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Septembre 2018
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Conseil Municipal
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2018 DU 138 - Cession d'une emprise de voirie communale 54, avenue Montaigne (8e).

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2018


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Nous examinons le projet de délibération DU 138. Il s'agit de la cession d'une emprise de voirie communale au 54, avenue Montaigne, dans le 8e.

Madame SIMONNET, vous avez la parole.

Mme Danielle SIMONNET. - Je ne connais pas forcément très bien la marque Dolce&Gabbana, j'avoue ne pas être prête à m'acheter une paire de chaussures qui vaille un SMIC mensuel.

J'en suis désolée, je vois bien votre désapprobation sur le fait que je n'ai pas vécu cette expérience que visiblement vous vivez régulièrement, mais si cette expérience vous rend heureux, tant mieux pour vous, mais bien sûr il faut respecter tout type de commerce, et l'économie et le commerce du luxe font partie du commerce, et l'objet de mon intervention n'est pas de dénigrer, mais de dire qu'il n'y a pas non plus de passe-droit à accorder à l'économie du luxe. Pas de passe-droit.

Or, ce projet de délibération est un passe-droit qui me choque. Je voterai contre, parce que de quoi s'agit-il ?

Il s'agit finalement pour Dolce&Gabbana de pouvoir acquérir un espace en extérieur. Le projet de délibération prévoit l'établissement d'un jardinet enclos par une grille non accessible. Cela ne sera pas qu'un jardinet d'embellissement, mais cela pourra servir à coup sûr pour des événements promotionnels.

Mettre du vert, pourquoi pas, mais à ce moment-là vous en faites un jardin municipal, vous végétalisez les rues, les espaces publics, mais là, soyons clairs, l'objectif de Dolce&Gabbana est de faire comme Yves Saint-Laurent et Fendi en face, dans leur compétition-concurrence, et nous leur apportons la satisfaction de leurs caprices sur un plateau.

Je ne suis pas favorable à ce qu'on laisse autant de passe-droits aux marques du luxe, et je pense à toute la logique de l'attractivité du territoire qui voudrait à tout prix attirer les touristes par le biais de l'industrie du luxe, si cela se traduit par le fait de satisfaire tous leurs caprices, cela me pose un problème.

Je voterai contre ce projet de délibération.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci.

Jean-Louis MISSIKA, les caprices du luxe !

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Merci, Madame la Maire, je suis très surpris quand je vois Jean-Luc MÉLENCHON à la télévision, j'étais persuadé qu'il s'habillait en Dolce&Gabbana.

Je reconnais que j'ai dû me tromper.

Je voudrais juste vous dire quelque chose, Madame SIMONNET, votre vision du monde vous conduit parfois à proposer que la Ville de Paris finance l'industrie du luxe pour l'embellissement d'une rue, plutôt que ce ne soit l'industrie du luxe qui finance cet embellissement de la rue. C'est-à-dire exactement l'inverse de ce que vous souhaitez.

Nous parlons d'une emprise de 43 mètres carrés, il faut remettre les choses à leur niveau, et d'un sujet lié au paysage de la rue, c'est un héritage lié à un projet d'embellissement du rond-point des Champs-Elysées, qui date de 1860 et imposait aux riverains du rond-point l'aménagement de jardinets de 3 mètres de large.

Ce décret a marqué l'aménagement de l'avenue Montaigne et en constitue aujourd'hui une caractéristique. Tous ceux qui se promènent avenue Montaigne connaissent ces jardinets devant les magasins.

Cette spécificité a été reprise dans le P.L.U. de 2006, qui a fait l'objet d'une longue concertation et d'une enquête publique, et a donc inscrit ces espaces comme des espaces libres à végétaliser afin de préserver les jardinets existants et de favoriser la création de nouveaux jardinets conformes aux modernes d'origine.

Cette cession s'inscrit donc dans cette perspective, elle est assortie de conditions particulières, de zones "non aedificandi", modèles de grilles définis.

Cette cession est réalisée selon l'estimation définie par le Conseil du patrimoine à hauteur de 170.000 euros, l'acquéreur prenant à sa charge les coûts d'aménagement liés au projet. Ceci veut dire que le jardin est financé par l'acteur privé et que la Ville de Paris touche un chèque de 170.000 euros, alors que ce serait exactement l'inverse si nous devions le faire par nous-mêmes.

Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - C'est moi qui vous remercie.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DU 138.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DU 138).