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Decembre 2002
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Conseil Général
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11 - 2002, ASES 248 G - Subvention d'équipement à l'association "Bus social dentaire" (16e). - Montant : 35.000 euros

Débat/ Conseil général/ Décembre 2002


Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Nous passons à l'examen du projet de délibération ASES 248 G. Il s'agit d'une subvention d'équipement à l'association "Bus social dentaire" pour un montant de 35.000 euros.
Mme Cécile RENSON a la parole.
Mme Cécile RENSON. - Merci, Madame.
Madame le Président, mes chers collègues, les problèmes bucco-dentaires semblent, à juste titre, prégnants pour l'Hôtel-de-Ville et je vous suis complètement dans cette démarche. D'ailleurs, aujourd'hui, deux projets de délibération sont soumis à notre examen.
Je m'attacherai à celui qui concerne le "Bus social dentaire" pour aller au devant des plus démunis. Voilà un vrai problème de santé publique.
Un bilan dentaire proposé dans les centres médico-sociaux mettrait en évidence des pathologies, corollaires de la misère, mais aussi de l'alcoolisme, du tabagisme et des toxicomanies qui touchent 90 % des populations gravement désocialisées.
Il est vrai que les soins bucco-dentaires ne constituent pas la première des priorités des personnes en situation de précarité. Celles-ci se préoccupent d'abord de leur subsistance et de leur hébergement, les soins dentaires ne représentent qu'une préoccupation marginale.
Les 17 fauteuils de l'Assistance publique, chiffre qui me paraît bien euphémique et qui ne prend pas en compte la pénurie de praticiens, ces 17 fauteuils et les centres médico-sociaux assurent difficilement la plupart des urgences bucco-dentaires et le bus dentaire est le bienvenu.
Il importe cependant d'aller au-delà de cette prise en charge primaire car la prise en charge secondaire de ces soins, à Paris, n'est ni suffisante ni coordonnée. Pourtant les besoins sont là.
L'offre globale de soins doit être mieux organisée. Les aides complémentaires ne devraient laisser aucun exclu. Les modalités de ces aides devraient être simplifiées et harmonisées et bien sûr, l'accompagnement social, tel que dans ce bus, est impératif pour aider ces patients pendant leur démarche.
Bref, Paris a beaucoup à faire avec les problèmes bucco-dentaires des plus démunis et ces problèmes sont primordiaux à corriger, d'abord pour leur éviter des troubles digestifs et alimentaires, ensuite pour les prémunir d'affections à distance. Quant au dommage esthétique, il ne saurait être négligé. En effet, sans un équipement dentaire minimum, comment s'intégrer dans la société et chercher un emploi dans un monde où l'image corporelle tient autant de place, alors que les dentures de toutes les personnalités se ressemblent et que les bouches de nos enfants sont équipées d'appareils afin que pas une dent ne vienne rompre l'harmonie de l'arc dentaire ?
Oui, la lutte contre l'exclusion passe par l'accès pour tous aux soins dentaires et ceux-ci doivent s'inclure dans une prise en charge avec obligation de continuité.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - La parole est à M. LHOSTIS.
M. Alain LHOSTIS, au nom de la 6e Commission. - J'approuve totalement ce qui vient d'être dit. Il est certain que la question du soin dentaire et non seulement du dépistage puisqu'il y a le dépistage dans nos écoles, est une question centrale. Il est évident que, sur ce plan, le Bus dentaire remplit une mission extrêmement importante. Vous avez évoqué le PASS dentaire de la Pitié-Salpêtrière. Vous avez parlé des 17 fauteuils dentaires inaugurés récemment. Je trouve que vous êtes un peu injuste sur l'effort accompli à la fois par l'Assistance publique et par la Ville. Si vous n'en avez pas eu l'occasion, je vous conseille de visiter cet équipement. Il est absolument exceptionnel, il assure une continuité du soin.
Depuis sa création, il y a 2 mois, 1.300 consultations ont été réalisées. Ce qui prouve que le besoin a été rempli. Ce travail se fait en liaison avec le "Bus social dentaire", dont vous avez souligné l'intérêt. Il montre qu'il existe des possibilités importantes. Toutefois, il y a nécessité d'assurer la continuité notamment en matière de soins. Nous discutons en ce moment - la Ville, le Département, la Caisse primaire, les chirurgiens dentistes libéraux, les centres de santé, l'Assistance publique - pour voir comment harmoniser les pratiques et l'offre en direction des populations précaires et leur prise en charge. Nous réfléchissons à une piste de travail, la constitution d'un réseau d'offres bucco dentaires pour les populations en situation de précarité. Sur ce plan, nous avons besoin d'harmoniser nos points de vue puisque différentes initiatives ont été prises dans la dernière période. D'une part par la caisse primaire d'assurance maladie, d'autre part par l'Union régionale des caisses d'assurance maladie, enfin par l'Union des dentistes libéraux. Il y a besoin, non pas de financer chacune de ces opérations, mais d'essayer de voir comment l'on peut les rendre complémentaires. Nous travaillons actuellement sur ces questions. Evidemment, nous vous tiendrons informés de l'avancée de ces travaux dans les semaines et dans les mois qui viennent.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 248 G.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2002, ASES 248 G).