doivent permettre de couvrir ces charges fixes, dont la redevance minimale garantie. En revanche, au-delà de ce seuil, la rentabilité pour l?exploitant sera bien plus importante, ce qui justifie un taux très dynamique que nous vous proposons.

Cela me permet évidemment de préciser que, contrairement à ce que j?ai parfois pu entendre, cette installation ne coûtera pas un euro aux Parisiens et générera au contraire des recettes pour la Ville, intéressée par ce mécanisme de redevance en recette d?exploitation de la structure pour un montant minimum garanti d?au moins 420.000 euros par an.

En conclusion, je le disais tout à l?heure : oui, il y a des contraintes à l?implantation de cette structure éphémère sur le Champ-de-Mars. Je peux vous garantir, après les nombreux mois de travail, que la solution qui vous est proposée aujourd?hui est de loin la meilleure de celles qui puissent exister.

Je vous le demande : ne prenons pas, alors même que nous arrivons à répondre à la quasi-totalité des demandes de la maire du 7e arrondissement et de ses équipes, alors même que nous arrivons à limiter au maximum les nuisances d?implantation de cette structure éphémère, ne prenons pas en otage l?image de Paris pour des raisons politiciennes locales. Le projet que nous vous proposons est le bon. Il est mesuré, il est négocié et je vous demande de bien vouloir l?adopter.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

Je vais commencer par mettre aux voix les v?ux.

Le v?u n° 79 du groupe Ecologiste est-il maintenu ? Oui.

Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 79 avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est rejeté.

Madame DATI, acceptez-vous l?amendement à votre v?u n° 80 ?

Mme Rachida DATI, maire du 7e arrondissement. - J?aimerais effectivement pouvoir revenir, en quelques mots, sur ce que j?ai pu entendre.

Oui, vous râlez ! C?est ainsi ! C?est important pour tout le monde. J?ai été au centre de polémiques et d?attaques, absolument inacceptables parfois, au moment de l?évocation de ce projet. Permettez-moi tout de même d?y répondre !

Nous nous sommes opposés à ce projet avec une véhémence et une force en tant que maire du 7e arrondissement. Il est apparu?

Nous avons demandé des sites alternatifs. Je peux tout de même faire confiance aux services, aux techniciens, qui nous ont démontré qu?il n?y avait pas de sites alternatifs.

Je suis lucide et responsable. J?ai accepté qu?on puisse accepter cette structure éphémère sur le plateau Joffre de la manière la plus circonscrite qui soit. Au départ, cela devait effectivement être étendu sur les pelouses. Nous avons accepté que ce soit circonscrit.

Suite à ma décision, en responsabilité, j?ai souhaité réunir l?ensemble des riverains, des associations, y compris les élus, même ceux qui disent ne pas avoir été consultés. Ils l?ont été ! Moi, j?en ai un peu marre de cette lâcheté. Ils ont été consultés, ils vous soutiennent et ensuite, ils vous envoient dans l?arène pour tenir des propos totalement contraires. Ce n?est pas acceptable !

Nous avons décidé de travailler ensemble avec la Mairie de Paris, avec l?Etat et avec l?ensemble des acteurs concernés par ce projet. Qu?est-ce que vous pensez ? Que cela me fait plaisir pour mes administrés, pour mes électeurs, d?avoir cette implantation de manière pérenne ? Non, et moi la première !

A un moment donné, il faut raisonner plus haut et plus loin que son seul intérêt personnel ou son seul intérêt partisan, si je puis dire. Alors, j?ai mené des discussions, nous avons conduit des réunions, nous avons eu des échanges et des débats sur ce sujet. Il y a eu des exigences légitimes des riverains, des habitants, des usagers, des associations, en demandant que nous tenions compte des nuisances qui peuvent être générées par cette structure.

Je déteste la politique de la chaise vide. Je reprends comme exemple l?implantation au moment de l?instauration des rythmes scolaires. J?ai été contre, mais j?ai fait partie des négociations car je ne voulais pas pénaliser les enfants de mon arrondissement et encore moins les familles. J?ai donc participé à l?ensemble des réunions, à l?ensemble des projets et des propositions. Nous l?avons mis en ?uvre dans le 7e arrondissement. Je suis toujours contre, et alors ? Je considère qu?à un moment donné, il faut dépasser notre petit intérêt électoraliste. Je le dis à dessein pour ceux qui me disent le contraire dans le couloir et tiennent d?autres propos dans cette enceinte.

J?ai souhaité que ces exigences soient retenues. On a eu pendant une semaine, pour ne pas dire deux semaines, avec l?équipe de la Mairie de Paris et les Musées nationaux des discussions âpres. Parfois, je me suis un peu emportée et je souhaitais même quitter des réunions. On est revenu à la table de discussion pour obtenir et rédiger le v?u que je propose aujourd?hui.

Faire de la politique, pour moi, c?est un engagement...

Ça, c?est bon ? Non, ce n?est pas bon justement !

Faire de la politique, ce n?est pas d?essayer de sauver un poste ou une place dans un an et demi. Faire de la politique, c?est respecter Paris, certes, le 7e arrondissement, mais je pense aussi que nos engagements et les résultats de cette politique...

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Je vais vous demander de conclure.

Mme Rachida DATI, maire du 7e arrondissement. - ? sont effectivement d?aller bien au-delà des intérêts électoralistes. Moi, je pense que le 7e arrondissement et Paris valent mieux que cela.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

J?ai donc compris que vous acceptiez les amendements de l?Exécutif.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 80 du groupe les Républicains et Indépendants ainsi amendé.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u amendé est adopté. (2018, V. 376).

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 81 du groupe UDI-MODEM avec un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est adopté. (2018, V. 377).

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 82 avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est rejeté.

Je vais donc mettre aux voix par scrutin public le projet de délibération SG 35.

Les cartes ont-elles été distribuées ?

Vous vous rappelez, vous introduisez votre carte jusqu?à la butée.

Le vote est ouvert ? Les cartes sont distribuées ? C?est bon pour tout le monde ? Nous ouvrons le vote.

Le vote est ouvert.

Tout le monde a voté ?

(Les votes sont recueillis électroniquement).

Merci. Le scrutin est clos.

Les résultats sont les suivants :

Votants : 134

Pour : 94

Contre : 35

Abstentions : 5

NPPV : 0

Le projet de délibération est adopté. (2018, SG 35).

(Voir détail des votes en annexe page 500).

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Mes chers collègues, nous allons suspendre la séance pour que chacun puisse déjeuner. Nous reprendrons à 14 heures 45.