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Septembre 2018
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Conseil Municipal
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2018 DASCO 92 - Communication relative à la rentrée des familles. (Suite).

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2018


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Nous allons à présent procéder aux débats organisés tels que prévus par la Conférence d?organisation.

Madame Anne-Christine LANG pour le groupe DP, vous avez la parole.

Mme Anne-Christine LANG. - Si l?on devait qualifier la rentrée scolaire 2018, on pourrait dire que c?est une rentrée scolaire dont nous n?avons pas entendu parler et c?est plutôt bon signe.

N?en déplaise aux Cassandre qui nous avaient prévu des fermetures de classes à foison, des effectifs pléthoriques et des mobilisations sans fin, la rentrée à Paris s?est déroulée dans les meilleures conditions.

Cette rentrée se caractérisait par l?extension à toutes les écoles R.E.P. des dédoublements de CP mis en place lors de la rentrée dernière dans les écoles R.E.P.+ de la capitale. Au total, ce sont donc 33 % des écoles parisiennes qui ont aujourd?hui des classes dédoublées.

On l?a beaucoup dit, mais il faut le redire, c?est certainement la mesure la plus importante qui ait jamais été mise en place pour lutter contre les inégalités scolaires et mettre tous les enfants sur la même ligne de départ. Il faut d?ailleurs ici souligner la réactivité de la Ville qui a immédiatement procédé aux travaux nécessaires dans les écoles concernées.

Au total, 107 postes ont été créés, plus 25 pour les remplacements, 27 pour le dispositif "Plus de maîtres que de classes" et 8 équivalents temps plein et demi pour l?accueil des enfants porteurs de handicap.

S?agissant de l?école élémentaire, le deuxième sujet, dont on a beaucoup parlé devant les écoles, est bien sûr la question des rythmes scolaires puisque la Ville a décidé de maintenir quatre jours et demi. Il y a un débat sur cette question et sans doute faudra-t-il continuer à le mener sans dogmatisme.

La question à laquelle nous devons répondre est la suivante : quelle est l?organisation du temps scolaire qui permet le mieux à tous les enfants d?acquérir les fondamentaux à l?école primaire ? Et ce n?est pas clair. Sur ce sujet, comme sur tous les autres, il faut éviter les idées toutes faites. On ne peut pas, comme vous le faites Madame la Maire dans votre communication, indiquer de façon lapidaire : cette organisation est la plus favorable aux apprentissages. Ceci n?est pas exact et ne repose sur aucune évaluation robuste, contrairement aux CP dédoublés qui, eux, ont fait la preuve de leur efficacité, notamment à l?étranger.

C?est la raison pour laquelle le Ministre de l?Education nationale a fait ce choix. C?est aussi la raison pour laquelle la quasi-totalité des communes, qui avaient comme beaucoup d?entre nous soutenu les quatre jours et demi, ont choisi avec pragmatisme de revenir à quatre jours à la rentrée.

Votre deuxième argument est de dire que les parents sont très satisfaits des activités périscolaires et que c?est aussi l?avis de la Cour des comptes. Certes, mais d?abord cela mériterait d?être nuancé, notamment en maternelle où les problèmes restent entiers.

Ensuite, comme je l?indiquais, c?est peut-être vrai, mais ce n?est pas totalement le sujet. Les communes qui sont revenues à quatre jours pourront elles aussi bénéficier du Plan Mercredi, mis en place par le Ministre de l?Education nationale et la Ministre de la Culture, qui proposera des activités de qualité à tous les enfants le mercredi, partout en France. Les activités périscolaires qui sont proposées à Paris pourront donc l?être de la même manière, avec une organisation du temps scolaire différente.

Il faudra donc continuer à débattre, à échanger, à consulter très largement, et surtout à évaluer les politiques mises en ?uvre. La question de l?évaluation est une question centrale et malheureusement, la Ville le fait très peu. Chaque année, on annonce de nouveaux projets, de nouveaux dispositifs qui s?empilent en millefeuille dans les collèges notamment, sans qu?à aucun moment on n?ait dressé le bilan des actions entreprises. Je pense notamment à toutes les initiatives de soutien scolaire. Quel est le nombre et le profil des élèves bénéficiaires ? Les multiples actions soutenues par la Ville dans les écoles et les collèges sont-elles efficaces ? Quel est l?impact sur la réussite scolaire, sur la résorption des inégalités, sur le climat des établissements, sur le bien-être des élèves à l?école ? Quelles synergies pourraient être recherchées avec les actions menées par l?Etat ?

Il en va de même pour l?expérimentation des secteurs multi-collèges dans les 18e et 19e arrondissements. Si l?on veut avancer et réussir - ce que je souhaite -, il faudra aussi, sans dogmatisme, analyser tous les résultats sur les deux dernières années, les points forts et les points faibles, les succès et les échecs, en tirer toutes les conclusions et dégager des pistes d?amélioration avec l?ensemble des communautés scolaires.

On l?a beaucoup dit, mais il faut le répéter : Paris est la championne des inégalités scolaires et de la ségrégation. Si nous voulons vraiment faire bouger les lignes, il nous faut privilégier les solutions qui marchent, repérer toutes les bonnes pratiques et les dupliquer, et aussi savoir renoncer à ce qui ne marche pas. Il faut aussi proposer des solutions nouvelles. C?est le sens des deux v?ux que nous présentons et qui sont rattachés à ce projet de délibération.

Le premier, le v?u n° 10, porte sur les internats, au moment où le Ministre s?apprête à redonner un nouveau souffle aux internats en proposant des projets pédagogiques innovants, du sport et des activités culturelles et artistiques de grande qualité. L?internat est un outil de lutte contre les inégalités scolaires. Il s?agit de proposer un environnement propice aux études, notamment à ceux dont les conditions de vie pèsent défavorablement sur les trajectoires scolaires. Il y a aujourd?hui un seul internat en collège à Paris dans le 13e, 40 places. Pourtant, la demande est forte et émane beaucoup de familles monoparentales, en l?occurrence des femmes seules avec enfants ; j?ai pu le constater en Commission.

Je propose donc dans ce v?u d?ouvrir de nouvelles places d?internat dans Paris pour les collégiens. Je propose également que les femmes seules avec enfants, sur lesquelles pèse le fardeau de la double-journée, l?éducation d?adolescents, et qui sont par ailleurs plus souvent que les autres touchées par la pauvreté - je vous renvoie au Plan Pauvreté et aux travaux d?Olivier NOBLECOURT -, bénéficient d?un bonus pour y faire admettre leurs enfants. Afin d?éviter l?assignation à résidence et favoriser la mobilité, il me semblerait souhaitable que ces places d?internat soient ouvertes en dehors des quartiers périphériques où se concentrent les familles pauvres.

Mon second v?u, le v?u n° 18, porte sur la petite enfance et propose une réforme complète des jardins d?enfants, ces structures disparates, spécificités parisiennes, qui offrent au total environ 2.000 places et sont situées dans les arrondissements périphériques. Profitons de cette localisation. Afin de donner les meilleures chances aux enfants des quartiers défavorisés, ce v?u propose de les transformer en classes passerelles réservées aux deux-trois ans, avant l?école maternelle et en amont des CP et des CE1 dédoublés dans les R.E.P. et les R.E.P.+. L?objectif est de proposer un projet pédagogique innovant et commun, centré sur l?apprentissage du langage et du vocabulaire afin de réduire les inégalités qui frappent les enfants défavorisés, qui ont pour beaucoup un handicap avant même l?entrée à l?école maternelle. Cela permettrait de libérer des places de crèche pour accueillir plus de bébés après les congés maternité. Les enfants de plus de trois ans qui fréquentent actuellement ces structures pourraient aller dans les écoles maternelles environnantes qui sont menacées de fermeture en raison de la baisse démographique.

Voilà les axes qui nous semblent devoir guider l?action de la Ville pour s?attaquer résolument aux inégalités scolaires : la concertation, la mobilité, la mixité et, bien sûr, l?évaluation pour faire toujours mieux.

Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci.

La parole est à Mme Béatrice LECOUTURIER, pour le groupe UDI-MODEM.

Mme Béatrice LECOUTURIER. - Merci, Madame la Maire.

Madame la Maire, mes chers collègues, je dois avouer que le titre de votre communication "rentrée des familles" m?a fait sourire. Il m?a fait sourire, parce qu?au-delà des accents gentiment paternalistes qu?il inspire, c?est bien la première fois, depuis le début de votre mandature, que vous faites appel aux familles de manière aussi vibrante. Mais les familles parisiennes, Madame la Maire, ne sont pas dupes et fuient Paris pour s?installer dans la petite couronne de Paris. En témoignent les chiffres annoncés par le Rectorat de Paris, qui annonce une baisse, vous l?avez rappelé, de 2.449 élèves en primaire et maternelle en cette rentrée 2018.

Les raisons de désaffection des familles sont nombreuses : difficultés à se loger, difficultés à se déplacer, difficultés à respirer, car lorsque l?on est parent, on aspire à une bonne qualité de vie pour ses enfants. Et aujourd?hui, force est de constater que la politique de l?Exécutif parisien n?encourage pas les familles à rester à vivre dans Paris. Alors, s?adresser aux familles pour la rentrée est une attention louable, encore faudrait-il donner envie à ces familles de rester dans Paris et appliquer une véritable politique pour elles, créer des conditions favorables pour que leur vie ne soit plus un casse-tête au quotidien. C?est un réel problème pour notre Capitale, car le dynamisme d?une ville passe évidemment par les familles qui y habitent. Il est urgent donc que chaque politique parisienne soit élaborée en fonction des contraintes et des attentes des familles pour tenter de stabiliser le nombre des familles à Paris.

Je voudrais maintenant m?attarder sur la question des temps périscolaires, et même si 80 % des communes de France ont choisi de revenir à la semaine des quatre jours, la Ville de Paris a préféré rester sur un modèle des quatre jours et demi. Alors, je voudrais vous dire, Madame la Maire, que notre groupe UDI-MODEM n?est pas aveuglément opposé à ce maintien, mais encore faut-il sensiblement améliorer plusieurs points.

Vous mettez en avant l?avantage - je vous cite - que cette organisation des quatre jours et demi est plus favorable aux apprentissages. Au-delà des batailles des chronobiologistes, partagés sur la question, pouvez-vous nous dire si le Rectorat de Paris vous a apporté des chiffres, des statistiques qui confortent cette idée ? Si tel était le cas, alors, nous vous demandons de nous fournir ces chiffres, aux élus de Paris et aux familles, afin de montrer les bénéfices d?une telle mesure sur la réussite des apprentissages des élèves. C?est la cinquième année que Paris a choisi cette option et nous devons pouvoir évaluer aujourd?hui sa finalité, à savoir, une meilleure réussite des élèves.

Oui, notre groupe n?est pas opposé de manière systématique au maintien des quatre jours et demi, car les familles parisiennes ont accepté à 91 % de laisser leurs enfants aux activités des temps périscolaires, tous les mardis et les vendredis après-midi. Elles ont trouvé une stabilité dans leur organisation hebdomadaire avec les mercredis matin travaillés pour leurs enfants. Mais parmi ces 91 %, combien y a-t-il de familles résignées ? Et combien y a-t-il de familles qui plébiscitent réellement cette organisation ? Pour le savoir, il suffirait très simplement d?organiser une consultation des parents et des équipes éducatives, comme nous vous l?avons demandé à maintes reprises. C?est également le sens de certains v?ux qui ont été et qui vont être déposés à ce Conseil.

Mais notre groupe émet de réelles réserves quant à l?organisation de ces temps : la première réserve concerne les élèves de maternelle, et je n?ai eu de cesse, depuis 2014, et notamment lors de la M.I.E., de vous faire part de nos doutes concernant l?application des ateliers périscolaires aux élèves de maternelle, et notamment pour les sections des petits et des tout-petits. J?avais d?ailleurs demandé la suppression de ces ateliers pour ces classes.

Vous parlez dans votre communication de bienveillance envers les enfants, mais la première des bienveillances n?est-elle pas de respecter les rythmes des petits, plutôt que de leur imposer des ateliers sans aucun intérêt pour leur âge ?

Vous avez donc enfin fait le constat de cet échec en la matière, et nous accueillons avec satisfaction, je dois le dire, le lancement d?un appel à projets pour les ateliers dispensés en maternelle, mais nous regrettons évidemment que cela ait pris autant de temps.

Le second point de nos réserves porte sur la qualité des ateliers, tant sur le recrutement des animateurs que sur le contenu dispensé. En effet, des animateurs qualifiés, compétents, professionnels, faisant respecter la discipline, sont des conditions indispensables pour une bonne reconnaissance de ces ateliers, tant par les élèves que par les parents, mais bien sûr aussi par les professeurs. Exigences de recrutement, mais également exigences de contenu. Trop de critiques nous remontent encore sur le manque de qualité, ou plutôt sur l?inégalité des ateliers et sur la qualité qui est dispensée.

Ces moments d?activité doivent faire progresser l?enfant, lui faire découvrir des univers qu?il ne connaît pas. Ils doivent être notamment des rendez-vous privilégiés avec la culture et Paris possède toutes les structures adéquates pour offrir à nos petits Parisiens des prestations de qualité. Tout dépend encore de l'esprit que nous voulons mettre dans ces ateliers. Nous avons choisi l'exigence et l'excellence pour tous et notamment pour les enfants des arrondissements qui en ont le plus besoin.

J'en reviens, enfin, au dernier point qui est la consultation. La consultation et la participation citoyenne à Paris sont des marqueurs de votre mandature, Madame la Maire. Alors, je vous le répète : pourquoi ne pas organiser une telle consultation dans les écoles auprès de tous les parents et des professeurs afin de connaître leur avis sur la question ? Ce serait le meilleur moyen de faire taire les critiques qui entourent encore trop ces activités périscolaires, en organisant une telle consultation auprès de la communauté éducative à Paris. Mais il est vrai qu'à 18 mois des prochaines élections municipales, un risque de désaveu serait peut-être trop périlleux pour votre politique.

Pour terminer, comme vous, nous souhaitons à toutes les familles, à tous les élèves, à tous les professeurs, une belle rentrée, mais en espérant que ces familles parisiennes seront bien présentes à Paris l'année prochaine. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame LECOUTURIER.

La parole est à M. Rémi FÉRAUD, président du groupe Socialiste et Apparentés.

M. Rémi FÉRAUD. - Merci, Madame la Maire.

Chers collègues, la traditionnelle communication de rentrée scolaire porte cette année sur la rentrée des familles. Ce n'est ni un hasard ni une nouveauté. C'est le signe de notre action déterminée à rendre la ville plus accueillante, propice au développement des familles à Paris et de toutes les familles. Avec l'ensemble de l'équipe municipale, nous avons, en effet, un souci constant d'amélioration de la qualité de vie des enfants et des parents, en rendant notre service public plus proche des attentes des familles, en offrant aussi davantage de moyens à ceux qui en ont le plus besoin. C'est notre conception d?une ville moderne : une ville inclusive et solidaire, une ville qui s'adapte aux nouveaux usages et aux modes de vie.

Je voudrais saluer le travail de l'ensemble des adjoints, mais particulièrement de Patrick BLOCHE, Sandrine CHARNOZ et Marie-Christine LEMARDELEY, au service des élèves, des enseignants et des familles parisiennes. Nous sommes fiers de mener ensemble, avec eux, une politique progressiste dans laquelle l'éducation est au c?ur du projet.

C'est d'abord le cas avec l'accueil de la petite enfance qui s'est considérablement accru et amélioré à Paris depuis 2001. Nous sommes passés à la première place des départements de France en matière d?accueil collectif. Il y avait, avant 2001, 38 places de crèche pour 100 enfants parisiens. Plus d'un enfant sur deux est désormais accueilli dans une structure financée par la Ville de Paris. Je sais que la Maire inaugurera bientôt la trois millième place de crèche créée dans ce mandat. C'est la constance de nos efforts d'amélioration de la quantité comme de la qualité de cet accueil, qui doit être remarquée. Je sais que c'est pour nous une priorité qui s'inscrit dans le temps et se poursuit.

Notre conception progressiste de l'éducation se traduit également par des choix en faveur de la mixité sociale et de la qualité des activités proposées sous l'égide de la Ville de Paris. C'est notamment pour ces raisons que nous avons fait le choix de maintenir l'actuelle organisation de la semaine scolaire répartie sur quatre jours et demi d'école. Cette organisation a été choisie, ici à Paris, dès 2013, par notre majorité, lorsque Bertrand DELANOË était Maire de Paris. Nous sommes persuadés qu?elle est la plus favorable aux apprentissages, comme en attestent de nombreuses études scientifiques, en répartissant les cours sur cinq matinées régulières. Nous avons confiance dans les processus d'évaluation qui doivent être menés dans la durée.

Il n'est pas vrai de dire que Paris est isolée dans ce choix. Beaucoup de communes françaises y ont renoncé, souvent pour des raisons de difficultés de mise en ?uvre. Mais nombreuses sont les grandes villes qui continuent de partager cette organisation sur quatre jours et demi, comme Toulouse, Rennes, Nantes, Strasbourg et bien d'autres. Cette organisation permet d'offrir aux enfants un temps d'activité qui s'articule avec le temps scolaire, selon des objectifs qui sont communs avec l'Education nationale. C'est aussi le choix d'un temps qui favorise l'accès du plus grand nombre d'enfants sans conditions de ressources à des activités culturelles, sportives, artistiques, ludiques. Ce temps périscolaire est, en effet, gratuit pour toutes les familles et, surtout, il le reste. C'est la volonté politique que nous avons exprimée.

Par ailleurs, rappelons que cette organisation du temps scolaire favorise le travail des femmes et que la Chambre régionale des comptes d?Ile-de-France, dans son rapport, a validé notre stratégie en soulignant la qualité des ateliers périscolaires proposés aux enfants à Paris et la satisfaction très majoritaire des familles parisiennes. Il ne s'agit donc pas pour nous de revenir en arrière, ni de se priver de la compétence de centaines d'animateurs qui ont été formés pour offrir aux enfants un temps qui soit de qualité autour des activités qui leur sont proposées.

Pour toutes ces raisons, Paris, comme de nombreuses villes, conservera une répartition des apprentissages sur quatre jours et demi en offrant des activités périscolaires gratuites et de qualité, et je m'en réjouis.

Nous sommes évidemment attentifs à ce que les dispositifs spécifiques de l'éducation prioritaire soient préservés afin d'agir sur les inégalités, qui sont très réelles sur le territoire parisien. Cette année, selon la volonté du Gouvernement, ce sont les CP en R.E.P. et les CE1 en R.E.P.+ qui sont dédoublés. Mesure positive que nous approuvons et qui, il faut le rappeler, est mise aussi en ?uvre avec une contribution concrète de la Ville de Paris qui entraîne un coût de 2 millions d'euros pour notre budget.

Je me réjouis également de la création de l'Observatoire de la mixité et de la réussite éducative créé en ce début d'année scolaire. C'était une proposition du groupe Communiste - Front de Gauche au Conseil de Paris. C'est un outil utile et important pour analyser les inégalités scolaires à Paris, en réunissant tous les acteurs et en s'appuyant sur un comité scientifique qui fait autorité en la matière. Cette année, les efforts financiers et humains considérables que la Ville consacre à l'entretien des bâtiments scolaires, à la sécurité des scolaires et des encadrants, à l'accessibilité de nos équipements, doivent être soulignés. 180 millions d'euros ont été investis cette année pour les crèches et les écoles, et près de 800 millions au total sur la mandature. La création des trois cours d'école transformées en "cours oasis" pour lutter par la végétalisation contre le phénomène d'îlot de chaleur, marque aussi une étape symbolique dans l'aménagement de la Ville dans la contribution de tous les bâtiments municipaux à la lutte contre le dérèglement climatique. C'est un exemple supplémentaire de notre action résolue dans cette bataille pour le climat. C'est aussi une action qui montre que cette politique est transversale. Je voudrais saluer une rentrée qui s'est bien déroulée à Paris, notamment grâce à la mobilisation de tous les acteurs. Je pense aux mairies d'arrondissement, toujours très attentives au bon équilibre des effectifs des classes et à la mise en ?uvre de la politique éducative sur le terrain. Nous serons vigilants face aux annonces récentes de suppressions de postes dans l'Education nationale et nous serons, bien sûr, aux côtés des familles pour demander à l'ensemble des acteurs - à la Ville, mais aussi à l'Etat et à la Région - d'assumer leurs missions à Paris comme ailleurs. J'entends, enfin - et nous l'avons entendu dans l'intervention de Mme LECOUTURIER - des voix déplorer une prétendue fuite importante des familles de Paris. C'est vrai que Paris est touchée par un phénomène démographique qui est similaire à celui de beaucoup de grandes villes en France et dans le monde, un phénomène qui demande d'abord de poursuivre notre action déterminée en matière d?urbanisme et de logement. Paris reste néanmoins une ville attractive, l'une des plus attractives. Nous continuerons de travailler sans relâche pour qu?elle offre aux familles un cadre de vie meilleur et la possibilité de construire l'avenir de leurs enfants, et ce, dans tous les quartiers. D'après une consultation menée auprès des familles parisiennes, une grande majorité d'entre elles considèrent que Paris est une ville où il fait tout à fait, plutôt bon vivre avec des enfants. Nous apprécions ce résultat, mais nous ne nous en contentons pas et nous continuerons de travailler pour que Paris se construise avec et pour ces enfants. Merci.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous, Monsieur le Président.

Je donne la parole à Mme Fatoumata KONÉ, pour le groupe Ecologiste de Paris.

Mme Fatoumata KONÉ. - Merci.

Madame la Maire, chers collègues, après cet été caniculaire et exceptionnellement sec et en cette période de mobilisation historique autour du climat et de l'environnement, nous souhaitions en tant qu?élus écologistes saluer les travaux des premières cours d?écoles transformées en oasis de fraîcheur.

Ces travaux sont aussi une opportunité de réinventer ces espaces historiquement bien vides et minéraux et pour lesquels aujourd'hui on s'accorde à investir sur le plan éducatif : égalité filles/garçons, jardinage ou encore apprentissage du vélo. De même, nous pensons que l'éducation à l'environnement et au développement durable mériterait d'être très largement renforcée : exploration de la nature, gestes écoresponsables, activités ludiques, l'école doit jouer un rôle essentiel pour sensibiliser les enfants et les adolescents.

Au sujet de l'alimentation, nous nous félicitons des avancées concrètes pour atteindre l'objectif de 50 % d'alimentation biologique et durable dans nos cantines. Nous devons désormais avancer sur les objectifs inscrits dans le Plan Climat : décarboner les assiettes et protéger la santé de nos enfants. A ce titre, nous rappelons que les parents d'élèves manifestent de grandes attentes pour les repas végétariens quotidiens et que notre groupe restera attentif à l'application du v?u que nous avons fait adopter en mai 2018 visant à supprimer le plastique dans les cantines.

Nous portons un v?u demandant que le lait maternisé dans les crèches municipales soit biologique pour tous les âges. Cette mesure s'inscrit en cohérence avec notre Plan d'alimentation durable. Le scandale Lactalis de poudre de lait contaminée à la salmonelle nous conforte sur le fait qu'en tant que collectivité nous devons plus que jamais nous positionner en acteurs du marché de l'alimentation pouvant faire levier pour une vraie sécurité sanitaire et avancer vers la transition écologique.

En cette rentrée des familles, je souhaite aborder le sujet de l'implication des parents dans la vie scolaire, ainsi que le sujet des innovations pédagogiques. Nous sommes les garants du principe d'égalité. Cela doit inclure la prise en compte des besoins des familles dans toute leur diversité et implique donc une attention orientée vers tous les parents.

Cela peut s'opérer via plusieurs axes : améliorer l'implication des parents à la vie scolaire et les échanges parents/enseignants en laissant par exemple à nouveau entrer les parents dans les écoles élémentaires, associer les parents primo-arrivants à la vie de l'école à travers la création de projets pédagogiques innovants leur permettant de comprendre le parcours scolaire de leurs enfants, ainsi que la formation des personnels à une approche interculturelle. Il s'agit là de donner une chance réelle à tous les enfants de trouver leur place dans l'institution scolaire, tremplin pour l'épanouissement et la réussite scolaire.

Concernant le périscolaire, l'investissement de notre Ville pour mieux s'adapter aux besoins et améliorer la qualité des contenus des animations est constant. Si nous voulons que ce projet obtienne une adhésion de tous, nous devons aller plus loin et, là aussi, inclure les parents. Pourquoi ne pas créer un conseil du périscolaire dans toutes nos écoles, comme cela existe déjà dans d'autres communes en France ? Un espace de dialogue et de concertation entre parents et professionnels, qui serait dédié à un temps périscolaire. Nous avons la responsabilité de donner une véritable orientation pédagogique à ces ateliers périscolaires, à travers une instance consultative et/ou dotée de compétences décisionnelles afin qu?elle puisse prendre entièrement part au projet pédagogique de chaque école.

Un mot sur le soutien des innovations pédagogiques dans les écoles de notre Ville, sujet sur lequel notre groupe est déjà largement intervenu depuis le début de la mandature. Nous le répétons, notre collectivité doit accompagner les émergences à Paris. Depuis des décennies, des projets novateurs voient le jour, des classes Freinet, Montessori, Decroly. Ces projets continuent de montrer qu'y compris avec des enfants des quartiers populaires, la réussite scolaire est à portée de main. Même si la collaboration et l'implication de la Ville avec le Rectorat avancent, l'investissement financier reste pour le moment trop faible. Nous devons poursuivre et soutenir les besoins en matériel de ces projets dans les écoles.

Je ne peux aborder cette communication sur la rentrée scolaire sans sensibiliser cette Assemblée sur l'inclusion des enfants en situation de handicap dans nos écoles. Notre groupe a déposé un v?u demandant l'élargissement du "pass" Paris Access?, qui donne accès gratuitement aux personnes handicapées à tout le réseau de transports en commun francilien. Cette mesure encourage le développement de leur autonomie dans le respect des engagements écologiques de notre Ville.

Nous proposons donc de faciliter la participation de ces enfants à une vie sociale aux côtés de leur famille. Justement, concernant les enfants en situation de handicap, comme à chaque rentrée, les écologistes constatent que les besoins ne sont pas tous remplis. Pourtant, le candidat Emmanuel MACRON avait promis l'accès à une auxiliaire de vie scolaire à tous les enfants en situation de handicap qui en ont besoin. Combien d'enfants aujourd'hui n?ont pas d'A.V.S. à Paris ? Cette situation ne peut plus durer. Et que dire des accompagnants des élèves en situation de handicap, A.E.S.H., ex-A.V.S., rémunérés par le privé, mieux formés que les agents employés par la Fonction publique ? Leur développement résulte d?une défaillance de l?Etat et exprime bien les inégalités sociales entre les familles.

Pour ce qui est de la lutte contre les inégalités à l'école, nous saluons les premières études de l'Observatoire parisien de la mixité et de la réussite éducative qui démontre de façon chiffrée et concrète l'impact des secteurs multi-collèges dans les 18e et 19e arrondissements. Force est de constater que la mixité sociale de ces collèges s'est considérablement améliorée. Le groupe Ecologiste a fortement soutenu le lancement de ces expérimentations. Nous souhaitons aujourd?hui que ces démarches soient multipliées dans les quartiers populaires dès la rentrée prochaine, avec un investissement du Rectorat identique, cela va sans dire.

Pour conclure, je souhaite aborder les difficultés des jeunes isolés étrangers et rappeler que le principe d'égalité entre les enfants commence par l'inclusion de tous à l'école. C'est pourquoi les écologistes ont soutenu la mobilisation pour la scolarisation de ces jeunes des collectifs R.E.S.F., Paris d'Exil et la TIMMY devant le lycée Voltaire le 7 septembre. Cet appel porté par 28 associations pointe la période de vide administratif entre le recours d'un jeune étranger auprès du juge des enfants, pour que soit reconnue sa minorité, et son inscription à l'école. Cette situation n'est pas tolérable car l'école est un droit.

Ainsi, nous demandons, à travers un v?u cosigné avec des collègues des groupes de la majorité, l'application du droit. Mon collègue Jacques BOUTAULT complétera les propos de notre groupe sur cette rentrée scolaire.

Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous, Madame Fatoumata KONÉ.

Je donne la parole à M. Jean-Noël AQUA, pour le groupe Communiste - Front de Gauche.

M. Jean-Noël AQUA. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, est-ce qu?apprendre se mérite ou bien est-ce que tout le monde mérite d'apprendre ? Ces deux questions résument les deux visions de l'école qui, de facto, s'affrontent au gré de différents sujets. Bien évidemment, pour nous, tout le monde mérite d'apprendre et tout le monde est capable d'apprendre. Nous plaçons donc l'égalité républicaine devant l?éducation au c?ur de notre action.

Aussi, je me félicite de la création, sur notre proposition, de l'Observatoire parisien de la mixité et de la réussite éducative. Cet outil devra nous permettre de lutter concrètement contre la ségrégation scolaire, particulièrement forte à Paris où 35 % des élèves fréquentent un établissement privé, une ségrégation scolaire qui porte en elle les inégalités de demain, comme la nuée dormante porte l?orage. La lutte contre cette ségrégation passe par la confrontation de toutes les expériences et réflexions sur le sujet, de l?analyse scientifique à la connaissance empirique du terrain. Une clé de son succès sera l'association de toute la communauté éducative, à commencer par les enseignants.

Notre Ville a déjà été volontaire et innovante en matière de mixité scolaire. Ainsi, les secteurs multi-collèges ont montré des résultats intéressants, notamment dans le 18e avec le secteur Berlioz-Coysevox. Vous annoncez de nouveaux secteurs multi-collèges ; nous les voyons d'un bon ?il et nous souhaitons bien sûr à nouveau que les élus d?arrondissements, les professionnels de l'éducation et les parents soient consultés très en amont. Il faut ajouter à ces expérimentations les dispositifs "Tous mobilisés" et "Actions collégiens", qui illustrent bien le volontarisme de notre collectivité.

Je me permets cependant de reprendre ma casquette de chercheur pour préciser qu'il faut laisser les chercheurs chercher. Donnons du temps à l'Observatoire pour analyser, comprendre, confronter les différentes expériences, pour in fine trouver des leviers pour combattre la ségrégation scolaire. L'urgence de l'action ne doit pas nous amener à passer à côté de certaines pistes qui pourraient permettre à tous les établissements, publics comme privés, de favoriser la mixité sociale et scolaire.

J'en profite pour réaffirmer que nous nous opposons à ce que les collectivités locales financent les écoles maternelles privées, maintenant que le Gouvernement a rendu la scolarité obligatoire dès 3 ans. Derrière cette mesure qui pourrait paraître anodine à certains, pourraient se cacher de facto 12 millions d'euros de subventions publiques supplémentaires au privé, une mesure à contresens de l'action contre la ségrégation scolaire.

Puisque nous parlons du financement des établissements, nous voterons bien entendu pour les projets de délibération sur les dotations initiales des collèges et lycées et pour celles prévoyant des travaux. J'en profite pour demander à nouveau d'avoir une vision d'ensemble, détaillée, des enveloppes des travaux.

Je m'étonne par ailleurs d'observer encore que des projets de réfection des bâtiments scolaires soient soumis au vote du budget participatif des arrondissements. Par exemple, dans le 13e arrondissement, un projet intitulé "Rénover les toilettes : propreté et confort" est déposé au budget participatif alors même que nous avions eu l'engagement, en cette Assemblée, de ne pas mettre ces actions obligatoires dans un budget non sanctuarisé.

Vous l'aurez compris, plus que jamais, nous souhaitons placer cette rentrée scolaire sous le sceau de l'égalité républicaine et de l'accès de tous les élèves à une scolarité de qualité. Nous déposons un v?u pour obtenir des moyens pour l'inclusion scolaire des élèves en situation de handicap. Nous demandons à l'Académie l'augmentation du nombre de places en U.L.I.S. pour accueillir tous les élèves qui ont droit à cet enseignement spécialisé. 700 élèves en situation de handicap à Paris ne sont pas accompagnés dans leur scolarité, alors qu?ils y ont pourtant droit. Aussi, nous voulons alerter l'Education nationale. Il faut sortir de la précarité celles et ceux qui accompagnent ces élèves, afin d?avoir des accompagnants, expérimentés, avec des conditions de travail correctes et en nombre suffisant.

J'ajoute aussi que les mineurs étrangers non accompagnés ont également droit à la scolarité, un droit affirmé dans les traités internationaux ou le Code de l?éducation. Mais comme nous le savons depuis longtemps, il y a les droits formels et la vie réelle. Nous le savons, ce droit n'est pas toujours effectif. Aussi, nous proposons à notre Conseil un v?u interpellant l'Etat pour une prise en charge éducative de ces élèves.

J'en viens au point qui nous oppose, celui des rythmes scolaires, et à l'absence de concertation sur la question des 4 jours et demi à Paris...

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Je vous demande de faire un peu moins de bruit pour écouter notre collègue. Si vous avez des conversations, vous pouvez tout à fait les soutenir à l'extérieur.

M. Jean-Noël AQUA. - Le périscolaire peut être de qualité à Paris et nous ne l'avons jamais nié. Mais des doutes sur l'organisation actuelle et de sérieuses alertes nous remontent du terrain et des enseignants eux-mêmes, nous ne pouvons l'ignorer.

Vous annoncez aujourd'hui que vous vous rapprochez des villes qui ont fait le choix de maintenir les 4,5 jours alors même que vous continuez de refuser la consultation de la communauté éducative à Paris, qui détient une expertise de terrain, cela apparaît bien curieux.

Nous vous avons interpellée à plusieurs reprises par des v?ux ou questions d'actualité. Rien ne prouve aujourd'hui que l'organisation actuelle est optimale pour les apprentissages scolaires. C'est bien le problème de cette réforme. Les apprentissages scolaires qui devraient être au c?ur de l'organisation scolaire semblent passer, si ce n'est à la trappe, du moins en queue des arguments avancés.

Nous souhaitons reprendre le débat en plaçant la question pédagogique au premier plan. C'est la raison pour laquelle nous demandons encore et toujours la consultation de la communauté éducative, donc l'expertise en la matière ne peut être niée, même si bien évidemment elle n'est pas la seule.

La question pédagogique nous amène aussi à parler de la nature des postes d'enseignants. L'an passé, pour pallier le manque d'enseignants titulaires, notre Académie a dû recourir à 56 contractuels.

Pourtant, seul le statut de fonctionnaire garantit l'exigence de formation et de qualification pour les enseignants, aussi nous souhaitons que la Ville plaide pour l'ouverture de la liste complémentaire du concours de recrutement des professeurs des écoles, pour mettre devant nos enfants les professeurs les mieux formés.

Contrairement à ce que semble penser M. BLANQUER, enseigner est un métier, et ce sont bien les compétences des professeurs qui font la qualité de l'Education nationale. Faire croire que l'éducation serait une priorité et en même temps supprimer des postes ne trompe personne. Réduction du personnel, arguments d'autorité sur les neurosciences pour disqualifier la pédagogie, mise au pas des enseignants et négation de leurs compétences professionnelles, évaluation imposée renforçant la compétition scolaire, systématiquement, les vieilles recettes de M. MACRON et M. BLANQUER dissimulent une idéologie passéiste et inégalitaire sous un vernis scientifique. Le résultat est tragique. C'est le sacrifice de l'avenir de nombreux enfants, en particulier ceux des classes populaires sur l'hôtel de la concurrence et de l'austérité.

Le kafkaïen Parcoursup est bien la preuve de la volonté du Gouvernement d'opérer un tri social des élèves et d'éliminer de l'enseignement supérieur celles et ceux dont on a arbitrairement estimé qu'ils ne méritent pas d'apprendre.

Son bilan est mauvais, et la communication de Mme VIDAL sur le mode "cacher ces étudiants que je ne saurais voir" ne nous fait pas oublier ces dizaines de milliers d'étudiants qui ont jeté l'éponge, et ces milliers d'étudiants qui n'ont pas trouvé de réorientation. Je regrette que cette question soit absente de la communication.

Nous continuerons de dénoncer ce système et nous attendons de pied ferme que nos demandes pour la publication des algorithmes locaux et des statistiques sociales et géographiques soient satisfaites.

Je conclus, pour nous l'école doit être le lieu de la diffusion d'un savoir de qualité pour toutes et tous. Notre boussole : le savoir comme socle de l'émancipation, c'est une boussole qui peut guider de nombreuses pistes d'action que nous continuerons d'explorer.

Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci.

Je donne la parole à Mme Céline BOULAY-ESPERONNIER, pour le groupe PPCI.

Mme Céline BOULAY-ESPERONNIER. - Chaque année, aux premiers jours de septembre, plus de 200.000 jeunes parisiens font leur rentrée scolaire dans les établissements de la ville, depuis les crèches collectives jusqu'aux lycées. Ce passage obligé pour les élèves, joyeux pour certains, plus anxieux pour d'autres, s'accompagne de la traditionnelle communication sur la rentrée des familles, qui permet aux élus du Conseil de Paris que nous sommes de faire le point et de dresser certains constats.

Deux points me paraissent particulièrement importants concernant la rentrée scolaire 2018. D'abord, je me félicite que la Ville étende sa politique d'accueil et d'intégration des enfants en situation de handicap par l'ouverture d'un 10e centre de loisirs à parité, CLAP, à l'automne 2018 dans le 15e arrondissement. Comme vous le rappelez dans votre communication, Madame la Maire, ces structures qui ont une capacité d'accueil de 30 enfants favorisent la socialisation de tous les enfants, et grâce à leur petite taille, permettent un suivi individualisé de chaque enfant et la mise en relation de tous.

Cependant, si nous soutenons cette initiative qui va dans le sens de l'intégration des enfants en situation de handicap, nous déplorons que Paris ne comprenne aucun CLAP dans ses arrondissements centraux, ainsi que sur les 5, 6, 8, 10, 11 et 16e arrondissements.

Ainsi, sur les sept CLAP gérés directement par la Ville, à ce jour, seuls 210 enfants en situation de handicap étaient inscrits au titre de l'année scolaire 2015 - 2016 et 193 pour 2016 - 2017, ce qui représente une baisse de 17 places en un an.

Afin de remédier à cette situation, le groupe PPCI avait déposé un v?u adopté en juillet dernier demandant la création de nouveaux centres de loisirs à parité dans les arrondissements centraux de la capitale. Si l'ouverture d'un tel centre dans le 15e est un signe positif, nous demandons à l'Exécutif de poursuivre ses efforts et d'ouvrir d'ici peu de nouveaux CLAP dans les arrondissements qui en sont toujours dépourvus.

Deuxième point, et c'est un vif reproche que je vous adresse, je m'étonne que tout au long des 14 pages du texte de votre communication, rien ne soit mentionné sur le harcèlement scolaire. Rien !

Pourtant, lorsque j'ai interrogé le Ministre BLANQUER au Sénat il y a plusieurs mois, celui-ci m'a répondu qu'il en faisait l'une des questions prioritaires de l'action de son Ministère.

Et pour cause, en France, selon les dernières données publiées par le ministère de l'Éducation nationale, 700.000 élèves sont en prise aux mécanismes pervers d'intimidation, de torture psychologique et de violence physique. Le harcèlement scolaire est un fléau. Cela inclut a minima 14 % des élèves du primaire, 12 % des collégiens, et 2 à 3 % des lycéens, dont le quotidien est rythmé par des insultes, des vols de fourniture, des surnoms désagréables, des mises à l'écart et des bousculades.

Pire encore, via l'évolution des nouveaux moyens de communication et surtout des réseaux sociaux, le harcèlement s'étend aujourd'hui par-delà les limites de la sphère scolaire dans chaque aspect de la vie des adolescents. Facebook, Twitter, Instagram, etc., ont amplifié considérablement ce phénomène inquiétant en l'exportant dans la sphère privée.

Il est indispensable de compléter le travail de prévention matérialisé par les guides pédagogiques en y associant un plan éducatif offrant aux victimes des outils de défense concrets.

Les psychologues s'accordent sur l'idée que le moyen le plus efficace de briser le cercle vicieux du harcèlement est d'en atténuer les traumatismes passés et de donner aux enfants les armes nécessaires à la sortie de l'état de terreur dans lequel les maintiennent les harceleurs.

Pour ce faire, il faudrait que les élèves puissent avoir davantage accès aux psychologues de leurs établissements. Malheureusement, il existe actuellement une pénurie de ces professionnels de l'Éducation nationale. Cette réalité doit s'accompagner d'un effort de formation des enseignants, qui se trouvent souvent désemparés face à la détresse de leurs élèves.

A Paris, la plupart des psychologues scolaires sont rattachés à plusieurs établissements, ce qui représente souvent plusieurs centaines d'élèves à suivre. Comment, dans ces conditions, espérer qu'ils puissent faire de la prévention, repérer les élèves en souffrance et les aider? Paris doit agir, prendre des initiatives et mettre en place un plan local de lutte contre le harcèlement scolaire, c'est urgent.

Cela nécessite, par exemple, de faire appel aux associations spécialisées qui ne demandent qu'à intervenir dans les établissements scolaires pour prévenir, dès leur plus jeune âge, les enfants des risques liés à l'utilisation des réseaux sociaux. Et j'insiste sur ce point. J'applaudis à ce titre le travail réalisé par l'association "l'Ecole des parents et des éducateurs d'Ile-de-France" par le biais de la plate-forme d'écoute du 3020. Malheureusement, cela reste insuffisant. Le mal-être de nos enfants ne peut être contenu du lundi au vendredi, de 9 heures à 20 heures, et le samedi de 9 heures à 18 heures.

Les enfants et les adolescents doivent disposer d'un moyen intuitif et moderne pour faire connaître une situation de harcèlement et ce, 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. La création d'une telle plate-forme serait une avancée considérable en la matière.

J'ai choisi de mettre en avant ces deux sujets, celui du handicap et celui du harcèlement à l'école, car les familles parisiennes, comme vous le souligniez à juste titre, Madame la Maire, ont des attentes très élevées vis-à-vis de l'institution scolaire. Non des moindres, que les politiques publiques protègent leurs enfants. La Mairie de Paris a le devoir d'entendre cette attente et de mettre en place les politiques publiques adéquates pour y parvenir.

Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame.

Je donne la parole à Mme Laurence GOLDGRAB, présidente du groupe Radical de gauche, Centre et Indépendants.

Mme Laurence GOLDGRAB. - Merci, Madame la Maire, mes chers collègues.

Si la rentrée est un moment fort pour tous, elle est pour moi l'occasion de rappeler l'importance de l'école républicaine, gratuite et laïque. Sa mission principale est l'instruction, mais l'école publique se doit encore aujourd'hui d'être libératrice et source d'émancipation pour tous, et ce en dehors de toute appartenance sociale.

Elle doit également être le socle de l'égalité des chances, le premier pas vers la réussite des petits Parisiens. La Ville de Paris se doit donc de répondre présente dans l'accompagnement de ceux-ci, dans toutes les étapes de leur scolarité.

À ce titre, l'engagement de la Ville de Paris est visible à tous les niveaux.

D'abord, les élus mon groupe s'en félicitent, dans le secteur de la petite enfance, où, à l'issue de ce mandat, ce seront près de 5.000 places de crèche qui auront été ouvertes. La trois millième place sera d'ailleurs inaugurée cet automne.

Ensuite, dans le primaire, notre Ville a su s'adapter aux différentes modifications législatives, d'abord sur la réforme des rythmes scolaires, où le choix de conserver la semaine de quatre jours et demi est une réussite.

La Cour régionale des comptes a salué l'action parisienne en la matière, et la qualité des interventions du mardi et du vendredi dans nos écoles, sur ce temps périscolaire gratuit.

Alors, bien entendu, tout n'est pas parfait. Il subsiste des écoles où la transition s'est moins bien opérée. Il faut évidemment, je suis d'accord, comme cela a été déjà dit, procéder à des évaluations permanentes, des bilans réguliers. Il faut nous améliorer, cela est évident pour l'école comme dans tous les domaines d'ailleurs. Le principal, c'est que l'intérêt des petits Parisiens a bien été préservé en cette rentrée, et sur ce point notamment.

Notre Ville, et je m'en félicite, s'est également fort bien adaptée au dédoublement des classes de C.P. et C.E.1. en R.E.P. et R.E.P.+.

Cette mesure, ô combien importante à un âge où les élèves apprennent à lire et à écrire, sera, je l'espère, une première étape dans la réduction du fossé des connaissances entre les élèves relevant de l'éducation prioritaire et ceux plus favorisés.

Au niveau du collège, les actions sont nombreuses, mais deux dispositifs retiennent mon attention.

D'une part, la mise en place des secteurs multi collèges qui sont de vrais outils de mixité sociale et de lutte contre la ségrégation scolaire. Il est, je pense, encore trop tôt pour établir un bilan sur ce point, mais cette sectorisation est un moyen utile de lutte contre les stratégies d'évitement vers le secteur privé, dans une ville où près d'un tiers des collégiens sont scolarisés dans le privé, ce que bien entendu je regrette.

D'autre part, le dispositif "Tous mobilisés" qui, cette année, est étendu à onze autres établissements, portant ainsi à 25 le nombre d'écoles et de collèges bénéficiant de renforts en cas de difficultés persistantes constatées. C'est le cas notamment lorsque les relations parents-professeurs sont très altérées.

Parmi les défis que doit relever l'école, le principal, pour moi, est la lutte contre le décrochage scolaire qui doit être un combat de tous les instants. Si les chiffres sont en baisse, c'est encore près de 100.000 jeunes qui, en France, sortent du système scolaire sans diplôme ni qualification.

Dans ce domaine, la réponse est à trouver dans une meilleure orientation. Un jeune écouté et bien orienté est un jeune qui exploitera au mieux l'ensemble de ses potentialités.

A une échelle plus parisienne, et comme élue du 3e arrondissement, je m'inquiète naturellement du départ de nombreuses familles vers la périphérie. Ces départs engendrent des fermetures de classes et d'écoles. Evidemment, je vais citer la maternelle Brantôme où deux classes de 17 et 14 enfants, un nombre très inférieur à la moyenne, ont dû fermer. Situation qui doit nous faire réfléchir quant au coût de la vie et au prix du logement dans notre capitale.

Une fois de plus, nous revenons à la question du maintien des classes moyennes et populaires à Paris. Nous devons continuer notre démarche ambitieuse en termes de logement social. L'inauguration, la semaine dernière, de la Caserne des Minimes est un bel exemple en la matière. Je précise, mais cela est déjà rappelé que, fin 2019, 70 logements seront livrés, dont 43 à 46 seront des logements familiaux de trois, quatre ou cinq pièces.

Il faut, bien sûr, aussi assurer un meilleur "turn-over" des résidents afin d'optimiser l'occupation de ceux-ci.

Avant de conclure, je souhaite que vous m'apportiez, Monsieur l'Adjoint, des éléments sur deux domaines.

D'abord, sur le déploiement des actions du plan parisien "Santé environnementale" pour lutter contre la pollution de l'air, et plus particulièrement, contre l'asthme dans les écoles, car l'asthme touche nombre de petits Parisiens. C'est un enjeu de santé publique très important. Pourriez-vous nous apporter des éléments sur les échéances et mises en place des différentes actions en ce qui concerne nos petits écoliers ?

Enfin, j'aimerais revenir sur l'éducation à la sexualité, sujet pour lequel mon groupe avait déposé en février un v?u, demandant un bilan détaillé des interventions auxquelles sont soumis nos enfants, mais également une charte type encadrant cet enseignement afin que les parents aient connaissance de ce qui est expliqué aux enfants sur ces sujets sensibles. Si nous avions disposé de cette charte, nous aurions été plus à même de répondre à la succession de "fake news" à laquelle nous avons dû faire face en cette fin d'été. Pouvons-nous, en tant qu'élus, laisser croire qu'au sein de notre école républicaine, et notamment en primaire, serait enseignée la masturbation ? Cela avait été posé comme cela, je ne le pense pas. Il est nécessaire de ne laisser aucune place au doute sur ces sujets, bien qu?évidemment cela est tellement grotesque, mais tout de même, j'aimerais savoir où en est le bilan détaillé sur ces interventions en milieu scolaire et également savoir où en est l'élaboration de cette charte. Je conclus désormais en vous remerciant pour votre action et en vous invitant à poursuivre, en sachant que vous pouvez compter sur le soutien de notre groupe. Merci beaucoup.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Madame la Présidente. Je le sais, votre soutien est précieux.

La parole est à M. Jean-Baptiste MENGUY, pour le groupe les Républicains et Indépendants.

M. Jean-Baptiste MENGUY. - Merci, Madame la Maire. Sans transition donc?

Madame la Maire, mes chers collègues, cette communication, élargie cette année à la rentrée des familles et non plus seulement celle des élèves, tombe à pic. Elle nous permet en effet d'évoquer un phénomène des plus inquiétants, que vous avez éludé dans cette communication alors qu?il a été largement relayé, notamment dans la presse ces dernières semaines, celui de l'exode des familles qui s'illustre par la diminution des effectifs dans les écoles publiques parisiennes.

Depuis 2010, ce sont près de 13.000 élèves en moins dans nos écoles et d'ici 2020, ce seront encore 8.700 élèves qui manqueront à l'appel, soit sur dix ans, près de 22.000 élèves en moins. A cela s'ajoute le fait que, sur la mandature 2014-2020, nous pourrons compter à peu près une vingtaine d?écoles qui auront fermé ou auront fusionné.

On peut le dire, c'est une hécatombe, et votre discours ne trompe plus personne. Non, il ne fait plus bon vivre à Paris pour les familles. Il serait même facile de penser d'ailleurs que les élèves et les familles privilégient le secteur privé. Ce n'est pas le cas. Les établissements, malgré la demande, sont déjà saturés. La proportion d'élèves scolarisés dans les établissements privés est relativement stable.

Le directeur d'Académie l'a d'ailleurs confirmé lors d'un C.D.E.N, les élèves ne fuient pas seulement les écoles parisiennes, ils quittent Paris, et les académies voisines comme Versailles et Créteil gagnent en effectifs.

Nous avons besoin plus que jamais, mes chers collègues, d'une politique scolaire parisienne qui réconcilie l'école et les familles. Nous vous demandons de le faire aujourd'hui, ou nous le ferons sans vous, Madame la Maire, dans 18 mois.

D'ores et déjà, mon groupe demande par un v?u que l'A.P.U.R. analyse plus en détail la diminution du nombre d'élèves parisiens et ses causes, pour comprendre et décider pour agir en conséquence afin d'inverser la tendance qui doit être notre seule priorité commune.

A ce stade, force est de constater que les familles fuient en réalité davantage une politique municipale qui leur est manifestement hostile, et non pas uniquement à cause des difficultés pour se loger. Votre politique scolaire et périscolaire est désormais aussi une cause de départ et nous le regrettons.

A la lecture de votre communication, disons-le, angélique, trois causes sont, à nos yeux, préjudiciables aux familles.

La première, c'est votre politique périscolaire. Convenez que la coïncidence entre la mise en place des rythmes scolaires à la va-vite en 2013 et l'accélération de la baisse du nombre d'élèves dans la même année est troublante. Ce n'est pourtant pas faute, depuis cinq ans, de vous alerter sur les dysfonctionnements persistants de l'organisation que vous avez mise en place, en particulier par les maires d'arrondissement, comme Florence BERTHOUT, Delphine BÜRKLI, ou Philippe GOUJON, qui réunissait récemment encore un C.I.C.A. sur le sujet : arythmie des emplois du temps que nous avons d'ailleurs pointée dans le cadre de la M.I.E. que j'ai eu l'honneur de présider, manque de repères des élèves, confusion entre les temps, confusion entre les intervenants, difficultés de gestion des établissements puisqu'à ce jour, vous, employeur, n'êtes toujours pas en capacité de fournir à tous les R.E.V. un bureau pour qu?ils travaillent dans de bonnes conditions. Il faudra peut-être solliciter un inspecteur du travail, qui sait.

Autant de points noirs qui confirment que le dispositif est inadapté, et votre entêtement en la matière est coupable.

Nous considérons qu'une bonne politique publique aujourd'hui doit répondre à trois impératifs : expérimenter avant, organiser pendant, évaluer après.

Pour le périscolaire, vous avez sciemment ignoré les deux premières étapes, et nous ne comprenons pas pourquoi, cinq ans après, alors même que 85 % des communes reviennent sur la semaine de quatre jours et demi, vous refusez obstinément d'organiser une grande consultation-évaluation, que tout le monde appelle de ses v?ux, sauf vous et peut-être une association de parents d'élèves.

De quoi avez-vous peur en refusant de tendre la main à tous les parents, à tous les professionnels de l'école ? Il s'agit avant tout d'un objectif partagé, la réussite des apprentissages des enfants parisiens, et non pas que votre politique reçoive ou non une bonne note.

Vous qui, encore récemment, dans une tribune portée notamment par votre nouveau premier adjoint, vantiez votre soi-disant temps d'avance en matière de démocratie participative, eh bien, nous en attendons toujours les preuves concrètes. C?est exactement le sens du v?u que nous déposons, un v?u de confiance envers les familles parisiennes.

Nous proposons également un v?u pour que les travaux de la mission que j?ai présidée en 2016 soient suivis et relayés et qu?un vrai bilan soit fait. C?est un v?u dont l?initiative revient à Gypsie BLOCH. Je tiens à saluer évidemment cette mesure qui serait tout à fait importante.

Deuxième cause : l?accessibilité des bâtiments scolaires. Comment, Madame la Maire, comme vous l?avez fait ce matin, se satisfaire de n?avoir consacré que 9 petits millions d?euros aux opérations d?amélioration de l?accessibilité des établissements, alors qu?au final ce sont à peine plus d?un quart des écoles qui sont accessibles et moins d?un tiers des collèges ?

L?inclusion est encore un v?u pieux à Paris. Ces 9 millions d?euros, au regard du budget de la Ville et même du plan des cours "Oasis" dans les écoles, ces 9 millions d?euros sont ridicules et je regrette qu?ils soient affichés dans cette communication avec autant de satisfaction. C?est en fait pour moi le marqueur d?un échec qui exclut encore trop de familles de notre capitale.

Enfin, la troisième cause identifiée de cet exode des familles commence avant même l?entrée en maternelle. Il y a de quoi s?interroger en effet sur les résultats de votre politique en matière d?accueil de la petite enfance. Individuelle ou collective, elle souffre des mêmes maux : incomplète et partiale.

Concernant l?accueil individuel, en dépit d?un plan ad hoc comme vous les aimez, vous délaissez totalement les familles qui ne font pas le choix ou n?ont pas le choix de ne pas avoir de place en crèche. C?est pourtant le deuxième mode de garde des Parisiennes et des Parisiens : 16 % des enfants sont accueillis.

La preuve, c?est le site Internet Les Tribus de Paris qui permettait aux familles parisiennes d?être en contact avec des nounous et qui est fermé depuis le début de l?année, avec cette promesse toute "hidalgolienne", si je peux me permettre : le site va bientôt rouvrir. Non, le site n?est toujours pas ouvert. Faites un effort, s?il vous plait, sur ce travail. Allez plus loin d?ailleurs en proposant via ce site, qui était de qualité, un accompagnement pour les parents futurs employeurs de nounous.

L?accueil collectif touche le fond également. Certes, on ne peut guère contester que Paris est statistiquement devant les autres départements. En même temps, le contraire serait tout à fait inadmissible. Mais il est proprement scandaleux de constater que votre effort de création de places en crèches est clairement politisé, voire électoraliste. Les efforts sont en effet concentrés sur les arrondissements de votre majorité, et à peine un quart des places créées depuis 2014 concernent les arrondissements d?opposition de droite, alors que pour ne citer que le 15e et le 17e, les demandeurs sur listes d?attente se comptent chaque année en milliers.

Mes chers collègues, il y a urgence avec plus de 20.000 élèves en moins en dix ans. Quatorze pages d?autocongratulation municipale sont une insulte à toutes les familles qui galèrent et sont contraintes à leur corps défendant de quitter notre capitale.

Un élu a dit la semaine dernière dans les colonnes du "Monde", je cite : "Etre maire, c?est être comptable des décisions qui sont prises, qu?elles conduisent à des réussites ou à des échecs." C?était votre premier adjoint, Bruno JULLIARD, dont je salue la présence même s?il est reparti.

Madame la Maire, forts de cette analyse d?un expert en politique municipale de gauche, revoyez cette politique familiale et scolaire qui exclut. Soyez enfin à la hauteur des enjeux les plus élémentaires : rendre aux familles un quotidien vivable.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - La parole est à Mme Danielle SIMONNET, pour deux minutes.

Mme Danielle SIMONNET. - Madame la Maire, vous prétendez faire de Paris une ville pour les familles, mais Paris chasse les familles. Les écoles se vident car Paris se vide de ses habitants, et notamment des familles avec enfants. Voilà l?élément frappant de cette rentrée : 3.000 élèves en moins à Paris.

Si le recul démographique est engagé depuis 2014, il s?accélère en cette rentrée 2018. Une dizaine d?écoles ont fermé leurs portes, un déclin que l?on imaginait réservé aux campagnes. Se loger à Paris est trop cher. La spéculation immobilière et l?emprise des plateformes de types "Airbnb" ont accaparé la ville aux investisseurs et aux touristes. Depuis 2010, le prix moyen du mètre carré est ainsi passé de 6.000 à plus de 9.000 euros. Les trois dernières mandatures ont échoué à enrayer l?exode social faisant peu à peu de Paris une friche du libéralisme.

Maintenant sur les autres points de cette rentrée puisque j?ai très peu de temps, concernant l?accessibilité, vous annoncez des travaux mais à quand 100 % des écoles en accessibilité ? Avec 27 % des écoles et 31 % des collèges accessibles, le retard de Paris est criant. Je présente un v?u pour améliorer le statut et la rémunération des auxiliaires de vie scolaire et contribuer à faciliter leur recrutement, car plus de 700 élèves en situation de handicap n?en ont pas en cette rentrée. Aussi, je souhaite que la mairie interpelle le rectorat pour que de nouvelles U.L.I.S. soient créées pour répondre aux besoins.

Concernant les rythmes scolaires, je réitère le v?u qu?une concertation ouverte soit engagée en cette rentrée dans l?ensemble des conseils d?école et plus largement auprès de tous les acteurs, afin d?envisager la poursuite ou l?arrêt, pour une autre organisation de l?aménagement des rythmes éducatifs pour la rentrée scolaire. D?ailleurs l?intersyndicale du premier degré va manifester sur cette question ce mercredi.

Le dernier v?u que je défends est en faveur de la scolarisation inconditionnelle des jeunes isolés étrangers. Il n?est pas acceptable que le rectorat de Paris refuse de scolariser des jeunes qui font un recours. Mais il n?est pas non plus acceptable que 70 % des jeunes isolés étrangers à Paris se voient contraint de faire un recours parce que le département conteste leur minorité. Dommage d?ailleurs que le v?u des différents groupes de la majorité dédouane un peu le département de sa responsabilité qui est énorme sur cette question.

Voilà les trois points que je souhaitais mettre en exergue. Non, cette rentrée n?est pas satisfaisante. La question centrale est : pourquoi Paris se vide de ces familles ?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame SIMONNET.

Je donne la parole à Mme TACHÈNE, pour le groupe UDI-MODEM.

Mme Anne TACHÈNE. - Merci, Madame la Maire.

Pour poursuivre les propos de ma collègue Béatrice LECOUTURIER, je voudrais me concentrer sur la volonté de la Ville de faire vivre la mixité sociale et scolaire, et la solidarité, ce qui doit être pour chacun de nous une préoccupation majeure.

En effet, à Paris, la mixité scolaire constitue un enjeu essentiel au sein des collèges parisiens, tandis que 17 % des collégiens sont issus des catégories sociales défavorisées.

À cet effet, une expérimentation avait été lancée début 2017. Un premier bilan de l?expérimentation de la sectorisation multi-collèges nous a été présenté le 6 septembre dernier, auquel j?ai pu assister avec bon nombre de mes collègues et avec l?ensemble des acteurs de la communauté éducative impliquée et réunie au sein de l?Observatoire parisien de la mixité scolaire et de la réussite éducative.

Si l?on peut se féliciter que ce premier bilan soit plutôt encourageant, on ne peut que constater qu?il est pour le moment incomplet et qu?il mérite d?être reconduit avant d?être étendu. En effet, la présentation faite dans cette communication est partiale. Vous évoquez ainsi les effets positifs en termes de mixité sociale avec une diminution globale de l?évitement vers le secteur privé et un rééquilibrage de la composition sociale des établissements concernés.

Si les résultats de cette première année d?expérimentation pour les collèges Berlioz et Coysevox dans le 18e vont dans le bon sens, ce que nous saluons, ils ne seront réellement explicites qu?à la rentrée 2019 lorsque nous aurons un retour de l?expérimentation de la montée alternée de la deuxième année avec des chiffres sur l?évitement vers le privé de cette deuxième phase. Par conséquent, nous resterons particulièrement attentifs et vigilants sur ce secteur.

Par contre, pour les collèges Curie et Philippe, l?expérimentation est à ce jour un échec, ce que la communication passe sous silence. Pourtant, à l?instar de ce que nous préconisons depuis de nombreuses années et ce qui est mis en évidence ici, c?est en renforçant l?offre pédagogique des collèges qu'il est possible de continuer à y attirer des élèves, et c?est bien ce dont il est question aujourd?hui. A l?occasion de la rentrée 2017, notre groupe avait salué le retour au pragmatisme et au bon sens porté par le ministre de l?Éducation nationale Jean-Michel BLANQUER. C?est bien en renforçant une offre pédagogique plus dense et de qualité que le collège Curie a continué à attirer les élèves issus des catégories sociales favorisées. Il convient donc d?en tirer les leçons nécessaires pour réajuster l?offre pédagogique.

Enfin, je voudrais exprimer un regret sur la très mince évocation du dispositif du dédoublement des classes de CP et de CE1 en R.E.P. et en R.E.P.+. Comme l?a souligné tout à l?heure Anne-Christine LANG, c?est bien une disposition majeure qu?il faut saluer. Je sais qu?on parle plus souvent de ce qui ne marche pas, mais reconnaître que ce qui fonctionne bien et apporte de véritables avancées pour les enfants dans ces phases d?apprentissage essentielles devrait être salué unanimement.

Pour conclure, l?inquiétante érosion démographique, dont il a été largement question ici et que vous édulcorez dans cette communication et dans vos propos, doit tous nous alerter au-delà des chiffres des effectifs.

Placée sous l?intitulé "Rentrée des familles", cette communication ne peut pas masquer la désaffection grandissante des familles pour Paris. Loin de moi l?idée de ternir l?image de Paris, mais au-delà des questions de logement, de transport et de temps périscolaire, c?est une autre forme de qualité de vie que les familles vont chercher au-delà du périphérique.

Ainsi, pour notre groupe, chaque politique parisienne doit être élaborée en fonction des contraintes et des attentes des familles. Alors, pour les temps périscolaires, pour le développement de l?offre éducative dans les collèges, pour l?adaptation de la ville aux vies des familles, nous réitérons tous ici sur ces bancs notre demande pour qu?une consultation soit organisée pour qu?enfin, les familles puissent faire entendre leur voix.

Madame la Maire, vous avez fait campagne sur "oser Paris", une seule demande : osez les familles.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame TACHÈNE.

La parole est à Mme Catherine BARATTI-ELBAZ, maire du 12e arrondissement, pour le groupe Socialiste et Apparentés.

Mme Catherine BARATTI-ELBAZ, maire du 12e arrondissement. - Madame la Maire, mes chers collègues.

Comme chaque année, cette première séance est l?occasion de faire le point sur la rentrée scolaire des petits Parisiens, que nous préparons en étroite et fructueuse collaboration, je dois le dire, avec les équipes de l?Académie de Paris, à qui je veux rendre hommage pour la qualité de nos échanges. Une rentrée marquée par une stabilité des effectifs scolaires dans le 12e arrondissement, excusez-moi, mais je me dois de le signifier quand même, au-delà de ce qui a été dit par les uns et les autres, notamment du fait d?une démographie qui demeure dynamique. Notre ville, en tout cas, mon arrondissement reste attractif pour les familles, et nous nous mobilisons très fortement pour toutes nos politiques en ce sens.

Contrairement à ce que j?ai pu lire dans certains quotidiens du soir, cités encore tout à l?heure par certains de nos collègues, le 12e n?a pas connu de fermeture d?école, mais bien la fusion de deux écoles mitoyennes, sans fermeture de classe, pour des motifs pédagogiques, conformément à une préconisation de la C.R.C., d?ailleurs, et avec le soutien total de la communauté éducative.

L?investissement dans nos écoles s?est accéléré de façon significative au cours de l?été, pour atteindre un niveau sans précédent, avec 30 opérations estivales réalisées pour un montant jamais atteint de plus de 3,2 millions d?euros, dont l?une des premières cours "Oasis", pour lesquelles nous avons eu beaucoup de médiatisation. Elles traduisent notre volonté, ainsi que celle des habitants du 12e, via le budget participatif, ce qui ne me choque pas du tout, de soutenir fortement nos écoles publiques.

Dans le 12e, tous les R.E.V. ont un bureau, et je découvre que ce ne serait pas le cas dans le 15e. Je m?étonne que mes collègues élus du 15e ne plaident pas pour l?utilisation du budget d?investissement localisé pour aménager ces bureaux. Les collèges ne sont pas en reste non plus, avec près d?un million d?euros de travaux au cours de l?été dans l?arrondissement.

J?ai également été heureuse de voir aboutir l?opération de restructuration lourde du groupe scolaire Élisa Lemonnier/Bignon, avec sa rue aux enfants et sa toute nouvelle ludothèque qui a pris place, des travaux qui ont permis notamment d?améliorer l?accessibilité pour les personnes en situation de handicap dans ce grand groupe scolaire. Et nous restons mobilisés, avec Patrick BLOCHE et Nicolas NORDMAN, dont je voudrais saluer aussi l?investissement, pour poursuivre nos efforts en matière d?accessibilité de tous nos équipements publics de proximité.

Notre engagement pour une école inclusive entraîne à nouveau, cette année, une vigilance déjà rappelée par certains de mes collègues sur la situation particulière des A.V.S. devenus A.E.S.H. A ce jour, malheureusement, tous les postes ne sont pas pourvus en raison de difficultés de recrutement avancées. Je me fais donc ici à nouveau le porte-voix des familles concernées qui appellent légitimement à notre soutien. Il est essentiel que l?Ecole de la République soit celle de tous les enfants, au nom de ce principe fondamental qu?est l?égalité.

A ce titre, je salue l?ouverture d?une nouvelle classe dite U.P.E.A.A., permettant d?accueillir comme il se doit aussi les enfants allophones?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Est-ce que vous pouvez laisser Mme la Maire du 12e arrondissement s?exprimer, s?il vous plaît ?

Mme Catherine BARATTI-ELBAZ, maire du 12e arrondissement. - J?évoquais justement la présence, dans mon arrondissement, d?un centre d?hébergement d?urgence au bastion de Bercy, ouvert l?an dernier pour sept ans et accueillant 300 personnes. Nous avons eu à c?ur, avec l?Education nationale, que tous les enfants puissent être accueillis dignement dans les écoles du 12e, et c?est désormais le cas avec cette nouvelle classe d?U.P.E.A.A.

Des enjeux tout particuliers existent. Nous l?avons vu en cette rentrée aussi sur nos collèges publics. La première réunion plénière de l?Observatoire parisien de la mixité sociale et de la réussite éducative s?est déroulée début septembre, en présence du Recteur de l?Académie, et vous, Madame la Maire, à ses côtés.

La démarche actuellement engagée sur les enjeux de mixité sociale et le partage objectif des données me semblent très positifs. Et sans attendre, je souhaite mettre l?accent sur le soutien déjà apporté par la Ville aux établissements scolaires considérés comme les plus fragiles. Dans le 12e, à titre d?exemple, le collège Germaine Tillion a bénéficié de toutes nos attentions, avec de vrais résultats : implantation d?une C.H.A.M., déploiement du dispositif "Action collégiens", entrée dans la démarche "Tous mobilisés", réalisation de très nombreux travaux, parmi lesquels la rénovation des salles de sciences.

Tout cela a produit des effets que je veux saluer, et sur lesquels il faudra continuer. Je resterai parallèlement très vigilante dans les prochains mois aux discussions autour de la révision de la carte de l?éducation prioritaire, qui est un levier d?intervention majeur et tout à fait déterminant pour ces établissements fragiles. Nous avons assez peu d?informations à ce stade, or, la révision est annoncée pour la rentrée 2009. Mais peut-être, Monsieur le Maire, avez-vous des informations nouvelles à ce sujet ?

Je souhaite enfin profiter de cette intervention pour rappeler quelques spécificités parisiennes de nos écoles, qui illustrent parfaitement notre engagement très fort en faveur de l?éducation des plus petits, que nous avons tendance à oublier. Notre Ville est en effet l?unique collectivité française à mettre à disposition sur le temps scolaire un corps spécifique d?enseignants, appelés les P.V.P., ou encore à mettre en ?uvre la décharge totale des directeurs et directrices de nos écoles, tout comme la mise à disposition de personnels médicaux ou sociaux dans chacun de nos établissements. A travers ces quelques exemples, notre majorité est ambitieuse pour l?Ecole de la République, afin d?offrir les meilleures conditions d?apprentissage à tous nos enfants, mais dans notre champ de compétences.

Dans le Plan de pauvreté présenté par le Gouvernement récemment, une attention particulière a été portée sur le tarif de nos cantines. Je me réjouis de voir que la grille tarifaire que nous appliquons désormais dans tout-Paris, dans nos écoles comme dans nos collèges publics, respecte déjà les objectifs fixés, puisque les repas à moins d?1 euro pour les familles les plus fragiles sont prévus dans notre grille tarifaire, qui démarre bien à 13 centimes pour aller jusqu?à 7 euros par repas. Les deux premiers tarifs sont donc déjà inférieurs à 1 euro.

En revanche, je note que dans nos lycées, les tarifs minima sont à 1,20 euro ou 1,50 euro, pour n?atteindre que 4 euros pour les familles les plus favorisées. Monsieur le Maire, Madame la Maire, savez-vous si la Région Ile-de-France a l?intention de revoir sa grille tarifaire pour respecter ce nouvel objectif ? Sachant que pour la part de bio, l?objectif régional n?est qu?à 50 % de bio en 2024, je me permets de faire remarquer à nos collègues conseillers régionaux que dans le 12e, nous sommes déjà à plus de 50 % depuis un an.

Concernant les lycées toujours, excusez-moi d?insister, mais je suis inquiète : avez-vous des nouvelles de la rénovation de la cité scolaire Paul Valéry ? Car la présidente de la Région Ile-de-France ne répond toujours pas à mes courriers. Elle a annoncé en séance du Conseil régional avoir déposé un nouveau permis de construire pour ce lycée, mais nous avons eu beau chercher avec les services de la Ville, rien n?est arrivé. Alors, quelles sont les intentions de Mme PÉCRESSE pour cette cité scolaire qui vieillit ? Mis à part bloquer notre projet urbain, ça, j?ai bien compris, la Région Ile-de-France a-t-elle des réponses pour la communauté éducative ? Avez-vous pu, Monsieur le Maire, rencontrer la nouvelle vice-présidente en charge des lycées ?

Je note que parallèlement, les villes de Courbevoie et Boulogne ont inauguré cette année leur nouveau lycée, je m?en réjouis, et qu?un autre lycée tout neuf, de dimension internationale, est prévu à Vincennes, à deux pas donc de Paul Valéry. Je m?interroge ainsi : les Parisiens seraient-ils victimes d?une discrimination négative de la part de la Région Ile-de-France ? Sachant que le projet qui était prêt et financé dès 2015 prévoyait également la création d?un internat, qui, je crois, correspond aux nouveaux objectifs du Gouvernement, que la présidente de la Région reprend à son compte, alors je ne comprends pas.

Enfin, nous examinons aujourd?hui de nombreux projets de délibération concernant nos lycées municipaux, dont un que je partage avec le 4e arrondissement. Il était prévu de mettre fin à cette particularité parisienne et que nos lycées municipaux soient transférés à la Région Ile-de-France en 2020. Pouvez-vous nous confirmer que cette échéance sera bien respectée ?

Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - C?est moi qui vous remercie, Madame la Maire, pour vos questions et votre engagement.

Monsieur Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement, vous avez la parole, pour le groupe Ecologiste de Paris.

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - Merci, Madame la Maire.

Chers collègues, cette rentrée des familles s?est globalement bien passée à Paris. Tous les enfants ont leur place, et c?est l?essentiel. Tous, enfin, pas tout à fait, puisque nous avons des marges de progression à mener avec l?Académie pour une scolarisation des mineurs isolés étrangers, et pour une meilleure scolarisation des enfants bénéficiaires de l?allocation d?éducation handicap, pour lesquels le groupe Ecologiste a déposé des v?ux, notamment pour que ceux-ci puissent être éligibles au "pass" Paris Access' pour qu?ils se déplacent plus facilement dans Paris. Les écologistes soutiendront aussi le v?u pour que les assistant-e-s de vie scolaire, AVS, soient mieux rémunéré-e-s et en nombre plus important pour qu?aucun enfant porteur de handicap ne soit privé d'école.

La rentrée s'est bien passée globalement, mais avec quand même une ombre au tableau dans le Centre de Paris puisque, cette année, dans le 2e arrondissement, nous avons été contraints de fermer deux classes et avons évité de justesse la fermeture d'une troisième grâce à la mobilisation des parents d?élèves, de la communauté éducative et des élu-e-s. Nos voisins ne sont pas mieux lotis puisque c'est l'école Brantôme toute entière qui, dans le 3e arrondissement, a fermé définitivement ses portes. Ce phénomène touche aussi l'ensemble de la Capitale. Il s'agit principalement de la fin du baby-boom des années 2000 qui fait que les effectifs scolaires diminuent. Mais, à ce phénomène, s'en ajoute un autre qui l?amplifie. C'est le coût exorbitant du logement à Paris, d'autant plus avec la fin de l'encadrement des loyers.

Les familles désertent donc notre Capitale au premier ou au deuxième enfant. Depuis 2014, par exemple, le 2e arrondissement a perdu 3.000 habitants, soit 13 % de sa population, alors qu?il gagnait des habitants depuis 2001 jusqu'à cette date de 2014. Or, 2014 correspond à la montée en puissance des phénomènes des meublés saisonniers touristiques - je veux parler d?"Airbnb" - qui touchent particulièrement les arrondissements centraux et contribuent à la pénurie de logements disponibles à l'année. L'APUR, dans une récente étude, dénombre plus d'un quart des logements vacants dans le Centre de Paris. Certains promoteurs rachètent des logements à prix fort et les mettent sur le marché du meublé saisonnier touristique, privant les familles de logements et, non seulement les privent de logements par cette affectation aux touristes des surfaces locatives, mais augmentent aussi considérablement le prix du mètre carré à la vente.

Le quartier s'adapte aussi à ce phénomène puisqu'on voit disparaître les commerces traditionnels de bouche, en particulier les commerces de proximité, au profit de commerces tournés vers l'activité touristique, à savoir essentiellement les bars et les restaurants de nuit, voire même les boutiques de souvenirs pour touristes. Tout cela fait fuir les familles, qui supportent de moins en moins cette ambiance où les locataires d'un soir font la fête et où les bruits des valises à roulettes rythment la vie de leurs immeubles.

C'est la raison pour laquelle nous sommes favorables à une interdiction de l'activité de ces sociétés dans le centre de Paris, comme l'a proposé Ian BROSSAT récemment. Nous souhaitons que la réglementation des particuliers qui louent leur logement soit strictement limitée à 120 jours et que des contrôles soient effectués.

Mais l'école, c'est aussi un lieu d'apprentissage, de savoir être. Je voudrais insister sur l'apprentissage du mieux manger puisque - vous l'avez dit dans votre communication, Madame la Maire - promouvoir la nourriture bio dans les cantines scolaires et les crèches, c'est important. Le 2e arrondissement est précurseur en la matière puisqu'il sert aujourd'hui 96 % de "bio" dans les cantines scolaires et que nous avons mis en place une alternative quotidienne aux repas carnés pour montrer qu'il y a d'autres façons de se nourrir que la viande et que l?on peut avoir un bon repas roboratif sans avoir recours systématiquement à la viande. L'alimentation non carnée a un impact moins important sur la planète car elle permet de diminuer nos émissions de gaz à effet de serre ; on sait à quel point l'élevage contribue au dérèglement climatique.

Je me réjouis aussi que Paris s'engage à faire du tri un enjeu de mobilisation pour les jeunes. Nous avons initié, dans les cantines scolaires du 2e arrondissement, le tri des déchets, ce qui permet non seulement de sensibiliser au gaspillage, mais aussi de montrer que trier ses déchets est un geste essentiel pour l'environnement. Trier contribue à diminuer la pollution de l'air, puisque tout ce qui n'est pas incinéré est ainsi réutilisé pour créer du compost et du méthane.

Enfin, le groupe Ecologiste a déposé un v?u sur l'apprentissage du vélo à l'école, qui me semble essentiel. Aujourd'hui, il est tout aussi important pour les jeunes d'apprendre à nager que d'apprendre à faire du vélo, tant ce déplacement qui est celui du futur doit être promu auprès des jeunes afin qu?ils puissent se déplacer en 2 roues moteurs sans moteur en toute sécurité dans nos villes et au-delà.

Je vous remercie pour votre attention.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup.

Je donne la parole à M. Nicolas BONNET-OULALDJ, Président du groupe Communiste - Front de Gauche.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci.

Madame la Maire, dans votre communication, il y a une question essentielle pour les familles qui se pose, c'est : peut-on rester vivre à Paris ?

Je voudrais commencer par la question de la petite enfance. Vous l'avez souligné, Paris est le premier département en matière d'accueil collectif. En 2014, nous avons pris l'engagement de réaliser 5.000 places en crèche sur la mandature. Nous tenons le cap. L'ouverture de la trois millième place à l'automne en témoigne. C'est primordial pour que les familles puissent rester vivre à Paris et pour l'emploi des femmes. Au-delà du nombre d?enfants accueillis, il faut évoquer le mode de gestion de ces 5.000 places en crèche. Il y a une incidence sur le fonctionnement, sur les contenus éducatifs et culturels de ces établissements. Nous plaidons pour une gestion municipale qui garantisse un statut, une qualification et des conditions de travail correctes au personnel de ces crèches. Car, ne l'oublions pas, c'est toujours la qualité des emplois qui fait la qualité du service public. Aussi, je vous demande à nouveau davantage d'informations sur la clé de répartition du mode de gestion des crèches à venir.

Avec la création de l'Ecole des métiers de la DASCO, notre collectivité démontre que la construction d'un service public de qualité pour l'accueil des enfants passe aussi par la formation et la qualification des personnels qui accomplissent ces missions de service public. Les A.T.S.E.M., notamment, demandent l?amélioration de leurs conditions de travail et une meilleure reconnaissance de leur métier. Nous devons les écouter.

Par ailleurs, je me félicite que vous ayez évoqué la question de l'alimentation. Pour bien grandir, il faut bien manger et la restauration scolaire doit être au c?ur de l'éducation à la santé et au goût pour nos enfants. Nous voyons d'un bon ?il toutes les dispositions du Plan alimentation durable qui permet de fournir toujours plus de produits sains, de saison, labellisés, aux petits Parisiens. Nous pensons qu?il est nécessaire de prolonger cet effort en approfondissant les rapports entre la ville et la campagne pour instaurer une solidarité entre les urbains et les ruraux. Il nous faut aider la filière agricole, les petits producteurs locaux, afin qu?elle dispose des structures lui permettant de répondre efficacement aux marchés passés par les caisses d'école. Les cantines scolaires peuvent être un vecteur permanent et permettant cette connaissance mutuelle.

Je prolonge ces remarques sur la santé en disant un mot des politiques publiques que nous développons en direction des plus jeunes sur les temps scolaires et périscolaires. Nous avons d'ailleurs proposé une délibération pour des jeux sportifs scolaires qui va dans le sens du partage autour des valeurs olympiques et sportives pour l'éducation de la "Génération 2024".

Enfin, nous voulons dès cette rentrée revenir sur la question des vacances "Arc-en-ciel". Nous nous étions mobilisés aux côtés des parents pour demander le maintien du dispositif dans l'intérêt des enfants. Les petits Parisiens et les Parisiennes doivent pouvoir bénéficier de séjour de vacances permettant un dépaysement fécond. La rencontre d'autres paysages, d'autres activités, d'autres camarades venant d'horizons divers participe à leur ouverture sur le monde et leur éducation. Nous sommes particulièrement attachés à la mixité sociale et à la qualité des séjours. L'édition 2018 a eu un franc succès. Aussi, nous souhaitons disposer rapidement d'un bilan afin de pouvoir envisager une augmentation du nombre de places dans les vacances "Arc-en-ciel" dès le prochain exercice budgétaire. Nous souhaitons également que des agents titulaires soient affectés à la gestion de ce dispositif pour le pérenniser. Avec les vacances "Arc-en-ciel", nous avons la chance de prouver qu'il est possible de mener des politiques facultatives à destination de celles et ceux qui en ont le plus besoin.

Augmenter le nombre de départs d'enfants en colonies de vacances serait un beau symbole de notre engagement pour faire de Paris une ville pour toutes et tous. Ce serait d'ailleurs le signe que l'austérité et les politiques rétrogrades que le Gouvernement mène actuellement à l'égard des plus démunis ne peuvent remettre en cause notre engagement devant les Parisiennes et les Parisiens. Ce serait une belle manière - et je finirai là-dessus - de démontrer une fois de plus, en cette rentrée, que Paris fait mieux que le Gouvernement.

Je vous remercie.

(M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, remplace Mme la Maire de Paris au fauteuil de la présidence).

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président. - Merci beaucoup.

La parole est à M. Jérôme DUBUS.

M. Jérôme DUBUS. - Merci, Monsieur le Maire.

En cette rentrée scolaire, Mme HIDALGO nous invite à tout faire pour mieux respirer à Paris. C?est bien le premier sens de ce terme qu'elle vise : aspirer un air pur dans notre cage thoracique. Mais dans mon intervention je voudrais viser le second sens : accorder à nos enfants des périodes de calme, de repos, de réflexion, de détente. Oui, les faire respirer.

Or, la France a un problème avec l'aménagement des rythmes scolaires de nos enfants. Depuis 40 ans, nous tâtonnons, nous échouons collectivement, alors que d'autres pays, notamment les pays anglo-saxons et nordiques, ont résolu le problème à la satisfaction de tous : parents, élèves, communauté éducative. Il y a une espèce de malédiction française qui aboutit à des réformes ratées, mécontentant tout le monde. Tel est le cas de la dernière en date, mise en place sous la présidence HOLLANDE. Fort à propos, le décret BLANQUER a permis en cette rentrée 2018, à 85 % des communes, de revenir à la semaine de quatre jours : Lyon, Marseille, Bordeaux, Nice ont suivi ce chemin. Paris fait figure d'exception dans son obstination à maintenir le régime de la loi Peillon.

Monsieur l'adjoint, vous estimez ne pas avoir de raison objective de changer de position. Très bien. Vous affirmez qu?il n'existe pas de mouvement de fond des enseignants, comme si ceux-ci ne s'étaient pas exprimés en juin dernier, à 98 % contre la semaine de quatre jours et demi. Vous dites travailler au repos des enfants, alors que les temps d'activité périscolaire, supposés compenser le mercredi matin travaillé, sont concentrés les mardis et les vendredis. Vous prétendez enfin chercher des voies d'amélioration alors qu'en réalité vous vous refusez à écouter toute proposition.

En réalité, la méthode employée concernant l'application des rythmes scolaires est très symptomatique de la gouvernance de l'Hôtel de Ville, installée en 2014, récemment dénoncée par Bruno JULLIARD dont je salue le courage et que je voudrais assurer de ma solidarité et de la solidarité de mon groupe après les attaques qu'il a subies hier par M. Marcel CAMPION.

Pourtant, s'il y a bien un sujet qui ne devrait pas être otage de décisions idéologiques, unilatérales et autoritaires, c'est bien l'éducation. Le maintien de la semaine de quatre jours et demi coûte annuellement la somme pharamineuse de 107 millions d'euros à la collectivité. C'est évidemment un système qui est rejeté, je l'ai dit tout à l'heure, par les personnels éducatifs. Mais s'il venait à favoriser l'apprentissage des enfants, les craintes légitimes des parents et des enseignants pourraient être levées. En ce sens, la réalisation d'une étude scientifique et non partisane portant sur l'impact des rythmes scolaires pratiqués à Paris, notamment sur les capacités d'apprentissage des enfants et sur leur fatigue, serait à même de clore ce sempiternel débat.

De deux choses l'une : soit les résultats vous donnent raison, auquel cas votre position n'en sera que renforcée, soit ils infirment votre action et il sera alors temps de mettre un terme à cette politique. En tout état de cause, une telle consultation ne pourra aller que dans le sens d'une meilleure éducation offerte aux jeunes Parisiens. Il s'agit là tout simplement d'une absolue nécessité. Comme l'aurait dit George Sand, "une éducation qui ne consulte jamais les aptitudes et les besoins de chacun ne produit que des idiots".

Le débat mériterait d'être poussé bien plus loin. A l'échelle d'une ville comme Paris, qui compte 931 écoles maternelles et primaires, les besoins des élèves ne peuvent que varier d'un arrondissement à l'autre, voire d'un établissement à l'autre, que ce soit en matière d'activité périscolaire proposée, d'encadrement ou de durée de l'enseignement. Nul doute qu'un élève issu d'un quartier populaire de l'Est parisien n'aura pas les mêmes besoins qu'un autre venant d'un environnement plus aisé. Or, à l'heure où la Ville exprime dans son projet éducatif territorial sa volonté de promouvoir une école de l'égalité des droits, la gestion du temps scolaire ne peut plus être envisagée à la seule échelle parisienne.

Aussi, dans un v?u présenté en juillet dernier, je demandais avec le groupe PPCI que les établissements volontaires soient autorisés à déterminer leur propre organisation afin de répondre plus vivement, au plus près du terrain, à leurs propres problématiques éducatives. Nous renouvelons ce v?u.

Mme HIDALGO, dans un entretien au "Monde" de samedi, a mentionné comme ses inspirateurs Lionel JOSPIN et Martine AUBRY. Des personnalités certes rigoureuses mais plutôt psychorigides, tellement psychorigides et tellement entêtées que l'un a été éliminé au premier tour de l'élection présidentielle de 2002 et que l'autre a perdu sans gloire les primaires socialistes en 2011.

Nous ne voudrions pas qu'il vous arrive, Madame HIDALGO, la même aventure en 2020. Alors, Madame HIDALGO, vous avez changé en bien sur le travail dominical, vous avez échangé en bien sur la police municipale et nous attendons maintenant que vous changiez en bien sur l'aménagement des rythmes scolaires.

Je vous remercie.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président. - Merci beaucoup.

La parole est à M. Pierre-Yves BOURNAZEL.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Merci, Monsieur le Maire.

2018 aura été marqué par une annonce préoccupante : la baisse du nombre d'élèves à Paris. Des familles quittent notre ville, des classes ferment, une qualité de vie qui se dégrade : cherté de la vie, pollution, mobilité, tranquillité, logement.

Au deuxième enfant, de nombreuses familles font le choix de partir. Cette situation doit nous amener à revoir la gouvernance de Paris, à apporter une vision nouvelle de la ville, adaptée aux évolutions et aux attentes légitimes des Parisiens, et à trouver des solutions immédiatement opérationnelles aux problèmes qui minent leur vie quotidienne.

En cette rentrée 2018, 117 écoles parisiennes sont concernées par le dédoublement des classes. Je voudrais ici saluer cette mesure issue de la réforme de l'école portée par Jean-Michel BLANQUER, qui vise à favoriser l'acquisition des fondamentaux : savoir lire, écrire et compter, pour des enfants qui ont au départ moins de capital social et moins de capital culturel.

L'égalité des chances est au c?ur de cette action résolue pour réparer l'ascenseur social tombé en panne il y a plus de 30 ans.

Dans le 18e arrondissement, 28 écoles sont concernées par le dédoublement des classes de CP en REP, et de CP et CE 1 en REP +.

Concrètement, cela veut dire que l'enseignement par groupes de 12 élèves s'appliquera à 115 classes de notre arrondissement.

Je tiens à rendre hommage à la formidable mobilisation de toute la communauté éducative, qui a mis et met toujours autant d'énergie et de passion dans la mise en ?uvre de cette réforme ambitieuse.

L'engagement d'une revalorisation du traitement des enseignants dans ces secteurs est également une initiative de justice sociale.

L'école de l'égalité des chances et la ville durable se jouent aussi dans la qualité des repas servis dans nos cantines scolaires. L'introduction d'une alternative végétarienne quotidienne doit être mise en ?uvre le plus rapidement possible dans tout Paris. Cette idée, portée au départ par Yves JÉGO, commence à faire son chemin à Bordeaux, à Toulouse, à Grenoble, de grandes villes sont bien engagées dans la diversification des sources de protéines.

La généralisation du "bio" et des produits locaux est par ailleurs essentielle pour la santé et le bien-être des enfants. En particulier pour ceux qui n'y ont pas accès dans leur famille. La ville de Saint-Etienne propose déjà des menus 100 % locaux et "bio", je rappelle que l'objectif de Paris reste de 50 % seulement en 2020. Nous avons les moyens d'aller plus loin et plus vite. C'est aussi cela, réussir la ville durable.

Dans le 18e arrondissement, la caisse des écoles est la seule à ne pas être gérée en régie directe, le nouveau contrat et son cahier des charges actuel sont encore loin d'être à la hauteur des attentes des familles. Je crois que de nouvelles orientations devront être prises dans l'intérêt général. Le savoir manger constitue un enjeu important d'égalité des chances pour tous nos enfants.

Enfin, l'interdiction des contenants alimentaires en matière plastique dans les services de restauration collective constitue un autre enjeu de santé publique et de respect de l'environnement. Par prévention des risques cancérigènes pour les enfants, des villes comme Strasbourg ou Montpellier ont décidé de les bannir des cantines.

J'ai porté à l'Assemblée nationale un amendement au projet de loi EGalim, pour fixer une sortie totale du plastique pour 2022. Je souhaite que Paris soit à l'avant-garde et exemplaire sur ce sujet. L'Assemblée Nationale a retenu 2025, et c'est une première avancée.

J'insiste sur cette dimension de la ville durable dans nos écoles, car c'est là que se préparent et se construisent les nouvelles générations. À ce titre, les ateliers périscolaires sont un formidable levier à activer pour sensibiliser et former cette jeune génération aux gestes écoresponsables. Il y a réellement besoin de faire un saut qualitatif dans ce domaine. C'est un objectif que je propose d'inscrire immédiatement dans les priorités de la Ville de Paris.

Enfin, Madame la Maire de Paris, permettez-moi de vous interpeller sur des dysfonctionnements majeurs d'entretien dans nos arrondissements populaires, car c'est aussi le rôle d'une municipalité que d'assurer un suivi de proximité.

Ainsi, dans le 18e arrondissement, cet été, porte de Montmartre, la crèche Henri Huchard a été lourdement dégradée. Malgré l'alerte que j'ai lancée dès le 6 août et la mobilisation des riverains, la crèche reste toujours dans un état de délabrement.

Je porte également cette demande des parents d'élèves de l'école Amiraux, qui signalent la présence de rats qui viennent manger les matelas des enfants faisant la sieste, pour ne citer que quelques exemples.

Comment pouvons-nous encore accepter cela ?

Enfin, quand on en arrive à ce que la Ville propose de financer la rénovation des toilettes de 9 écoles dans le 11e arrondissement par le budget participatif, on est en droit de s'interroger sur la qualité de vie de nos enfants dans les écoles

Les parents et les personnels, Madame la Maire, vous demandent une action plus réactive, plus soutenue, pour un meilleur entretien des locaux. C'est aussi cela l'égalité des chances.

Je vous remercie.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président. - Merci beaucoup.

Madame OUMER, vous avez la parole.

Mme Nawel OUMER. - Madame la Maire, cher Patrick BLOCHE, chers collègues, contrairement à d'autres, c'est avec beaucoup de plaisir que je salue votre choix de donner de la visibilité par cette communication à la politique menée par notre municipalité en faveur des enfants et des familles.

Je me permets de faire un petit rappel pour celles et ceux qui l'avaient oublié, ce n'est pas une nouveauté de considérer et de s'adresser à l'ensemble des enfants et des familles, puisque la stratégie parisienne pour l'enfance et les familles a été lancée dès 2014 par Dominique VERSINI, et a permis de dégager trois priorités exprimées par les familles et les enfants sur la base d'une consultation qui a permis de rappeler que l'une des préoccupations majeures était bien évidemment de permettre à tous de bien grandir et de s'épanouir à Paris.

La possibilité aussi pour les parents d'être accompagnés dans l'éducation de leurs enfants, en les aidant à concilier vie familiale, vie professionnelle et personnelle.

L'autre préoccupation était de construire une ville bienveillante et inclusive pour et avec les enfants et leurs parents. Ce sont ces objectifs que nous déclinons depuis de nombreuses années, particulièrement depuis 2014.

Je me permettrai d'axer mon propos sur la première étape du parcours des enfants et des familles, qui est la petite enfance. Cette période est fondamentale au premier sens du terme, déterminante dans la construction du citoyen en devenir qu'est l'enfant.

Vous l'avez rappelé dans vos interventions, à Paris nous comptons 410.000 enfants de 0 à 18 ans, 70.000 enfants de 0 à 3 ans, et plus de 39.000 enfants sont accueillis dans un établissement financé par la Ville, un établissement petite enfance, soit 56 % des enfants parisiens de moins de 3 ans, là où la moyenne nationale n'atteint pas les 20 %.

Ce sont ainsi 500 millions d'euros alloués à l'accueil de la petite enfance et des familles.

Les annonces gouvernementales autour du Plan pauvreté, qui limite l'accueil de la petite enfance à un service social, l'élaboration prochaine des orientations de la convention d'objectifs et de gestion entre la C.N.A.F. et l'Etat, notamment marquées par la baisse du fonds national d'action sociale, nous confortent dans le constat que les collectivités territoriales se doivent d'être sacrément déterminées pour donner toute leur place aux enfants et familles dans la cité.

A l'opposé d'une vision segmentée et subsidiaire, nous avons fait le choix de construire un service universel et mixte pour l'accueil de la petite enfance, accompagné d'une palette de services au soutien de la parentalité.

Cet engagement, Paris le tient depuis 2001, avec beaucoup de force et de constance.

L'indicateur le plus visible est celui du nombre de places, et ce chiffre a été rappelé, aujourd'hui nous avons un parc financé de plus de 35.000 places en crèche et Paris est désormais le premier département de France en matière d'accueil collectif.

Là aussi je rappelle à la mémoire de certains, nous venons de loin puisque nous avons été un temps très loin dans ce classement des départements, et ce bilan quantitatif, certes impressionnant, continuera à augmenter puisque nous tiendrons notre engagement d'ouvrir 5.000 nouvelles places en crèche à la fin de la mandature, et la 3.000e cela inaugurée à l'automne.

Nous le savons, l'enjeu de la petite enfance ne se réduit pas au nombre de structures collectives. Nous avons construit un véritable service municipal, qui place la qualité au c?ur de son action, et je veux vous en donner quelques exemples parce que je pense qu'il est bon que chacun dans cette assemblée prenne bien conscience de l'approche complète, transversale que nous avons de cette politique familiale à Paris.

Nous avons notamment adapté le fonctionnement de nos établissements aux besoins des familles, avec le développement du multi-accueil pour répondre aux besoins de toutes les familles.

Nous avons aussi installé des horaires décalés d'accueil, simplifié les démarches des familles, et renforcé leur information par le déploiement des relais information famille dans tous les arrondissements, et nous en comptons aujourd'hui 17. Nous avons développé le téléservice, mis en place la charte "Priorité transparence", qui permet plus de transparence et d'information des familles sur les procédures d'attribution des places en crèche dans chaque arrondissement.

J'espère que les maires d'arrondissement qui ne l'ont pas encore fait s'inscriront dans cette exigence de transparence que l'on doit aux parents qui nous sollicitent tous les jours pour obtenir une solution d'accueil pour leur enfant, qu'elle soit en collectif ou en individuel.

Nous soutenons la diversité des modes d'accueil, et je vous rappelle le vote à l'unanimité de notre assemblée sur la valorisation des jardins d'enfants de Paris Habitat.

Parmi les actions innovantes de l'année 2018, nous avons dans ce domaine voté la mise en ?uvre du plan de soutien de l'accueil individuel, démarche inédite pour mieux accompagner les familles vers le choix de l'accueil individuel, notamment par le recours à un assistant maternel.

Ce plan va permettre notamment de renforcer le réseau des assistantes maternelles et le réseau des auxiliaires parentaux, avec par exemple le renforcement du nombre d'ateliers et notamment du petit bus qui passe dans les arrondissements. Nous ouvrirons dans ce cadre-là aussi, prochainement, une maison d'assistantes maternelles.

Je me permets de rappeler à M. MENGUY que ce plan a été voté à l'unanimité de notre Assemblée au mois de mars, c'était il n'y a pas si longtemps. Je l'invite à en prendre connaissance à nouveau.

Mes chers collègues, je vous le disais, c'est une palette ambitieuse de services que la Ville de Paris offre aux parents, pour accompagner les familles, et ce dans tous nos champs de compétence.

Je vous rappelle le déploiement des ludothèques mobiles dans les arrondissements, je vous rappelle le développement des groupes de parole entre parents qui sont portés par l'Ecole des Parents et des Educateurs, par exemple, je vous rappelle la mise en place très récente d'un nouveau dispositif qui est le Paris Sport Famille, je vous rappelle "La rue aux enfants", la Carte citoyenne, le Conseil des enfants, les Conseils de parents en crèche, l'espace Solidarité Insertion Famille, le Centre d'accueil des familles à Evry, un ensemble de dispositifs, vous l'aurez compris, qui fait appel à toutes les compétences de la Ville pour faire le Paris des enfants et des familles. Je veux, à cet instant, remercier tout particulièrement la mobilisation des 9.000 agents de la DFPE, la Direction des familles et de la petite enfance dirigée par M. Philippe HANSEBOUT que je salue, mais aussi les autres adjoints à la Maire et les directions qui participent à l'application de cette vision inclusive, universaliste et progressiste de notre politique familiale, aux antipodes des caricatures que j'ai entendues ce matin. Mes chers collègues, quand les choses fonctionnent, quand on déploie un dispositif aussi important à l'attention des familles, lorsque l'on porte ce souci d'inclusion, de diversité et le souhait de pouvoir répondre à tous, je pense qu'il faut faire l'effort de reconnaître ce qui fonctionne, et il faut faire l'effort de reconnaître la constance et la mobilisation de nos services, de nos élus, et je n'oublie pas les élus d'arrondissement et les maires d'arrondissement qui y prennent largement leur part pour l'accueil des familles et des petits enfants à Paris. Je vous remercie de bien vouloir soutenir et valoriser cette politique.

(Mme la Maire de Paris reprend place au fauteuil de la présidence).

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Madame OUMER.

Je donne la parole à Mme BURKLI, maire du 9e arrondissement, pour le groupe les Républicains et Indépendants.

Vous êtes deux oratrices, avec Mme Alix BOUGERET. Vous avez 12 minutes pour toutes les deux.

Mme Delphine BÜRKLI, maire du 9e arrondissement. - Merci, Madame la Maire.

Dans votre communication, je voudrais d'abord m'étonner, compte tenu de votre actualité, que rien ne soit dit sur la qualité de l'air dans les bâtiments de la petite enfance et scolaires. C'est un vrai sujet de santé publique. La journée nationale, dédiée le 19 septembre dernier, l'a d'ailleurs justement rappelé. On le sait, depuis 2018, les écoles et les crèches françaises doivent être en conformité avec les nouvelles réglementations relatives aux modalités de surveillance de la qualité de l'air intérieur.

Je dois dire, en la matière, que la Ville n'est malheureusement pas encore exemplaire.

Alors, vous me direz, pour régler le problème de la qualité de l'air intérieur, il faut d'abord régler celui de la qualité de l'air extérieur. Je suis d'accord, mais pas seulement. Nous pouvons, à l'exemple de la ville de Lyon qui n'a pas hésité à prendre les devants, mener un grand plan de mesures de la qualité de l'air dans les écoles et les crèches parisiennes et, en fonction des résultats, revoir certains "process" humains, certains ouvrants, jusqu'à investir dans des purificateurs d'air intérieur.

Il y a, sur ce point, désormais urgence car permettre aux familles de demeurer au c?ur de notre ville passe aussi par cette exigence quand, malheureusement, nous constatons, il faut bien le dire, une certaine désertion des familles depuis plusieurs années, comme Jean-Baptiste MENGUY et Pierre-Yves BOURNAZEL l'ont très justement rappelé, avec 22.000 enfants - c'est un chiffre absolument énorme - qui n'auront pas pris le chemin de nos écoles parisiennes en dix ans.

Replacer les familles au c?ur de nos politiques publiques passe aussi par l'entretien des équipements municipaux qui accueillent les 0-3 ans, mais également les plus grands. Pierre-Yves BOURNAZEL vient d'en parler il y a quelques instants. Et là, il faut quand même rendre à César ce qui appartient à César, et rappeler ici que cela incombe et revient à chaque maire d'arrondissement de mener les chantiers d'entretien, de rénovation des crèches et des écoles. C'est un travail précieux, chronophage, incontournable, et qui se heurte encore bien souvent et trop souvent aux malfaçons des entreprises qui ont été sélectionnées par la Ville plusieurs années auparavant, aux retards, aux marchés sous-calibrés arrivés trop vite à saturation, aux aberrations de fenêtres conçues avec de grandes baies vitrées en hauteur mais pour lesquelles nous n'avons pas prévu le nettoyage.

Les petits et grands exemples ne manquent pas, et je suis sûre que mes collègues maires d'arrondissement pourraient utilement allonger la liste.

Remettre les familles au c?ur de la ville, c'est aussi et surtout les associer et les consulter sur des questions qui les concernent très directement, à savoir le rythme de leurs enfants. Vous vous contentez, une fois de plus, de nous répondre "circulez, il n'y a rien à voir", mais vous ne devez pas être si à l'aise que cela puisqu'il vous faut quand même consacrer près de deux pages de votre communication sur ce sujet pour justifier le bien-fondé de votre décision.

Si vous êtes si sûre de vous, alors que craignez-vous d'une consultation ? Je connais votre position, votre opposition à cette initiative. Vous l'avez d'ailleurs rappelée dans un courrier adressé à l'ensemble des parents d'élèves, ce week-end, dans lequel vous citez l'exemple de villes, et elles sont bien rares, qui maintiennent une organisation à quatre jours et demi.

Mais ces maires, contrairement à vous, n'ont pas eu peur du débat. Alors je vous le redis, consulter tous les parents de toutes les écoles par arrondissement, non seulement c'est faisable, nous l'avons prouvé, mais c'est constructif et c'est vraiment instructif. Contrairement à ce que vous pensez et à ce que vous craignez, on n'est jamais perdant à consulter les premiers concernés.

Vous nous dites aussi "tout fonctionne très bien désormais, notamment grâce aux A.S.E.M." Alors pourquoi avoir, cet été, opéré, lors de la dernière semaine d'août, un redéploiement complet de toutes les A.S.E.M. des 8e, 9e, et 10e arrondissements. Pas une école maternelle où je me sois rendue à la rentrée, ou un directeur ou une directrice avait appris, en même temps que les enseignants et les A.S.E.M. que ces dernières, bien que présentes dans l'école depuis parfois plus de dix ans, avaient été déplacées une fois dans le 10e, une fois dans le 8e arrondissement, sans que personne n'ait été consulté.

Vos services m'ont répondu "il y a eu maladresse dans la communication". Vous nous parlez de stabilité, je vous réponds "c'est faux" puisqu'en déplaçant d'établissements parfois jusqu'à la moitié des effectifs A.S.E.M. d'une école fin août, vous venez mettre à mal les habitudes prises par les A.S.E.M. mais aussi les enseignants, les enfants et les parents.

Remettre les familles au c?ur de notre ville, c'est leur garantir l'accès pour leur enfant à une alimentation bio, locale, durable, pour reprendre le terme de votre communication, durable dans l'approvisionnement mais je dirais aussi durable dans le déroulé d'une journée et sur la question des goûters en élémentaire, une préconisation de la M.I.E., suivie par certains arrondissements, une poignée finalement dont le 9e arrondissement.

Pour le reste, je ne vois rien venir alors qu?au même titre que le déjeuner, et je ne parle même pas du petit déjeuner sur lequel un amendement a été adopté à l'Assemblée nationale la semaine dernière, le goûter est un repas essentiel dans la journée de l'enfant et dans son rythme.

Sur ce point, vous avez pris, il faut le dire, beaucoup de retard et la dernière réunion que vous avez organisée sur ce sujet, qui s'est réduite à un simple panorama de ce qui se fait ici ou là, n'est pas là pour nous rassurer.

Un autre sujet encore en friche pour terminer, sur lequel nous pourrions travailler conjointement et à l'échelle de tout Paris, est l'usage que nous pouvons faire des classes libérées. Actuellement, elles sont annexées au gré des projets et des tempéraments des encadrants, le plus souvent par le périscolaire, pourquoi pas, mais je pense que cela mériterait une réflexion plus globale. Pourrait-on proposer des "ateliers bleus" dans ces locaux, qui soient dédiés à l'apprentissage du codage, quand on sait que beaucoup de métiers de demain tourneront autour de l'"open data" ? Ces locaux ne pourraient-ils pas devenir de vraies salles de musique, quand nos conservatoires sont saturés, que toutes les demandes des familles ne sont pas satisfaites ?

Ces locaux libérés ne pourraient-ils pas être une belle occasion pour y accueillir des classes thérapeutiques, notamment pour les enfants ayant des troubles du spectre autistique ? J'ai déjà eu l'occasion d'en parler dans cet hémicycle. Le Conseil de l'Europe accuse régulièrement la France de ne pas respecter le droit des enfants autistes à être scolarisés dans des établissements ordinaires.

Alors je vous propose de saisir cette opportunité foncière en quelque sorte pour avoir une vraie politique inclusive en matière de scolarité et handicap. Pourrait-on, par la même occasion, imaginer, puisque là aussi c'est un phénomène qui revient à chaque rentrée scolaire, de pallier le manque d'A.V.S. en formant nos animateurs ? Telles sont les pistes de réflexion, Madame la Maire, des pistes d'ouverture également que je voulais partager avec vous ce matin.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Madame BOUGERET, dernière oratrice de ce débat, vous avez la parole.

Mme Alix BOUGERET. - Merci, Madame la Maire.

Mon intervention portera sur un aspect important du quotidien des écoles et des équipements de petite enfance, les travaux, qu'il s'agisse de travaux de construction, de réparation, d'embellissement, de sécurisation. Ils font, tout au long de l'année, au rythme des vacances scolaires et des exercices budgétaires, l'objet d'une attention toute particulière des maires d'arrondissement, en lien avec les C.A.S.P.E., et d'une forte demande de la part de la communauté scolaire et des parents.

Preuve en est d'ailleurs la mobilisation de ces derniers dans le cadre du budget participatif des écoles. Et quoi de plus normal, finalement, que d'espérer que son enfant travaille et s'épanouisse dans un cadre de qualité sûr et propre.

Si, bien sûr, chaque année, de nombreuses opérations d'importance et de nature diverses sont engagées, arbitrées, choix ô combien cornélien au regard des besoins, force est de constater que nous sommes guidés par les urgences toutes plus urgentes les unes que les autres, et que les moyens alloués ne sont clairement pas au rendez-vous.

La Chambre régionale des comptes, elle-même, pointait il y a plusieurs mois, dans son rapport sur la gestion des affaires scolaires à Paris, une baisse significative des investissements dans les écoles pour les travaux de construction et les grosses réparations, moins 20 millions depuis 2013.

On pourrait également déplorer ce manque d'investissement en matière de petite enfance dont les besoins non satisfaits sont énormes. Dans le 17e arrondissement, je ne sais ailleurs, 2.300 demandes de place en crèche sont non satisfaites, il est donc urgent d'investir massivement.

Pour revenir aux écoles, l'insuffisance des moyens se fait d'autant plus sentir que de nouveaux besoins sont apparus ces dernières années : les travaux de sécurisation renforcée, le dédoublement des C.P. ou encore le traitement de la prolifération des souris, quand ce ne sont pas des rats. Pierre-Yves BOURNAZEL l'évoquait tout à l'heure.

Sur ce dernier point, les moyens déployés de manière disparate et ponctuelle ne sont clairement pas à la hauteur et ne sauraient résoudre ce problème durablement. C?est un vrai phénomène et il n?y a pas une semaine sans qu?un directeur ne m?alerte ou ne saisisse la C.A.S.P.E. sur la présence de souris dans son école, parfois dans des locaux partagés, dans des réfectoires et dans des dortoirs. Je vous laisse imaginer les conséquences en termes d?hygiène sur les locaux, les boiseries, etc. Il est vraiment temps de prendre conscience de ce phénomène à Paris.

Investir plus et aussi investir mieux.

Nous constatons depuis plusieurs années une nette dégradation de la qualité des travaux engagés dans les équipements et notamment les écoles. Il est pour le moins frustrant, pour ne pas dire rageant, d?engager de l?argent public dans des opérations mal finies, avec des matériaux qui se dégradent très vite. Les directeurs d?école se transforment en inspecteurs des travaux finis ou en réparateurs du dimanche, cela ne peut pas durer.

Ce constat, contrairement à ce que l?on pourrait penser, ne concerne pas particulièrement les écoles Jules Ferry qui traversent plutôt bien le temps, si tant est qu?on les entretienne régulièrement. Ce constat est particulièrement criant et choquant pour les nouvelles écoles. C?est le cas sur la Z.A.C. "Clichy-Batignolles" où des millions ont été engagés pour construire les écoles Bernard Buffet et Gilbert Cesbron, et cette année encore, comme cela est précisé dans votre communication, l?école polyvalente rue Rostropovitch pour un montant de 20 millions.

Les résultats ne sont pas à la hauteur des montants engagés : fenêtres condamnées, plaques de plafond qui se décrochent, système de ventilation soi-disant écologique qui ne fonctionne pas, une cohabitation complexes avec des habitations parfois imbriquées ; c?est cela le quotidien des nouvelles écoles de la Z.A.C. "Clichy-Batignolles". Est-ce normal qu?on ait dû grillager l?intégralité des plaques murales pour qu?elles évitent de tomber dans la cour de récréation ? Est-ce normal qu?il faille six mois pour changer une poignée de fenêtre, que les portes coupe-feu soient déjà hors service ?

C?est pourtant ce qu?il se passe au quotidien sous les regards stupéfaits des parents qui s?interrogent sur l?utilisation des deniers publics. La Ville doit être bien plus vigilante sur qualité et le suivi des travaux qu?elle engage surtout pour des montants pareils.

Concernant les travaux d?urgence, les ateliers qui réalisent des interventions très utiles au quotidien font parfois défaut, notamment dans le 17e arrondissement. C?est très regrettable car cela permet d?effectuer des petites opérations avec réactivité, en évitant de faire appel aux coûteux et trop longs marchés de la Ville quand ces derniers ne sont pas tout simplement interrompus faute d?avoir été relancés dans les temps.

Autre point qui n?est pas sans conséquences sur le suivi des besoins et des travaux : l?organisation des C.A.S.P.E. S?agissant par exemple de celle avec laquelle je collabore au quotidien et qui gère les 16 et 17e arrondissements. Il ne s?agit pas ici de remettre en question la bonne volonté et le professionnalisme des équipes, loin de là, mais il est indiscutable que ces équipes doivent gérer un trop grand nombre d?équipements ; ce sont plus de 70 écoles pour les 16e et 17e arrondissements, sans compter les équipements de petite enfance, et sur un secteur géographique en l?espèce qui va de la porte Dauphine à la porte de Saint-Ouen.

Travaux, temps périscolaires, gestion des animateurs, agents, gardiens, suivi du budget participatif, problèmes de sécurité, inquiétude sur le respect de la laïcité, ce sont autant de sujets qui doivent être traités au quotidien. Je vous invite à revoir cet échelon décentralisé de la DASCO, qui n?est peut-être plus adapté aux multiples tâches renforcées ces dernières années, et à renforcer les équipes sur le terrain pour y faire face.

Au-delà des belles intentions formulées dans votre communication, Madame la Maire, la réalité est parfois toute autre. Les quelques éléments, sur lesquels je suis revenue, peuvent parfois paraître anecdotiques. Ils font pourtant le quotidien des écoles et des crèches qui méritent un investissement bien supérieur à celui engagé aujourd?hui.

Au regard des montants consacrés par la Ville de Paris pour le périscolaire ou les multiples dispositifs d?accompagnement aussi utiles soient-ils, il est temps d?offrir partout, pas uniquement dans les écoles "Tous mobilisés", un cadre de travail à la hauteur des attentes des Parisiens.

Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame.

Très bien, après ce débat important et intéressant, je vais donner la parole à l?Exécutif pour vous répondre, avec bien sûr Patrick BLOCHE qui va démarrer ces réponses. Cher Patrick, tu as la parole.

M. Patrick BLOCHE, adjoint. - Merci, Madame la Maire.

Je comprends l?exercice, qui est le mien à cette heure tardive de la matinée, comme étant avant tout - je pense que c?est l?intérêt de ce que je vais essayer de vous exprimer - une réponse aux questions et aux sujets qui ont été évoqués lors de ce débat.

Je dis cela parce que je veux vous épargner tout propos introductif puisque la Maire a, par sa communication, introduit notre débat en rappelant, s?il le fallait - j?insiste néanmoins sur ce point - que la rentrée était une rentrée scolaire bien sûr, comme toujours au mois de septembre - c?est une rentrée scolaire réussie et vous avez été nombreux à le constater - mais cela a été aussi la rentrée des familles.

Je voudrais donc insister, même si la quasi-totalité des interventions concernait les enjeux scolaires ou touchant au scolaire, sur le fait qu?il y a, quand on parle des familles, d?autres types de préoccupations. L?éducation de leurs enfants est évidemment centrale, mais bien grandir à Paris, vous l?avez dit vous-même Madame la Maire, ne passe pas évidemment que par le prisme des écoles et des collèges.

Nous voulons effectivement que Paris soit plus que jamais une ville pour toutes les familles et nous avons une responsabilité particulière dans nos sociétés parfois plus compliquées aujourd?hui, avec toute la bienveillance qui est la nôtre, d?accompagner les familles, d?accompagner les parents dans leur démarche éducative et dans leur responsabilité première en ce domaine, avec évidemment un continuum éducatif.

Vous avez souhaité, Madame la Maire, il y a presque un an, que je prenne en charge en votre nom la petite enfance, l?éducation et les familles, c?est bien pour assurer un continuum éducatif de la naissance jusqu?à la sortie du collège.

Une des interventions, celle de Nawel OUMER, a porté plus particulièrement sur la petite enfance. Nous n?en avons pas été étonnés et je la remercie de ses propos. Je laisserai le soin à Sandrine CHARNOZ de revenir sur l?aspect de la petite enfance, et notamment de répondre au nom de l?Exécutif aux quatre v?ux concernant plus précisément ce domaine.

Je me permettrais, si vous en êtes d?accord, dans un temps que je vais vraiment maîtriser - c?est mon souci majeur - d?abord de répondre à tous les sujets qui n?ont pas fait l?objet de v?ux et qui ne sont pas évoqués dans les 13 v?ux déposés. Puis dans un second temps, je donnerai évidemment l?avis de l?Exécutif sur les 13 v?ux déposés.

De ce fait, je voudrais remercier tous les orateurs et ils ont été nombreux, Anne-Christine LANG, Laurence GOLDGRAB, Anne TACHÈNE, Jean-Noël AQUA, Fatoumata KONÉ, Rémi FÉRAUD, j?en oublie peut-être, à avoir rappelé que la mixité sociale et la réussite éducative de tous les enfants parisiens est une préoccupation que nous partageons, et je vous remercie d?avoir porté un regard bienveillant, parfois vigilant pour Mme TACHÈNE.

En tout cas, je reprends la formule d?Anne-Christine LANG concernant les secteurs multi-collèges. Vous avez dit, chère collègue, que vous souhaitiez que cela réussisse. Donc, je me réjouis que la création de l?Observatoire parisien de la mixité sociale et de la réussite éducative, le mouvement lancé en ce qui concerne les secteurs multi-collèges, recueille un assentiment aussi large ; c?est un élément évidemment tout à fait réjouissant.

En second point, vous avez été nombreux à l?évoquer, Fatoumata KONÉ, Jacques BOUTAULT, Pierre-Yves BOURNAZEL, je voudrais dire que la restauration scolaire est une préoccupation forte pour notre part avec de nouveaux enjeux. Au-delà de la part de bio et de l?alimentation durable, il y a l?enjeu des contenants en plastique ; c?est un sujet qui nous interpelle.

Pour répondre notamment à M. BOURNAZEL, à Paris, ce ne sera pas 2025, comme cela a été voté à l?Assemblée nationale et comme évoqué à l?instant, mais 2022 pour mettre en ?uvre le v?u que nous avons été amenés à voter.

J?évoquais les secteurs multi-collèges. La mixité sociale et la réussite éducative, c?est aussi évidemment "Action Collégiens", "Tous mobilisés" avec 14 nouveaux établissements en cette rentrée scolaire. C?est un faisceau de moyens qui sont mis en ?uvre.

En l?occurrence, je voudrais également évoquer un sujet soulevé par Jean-Noël AQUA sur la scolarisation obligatoire à 3 ans et l?impact budgétaire que cela pourrait avoir pour la Ville de Paris ; c?est 12 millions d?euros et votre chiffrage est le bon. A l?heure d?aujourd?hui, chers collègues, nous restons ensemble vigilants, mais j?attends que le ministère de l?Education nationale, le ministre lui-même, soit plus précis sur ce que signifie concrètement la scolarisation obligatoire à 3 ans, avec notre préoccupation de préserver les jardins d?enfants, pour lesquels nous avons engagé un plan de rénovation conséquent.

Chère Céline BOULAY-ESPERONNIER, vous avez évoqué le harcèlement scolaire. C?est un vrai sujet, je vous remercie de l?avoir évoqué. En l?occurrence, j'ai été moi-même amené, même si c'est d'abord l'Education nationale qui est en responsabilité sur ce sujet, à considérer que c'était effectivement un chantier prioritaire. La Ligue de l'enseignement est notamment très mobilisée sur ce sujet, mais il s'agit, effectivement, avec les partenaires institutionnels et associatifs, d'avoir un vrai plan en ce domaine. En tout cas, vous pouvez compter sur mon engagement personnel et, bien sûr, sur celui de la Maire de Paris. Un travail commun avec la mission de la DDCT est d'ailleurs en cours.

Sur l'asthme des élèves scolarisés, sur l'éducation à la sexualité : deux questions posées par Laurence GOLDGRAB. Je me permettrai, n'ayant pas la compétence d?Anne SOUYRIS, de suggérer à ma collègue de répondre à vos interrogations.

Catherine BARATTI-ELBAZ : révision de la carte de l'éducation prioritaire. Le Ministre nous a dit qu'il maintiendrait le rendez-vous prévu en 2019. A partir de là, comme vous avez été nombreux à vous réjouir de la réussite du dédoublement, dédoublement qui a été possible à Paris parce que la Ville y a mis les moyens. Ce sont quand même 2 millions d'euros qui ont été dépensés et qui ont permis le dédoublement dans 90 % des classes.

D'ailleurs, j'ai souri en vous entendant tresser tant de lauriers au dédoublement sans attendre, si j'ose dire, au moins le temps de l'évaluation qui, dans le domaine éducatif, est quand même un élément tout à fait essentiel. Quand on réforme, il est bien de prendre un peu de temps pour évaluer les conséquences de ce que l'on réforme. Mais, vive le dédoublement. Et comme on aime beaucoup le dédoublement, nous aussi, il s'agira, lors de la révision de la carte de l'éducation prioritaire, qu?il soit maintenu dans les écoles qui pourraient être amenées à sortir du réseau de l'éducation prioritaire, parce que, sinon, nous risquerions l'incohérence. Je ne peux penser un seul moment que M. BLANQUER soit un Ministre incohérent.

Vous avez été amenée, Catherine BARATTI-ELBAZ, à me parler de la Région. Oui, j'ai enfin obtenu, au mois de juillet, un rendez-vous avec la vice-présidente en charge des lycées, non sans mal. Nous avons fait un tour d'horizon sur ce que sont les responsabilités de la Région en ce domaine. Sur Paul-Valéry, effectivement, je suis comme vous : nous sommes dans le brouillard. La présidente de la Région évoquait un campus. A partir de là, nous n'en savons pas plus l'un comme l'autre ou l'une comme l'autre. Un nouveau permis de construire annoncé, mais pas encore déposé et, de ce fait, beaucoup d'interrogations.

Je me permets, d'ailleurs, de rappeler en ce domaine que Colombe BROSSEL, assise devant moi, avait signé en 2014 une convention pour transférer les 12 lycées municipaux - c'est une particularité parisienne, Paris est encore la seule collectivité à avoir des lycées municipaux - en 2020 à la Région. Je voudrais qu?en ce domaine, notre Assemblée soit alertée sur le fait que la Région ne manifeste pas l'enthousiasme le plus grand qui soit.

J'ai presque terminé sur les différents points sur lesquels vous m'avez interrogé.

Nicolas BONNET-OULALDJ a évoqué les ATSEM. Catherine BARATTI-ELBAZ a évoqué les P.V.P., qui sont une grande fierté parisienne, comme vous le savez. Delphine BÜRKLI a évoqué le redéploiement des ASEM dans les 8e, 9e et 10e circonscriptions, donc dans les circonscriptions scolaires qui l'intéressent prioritairement. Je voulais la rassurer : ce mouvement a été annulé. Mais, bien entendu, nous sommes très soucieux - je consacre beaucoup de temps, avec Sandrine CHARNOZ pour la DFPE - du dialogue social, qui est déterminant, avec les représentants et les syndicats représentants les agents de la Ville.

Je voudrais remercier d'ailleurs la DASCO, la DFPE, leurs directeurs et tous les personnels de ces deux très belles directions de la Ville.

Je voudrais également remercier les maires d'arrondissement ou les élus dans les arrondissements en charge des affaires scolaires. Je sais leur investissement, notamment quand il faut boucler les travaux avant la rentrée scolaire. Je vous remercie de votre investissement, qui est très précieux, et que je suis sur Twitter avec attention jusqu'à vous re-twitter avec une certaine régularité. Merci pour votre engagement. Sans vous, nous serions bien moins bons.

Sur les v?ux : sans transition, Madame la Maire?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Ce que nous ferons peut-être, Monsieur BLOCHE, sur les v?ux, c?est qu?à chaque v?u, vous donnerez l'avis de l'Exécutif ?

M. Patrick BLOCHE, adjoint. - Parfait.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Je vous remercie. Merci pour votre réponse.

La parole est à Mme Sandrine CHARNOZ, rapidement, sur la petite enfance.

Mme Sandrine CHARNOZ. - Merci, Madame la Maire, je vais essayer.

Je voudrais remercier également l'ensemble des groupes politiques pour leurs interventions et les nombreux v?ux qui sont proposés. La petite enfance est encore bien à l'honneur de ce Conseil de Paris.

Je suis également très heureuse de voir intégrer pour la première fois à la communication de septembre la rentrée des petits Parisiens et de leurs familles, preuve, s'il le fallait, que c'est bien dès le plus jeune âge que prend vie ce Paris des enfants et des familles porté par la Maire de Paris.

A mon tour, à la suite de l'intervention de Patrick BLOCHE, je voudrais vous faire un rapide topo sur la rentrée 2018 qui a également été bien remplie dans le champ de la petite enfance. 300 opérations de travaux sur 223 établissements ont été réalisées pendant l'été pour le confort des plus petits. Pour la première fois, nous avons expérimenté un groupement resserré des crèches qui a notamment permis aux enfants et familles de démarrer leur adaptation avant la période de reprise traditionnelle du travail des parents dès la fin août.

Vous avez été nombreux à le rappeler : Paris est le premier département de France en matière d'accueil collectif. 56 % des enfants de 0 à 3 ans sont accueillis dans les établissements financés par la Ville de Paris et cette clé de répartition est présentée à chaque COSUI des 5.000 places. Mon cher Nicolas BONNET-OULALDJ, le dernier en date était le 8 avril dernier.

Bien sûr, ces chiffres, aussi éloquents soient-ils, ne sauraient résumer notre action en matière d'accueil de la petite enfance. Paris est la ville avec la palette d'offres d'accueil la plus diversifiée qui est composée de multi-accueils, crèches collectives, crèches familiales, parentales et jardins d'enfants. Le R.I.F. est le lieu d'informations privilégié pour toutes les familles. Le site C.A.F. "mon-enfant.fr" sera également le lieu de l'information de toutes les "ass mat" en remplacement bientôt de "tribu" qui n'était qu'un site de mise en relation de nounous et de parents.

Je me permets, à ce titre, en réponse au v?u du groupe LREM, de dire tout notre attachement au jardin d'enfants qui constitue un modèle d'accueil unique en France pour les enfants de 0 à 6 ans, comme l'a dit précédemment Patrick BLOCHE. Vous avez raison, l'obligation de scolarisation dès 3 ans n'est pas sans impact et nous sommes en attente du décret d'application. Je me permets, en revanche, de souligner que l'intérêt pédagogique des jardins d'enfants a récemment été démontré dans le cadre d?une étude financée par la Ville et réalisée par l'Observatoire du changement de Science Po Paris. Vous citez également, à juste titre, l'intérêt des classes passerelles. Sachez que ces chantiers autour des périodes de transition font actuellement l'objet d'un travail commun entre la C.A.F. et la Ville dans le cadre du nouveau contrat enfant jeunesse.

Je souhaite également souligner, en cohérence avec les v?ux de Patrick BLOCHE, notre priorité donnée au renforcement de l'accueil des enfants en situation de handicap en milieu ordinaire, comme la loi le prévoit, plutôt qu?en dispositif spécifique lorsque cela est possible. Je demanderai donc le retrait de votre v?u.

Paris est aussi l'une des seules grandes métropoles à avoir lancé un plan ambitieux de soutien de l'accueil individuel pour mieux accompagner les parents dans le choix d'une assistante maternelle, lutter contre le chômage de ces professionnels ou favoriser la rencontre entre ces professionnels. D'ailleurs, à ce Conseil, passe l'ouverture de la première maison des assistantes maternelles dans le 8e arrondissement.

Enfin, Paris est également précurseur en matière de transparence d'attribution des places en crèche, avec l'élaboration de la charte "Priorité transparence chantiers" conduite avec ardeur par Dominique VERSINI et Nawel OUMER et sur laquelle le Gouvernement est actuellement en train de travailler.

S'agissant de l'harmonisation des pratiques, pour répondre au v?u du groupe les Républicains et Indépendants, je me permets de souligner que les modalités de recrutement des responsables des crèches ne constituent qu'une mise en cohérence avec les exigences de la charte des arrondissements au nom de l?égalité de traitement en matière de recrutement des personnels des équipements de proximité. Les maires d'arrondissement sont informés de ces choix et peuvent recevoir la responsable de l'arrondissement.

Paris s'est également fixée des exigences allant bien au-delà de la réglementation nationale en matière de qualité d'accueil du jeune enfant. Dernier exemple en date et qui fait l'objet d'un v?u du groupe EELV : le renouvellement du marché de fourniture de lait infantile. Comme nous avons eu l'occasion d'en discuter, nous sommes très attachés à l?alimentation proposée aux enfants. C?est pourquoi la Maire de Paris a souhaité fixer des exigences ambitieuses pour ce nouveau marché : 100 % du lait biologique dès le premier âge et un renforcement des clauses pour les âges suivants.

Nous sommes dans une dynamique d?amélioration continue et c?est l?ensemble des aliments, en accord avec le Plan d?alimentation durable porté par Célia BLAUEL et Aurélie SOLANS, mais également de l?entretien, des jeux, que nous souhaitons durables, comme l?attestent nos certifications Ecocert. Je voudrais également souligner l?effort conduit par les services de la Ville, la DFPE, sur la qualité d?accueil et sur l?entretien des crèches, et je voudrais répondre au v?u posé?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Je vous donnerai la parole sur les v?ux, donc? Je suis désolée, il faut vraiment conclure. Merci.

Mme Sandrine CHARNOZ. - D?accord, alors, je termine, Madame la Maire, avec deux grands rendez-vous de l?année 2018-2019, pour montrer que nous avons toujours à c?ur de faire mieux : à l?automne, l?ouverture de la trois millième place, dont je vous avais parlé, mais également de la Maison d?assistants maternels et des rencontres de la petite enfance le 12 octobre prochain à la mairie du 3e, en présence de l?ensemble des professionnels du secteur associatif, pour construire ensemble un socle commun de bonnes pratiques sur la qualité de l?accueil des enfants, que nous avons tous à c?ur.

Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous. Merci pour votre travail extrêmement précieux, engagé et sur le terrain, vraiment, c?est là que cela se passe, à tous les deux d?ailleurs, que ce soit dans les écoles et dans les crèches, et bien sûr auprès des familles.

Nous allons à présent procéder au vote des v?ux et projets de délibération, dont je demanderai à chaque fois l?avis de l?Exécutif.

Je vais mettre aux voix le v?u n° 1 déposé par le groupe Ecologiste de Paris. Avis de l?Exécutif ?

M. Patrick BLOCHE, adjoint. - Avis favorable si amendé par un amendement écrit, qui vous a été transmis.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Je crois que cela a été accepté. Je vous remercie.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe Ecolgiste de Paris, amendée par d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2108, V. 434).

Concernant le v?u n° 2, aussi déposé par le groupe Ecologiste de Paris.

Monsieur BLOCHE ?

M. Patrick BLOCHE, adjoint. - Bien sûr. Sur le v?u n° 2, là aussi, c?est un avis favorable si amendé. Il y a un amendement écrit. Je me permettrai juste - dernier calage, si j?ose dire, dans nos discussions - de demander, dans l?amendement écrit qui a été déposé par l?Exécutif, la suppression du dernier considérant.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Nous sommes d?accord.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe Ecolgiste de Paris, amendée par l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2108, V. 435).

Concernant le v?u n° 3 déposé par le groupe Communiste - Front de Gauche.

Monsieur Patrick BLOCHE. ?

M. Patrick BLOCHE, adjoint. - Avis favorable si amendé par un amendement écrit.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Oui, bien sûr, donc un accord là-dessus, sur cet amendement qui vous a été présenté.

Monsieur Nicolas BONNET ?

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Nous sommes d?accord avec l?amendement, mais cet amendement retire un point de notre v?u qui nous paraît important, qui est de se dire que l?on veut mettre un peu plus d?argent sur les "Vacances Arc-en-ciel" pour l?année prochaine. Je propose donc de mettre mon v?u aux voix et de mettre le v?u amendé de Patrick BLOCHE aux voix, si c?est possible.

M. Patrick BLOCHE, adjoint. - Juste un instant, parce que je pense que l?on ne s?est pas compris. J?ai proposé qu?à la prochaine réunion de la 6e Commission, on fasse un bilan complet du dispositif "Vacances Arc-en-ciel". A partir de là, évidemment, on pourra évaluer, au besoin, des besoins supplémentaires qui seront évoqués dans les discussions budgétaires du mois de décembre. C?est pour cela que je trouvais cohérent, si j?ose dire, puisque nous sommes sur les mêmes positions, d?amender votre v?u.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Bien. Etes-vous d?accord avec cette approche ?

Je mets aux voix le v?u n° 3 déposé par le groupe Communiste - Front de Gauche avec un avis favorable, et l'amendement de l'Exécutif étant de dire que nous ferons un point en séance de la 3e Commission. Voilà le v?u tel qu'il est formulé. Est-il adopté ?

Je recommence.

Je mets d'abord aux voix, pardonnez-moi, le v?u de l'Exécutif, qui reprend intégralement le v?u du groupe Communiste - Front de Gauche, sauf qu?il ajoute un élément : la question du montant des "Vacances Arc-en-ciel", on en discutera après l'évaluation qui sera présentée devant la 3e Commission.

Je mets donc aux voix, à main levée, cette position-là, qui est celle du groupe Communiste - Front de Gauche avec l'ajout que nous venons de faire au nom de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u amendée est adoptée. (2018, V. 436).

Je mets ensuite aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe Communiste - Front de Gauche, sans l'amendement de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Absentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Quel est votre avis concernant le v?u n° 4 déposé par le groupe Communiste - Front de Gauche ?

M. Patrick BLOCHE, adjoint. - Avis favorable.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe Communiste - Front de Gauche, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2018, V. 437).

Concernant le v?u n° 5 déposé par le groupe les Républicains et Indépendants, Monsieur BLOCHE ?

M. Patrick BLOCHE, adjoint. - Je veux être ouvert, comme vous, Madame la Maire, vis-à-vis de toutes ces questions, puisque le débat a été très apaisé. L'APUR est déjà sur le coup. J'aurais pu demander le retrait. Je propose un avis favorable pour avoir des données actualisées, les dernières données datant de 2013.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Absolument.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe les Républicains et Indépendants, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2018, V. 438).

Monsieur BLOCHE, quel est votre avis sur le v?u n° 6 déposé par les groupes les Républicains et Indépendants et UDI-MODEM ?

M. Patrick BLOCHE, adjoint. - Pour nous faire gagner du temps, je vais faire une réponse globale puisqu'il s'agit des rythmes scolaires, aux v?ux nos 6, 7, 8 et 9, pour dire que compte tenu de la position favorable, si amendée, au v?u n° 6, c'est-à-dire la réunion d'un comité de suivi de la M.I.E. relative à la politique dédiée au périscolaire à Paris, je demande le retrait, ou sinon avis défavorable des v?ux nos 7, 8 et 9.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Les groupes les Républicains et Indépendants et UDI-MODEM, acceptez-vous cette proposition ?

Vous maintenez votre v?u.

Je mets aux voix le v?u déposé par les groupes les Républicains et Indépendants et UDI-MODEM, avec un avis défavorable?

Ils ne veulent pas?

Acceptez-vous les amendements de l'Exécutif, c'est la question ?

La question portait sur le v?u n° 6, vous acceptez les amendements de l'Exécutif. C'est bien.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par les groupes les Républicains et Indépendants et UDI-MODEM, amendée par l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u amendée est adoptée. (2018, V. 439).

Je mets à présent aux voix, mais il n'y avait pas du tout de volonté sur les v?ux nos 7, 8, 9, sur le v?u n° 7 déposé par le groupe les Républicains et Indépendants, quel est l'avis de l'Exécutif ?

M. Patrick BLOCHE, adjoint. - Demande de retrait compte tenu du vote du v?u n° 6 pour être cohérent, sinon avis défavorable.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Donc, avis défavorable, puisque vous avez dit que vous le mainteniez.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe les Républicains et Indépendants, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Concernant le v?u n° 8 déposé par le groupe les Républicains et Indépendants, vote avis, Monsieur BLOCHE ?

M. Patrick BLOCHE, adjoint. - Pareil.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Avis défavorable.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe les Républicains et Indépendants, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Le v?u n° 9 déposé par Danielle SIMONNET, avec un avis ?

M. Patrick BLOCHE, adjoint. - Défavorable.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Je pense que Mme SIMONNET le maintient. Elle hoche la tête.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par Mme SIMONNET, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Le v?u n° 10 déposé par le groupe DP, avec un avis ?

M. Patrick BLOCHE, adjoint. - Favorable, avec un amendement oral extrêmement clair. Dans le v?u, je voudrais que soit supprimé le deuxième alinéa visant les quartiers centraux de Paris, car c'est beaucoup trop tôt pour évoquer la question des internats dans les quartiers centraux de Paris.

Je propose un avis favorable pour ce v?u, avec un amendement oral : la suppression du deuxième alinéa du v?u.

M. Julien BARGETON. - D'accord.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur BARGETON.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe Démocrates et Progressistes, amendée par l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u amendée est adoptée. (2018, V. 440).

Concernant le v?u n° 11 déposé par le groupe Communiste - Front de Gauche.

Monsieur BLOCHE ?

M. Patrick BLOCHE, adjoint. - Il s'agit des enfants en situation de handicap et nous sommes évidemment très mobilisés sur cette question avec Nicolas NORDMAN.

Ainsi, deux v?ux, v?u n° 11 et v?u n° 12. V?u n° 11 favorable si amendé, v?u n° 12 favorable sans modification.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Très bien. Je demande donc au groupe Communiste, qui est d'accord avec ces amendements.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe Communiste - Front de Gauche, amendée par l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u amendée est adoptée. (2018, V. 441).

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 12 déposée par Mme SIMONNET, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ? C?est votre heure de gloire !

La proposition de v?u est adoptée. (2018, V. 442).

En réponse aux v?ux nos 13 et 14, l'Exécutif a déposé un v?u n° 14 bis. Est-ce que le v?u n° 13 est maintenu par ses dépositaires ? Vous le retirez.

Le v?u n° 14, Madame SIMONNET, est-il maintenu ou retiré ?

Mme Danielle SIMONNET. - Maintenu.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Maintenu !

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par Mme SIMONNET, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de v?u référencé n° 14 bis déposé par l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de v?u est adopté. (2018, V. 443).

Le v?u n° 15 déposé par le groupe Ecologiste de Paris est-il maintenu ? Il est maintenu. Il a un avis... Non, il est retiré ? Le voeu n° 15 est donc retiré, je vous remercie.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 16 déposée par le groupe les Républicains et Indépendants, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 17 déposée par le groupe les Républicains et Indépendants, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 18 déposée par le groupe Démocrates et Progressistes, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Nous allons passer au vote des projets de délibération et ils sont nombreux. Je vous demande d'être attentifs et je procèderai à un même vote, formule qui nous permettra de gagner du temps.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASCO 79.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DASCO 79).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASCO 82.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DASCO 82).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASCO 83.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DASCO 83).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASCO 84.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DASCO 84).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASCO 86.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DASCO 86).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASCO 88.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DASCO 88).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASCO 41 G.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DASCO 41 G).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASCO 42 G.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DASCO 42 G).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASCO 44 G.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DASCO 44 G).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASCO 45 G.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DASCO 45 G).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASCO 46 G.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DASCO 46 G).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASCO 48 G.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DASCO 48 G).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 12.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DFPE 12).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 16.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DFPE 16).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 44.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DFPE 44).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 47.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DFPE 47).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 52.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DFPE 52).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 53.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DFPE 53).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 55.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Abstention des Républicains et Indépendants.

Le projet de délibération est adopté. (2018, DFPE 55).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 59.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DFPE 59).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 66.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DFPE 66).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 67.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DFPE 67).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 68.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DFPE 68).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 69.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DFPE 69).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 71.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DFPE 71).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 73.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DFPE 73).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 83.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DFPE 83).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 84.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DFPE 84).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 99.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DFPE 99).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 100.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DFPE 100).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 113.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DFPE 113).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 134.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DFPE 134).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 135.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DFPE 135).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 142.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DFPE 142).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 150.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DFPE 150).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 155.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DFPE 155).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 169.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DFPE 169).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 171.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DFPE 171).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 172.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DFPE 172).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 173.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DFPE 173).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 174.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DFPE 174).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 175.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DFPE 175).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 177.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DFPE 177).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 179.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DFPE 179).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 180.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DFPE 180).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 184.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DFPE 184).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 185.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DFPE 185).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 186.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DFPE 186).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 187.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DFPE 187).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFPE 188.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DFPE 188).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DJS 208.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DJS 208).

Et il n'y a pas de vote sur la communication DASCO 92. Merci pour ce très beau débat totalement dédié aux petits Parisiens et aux petites Parisiennes et à leurs parents. Merci infiniment. Bon appétit. La séance est suspendue.