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Juillet 2018
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le GEP relatif à un monument aux animaux morts sur le champ de bataille de la Première Guerre mondiale. Vœu déposé par Mme SIMONNET relatif à un monument aux animaux morts sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2018


 

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Nous examinons maintenant les v?ux n° 96 et n° 97 relatifs à un monument aux animaux morts sur le champ de bataille de la Première Guerre mondiale.

La parole est à M. Jacques BOUTAULT pour 2 minutes.

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - Nous célébrons cette année le centenaire de l?Armistice de la Grande Guerre. La Ville de Paris participe, fort heureusement, aux nombreuses commémorations organisées en hommage aux victimes de ce conflit qui devait être la "Der des Ders". 94.145 Parisiens morts pour la France auront un monument qui leur sera érigé au Père-Lachaise. Nous en sommes ravis.

Mais les travaux de recherche récemment consacrée à la guerre font apparaître que les animaux ont été particulièrement victimes de ce conflit, avec 11 millions de victimes tombées sur les champs de bataille. Un quart des chevaux de France a été réquisitionné pour les besoins du front, une population d'animaux stressés entassés dans des wagons, effrayés par les détonations, épuisés, usés, anémiés, exposés aux épidémies, et finalement, broyés sous les bombes. Ces chevaux ont largement participé à la victoire de la France.

L'armée française elle-même a décoré au titre de l'ordre de la Nation le pigeon Vaillant pour avoir transporté un message important au travers des lignes ennemies. Ce n'est pas faire injure aux victimes humaines mortes dans ce conflit que d'honorer aussi ceux qui ont été leurs auxiliaires fidèles, ont souffert et donné leur vie sur les champs de bataille. Ottawa, Bruxelles, Canberra ou encore Londres, et même Lille, possèdent un monument en mémoire des animaux. Cette initiative va dans le sens de la préoccupation grandissante des Parisiennes et des Parisiens pour la condition animale, et permettra de rendre hommage à ces êtres sensibles qui font désormais partie aussi de notre histoire.

Je vous remercie.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Merci.

La parole est à Mme SIMONNET, s'il vous plaît.

Mme Danielle SIMONNET. - Pour compléter les propos de mon collègue Jacques BOUTAULT, auxquels j'adhère à 100 %, je peux vous dire que lorsque l'association "Zoopolis" m'a interpellée sur cette nécessité de créer un monument aux animaux morts sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale, c?est vrai que ma première réaction a été l'étonnement. En même temps, les travaux des historiens, que l'association m'a permis de découvrir, ont été extrêmement intéressants et également la reconnaissance, d'ailleurs, par l'armée française elle-même. Il a été dit précédemment que l'armée française avait décoré le pigeon Vaillant, mais elle a aussi décoré le chien Charlot, par exemple, qui a reçu la Croix de guerre pour avoir sauvé des poilus ensevelis dans les tranchées.

D'ailleurs, de nombreux témoignage de poilus font état, justement, de l'importance qu'ont pu jouer les animaux, que ce soit dans leur rôle immédiat dans les batailles - je pense aux 11 millions de chevaux, ânes, mulets, également aux chiens, pigeons -, mais aussi dans le rapport au moral des troupes dans les tranchées, dans la dureté du combat.

Donc, il ne s'agit bien évidemment pas de mettre sur le même plan les êtres humains et les animaux, et encore moins de minimiser la mémoire des soldats morts, mais, justement, dans le respect de cette mémoire des soldats morts, qui, eux, ont tenu à bien des reprises à reconnaître l'importance qu'avait joué les animaux à leurs côtés, il me semble important de faire ce travail de mémoire. C'est pourquoi je vous invite véritablement à réfléchir par vous-mêmes sur le sens de ce v?u, qui est d'ailleurs soutenu par des associations d'anciens combattants, comme "Le Souvenir français" qui est une association incontournable concernant la Première Guerre mondiale.

Voilà pourquoi je pense que le Conseil de Paris doit émettre ce v?u pour que la Ville de Paris fasse élever sur son territoire un monument aux animaux morts sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale.

Je vous remercie.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Bien. Pour répondre, je donne la parole à Mme Catherine VIEU-CHARIER.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Historiquement, les animaux ont toujours été mobilisés, depuis la nuit des temps, depuis l?Antiquité, dans les conflits humains. Cela ne date pas de la Première Guerre mondiale. Je ne vais pas remonter à la guerre de Cent Ans et aux milliers, aux millions - aux milliards peut-être - d'animaux qui ont participé aux conflits. Je ne souhaite cependant pas que le centenaire de la Première Guerre mondiale serve à parler de ces questions de fond sans dire pour autant que celles-ci ne sont pas d'importance. Nous nous apprêtons à inaugurer le monument aux morts parisiens de la Première Guerre mondiale, cent ans après le sacrifice des soldats, et je ne souhaite pas introduire de confusion entre la mémoire des femmes et des hommes, d'une part, et l'histoire de la question animale, d'autre part.

Vous avez parlé de sensibilité. Les monuments qui sont érigés à Paris concernent beaucoup de choses. Il y a, notamment, vous le savez, l'énorme travail que nous avons fait dans les écoles parisiennes à propos des enfants juifs déportés pendant la Seconde Guerre mondiale. Je trouve qu'il y a quand même une différence fondamentale dans les commémorations, que nous devons souligner.

En revanche, bien sûr, la condition animale, que ce soit pendant la guerre ou pendant la paix, nous importe et il est tout à fait normal que nous nous intéressions à ce sujet, comme le font les historiens.

Par ailleurs, je voudrais dire que le monument aux morts qui va être inauguré le 11 novembre prochain, rend hommage aux Parisiens morts pour la France. L'appel d'un monument aux animaux morts revêt aussi une envergure nationale. Je souhaite que l'Etat se préoccupe de cette question étrange. Ce n'est pas à la Ville de Paris d'accueillir nécessairement, et encore moins à construire elle-même sur son territoire, un monument dont l'objet dépasse la dimension parisienne. J'ai donné mon avis personnel et je pense que cette question dépasse largement l'hémicycle.

Sommes-nous pour autant contre le fait de s'interroger sur les animaux morts pendant la Grande Guerre ? Bien sûr que non. Les hommages ne prennent pas nécessairement la pierre comme support. Dans notre cycle centenaire, qui va avoir lieu dès la rentrée, cette histoire spécifique est évoquée. Il va y avoir notamment une ciné-conférence autour du documentaire "Les chevaux de guerre", en présence du réalisateur de ce documentaire et avec la Garde républicaine, qui, vous le savez, est une garde à cheval. La projection sera suivie d'une discussion débat dans la salle. C'est peut-être l'occasion que vous veniez, justement, pour élargir le propos et nous indiquer ce que vous en pensez. C'est aussi, là, une manière pédagogique et efficace de s'intéresser à cette problématique et de faire connaître son histoire. Mais, en tous les cas, à l'heure où nous sommes et dans l'état de réflexion où nous sommes, j'émets un avis défavorable à ces deux v?ux.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Je vous remercie.

Pour une explication de vote de M. de FROMENT.

M. Jean-Baptiste de FROMENT. - Merci, Madame la Maire.

A titre personnel, j'étais plutôt favorable à ce projet de v?u. Je crois que l'on est dans une société qui évolue. Le Code civil a reconnu, il y a trois ans, pour la première fois, que les animaux étaient doués de sensibilité, donc plus des "objets meubles". Je crois qu?il faut, évidemment, faire une distinction très nette entre des êtres humains, des soldats qui sont morts pour la France, et des animaux qui ont été utilisés et ont souffert. Ce n?est évidemment pas comparable. Il ne s'agit donc pas de les mettre sur un pied d'égalité ou de les assimiler, mais la prise en compte de la souffrance animale au cours de la Première Guerre mondiale me semble une chose qui doit être faite. Après, j'entends toutes les réserves, les objections, les nuances, de Mme VIEU-CHARIER et j'y suis particulièrement sensible. Sans doute qu'il faut avancer dans la réflexion et être plus nuancé, mais, à titre personnel, je voterai pour ce v?u.

Merci.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 96 du groupe Ecologiste de Paris, avec un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u est rejeté.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 97 de Mme SIMONNET avec un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ? Le v?u est rejeté. Je vous remercie.