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Juillet 2018
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2018 DU 148 - Maine-Montparnasse (6e, 14e, 15e) Nouvelle Tour Montparnasse - Principe de déclassement, dépôt d'autorisations administratives. Convention de projet urbain partenarial. Vœu déposé par le groupe les Républicains et Indépendants relatif au devenir du site 13-19, avenue du Maine (15e).

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2018


 

Mme Afaf GABELOTAUD, adjointe, présidente. - Nous examinons le projet de délibération DU 148, l'amendement technique de l'Exécutif n° 219 ainsi que le v?u référencé n° 155.

DU 148 : Maine Montparnasse, 6e, 14e et 15e, nouvelle Tour Montparnasse - Principe de déclassement, dépôt d'autorisations administratives, projet urbain partenarial, et je donne la parole à M. LECOQ.

Il n'est pas là.

Quelqu'un prend la parole à sa place, Monsieur GOUJON ?

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Je suis inscrit, oui. Merci, Madame la Maire.

Voilà quelques semaines, a été lancée une très large concertation sur l'un des projets d'aménagement majeurs, on en étudie beaucoup ici, des 10 dernières années : la reconstruction du quartier Montparnasse, dont l'ambition, en effaçant les affres d'un urbanisme sur dalle des années 60-70 obsolète et spectaculairement symbolisé par la Tour Montparnasse, qui entamera ainsi une seconde vie en quelque sorte, de dessiner un nouveau c?ur de ville à visage humain, renouant par la même avec le renom d'un quartier qui a tant contribué au rayonnement international et artistique du Paris des années 1900.

Les grandes lignes de ce projet colossal recueillent pour l'instant un certain consensus, en tout cas sur la nécessaire qualification du quartier portant à la fois sur le bâti, l'espace public, et sa végétalisation maximale dans le prolongement de l'arc vert structurant qui traversera le 15e, ainsi qu'une meilleur accessibilité pour le jardin Atlantique.

Même si je regrette que la Ville ne se préoccupe que maintenant de la coordination des projets publics, S.N.C.F., et privés, Unibail, initiée sur ce site voilà plusieurs années, et à laquelle j'incitais dès mon premier mandat, la mise en cohérence est encore atteignable et hautement souhaitable bien sûr.

Je me réjouis de la livraison prochaine de la première tranche de la gare Montparnasse rénovée que nous avons visitée il y a quelques jours ensemble, avec Jean-Louis MISSIKA, une gare qui proposerait une offre commerciale supplémentaire ouverte sur le quartier même le dimanche.

A ce propos, dans le cadre de notre politique active de l'emploi, dans quelques jours nous signerons à la mairie du 15e, une "charte emploi" avec le groupe "Altarea Cogedim" et la S.N.C.F., afin d'offrir 800 emplois en deux ans pour animer les 130 magasins nouveaux de la gare.

Un bémol néanmoins, malgré l'augmentation du trafic de 70 à 80 millions en 2030, nous nourrissons des inquiétudes sur l'explosion de l'offre commerciale avec le centre Gaîté d'un côté, les 130 commerces de la gare de l'autre, ceux du nouveau centre commercial Montparnasse face à la gare dite Vaugirard, et surtout face à un petit commerce de proximité dont la promotion pourrait être assurée, c'est une proposition que je fais, par ces grandes entités sur le modèle un peu de ce qui était engagé, Jean-Louis MISSIKA s'en souvient sûrement, avec le centre commercial Beaugrenelle et les associations des rue Saint-Charles et du Commerce.

Les copropriétaires de la Tour Montparnasse ont désigné voilà plusieurs mois les architectes qui devront réaliser une tour de son temps, réhabilitée par un signal architectural symbole de la révolution énergétique, une tour reflet d'identités multiples, accueillante et ouverte aux Parisiens, surtout avec de nouveaux visages visibles de l'extérieur : commerces, restaurants, jardins, espaces de "coworking" et de support d'art, une tour éolienne qui continuera à être illuminée la nuit.

Pour le C.I.T., la question se pose et je la pose, cher Jean-Louis MISSIKA, de maintenir la présence même d'un bâtiment de cette ampleur, qui obstruera d'une certaine façon les nouvelles perspectives.

Dans le 14e, Unibail a commencé ses travaux sur l'îlot Gaîté, dans le centre commercial confié malheureusement à Leclerc, et l'hôtel Pullman.

Ces initiatives privées multiples auxquelles s'ajoutent encore l'îlot Gaîté avec son centre Leclerc - et la C.N.P. au-dessus de la gare - doivent absolument s'intégrer dans un projet urbain cohérent dont nous sommes finalement les garants. Il nous faut aussi nous assurer de la préservation de la mixité des usages qui fait de Montparnasse, un quartier si attractif, pôle tertiaire majeur, vie nocturne animée, équipements publics adaptés, irrigué par une offre de transport en commun exceptionnelle, quoique souvent saturée au niveau du métro.

Il nous faut aussi penser les grands enjeux de cette mutation urbaine, ne pas nous tromper dans les aspirations des riverains et des usagers, définir par exemple les hauteurs à ne pas dépasser, les volumes à respecter.

Pour sa part de responsabilité la plus directe, la Ville doit réaménager l'espace public de façon à passer d'un urbanisme sur dalle à un urbanisme sur rue. La future ligne de bus à haut niveau de service, qui nous a été présentée il y a quelques jours, fluidifiera la circulation boulevard Vaugirard grâce à un couloir de bus empêchant les véhicules en double file le long de la gare, un réaménagement de la gare routière et une vélo-station.

Avant que soit recomposée la place Raoul-Dautry, j'ai demandé, en étroite concertation avec les commerçants, une information opérationnelle pour les automobilistes et les motards en recherche d'un stationnement dans la gare et pas sur la voirie extérieure.

La réouverture de la sortie du métro en contrebas de la rue de l'Arrivée permettrait aussi de fluidifier les déplacements des usagers du métro et de désengorger les autres sorties.

Je propose aussi de prolonger le couloir de Vaugirard, végétalisé et délivré de ses motos, jusqu'à la place du 18 Juin 1940, redessinée et végétalisée elle aussi, et de réorganiser la mobilité touristique avec le maintien d'un axe routier. En sous-sol ou en surface, cet axe routier me paraît devoir être maintenu avenue du Maine sous peine de thrombose dans les rues alentour.

La prolongation de la rue de Rennes, quant à elle, jusqu'à la gare par une rue piétonne arborée, constituera l'axe majeur Nord/Sud de ce projet, avec le transfert du centre commercial actuellement hors sol, des collectivités de la Ville en espace de vie avec des commerces de plain-pied et des parkings.

Quant à l'axe Est/Ouest, il pourrait relier deux nouvelles placettes à l'extrémité du boulevard Edgard-Quinet, du couloir Vaugirard, et ces quartiers redessinés pourraient accueillir des équipements multiples : bureaux, hôtels, mais aussi crèche, piscine rénovée, voire un campus universitaire assorti de "Fab Lab", d'espaces de "co-working", d'incubateurs de "start-up", sans renoncer à une offre culturelle liée à l'histoire des lieux.

Mme Afaf GABELOTAUD, adjointe, présidente. - Il faut conclure !

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Je conclus en disant que ce projet ambitieux ne saurait être conduit que de façon collaborative, habitants bien sûr, mais aussi acteurs économiques, culturels, sociaux et institutionnels, c'est le sens de la concertation engagée qui devra se développer dans le cadre d'un comité de site permettant à tous les partenaires d'évoquer leurs besoins, d'exprimer leurs préoccupations, de réduire aussi l'impact des travaux au maximum et de peser sur les contours de ce projet qui devra constituer une référence du nouvel urbanisme parisien aux yeux de tous ceux qui, dans le monde entier, s'émerveillent au seul prononcé de Montparnasse.

Mme Afaf GABELOTAUD, adjointe, présidente. - Je donne la parole à Mme Pascale BLADIER-CHASSAIGNE.

Mme Pascale BLADIER-CHASSAIGNE. - Merci, Madame la Maire.

Comme le disait Philippe GOUJON, comme ce fut décidé lors des Conseils de Paris de mars et de mai derniers, ce projet urbain Maine-Montparnasse est officiellement lancé.

Nous ne pouvons que nous réjouir de l'opération d'aménagement de cet espace dont le potentiel est resté trop longtemps sous-exploité.

Le plan, tel qu'il nous a été présenté, est bon pour Paris, il l'est pour le 15e arrondissement, malgré les quelques réserves exprimées à l'instant par Philippe GOUJON. C'est pourquoi nous voterons ce projet de délibération relatif à la nouvelle tour Montparnasse.

Assurer la dynamisation de ce secteur, le rendre à la fois plus écologique, plus esthétique et plus adapté aux flux multiples qu'il est déjà amené à accueillir et qu'il l'accueillera dans le futur, est une excellente chose.

Pour autant, un soutien sincère ne saurait exclure quelques interrogations, voire quelques légitimes réserves. C'est notamment sur ce point des flux et du stationnement que je souhaiterais attirer votre attention.

Cet espace est le plus riche en parkings automobiles de la capitale, 6.000 places de parking enterrées à proximité. Parallèlement, on observe une agglutination sans précédent des deux-roues motorisés dans cet espace, notamment boulevard du Montparnasse, mais également dans bon nombre de rues avoisinantes. Il est bien trop facile de mettre cela sur un prétendu manque de civisme chez les conducteurs de deux-roues motorisés. En réalité, le nombre de deux-roues motorisés ne cesse d'augmenter dans Paris, mais les parkings existants ne sont pas adaptés à cette évolution. Il faudrait céder davantage de places dévolues aux voitures, aux deux-roues motorisés. Ce projet de nouvelle tour Montparnasse va créer de nouvelles opportunités, peut-être l'occasion de créer des places de stationnement adaptées et ainsi d'en finir avec le stationnement sauvage des deux-roues motorisés dans cet espace. Dans le plan proposé, on peut étudier des options pour régler ce problème. Pourquoi ne pas adapter la vélo-station, prévue dans l'espace souterrain appartenant à la Ville, aux deux-roues motorisés ? Pourquoi ne pas utiliser pour le stationnement des deux-roues motorisés, une part ou la totalité des 90 mètres carrés sur lesquels un programme reste à définir au sein du bâtiment unitaire proposé par le cabinet A.O.M. C'est la raison pour laquelle, pour un projet Maine-Montparnasse réussi, et pour satisfaire équitablement tous les Parisiens et tous les usagers de ce secteur, il faut absolument traiter cette question fondamentale d'un meilleur partage de l'espace public. Oui, il faut faire plus pour le développement du vélo à Paris. Oui, il faut assurer le respect des piétons dans cet espace si riche en flux de toute nature. Oui, il faut optimiser l'usage des transports en commun. Ce sont des objectifs que nous partageons tous, car il s'agit de faire de Paris une ville de notre siècle. Pour autant, il ne faudrait pas, une fois encore, oublier les conducteurs de deux-roues motorisés. Paris ne saurait être la capitale moderne et à l'écoute de ses habitants qu'elle aspire à devenir en négligeant un pan entier des usagers de sa voirie. Le projet Maine-Montparnasse est l'occasion ou jamais de prendre enfin la pleine mesure des problématiques vécues au quotidien par les conducteurs de deux-roues motorisés dans Paris et de leur accorder une part de notre espace public proportionné à leurs besoins, car répondre à l'intérêt général, c'est aussi répondre à leurs besoins.

Je vous remercie.

Mme Afaf GABELOTAUD, adjointe, présidente. - Merci, Madame BLADIER-CHASSAIGNE.

Je donne la parole à M. MISSIKA.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Il y a deux orateurs !

Mme Afaf GABELOTAUD, adjointe, présidente. - Absolument.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - D'accord. Merci à tous nos collègues pour leurs interventions. Je crois que le Conseil de Paris a déjà eu l'occasion de s'exprimer longuement, concernant le lancement de la consultation d'urbanisme et donc des grands objectifs pour ce quartier que Philippe GOUJON d'ailleurs a rappelés pour l'essentiel et qui font consensus dans cette Assemblée, le fait de retrouver un urbanisme de rue plutôt que de dalle, de moderniser les commerces, de retrouver l'attractivité culturelle du quartier, de prolonger la rue de Rennes jusqu'à la gare?

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Jusqu'à la mer !

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Mais cela est réservé à Jean-Pierre LECOQ !

En cohérence avec ces objectifs, les copropriétaires de la tour Montparnasse souhaitent déposer un permis de construire fin juillet 2018. Pour cela, il est au préalable nécessaire de délibérer sur un principe de déclassement en vue de cession de portions localisées du domaine public viaire et sur l'autorisation à donner à la Maire de Paris pour signer avec le syndicat secondaire A des copropriétaires de l'ensemble immobilier de la tour Montparnasse, une convention de projet urbain partenarial. Ce P.U.P. est quand même d'un montant de 4.341.079 euros TTC. Je crois que c'est le plus gros P.U.P. de la mandature.

Il permettra de financer notamment les travaux d'espaces publics relatifs aux trottoirs riverains à la tour, à l'adaptation de la place Raoul-Dautry, à la réorganisation de la traversée rue de l'Arrivée au droit de la tour.

C'est une très bonne nouvelle pour le quartier, de pouvoir lancer rapidement ce projet qui va enclencher une dynamique et va nous permettre de revoir les espaces publics environnants.

En parallèle, nous avons travaillé avec les quatre équipes d'urbanistes sur le schéma global. Nous ferons en sorte que tous les travaux entrepris autour de la tour n'obèrent pas le grand projet.

J'ajoute, pour Mme Pascale BLADIER-CHASSAIGNE comme pour Philippe GOUJON, que les questions qu'ils ont soulevées, nous devrons les traiter justement dans l'atelier Montparnasse et en liaison avec ces quatre équipes internationales d'urbanistes.

Cette tour fixe le cap de ce que l'on peut espérer pour le futur quartier : une plus grande mixité d'usage, une exemplarité environnementale, une meilleure ouverture sur la ville. Nous travaillons en confiance avec les copropriétaires de la tour qui financent à 100 % cette rénovation. Je crois que c'est un projet clé pour l'attractivité de Paris, et bien sûr des trois arrondissements concernés, et pour la qualité de vie des Parisiens.

Un mot sur le v?u rattaché relatif au devenir du site 13-19, avenue du Maine.

Sur le site de l'avenue du Maine, il y a plusieurs sujets, tout d'abord des sujets fonciers. C'est un site occupé aujourd'hui par l'E.N.G.R.E.F. et le Ministère de l'Agriculture.

Cette adresse fait partie des sites dont l'Etat est propriétaire, qu'ils doivent normalement céder à la Ville, et sur lesquels nous menons des discussions complexes avec eux. Nous attendons à ce jour encore des décisions de leur part, notamment sur ce site. Il y a des sujets patrimoniaux et architecturaux, il y a eu plusieurs échanges avec les A.B.F., la Commission du Vieux-Paris et la R.I.V.P. à ce sujet.

Ce site est complexe. Il comprend des bâtiments d'époques très variées qui sont accumulés au fur et à mesure des années. Il y a un hôtel particulier, mais aussi des bâtiments des années 20, 40 et 60. Il faut aboutir tous ensemble à un projet cohérent, et je ne doute pas que nous réussirons à aboutir, et des sujets programmatiques avec la question des équipements que vous évoquez.

Je suis favorable à ce que nous poursuivions les échanges sur ce site stratégique. Je souhaite que les cinq derniers considérants soient supprimés puisqu'ils sont l'objet même des échanges que nous devons avoir, et je suis favorable à ce v?u s?il est amendé en ce sens. Je vous remercie.

Mme Afaf GABELOTAUD, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur le Maire.

Je mets aux voix, à main levée, le projet d?amendement n° 219 déposé par l?Exécutif. Qui est pour ? Contre ?

Vous voulez une explication de vote ?

C?est après, très bien.

Abstentions ?

Le projet d'amendement n° 219 est adopté.

Nous passons au v?u n° 155 et j?ai une explication de vote de M. GOUJON.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Ce v?u, que nous avons déposé avec ma collègue Claire de CLERMONT-TONNERRE, a pour objet de pouvoir faire en sorte que la mairie du 15e soit associée à la réalisation future des constructions qui ont lieu sur ce site, étant donné que nous avons appris simplement, hélas, par la presse, qu?il y aurait la réalisation de logements sur ce site, sans qu?il n?y ait eu ni concertation ni information.

Je suis tout à fait rassuré par les déclarations que vient de faire notre collègue Jean-Louis MISSIKA. C?est la raison pour laquelle j?accepte les modifications du v?u tel qu?il les a demandées.

Mme Afaf GABELOTAUD, adjointe, présidente. - Merci.

L?amendement technique n° 219 a été adopté.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe les Républicains et Indépendants, amendée par l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2018, V. 410).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DU 148 ainsi amendé.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération amendé est adopté. (2018, DU 148).