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2018 DAE 156 - Subvention (25.000 euros) et convention avec "La mutuelle des étudiants de France" (LMDE).

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2018


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Le projet de délibération DAE 156 est relatif à l'attribution d'une subvention et d'une convention avec la Mutuelle des étudiants de France. Alexandre VESPERINI, un de ses sujets favoris.

M. Alexandre VESPERINI. - Merci, Monsieur le Président. Chers collègues, à chaque Conseil de Paris, quelques dizaines - en l?occurrence, une dizaine à ce Conseil - de subventions sont accordées par la Ville de Paris sans évaluation du travail effectué par les associations subventionnées, avec très peu de documentation sur l?utilisation qui sera faite par ladite association, par l?organisme, des deniers publics de la Ville de Paris et dont on comprend très vite que, en fait, c?est une sorte de petit cadeau offert à la galaxie politique qui entoure l?Exécutif municipal qui dirige cette Maison depuis maintenant 2001.

Dans cette catégorie, il y a le fameux projet de délibération qui nous arrive aujourd?hui de soutien financier à la "LMDE", l?ex-M.N.E.F., donc une mutuelle qui, je le rappelle, a tout de même frôlé la faillite il y a moins de deux ans. Pour mettre en faillite une mutuelle, il faut tout de même le faire. La Mairie de Paris décide donc de subventionner la "LMDE", en grande partie, je le répète, du fait d?accointances politiques sur lesquelles il était important de revenir pour commencer.

Concrètement, de quoi s?agit-il ? Il s?agit de 25.000 euros qui seront confiés à la "LMDE", auxquels il faudra d?ailleurs rajouter 9.000 euros car un autre projet de délibération complète celui dont je parle. Avec 25.000 euros, la "LMDE" enverra donc deux intervenants ou deux C.D.D. pour interviewer des étudiants qui résident dans les résidences du C.R.O.U.S., pour savoir comment ils vont, s?ils ne sont pas trop gênés par le sommeil, le stress, les partiels, si ce n?est pas trop dur. C?est très flou dans le projet de délibération. En gros, ces deux C.D.D. feront un peu de psychanalyse dans les résidences du C.R.O.U.S., deux fois par semaine, pendant trois heures à chaque fois. Tout cela, c?est donc 25.000 euros pour la Ville de Paris.

Très franchement, si l?une des premières mutuelles de France n?est pas capable de trouver en interne les moyens de réaliser cette mission, je comprends mieux pourquoi la "LMDE" a été en situation de faillite et pourquoi elle a été placée sous sauvegarde il y a deux ans.

En réalité, je m?interroge - même si j?ai une petite idée tout de même - sur l?apport stratégique de cette subvention. Encore une fois, c?est du saupoudrage.

Vous me direz que, oui, 25.000 euros, ce n?est pas grand-chose sur les dépenses de la Ville de Paris, mais enfin, c?est une question de principe, premièrement ; et deuxièmement, je préférerais que la Mairie de Paris subventionne une association ou une mutuelle, par exemple la "LMDE", pour 50.000 ou 60.000 euros pour un vrai projet, avec de vrais contours que l?on puisse évaluer, avec de vraies documentations.

En l?occurrence, vous nous présentez un projet de délibération qui est une page recto-verso, encore une page. Je commence à en avoir assez de ces projets de délibération, je commence à en avoir assez de ces subventions de saupoudrage. La Ville de Paris consacre tout de même, chaque année, 400 millions d?euros aux associations. 4 % seulement du tissu associatif parisien bénéficie des subsides publics, il faut revoir ce système.

C?est la raison pour laquelle, avec le groupe PPCI, nous voterons contre ce projet de délibération. Merci.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

La parole est à Mme Marie-Christine LEMARDELEY.

Mme Marie-Christine LEMARDELEY, adjointe. - Monsieur VESPERINI, permettez-moi de vous dire d?abord que je suis très rassurée. Lorsque vous avez déclaré publiquement, hier, que vous aviez changé de parti politique, je pensais que vous aviez changé d?état d?esprit, mais il n?en est rien, vous êtes toujours du vieux monde. Donc, tout va bien les choses sont claires.

Le ton que vous adoptez pour parler de cette subvention me paraît tout à fait déplacé, en sachant que la deuxième cause de mortalité des jeunes de 18-25 ans, c?est le suicide. Les étudiants, bien sûr, font partie de cette catégorie particulièrement fragile. C?est le constat que nous faisons, évidemment en partenariat avec l?adjointe à la Santé, Anne SOUYRIS, et avant elle, avec Bernard JOMIER.

Nous avons donc décidé de soutenir ce dispositif intitulé "Cité'Zen" qui consiste à faire intervenir des étudiants, non pas pour faire, comme vous dites d?un air très dédaigneux, de la psychanalyse dans des résidences du C.R.O.U.S., ce n?est pas du tout cela. Ce serait ridicule si l?on faisait cela. Il s?agit vraiment de donner accès aux étudiants à tous les parcours de soins qu?ils ignorent, faire des premiers contacts pour qu?ils puissent s?adresser aux bonnes personnes, en sachant que la santé psychique est vraiment un grand problème dans la population étudiante.

La première année a été un succès et, bien sûr, il existe un comité de pilotage très sérieux qui comporte les partenaires qui sont, je les cite :

- le Centre René Capitant,

- l?association "APASO",

- les deux services de médecine préventive parisiens des universités (les SIUMPPS),

- la C.P.A.M. de Paris,

- la Fondation Santé des Etudiants de France.

Si cela vous paraît léger, vous me direz ce que vous voulez. Je vais vous dire qui a rejoint ces premiers partenaires :

- la MILDECA, Mission interministérielle de lutte contre les conduites addictives,

- l?Institut Mutualiste Montsouris,

- l?Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie,

- le Centre régional d?information et de prévention du Sida.

La reconnaissance institutionnelle est, par ailleurs, confortée par le fait que le dispositif a fait l?objet d?une présentation au Congrès de la Société française de Santé publique en octobre dernier. Il est mentionné comme très prometteur puisque c?était la première année - il n?était pas encore question d?évaluation - dans le rapport de juin 2017 intitulé "Accès aux soins psychiatriques et psychologiques des étudiants en Ile-de-France" du Dr MACOTTA de l?Institut Montsouris, mandaté par l?A.R.S. pour effectuer un état des lieux sur l?accès des étudiants aux soins psychiatriques et psychologiques en Ile-de-France.

Le succès de ce dispositif qui allie "proximité et confidentialité" réside dans le fait que des étudiants qui sont des pairs sont des passerelles entre les étudiants et les structures locales adaptées à leurs problématiques. Ils sont formés par des professionnels au système de santé, aux structures de soins, à la prévention primaire et à une certaine écoute.

Les objectifs initiaux d?améliorer l?accès aux droits, de rompre l?isolement des étudiants et de repérer des situations de désinformation ou de détresse sont donc atteints. Avec Anne SOUYRIS, nous sommes donc très heureuses de vous proposer de continuer à soutenir ce programme qui, pour l?instant, est développé dans quatre résidences du C.R.O.U.S. et qui va s'étendre à d'autres résidences identifiées par le C.R.O.U.S. comme étant prioritaires.

Je vous engage donc à voter ce projet de délibération.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAE 156.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2018, DAE 156).