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Septembre 2018
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Conseil Municipal
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2018 SG 44 - Paris Fonds Vert : autorisation de signature de la convention de gestion modifiée et approbation du règlement intérieur modifié.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2018


 

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Nous allons maintenant examiner le projet de délibération SG 44 : Paris Fonds Vert.

La parole est à Jean-Noël AQUA.

M. Jean-Noël AQUA. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, peut-on espérer d?un lion qu?il devienne végétarien ? Nous savons que l?espoir fait vivre et nous savons qu?au vu de l?importance et de l?urgence des enjeux écologiques, nous avons besoin de lueurs d?espoir. D?accord, mais au vu de ces mêmes importances et urgences des enjeux écologiques, il semble qu?il y ait peu de place pour des actions vouées à l?échec, autant de leurres qui nous éloignent des sujets essentiels.

La finance verte peut-t-elle résoudre les problèmes environnementaux d?un système lui-même porté et généré par cette même finance ? Nous ne cessons de pointer la contradiction. Les enjeux écologiques sont de long terme et concernent les biens communs. La finance est basée sur la rentabilité à court terme des plus riches. Les deux logiques se contredisent.

Certes, vous allez me dire que la finance verte se développe. Il y a certainement un élément de communication bien évident là-dedans, visant à nettoyer dans un grand bain de "greenwashing" le financement massif des hydrocarbures ou d?une industrie chimique à l?origine de nombreuses armes de pollution massive.

Mais au-delà de ce "greenwashing", c?est la construction de ces outils financiers qui commence à être contestée par les milieux financiers eux-mêmes. On peut ainsi lire, dans l?édition du 19 août du "Wall Street Journal" - je traduis en français : "Le marché en plein boom des obligations vertes fait face à un problème de crédibilité. Leur définition est si floue que même des investisseurs environnementalement consciencieux pourraient financer des centrales à combustibles fossiles."

Nous savons aussi que des centaines d?obligations vendues comme vertes ont dû être retirées du registre de Climate Bank Initiative qui surveille le bien-fondé des objectifs écologiques, précisément parce qu?ils ne contribuaient pas aux objectifs de l?Accord de Paris.

Je résumerai donc mon propos en disant que cette finance verte apparaît de plus en plus comme une nouvelle façon pour la finance d?écouler ses produits. Plonger les enjeux écologiques dans les eaux glacées du calcul égoïste et dans les eaux troubles de la finance prédatrice n?est pas seulement une impasse, c?est aussi un miroir aux alouettes qui risque bien de masquer les réels enjeux systémiques de la nécessaire transition écologique.

Nous nous abstiendrons donc sur ce projet de délibération technique relatif aux Fonds Vert.

Je vous remercie.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Merci.

La parole est à Emmanuel GRÉGOIRE.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Merci, Jean-Noël AQUA, pour votre intervention, mais je pense que vous faites une confusion sémantique fréquente - c?est l?occasion d?en faire la pédagogie - sur deux produits financiers qui n?ont rien à voir.

Le premier est ce que l?on appelle les obligations vertes, c?est-à-dire les "sustainable and social bonds", que nous avons émises à deux reprises et qui servent, je vous le rappelle, à financer les services publics. Ce n?est donc pas qu?un détournement ou du "greenwashing" car cela finance les services publics que nous mettons en ?uvre.

J?entends vos observations mais l?objet du projet de délibération n?est pas du tout celui-là. Ce ne sont pas du tout des obligations vertes mais un fonds d?investissements, qui s?appelle Paris Fonds Vert. Ce fonds est chargé de financer le développement de sociétés d?innovation en matière de transition énergétique, d?innovation en matière environnementale, de gestion des déchets, de tout ce qui concourt à la transformation de nos modèles de production.

Ce n?est donc pas le même sujet. Je sais que vous dénoncez régulièrement ce que vous considérez être un oxymore : le capitalisme vert. J?ai tendance à nourrir quelque espoir sur cet oxymore, sinon nous sommes très mal partis collectivement.

En tout cas, c?est pour vous dire qu?un point qui fonctionne plutôt bien est que nous venons de terminer la première levée de fonds puisque nous avons réuni un peu plus d?une centaine de millions d?euros d?investisseurs. Notamment un certain nombre d?investisseurs institutionnels très importants pour nous dans ce projet, la Caisse des dépôts et consignations et la BPI ont demandé des modifications de certains éléments techniques, et ce que nous appelons le "hurdle" qui est en fait le retour sur investissement garanti par le fonds. Nous sommes donc très satisfaits de ce premier tour de table et nous avons déjà commencé à instruire de l?investissement dans des entreprises innovantes en matière de transition énergétique. Toutes les entreprises qui développent des solutions innovantes ont besoin de capitaux pour développer leurs activités et ce fonds est un excellent moyen de s?assurer que le bien commun est aussi un guide en la matière.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Je vous remercie.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 44.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, SG 44).