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Septembre 2018
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe les Républicains et Indépendants relatif à l'expérimentation des uritrottoirs.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2018


 

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Nous en arrivons au v?u référencé n° 65 relatif à l'expérimentation des uritrottoirs.

C'est Jean-Baptiste MENGUY qui va défendre ce v?u.

M. Jean-Baptiste MENGUY. - Merci, Monsieur le Maire.

Ce v?u est à propos d'une expérimentation qui répond aux priorités définies par la M.I.E. sur la propreté, excellemment présidée par notre présidente Florence BERTHOUT, mais qui s'est un peu ratée sur son application. Nous avons vu apparaître, ces derniers mois, trois uritrottoirs dans des quartiers qui étaient pour le moins inadaptés, des outils qui n'allaient clairement pas dans le paysage urbain lié à l'emplacement choisi et qui ont créé un certain émoi des riverains. Je parle en particulier du centre de Paris.

A cela, se sont ajoutés des doutes sur le choix, même si le créateur est tout à fait compétent et que d'autres expérimentations ont lieu avec succès à Nantes, mais si vous comparez les deux villes, vous vous rendez compte de différences sur le mobilier urbain choisi et sur les emplacements. On peut donc dire que c'est un ratage total à Paris, et c'est la raison pour laquelle, même si nous continuons de considérer que c'est une des priorités pour la propreté à Paris, il convient de revoir la copie de cette expérimentation, parce qu'aussi, ce sont des mobiliers qui ne s'adressent qu'à une certaine catégorie de la population, alors que vraisemblablement, d'autres catégories de la population peuvent connaître les mêmes besoins, que ce soit les femmes, les enfants et les personnes à mobilité réduite. Il faut donc élargir le spectre des mobiliers urbains concernant ces épanchements et proposer une solution beaucoup plus adaptée et bien à l'urbanisme parisien.

Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Jean-Baptiste MENGUY.

Je vais d'abord donner la parole à Mao PENINOU pour répondre, au nom de l'Exécutif.

M. Mao PENINOU, adjoint. - Merci.

Effectivement, cet Exécutif et la quasi-totalité des maires d'arrondissement, sommes en bagarre, depuis le début de cette mandature, pour arriver à installer des toilettes publiques en nombre beaucoup plus important et accessibles à Paris. Nous sommes tous confrontés au problème des urines sauvages, au mieux contre les arbres, je ne sais pas ce qu'en pense Pénélope KOMITÈS, au pire contre les murs.

C'est un vrai problème à Paris. C'est pourquoi nous élargissons très fortement ce dispositif. Je vous rappelle que, depuis le début de la mandature, nous avons rajouté 42 sanisettes, modèle Decaux classique parisien. Bertrand DELANOË les avait déjà rendues gratuites, et nous les avons, pour une très grande part d'entre elles, ouvertes 24 heures sur 24.

Pourquoi je dis 42, parce que nous étions engagés à installer 50 sanisettes. Ici, nous avions voté un budget pour 50. Nous avons été obligés d'en rentre 8 à Decaux, après consultation avec l'ensemble des arrondissements, car nous n'arrivons pas à les installer tant les contraintes techniques étaient fortes.

Il nous faut donc multiplier d'autres solutions. Nous sommes en discussion - je vous le dis ici - avec Decaux pour voir comment eux-mêmes peuvent améliorer leur offre, et notamment afin de pouvoir mettre des urinoirs à l'arrière de leurs sanisettes aujourd'hui.

Et puis nous expérimentons différents modèles. Ce ne sont pas tous des échecs, y compris le dernier, et je vais vous en donner le meilleur exemple. Vous venez de nous parler, comme d'ailleurs l'a fait la presse une partie de cet été, presse internationale jusqu'au "New York Times", de trois uritrottoirs à Paris. Il y en a cinq en fait. Oui, car effectivement quand on s'indigne beaucoup de l'uritrottoir sur l'île Saint-Louis, en revanche on ne parle pas de ceux qui peuvent être installés sur le boulevard de Clichy, la rue Bossuet, la place Henri-Frenay, ou le square Tino-Rossi dans le 5e arrondissement, où cela a beaucoup mieux fonctionné. Je vous l'accorde, moins sur le boulevard de Clichy.

Il faut donc trouver les lieux et arriver à faire bien les choses. Ce que je peux vous dire, c'est qu'au-delà de ces uritrottoirs, nous allons continuer à voir s'il y a des endroits dans lesquels on peut les installer, d'autres non, tant pis, on en mettra ailleurs. Mettons des urinoirs à rigole à République, au quai de Valmy, au jardin d'Eole, au square Tino-Rossi. Nous raccordons des urinoirs temporaires de type obus que l'on trouve dans les festivals.

Nous travaillons avec l'école Boulle pour designer de nouveaux urinoirs. Nous travaillons à l'installation prochaine de deux sanitaires escamotables dans des lieux à forte fréquentation nocturne et festive : la place de la République et la place des Abbesses, qui seront mixtes grâce au travail d'une société néerlandaise. Nous continuerons à expérimenter de nouveaux matériels. Je vous le dis, on ne s'arrêtera pas à la première polémique Twitter, quand bien même serait-elle relayée ici.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Mao PENINOU. Merci, Monsieur le Maire.

Quai de Valmy, Alexandra CORDEBARD a demandé la parole comme maire du 10e arrondissement.

Mme Alexandra CORDEBARD, maire du 10e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.

Je vais faire écho à ce que vient de dire Mao PENINOU, ces polémiques sont d'abord, à mon avis, totalement inutiles et ne servent pas la cause des difficultés rencontrées par les Parisiens, un peu partout dans Paris.

Il est indispensable que nous puissions installer, dans nos arrondissements, dans mon arrondissement en particulier, dans des endroits qui sont les plus concernés par les épanchements des dispositifs nouveaux, que nous en mettions davantage encore et que nous fassions reculer ce fléau qui amène des centaines et milliers d'enfants parisiens à devoir tous les matins enjamber des traces nauséabondes pour se rendre à l'école. Je suis vraiment en soutien de l'ensemble de ces dispositifs. Dans le 10e arrondissement, cela marche, cela aide. Il n'y en a pas encore assez, mais c'est une partie de la solution.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci.

J'ai une explication de vote du groupe que représente Fatoumata KONÉ, qui a la parole.

Mme Fatoumata KONÉ. - Très rapidement, simplement, je voulais rappeler que ce projet a été imaginé pour lutter avant tout contre les "pipis sauvages". C'est un phénomène - sans rentrer dans le détail - qui concerne majoritairement les hommes. Mao PENINOU vient de l'expliquer, on a des problématiques d'installation de toilettes publiques, mais j'ai quand même le sentiment qu'il faut plus de toilettes publiques à Paris.

Faut-il encore expérimenter d'autres types d'uritrottoirs ? C'est la question que je me pose par rapport à cela.

Concernant le v?u qui demande l'expérimentation avec d'autres couleurs, d'autres modèles, etc., j'ai été voir sur le site Internet de l'entreprise qui propose ces produits, il y a déjà un catalogue avec de nombreuses propositions. Peut-être faut-il se pencher sur ces propositions. Je souhaite aussi rappeler que ce projet est intéressant, parce que c'est avant tout un projet écologique, puisque l'urine est réutilisée entre autres pour le compost. Merci.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Fatoumata KONÉ.

Un retrait vous est proposé, Monsieur MENGUY ?

M. Jean-Baptiste MENGUY. - Je n'avais pas compris que M. PENINOU me proposait de retirer mon v?u, puisque nous sommes absolument d'accord.

Je me réjouis que Bertrand DELANOË ait installé 42 sanisettes?

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - On a compris mais c?est simplement retrait ou pas retrait, Monsieur MENGUY ? Le règlement est précis, vous retirez ou pas.

M. Jean-Baptiste MENGUY. - Il n'y a pas de polémique, ce n'est pas nous qui sommes allés jusqu'à faire un clip pour communiquer sur le bien-fondé des uritrottoirs. On n'a pas dit qu?on ne voulait pas d?uritrottoirs, on a dit qu?il fallait retirer cela, que la couleur n?était pas adaptée. Mais au contraire, bien évidemment, nous sommes conscients de la problématique et il faut aller plus loin, mais sur des mobiliers qui soient pour tous les usagers.

Je pense que ce v?u peut être adopté et il n?y a pas de polémique sur ce sujet.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - D?accord, vous ne le retirez pas.

Est-ce un avis défavorable de l?Exécutif, Monsieur PENINOU ?

M. Mao PENINOU, adjoint. - Non, vu le ton et les explications de M. MENGUY, nous allons l?adopter.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - D?accord.

L?Exécutif, dans un esprit d?ouverture qui le caractérise si souvent, propose donc un avis favorable.

De ce fait, je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe les Républicains et Indépendants, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2018, V. 469).

Je vous remercie.