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Septembre 2018
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe les Républicains et Indépendants relatif à la création d'une carte de stationnement pour les policiers.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2018


 

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Nous passons maintenant à l?examen des v?ux nos 57 et 58 relatifs au stationnement des véhicules personnels de la police.

Madame BERTHOUT, vous avez la parole.

Mme Florence BERTHOUT, maire du 5e arrondissement. - Je vais intervenir, si vous me le permettez, Monsieur le Maire, sur les v?ux nos 57 et 58.

Les policiers travaillent en horaires décalés, comme chacun le sait. Très souvent, ils ne savent que rarement quand ils vont finir leur service. Ils ne peuvent donc pas toujours compter sur les transports en commun, surtout quand ils habitent en dehors de Paris. Ils n?ont alors d?autres choix que de venir dans leur commissariat avec leur véhicule personnel.

Depuis le 1er janvier dernier, la mise en ?uvre de la réforme du stationnement payant, les policiers parisiens n?ont plus aucune tolérance, hélas, pour le stationnement de leur véhicule personnel. Ils sont nombreux à nous en saisir. Ils nous ont saisis, en particulier avec mon collègue Philippe GOUJON, sur cette question très délicate.

La politique du chiffre imposée par la Ville prive les sociétés de contrôle de tout discernement, à tel point que dans les premières semaines de l?année, même les véhicules sérigraphiés "police nationale" était verbalisés. Les agents des sociétés "Streeteo" et "Moovia" n?ont d?autres choix, d?ailleurs, semblerait-il, que de verbaliser à tout rompre, dans la mesure où une part, je vous le rappelle, de leur salaire est fonction du nombre d?amendes dressées.

Eu égard à leur niveau de rémunération, les policiers, chacun le comprendra bien, ne peuvent absolument pas se permettre d?acquitter toutes ces amendes. Dans ces conditions, il n?est pas étonnant d?enregistrer un nombre croissant de demandes de mutation, qui viennent se rajouter évidemment aux difficultés posées par le coût de l?immobilier et les loyers très importants.

Dès que les policiers ont satisfaits leur obligation de service de huit ans en région parisienne, ils cherchent à fuir les prix élevés de l?immobilier. Si en plus, ils subissent des coûts supplémentaires simplement pour aller travailler, ils seront encore plus nombreux à vouloir quitter Paris. Or, on le sait, ces nombreuses mutations ne sont pas remplacées par les affectations en sorties d?écoles. Je reprends l?exemple du commissariat 5-6e : 42 départs pour cette année, et comme le syndicat Alliance nous en a fait part, 28 seulement nouvelles arrivées.

Il y a donc urgence à trouver des solutions pour le stationnement des policiers. Nous avons besoin de nos policiers. Ils font un travail formidable. C?est pour cela que nous proposons d?abord de mobiliser les parkings des bailleurs sociaux, qui, on le sait, sont sous-occupés. "Paris Habitat" va louer 1.700 places de parking par l?intermédiaire d?une "start-up". Il faut qu?une partie d?entre elles soit réservée aux policiers dans les immeubles sociaux situés à proximité des commissariats. Je suis un peu étonnée qu?une partie de l?Exécutif discute et considère que trouver des solutions de stationnement pour les policiers, ce n?est pas un problème important.

Au passage, les policiers assureraient, par leurs allées et venues, une sécurité supplémentaire au bénéfice des locataires. Pour cela, nous demandons à ce que la Maire de Paris réunisse très rapidement ces bailleurs sociaux et la Préfecture de police pour élaborer des conventions de mises à disposition des parkings.

Vous croyez que je peux défendre, Monsieur le Maire, le deuxième ?

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Au contraire.

Mme Florence BERTHOUT, maire du 5e arrondissement. - En complément, pour les commissariats qui n?ont pas d?ensembles sociaux à proximité, nous demandons à créer un tarif de stationnement spécifique pour les policiers, à l?instar de ce qui se fait pour d?autres professions. Contre une carte de stationnement facturée par exemple 45 euros par an, les policiers pourraient se garer à proximité de leur commissariat pour 1,50 euro par jour. Les policiers, qui sont d?ailleurs relayés, je crois, dans cet hémicycle par les représentants d?Alliance, ne demandent en effet pas la gratuité du stationnement. Le coût ne serait pas excessif dans la mesure où un peu moins d?un millier de policiers seulement sont concernés.

Nos policiers font preuve d'un engagement sans faille pour la sécurité des Parisiens, parfois, hélas, au péril de leur vie. Il est de notre responsabilité de tout faire pour qu?ils puissent exercer leur métier dans les meilleures conditions possibles. Leur garantir de venir accomplir leurs missions sans se soucier de la question du stationnement en fait partie. J'espère que cet hémicycle approuvera à l'unanimité ce v?u.

Merci, Monsieur le Maire.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Monsieur NAJDOVSKI, d'abord, et ensuite, M. GARRIGUE-GUYONNAUD, pour le Préfet de police.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Je précise que nous avons travaillé avec la Préfecture de police et que l'ensemble des véhicules de la Préfecture qui sont utilisés pour des raisons de service, ne paient aucun frais de stationnement. La Préfecture de police nous a ainsi fourni une liste de 4.500 plaques d'immatriculation qui ne paient aucun frais de stationnement. En revanche, nous n'avons pas eu de demande de la part de la Préfecture pour que soit attribuée une carte personnelle sédentaire à leur personnel.

Les policiers sont des fonctionnaires. Il est de la responsabilité de l?administration dont ils dépendent de leur proposer des solutions de mobilité. Les policiers bénéficient ainsi de la gratuité dans les transports en commun et c'est une bonne chose qu'il en soit ainsi.

Pour ce qui est des agents qui travaillent en horaires décalés, c?est aussi à la Préfecture de police de proposer éventuellement une offre de stationnement à ses agents utilisant leur véhicule personnel. Pour notre part, c'est ce que nous faisons en louant des places de parking à proximité de leur lieu de travail pour les agents municipaux travaillant en horaires décalés. Je précise, par ailleurs, que les différents bailleurs sociaux publient sur leur site Internet des offres de places de stationnement disponibles dans leurs parkings. Cette information est tout à fait publique. Nous pouvons, bien entendu, accompagner la Préfecture de police si elle souhaite entamer des démarches auprès des bailleurs, mais il n'est pas du rôle de la Ville de Paris de les saisir à la place de l'employeur, en l'occurrence de la Préfecture de police. C'est la raison pour laquelle nous émettrons des avis défavorables sur ces v?ux.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Monsieur GARRIGUE-GUYONNAUD, pour le Préfet de police, vous avez la parole.

M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. - Merci.

Un complément pour signaler que des contacts privilégiés chez certains bailleurs sociaux nous ont été transmis, donc nous allons donc prendre leur attache pour organiser la mise en relation avec les fonctionnaires qui pourraient être intéressés par ces conditions de stationnement à tarifs privilégiés pour les places qui resteraient disponibles.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Monsieur GOUJON, vous avez la parole, rapidement.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Très rapidement.

Merci, Monsieur le Maire, de votre indulgence, mais on a un peu l'impression que la Préfecture de police et la Mairie se renvoient la balle sur cette affaire de stationnement des policiers depuis des mois. Je crois qu?il faut en sortir parce qu?un groupe de travail devait être mis en place entre la Mairie de Paris, les organisations syndicales, notamment Alliance qui nous a saisis, mais d'autres aussi.

La Préfecture de police devait d'abord conduire une expertise des différentes pistes envisagées, dont notre présidente vient d'ailleurs de parler, qui ont été balayées d'un trait de plume par M. NAJDOVSKI. Cette expertise devait précéder les groupes de travail.

Or, cela fait plusieurs mois que ces travaux auraient dû commencer. On nous dit que la Préfecture de police ne souhaiterait pas s'engager dans un tel dispositif de prise en charge collective, ce à quoi la Mairie ne pousse pas non plus, d'ailleurs. Finalement, les victimes sont les policiers, notamment quand ils sont en horaires décalés.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Mme BROSSEL aura évidemment l'occasion, dans la plénitude de sa délégation, de participer, comme elle le fait déjà, sur ces sujets qui relèvent de la Préfecture de police et de la Ville de Paris.

L'avis défavorable exprimé par M. NAJDOVSKI a été clairement dit.

Je mets donc les deux v?ux, puisque c'est le même avis défavorable, les deux v?ux conjoints au vote - cela vous convient ? - avec un avis défavorable de l?Exécutif? Non, séparément.

Je mets d'abord aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 57 déposée par le groupe les Républicains et Indépendants, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je mets ensuite aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 58 déposée par le groupe les Républicains et Indépendants, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.