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Septembre 2018
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Conseil Municipal
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2018 DU 168 - Dénomination "parvis des 260 enfants" (4e).

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2018


 

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Nous passons au projet de délibération DU 168 qui concerne la dénomination "parvis des 260 enfants" dans le 4e.

La parole est à Mme PRIMET.

Mme Raphaëlle PRIMET. - Cette école élémentaire du 4e arrondissement est celle qui a connu le plus grand nombre d'arrestations et de déportations. Ce coin du Marais, cette rue des Rosiers, qui depuis le début du XXe siècle avait vu arriver une immigration juive principalement de Russie et de Pologne était un petit shtetl parisien. On entendait parler Yiddish, on se croyait à l'abri, jamais la France ne pourrait être complice d'un génocide.

Pourtant, avec un cynisme total, le Gouvernement de Vichy, Laval et Bousquet en tête, a exigé que les Nazis déportent aussi les enfants. Motif humanitaire répétera Laval à son procès en soulignant le fait qu'il était inhumain de séparer les familles.

Mais que Laval et Bousquet ne nous fassent pas croire qu'ils ignoraient la réalité, qu'ils ne savaient pas où les menait le voyage. Ce sont les fichiers de la Préfecture qui ont permis cette rafle, ce sont des policiers français qui ont été mobilisés pour cette sale besogne. Ce sont des bus parisiens qui sont allés au Vel' d'Hiv, puis à Drancy.

Jacques CHIRAC a eu le mérite de reconnaître cette tache sur l'histoire de la France. Paris a depuis lors apposé des plaques sur chaque mur de chaque école où des enfants ont été arrêtés et déportés. Il faut remercier encore une fois Henri Malberg d'en avoir suggéré l'idée à Bertrand DELANOË et à l'association, qui continue cette ?uvre de mémoire.

Cette place devant cette école de la rue des Hospitalières - Saint-Gervais portera le nom de "parvis des 260 enfants". Elle nous permettra de nous souvenir de ces heures sombres au moment où les racistes et antisémites relèvent la tête partout en Europe et en France.

Nous nous souviendrons aussi que tous les Français n'ont pas été des salauds, et nombre d'entre eux en cette nuit de juillet 1942 ont ouvert leur porte, caché et nourri des enfants et leurs familles.

Le directeur de l'école, Joseph Migneret, l'assistante sociale Berthe Hirsch, ont été de ceux-là, au mépris du danger, ils ont hébergé des enfants et les ont cachés. Sans ce courage de milliers de madames et messieurs tout le monde, combien d'enfants auraient complété la liste exhaustive des 11.400 enfants recensés par Serge et Beate Klarsfeld ? Nous ne les oublierons pas et rappellerons à chaque fois qu?il est nécessaire, le serment des déportés survivants : "plus jamais cela". Je vous remercie.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Merci.

Pour vous répondre, Mme VIEU-CHARIER.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Chers collègues, chaque année, en mai, il y a une très belle cérémonie indispensable au travail de mémoire dans le 4e arrondissement de la ville de Paris, dont je rappelle qu'Ariel WEIL est le maire, et qui vient suggérer cette très belle dénomination. Je tiens à le souligner ici.

Comme vous l'avez dit, Madame PRIMET, les élèves de l'école des Hospitalières - Saint Gervais ont été déportés et exterminés dans les camps de la mort.

Des associations, en premier lieu les associations pour la mémoire des enfants juifs déportés (Amejd), les riverains, le personnel enseignant, et les élus, se joignent lors de cette cérémonie aux enfants pour ne jamais oublier les crimes de la police de Vichy et de l'occupant nazi.

L'école des hospitalières a été l'école la plus touchée par la rafle du Vel' d'Hiv en 1942. Je tiens ici à rappeler le travail considérable de Serge et Beat Klarsfeld de l'association des Fils et Filles des déportés de France, et encore une fois de toutes les Amejd de Paris, puisqu'il y a une Amedj dans chaque arrondissement de Paris.

Leur inlassable travail qui se poursuit aujourd'hui et a commencé en 1997 permet de ne pas oublier les enfants juifs raflés et assassinés dans les camps de la mort, dont les 260 enfants dont j'ai l'honneur de parler ici.

Je tiens à rappeler, et c'est vrai qu'on en a beaucoup parlé avec Ariel WEIL, que l'on va d'ailleurs chercher aussi à rendre hommage particulièrement à Berthe Hirsch, l'assistante sociale de l'école, résistante, qui a caché et soigné plus de 400 enfants juifs de France. Sur dénonciation, elle a été arrêtée par la Gestapo fin 1943. Déportée à Auschwitz, elle y a été assassinée.

Je pense aussi à Joseph Migneret, bien évidemment, le directeur de l'école, qui a caché et sauvé des enfants dans son tout petit appartement de la rue du Temple. Juste parmi les nations, il a reçu un bel hommage à travers le jardin des Rosiers - Joseph Migneret depuis 2014.

Le parvis des 260 enfants va permettre de rappeler l'engagement, la bravoure de cet homme et de cette femme, mais aussi le martyre des familles juives du Marais et des 260 enfants.

Le parvis de cette école est désormais piéton et va s'appeler exactement "parvis des 260 enfants, élèves de l'école des Hospitalières - Saint Gervais déportés et assassinés parce qu'ils étaient nés juifs".

Merci beaucoup à la mairie du 4e, merci à Ariel WEIL, qui a eu cette idée. Merci à Evelyne ZARKA, qui a aussi porté ce projet. Nous nous retrouverons bientôt toutes et tous, j'espère, très nombreux, autour d'Anne HIDALGO et Ariel WEIL le 16 novembre prochain.

Je vous invite pour une émouvante inauguration et vous demande de voter ce projet de délibération.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DU 168.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DU 168).