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Juillet 2018
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par Mme SIMONNET relatif aux tombes de communards et de soldats morts pour la France.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2018


 

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Le v?u n° 119 est relatif aux tombes de communards et de soldats morts pour la France.

Madame Danielle SIMONNET, vous avez la parole.

Mme Danielle SIMONNET. - Excusez-moi, ce n?est pas du tout le même sujet.

L?année 2018 est celle du centenaire de l?Armistice de 1918 et, dans le cadre de ce centenaire, les 90.000 Parisiens morts pour la France bénéficieront d?un monument contribuant à assurer la mémoire communale, jusqu?ici fractionnée dans chacun des 20 arrondissements de Paris. Nous rendrons également, en 2019, hommage aux libérateurs de 1944 et, en 2021, nous fêterons les 150 ans de la Commune de Paris. Il est extrêmement essentiel que la Ville accorde toute cette importance au travail de transmission de la mémoire ; je salue le travail qui est fait à cet effet.

Les corps des 350.000 soldats morts pour la France durant la Grande Guerre avaient été remis aux familles qui le souhaitaient et qui, surtout, le pouvaient et avaient donné lieu à l?époque à des concessions à perpétuité. Il en fut de même pour les communards. Il faut cependant constater que les tombes ne sont pas toutes entretenues, même très peu, et peuvent de fait procéder à une déclaration d?abandon. Or, nombre de tombes, tant de communards que de soldats morts pour la France pendant la Grande Guerre, qui sont en abandon, doivent pouvoir être entretenues et sauvées.

Or, il y a un problème juridique qui nous est relaté par les associations, notamment par l?association "Les Amis de la Commune de Paris". Elles ne peuvent pas engager un entretien ou obtenir l?entretien des tombes de ces communards tant que ces tombes sont liées à leurs héritiers, leurs descendants. A travers ce v?u, pour pouvoir engager un partenariat avec les associations pour garantir l?entretien de ces tombes et, surtout, faire en sorte qu?elles ne disparaissent pas de de notre mémoire collective ; pour que puisse se construire un travail d?appropriation collective de la mémoire communale, je propose, à travers ce v?u, que le Conseil de Paris inscrive?

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Merci?

Mme Danielle SIMONNET. - ? ces tombes historiques des communards et celles des soldats tombés pour la France dans la propriété communale, et engage un travail en concertation avec les associations qui le souhaitent pour en assurer l?entretien.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Merci.

La parole est à Mme Pénélope KOMITÈS pour vous répondre.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe. - Comme vous le rappelez, la Mairie de Paris est très engagée dans la valorisation de la mémoire des soldats morts pour la France lors de la Première guerre mondiale et des communards.

Je partage l?ambition exprimée dans ce v?u. Cependant, il n?est pas exact d?affirmer que la Ville de Paris pourrait reprendre toute tombe qui ne serait plus entretenue, puisque les tombes du XIXe et XXe siècle ont, pour certaines, été attribuées de manière perpétuelle et ne peuvent être reprises que lorsque la Ville peut prouver un état de dégradation très avancé.

En outre, répertorier l'ensemble des soldats morts pour la France, dont le retour des corps s'est échelonné jusqu'en 1930 et dont la mention "Mort pour la France" n'est pas toujours indiquée sur les tombes, nécessiterait de mettre en place des équipes de généalogistes au sein de la Mairie de Paris. Nous souhaitons privilégier d'autres pistes dont l'impact pédagogique nous semble plus important afin de valoriser la mémoire de la Commune comme celle de la Grande Guerre. Nous travaillons avec Catherine VIEU-CHARIER et le "Souvenir français" depuis maintenant presque deux ans, afin d'identifier progressivement les tombes des soldats morts pour la France dans nos cimetières, et de valoriser leurs biographies qui peuvent être consultées aux emplacements de leur sépulture via une application mobile. La mémoire de la Commune de Paris fait également l'objet d'un travail très important de mise en valeur. Il y a encore quelques mois, il y a eu une exposition sur les grilles de l'Hôtel de Ville. On va poursuivre ces initiatives mais, au vu de ces éléments, Madame SIMONNET, je vous propose de retirer votre v?u.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Danielle SIMONNET, souhaitez-vous maintenir votre v?u ?

Mme Danielle SIMONNET. - Oui, je maintiens mon v?u.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Il y a une demande d'explication de vote d'Alexandre VESPERINI.

M. Alexandre VESPERINI. - Je voudrais faire deux observations. La première, Danielle SIMONNET soulève un vrai sujet, celui de l'entretien de très nombreuses tombes au Père-Lachaise, le Père-Lachaise qui a été le théâtre des derniers massacres de la Commune de Paris.

Cela étant dit, j'ai un petit problème avec ce v?u. Premièrement, je crois qu'il y a un petit amalgame. Des gens sont morts pour la France, d'autres sont morts pour la Commune. Il ne faut pas oublier que la Commune a tout de même été une véritable boucherie pour les Parisiens, mais il y a eu aussi une cinquantaine d?otages.

Le 150e anniversaire de la Commune de Paris doit être l'occasion d'aborder cette histoire, en cicatrisant un peu tout cela et en ne faisant pas de la politique en essayant de commémorer cet événement très important de l'histoire de Paris. Je suis un peu gêné du fait que, par ce v?u, on mette sur le même plan la Commune de Paris, la Grande Guerre?

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Il vous reste trois secondes pour votre deuxième point.

M. Alexandre VESPERINI. - Le deuxième point : tout ce qui aura trait à la commémoration de la Commune de Paris devra, à mon avis, faire l'objet d'un groupe de travail, de quelque chose de plus ample qui devra évidemment recouvrir, Danielle SIMONNET a raison sur ce point, l'hommage qui doit être fait aux soldats qui, bien souvent, ont été exécutés sans aucune forme de procès par les troupes versaillaises. S'il est maintenu, je m'abstiendrai.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Le v?u est maintenu.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 119 avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u est rejeté. Dépôt de questions d'actualité.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, adjoint, président. - Avant de suspendre la séance, je vous informe que des questions d'actualité ont été déposées. La première émane du groupe Ecologiste de Paris. Elle est posée à Mme la Maire de Paris et à M. le Préfet de police et est relative "à la baisse de la pollution de l'air sur le périphérique". La deuxième question posée par le groupe Communiste - Front de Gauche à Mme la Maire de Paris concerne "les rythmes scolaires à Paris". La troisième question d'actualité émane du groupe Parisiens, Progressifs, Constructifs et Indépendants. Elle est adressée à Mme la Maire de Paris et à M. le Préfet de police et est relative "aux mesures de prévention et de maintien de la sécurité prévues cet été". La quatrième question, posée par le groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants, à Mme la Maire de Paris, est relative "aux actes homophobes à Paris". La cinquième question du groupe les Républicains et Indépendants adressée à Mme la Maire de Paris et à M. le Préfet de police est relative "à la sécurité". La sixième question émane du groupe Démocrates et Progressistes à Mme la Maire de Paris. Elle est relative "à la transformation de la gestion des ressources humaines". La septième question est posée par le groupe UDI-MODEM à Mme la Maire de Paris. Elle concerne "l'armement de la police municipale". La huitième question du groupe Socialiste et Apparentés à Mme la Maire de Paris est relative "à la lutte contre l'homophobie". Enfin, la dernière question d'actualité est posée par Mme Danielle SIMONNET à Mme la Maire de Paris et concerne "Autolib' et Vélib'".

Mes chers collègues, nous suspendons la séance pour le repas. Nous nous retrouvons à 14 heures 45 pour l'examen des questions d'actualité.

A tout à l'heure.

Suspension et reprise de la séance.

(La séance, suspendue à douze heures cinquante-cinq minutes, est reprise à quatorze heures cinquante minutes, sous la présidence de Mme la Maire de Paris).

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Mes chers collègues, la séance est reprise.