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Decembre 2002
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Conseil Général
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8 - 2002, ASES 219 G - Subvention de fonctionnement à l'association "Espace Emergence Tolbiac", 6, rue de Richemont (13e). - Montant : 20.000 euros

Débat/ Conseil général/ Décembre 2002


Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Nous passons à l'examen du projet de délibération ASES 219 G dont M. LHOSTIS est rapporteur. Il s'agit de la subvention à l'association "Espace Emergence Tolbiac" d'un montant de 20.000 euros.
Mme Cécile RENSON est inscrite, je lui donne la parole.
Mme Cécile RENSON. - Merci, Madame le Président.
Madame le Président, chers collègues, c'est bien l'intérêt de ce projet de délibération qui me tient éveillée et non pas les propos aigres-doux, mais néanmoins fort intéressants de notre collègue VUILLERMOZ.
On ne peut en effet qu'être favorable à l'attribution d'une subvention de 20.000 euros au centre "Espace Emergence Tolbiac" et souligner le rôle innovant de son équipe mobile qui se donne pour objectif essentiel la prévention des premières consommations de substances psychoactives, l'action sur les consommations précoces, la prévention du passage occasionnel à l'usage nocif de drogue, la réduction des risques, etc. Ces actions me semblent particulièrement opportunes alors que 3 études scientifiques majeures démontrent que la consommation régulière de cannabis induit un risque exacerbé de schizophrénie et de dépression chez les jeunes consommateurs réguliers. Elles soulignent les effets ravageurs de l'herbe sur un jeune cerveau en pleine maturation. Existerait-il un lien entre l'augmentation de l'usage de cannabis et l'explosion de la schizophrénie ?
(Rires sur les bancs de l'Assemblée).
... quand on sait que 25.000 Parisiens souffrent de cette maladie.
On peut espérer que ces études scientifiques vont mettre un terme à la polémique concernant les effets discutés du cannabis, polémique qui n'a plus lieu d'être en regard de ces dernières publications.
A cette occasion, qu'il me soit permis de saluer l'arrivée du nouveau Directeur de la Mission interministérielle de la lutte contre la toxicomanie (M.I.L.T.) un confrère, le Docteur Didier JAYLE, qui se dit farouchement opposé à la dépénalisation du cannabis.
Ce brillant psychiatre et dermatologue de l'Institut Alfred Fournier, attaché à l'Hôpital européen Georges Pompidou, ne saurait être taxé d'une attitude conservatrice, alors que c'est lui qui a créé le Centre régional d'information et de prévention pour le Sida, en 1988 (C.R.I.P.S.), qu'il est à l'origine de Nova Donna, deuxième centre de méthadone à Paris, et que son devoir d'information m'avait valu, dans le 15e arrondissement, bien des remarques sur sa façon réaliste d'appréhender la prévention du Sida.
Au Docteur JAYLE, j'adresse toutes mes félicitations et mes v?ux de réussite, ce dont je ne doute pas un seul instant.
Je souhaite courage et persévérance à l'équipe mobile du centre "Espace Emergence Tolbiac", qui, après la drogue pourra s'attaquer aux autres conduites addictives.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Merci, Madame RENSON.
M. BLISKO voulait ajouter un mot, très rapide.
M. Serge BLISKO. - Avec la permission de M. LHOSTIS.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Avec la permission de la Présidente.
M. Serge BLISKO. - Merci, Madame la Présidente.
Je réagis pour remercier Mme RENSON de son intervention, qui dit beaucoup de choses et qui félicite à la fois l'"Espace Emergence Tolbiac" - c'est à ce titre que je prends la parole, bien évidemment - situé dans le 13e, qui fait un très bon travail. Permettez aussi que je change de casquette en tant que Président du Conseil d'administration de l'hôpital Sainte-Anne et, Madame RENSON, vous ne devez pas introduire de discussion scientifique de ce type, un peu rapidement à cette heure-ci car laisser penser dans une enceinte publique que la schizophrénie aurait pour origine la consommation cannabique et l'affirmer en se parant d'ailleurs des connaissances du Docteur JAYLE, que nous connaissons tous, et dont nous connaissons le très bon travail qu'il a pu faire au C.R.I.P.S., serait une erreur.
Je voulais simplement faire remarquer que la cause de la schizophrénie qui est une maladie complexe s'il en est, ne peut être du tout attribuée à la consommation cannabique, même si l'on sait que la consommation cannabique peut avoir pour effet un certain nombre de poussées délirantes de courte durée, mais les appeler de la schizophrénie, je pense qu'il ne faut pas vouloir trop prouver trop vite quand on n'a pas de preuves scientifiques.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Merci.
M. Alain LHOSTIS a la parole.
M. Alain LHOSTIS, au nom de la 6e Commission. - Je suis un peu ennuyé d'intervenir dans un débat d'un aussi haut niveau et entre médecins, puisqu'il y a trois médecins, en l'occurrence deux qui ont parlé et un autre qui est présent au-dessus de nous tous, le Docteur JAYLE, mais j'ai cru comprendre que vous étiez d'accord avec l'attribution de la subvention pour l'action qui est menée.
Je n'ai pas bien compris pourquoi vous êtes venue défendre la nomination du Docteur JAYLE. Cette question là ne nous concerne pas. C'est une décision de l'Etat. En revanche la question qui me préoccupe, c'est de connaître le parcours des gens, ce qu'ils ont accompli, et la mission qu'on leur a confiée. Or, pour l'instant je n'ai aucune assurance - quels que soient les mérites passés du Docteur JAYLE, et je l'ai vu à plusieurs reprises dans la dernière période - je n'ai pas encore compris à quel niveau seraient les engagements ou le désengagement de l'Etat dans la M.I.L.D.T. ; c'est cela la question qui m'est posée.
Je jugerai M. JAYLE sur son action à venir, pas sur ses actes passés. Vous dites qu'il a créé le C.R.I.P.S., mais le C.R.I.P.S. en l'occurrence a été créé par une volonté du Conseil régional et des financements importants de la Ville de Paris.
J'attends que les bonnes intentions qui ont été affirmées soient suivies d'engagements. Pour l'instant je constate que l'inquiétude des associations sur le terrain - cela a été dit tout à l'heure par Christophe CARESCHE - sont grandes quant à la pérennité des financements en matière de prévention.
Voilà ce que je voulais dire à ce stade. Bienvenue au club pour M. JAYLE, mais j'espère qu'il vient avec quelque chose pour éclairer, comme on dit au pocker, sur la table.
M. Christian SAUTTER, vice-président. - Bravo !
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 219 G.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2002, ASES 219 G).