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Juillet 2018
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Vœu déposé par Mme SIMONNET relatif à l'Aéroport de Paris. Vœu déposé par l'Exécutif.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2018


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Les v?ux référencés n° 182 et n° 182 bis sont relatifs sont relatifs à A.D.P., soit Aéroport de Paris.

La parole est à Mme Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Je réalise que je n?ai pas eu le v?u n° 182 bis.

S?il peut m?être amené ou si quelqu?un l?a à côté de moi, ce ne serait pas mal.

Ce v?u n° 182 est contre la privatisation de l?aéroport de Paris. Comme vous le savez, le Gouvernement a décidé de privatiser l?aéroport de Paris. Or, l?aéroport de Paris, c?est une frontière, c?est une première entrée dans la Capitale. Il préoccupe donc la Ville de Paris de savoir ce que deviendra l?aéroport de Paris.

Il me semble essentiel de prendre conscience que, d?un point de vue de la sécurité, du contrôle des entrées, de la souveraineté nationale dans ce contrôle, l?aéroport de Paris ne doit pas être privatisé. L?Etat détient aujourd?hui 50,6 % du capital et des droits de vote du groupe "Aéroports de Paris". Ce projet de Gouvernement de modifier le cadre juridique régissant les participations de l?Etat dans le groupe "A.D.P." dans une logique de privatisation doit être rejeté.

Je souhaite, à travers ce v?u :

- Que la Maire de Paris contribue au débat public sur l?avenir d?"A.D.P." et le projet de privatisation du Gouvernement et qu?elle affirme, en notre nom à toutes et tous, la volonté de la Ville de Paris que cette infrastructure reste sous contrôle public de l?Etat ;

- Que l?Etat conserve donc, a minima, ses participations et droits de vote à leur niveau actuel ;

- Que la Ville de Paris, les communes les plus touchées par l?impact des couloirs aériens et de leurs 250.000 rotations annuelles, les départements concernés par les infrastructures aéroportuaires et de transport des passagers et de marchandises vers Paris et la Région Ile-de-France soient reçus par le Gouvernement pour débattre de l?avenir et du statut d?"A.D.P.". Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - La parole est à M. Jean-François MARTINS.

M. Jean-François MARTINS, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Merci, Danielle SIMONNET, car votre v?u nous permet d?avoir un vrai débat, court, mais un débat sur la stratégie aéroportuaire de Paris. C?est un débat que je souhaite que nous ayons plus souvent dans cette Assemblée.

"A.D.P.", ce sont les aéroports de Paris. Ils concourent à notre attractivité et à la connectivité de notre territoire et il est important que nous prenions position.

Nous vous soumettons un v?u de l?Exécutif qui est peut-être un peu moins radical que le vôtre, Madame SIMONNET, mais qui rappelle, en tout cas, certains éléments sur lesquels nous pourrons être d?accord :

- Que le Conseil de Paris émette le v?u que la Ville de Paris ainsi que l?ensemble des collectivités concernées soient associées à ce processus d?éventuelle cession et sur la réflexion de l?avenir d?"Aéroports de Paris", tant il est stratégique pour nos territoires ;

- Et que, dans le cadre de cette réflexion, l?Etat garantisse, en cas d?éventuelle cession totale ou partielle d?"A.D.P.", qu?il restera un rôle de régulateur des activités aéroportuaires pour la puissance publique et que ce régulateur soit bien au service des territoires et de la stratégie d?attractivité de la France et de Paris ;

- Que les modalités de concession éventuelle permettent d?assurer une compétitivité maintenue des aéroports parisiens en particulier sur les redevances et leur impact sur le coût d?accès à Paris pour les passagers, une stratégie aéroportuaire orientée vers l?investissement et la croissance durable du trafic et en particulier le volume de voyageurs entrants ; et enfin, la préservation de l?emploi et des conditions de concession qui engageraient d?éventuels opérateurs vers la nécessaire excellence environnementale et la réduction des nuisances. Les exemples récents, de Toulouse ou de Lyon, nous invitent à une certaine prudence parce que bien opérer économiquement un aéroport ne veut pas dire opérer cet aéroport au service des intérêts du territoire où il s?insère. Ce rappel de la Maire de Paris et de notre Assemblée, à destination du Gouvernement, pour être partie prenante de ces négociations, nous aidera tous, je le crois, à faire respecter les intérêts de Paris et pas seulement les intérêts de l?Etat actionnaire.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci. J?ai trois demandes d?explication de vote. On commence avec Jérôme GLEIZES.

M. Jérôme GLEIZES. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, nous avons lu le v?u de l?Exécutif. C?est à travers ce type de v?ux que nous comprenons que la mue écologiste est un peu complexe, un peu difficile car ce v?u est une ode à la croissance du transport aérien. Il oublie donc la partie du Plan Climat que nous avons votée, notamment sur la compensation carbone de la croissance du transport aérien. C?est à travers ce type d?éléments que nous voyons qu?il y a encore beaucoup de travail à faire pour comprendre ce qu?est l?écologie.

Bien sûr, nous voterons contre le v?u de l?Exécutif. En revanche, nous voterons le v?u de Danielle SIMONNET car il n?est pas normal que des structures publiques soient vendues, à bas prix à des entreprises privées. Nous avons vu l?échec avec la tentative de l?aéroport de Toulouse. Nous espérons que l?"A.D.P." restera dans le giron public.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. Alexandre VESPERINI.

M. Alexandre VESPERINI. - Excusez-moi, je vais vous surprendre, je suis désolé, mais ces deux v?ux n?ont absolument aucun sens.

Vous parlez de "structures publiques", Monsieur GLEIZES. Il ne s?agit pas d?une structure publique, ce n?est pas un établissement public, ce n?est pas une S.P.L., "Aéroports de Paris" ; c?est une société anonyme cotée en bourse. Cela veut donc dire que si l?Etat souhaite vendre sa participation, vous pourrez faire tous les rendez-vous que vous voulez, vous pourrez demander à Anne HIDALGO de harceler au téléphone tous les Ministres de la République, si l?Etat a décidé de vendre, il vendra.

Maintenant, il faut que la Ville de Paris sache ce qu?elle veut. Si la Ville de Paris veut vraiment peser sur la stratégie d?"A.D.P." et c?est tout à fait compréhensible, c?est vrai - il est vrai que c?est une infrastructure stratégique ; Jean-François MARTINS a tout à fait raison de le dire, c?est un débat important -, la seule solution est que la Mairie de Paris, d?une certaine manière, prenne des parts au capital d?"Aéroports de Paris". C?est le sens de la tribune que j?avais faite dans les Echos.

Aux États-Unis, je rappelle que tous les aéroports appartiennent aux États. L?aéroport de Frankfort appartient aux deux collectivités locales de l?écosystème. Donc, si vraiment on veut être associé à la stratégie d?"A.D.P.", il faut prendre des actions.

Pour terminer, je ne voterai, évidemment, aucun des deux v?ux qui sont des v?ux pieux, des déclarations d?intention.

En plus, c?est un très bon placement puisque les actionnaires actuels d?"A.D.P." n?ont pas eu à se plaindre, bien au contraire. C?est une entreprise en pleine croissance. L?emploi - rassurez-vous, Madame SIMONNET - augmentera plutôt vu les flux aériens. Il ne faut surtout pas voter ces v?ux si l?on a un peu de culture économique et le sens des affaires. Je suis très déçu que la Ville de Paris, franchement, prenne ce type de décision. Nous sommes vraiment la risée des marchés financiers, comme cela.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

La parole est à Mme Florence BERTHOUT. S?il vous plaît, Jean-François MARTINS, évitez de perturber ce Conseil.

Mme Florence BERTHOUT, maire du 5e arrondissement. - Au risque d?être la risée des marchés économiques, autant je ne me retrouve pas dans le v?u de Danielle SIMONNET, autant je me retrouve dans plusieurs éléments du v?u de l?Exécutif, même s?il y a toujours une dimension "v?u pieu", certes.

Notamment le fait que le Département de Paris soit bien associé aux discussions et aux réflexions sur l?avenir d?"Aéroports de Paris", cela me paraît important, comme les autres départements d?ailleurs d?Ile-de-France et de la Région.

Vous l?avez rappelé, M. DEVEDJIAN a donné son accord. La Région y est également favorable. Je pense, à ce titre, que Paris doit, en effet, s?associer aux autres collectivités dans la concertation autour de la cession partielle ou totale d?"A.D.P.". Cela me paraît aller dans le bon sens.

Il s?agira également, Monsieur l?Adjoint, d?être attentif aux dispositions légales portant sur le contrôle de la société.

Les aéroports de Paris sont un élément majeur de l?attractivité régionale et parisienne, bien entendu. Ils sont aussi pourvoyeurs d?emplois.

Pour ces raisons, nous voterons, avec mon groupe, le v?u de l?Exécutif, en vous demandant de nous associer et de nous informer, au fil du temps, de l?évolution de ce dossier. Merci.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

J?imagine que vous maintenez le v?u n° 182, Madame SIMONNET ?

Mme Danielle SIMONNET. - Oui, car le v?u n° 182 s?oppose à la privatisation quand le v?u n° 182 bis de l?Exécutif l?accompagne.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - C?est bien pour cela que je l?imaginais, Madame SIMMONET.

Mme Danielle SIMONNET. - Ni le Qatar ni les exploiteurs de...

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par Mme SIMONNET, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de v?u déposé par l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

Le projet de v?u est adopté. (2018, V. 422).