Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Septembre 2018
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

2018 DAE 122 - Subventions (1.201.000 euros) et avenants à conventions avec divers organismes de recherche dans le cadre de l’appel à projets Émergence(s).

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2018


 

Mme Afaf GABELOTAUD, adjointe, présidente. - Je vous propose d'examiner le projet de délibération DAE 122 pour une subvention de 1,201 million d'euros et avenants à conventions avec divers organismes de recherche dans le cadre de l'appel à projets Emergence(s).

La parole est à Jean-Noël AQUA pour 5 minutes. Je vous demanderai de faire un petit peu de silence, s'il vous plait.

Monsieur AQUA ?

M. Jean-Noël AQUA. - Merci, Madame la Maire, mes chers collègues.

Je me permets d'intervenir à nouveau sur le programme Emergence(s) pour saluer ce dispositif d'aide à la recherche, en l'occurrence de l'aide à de jeunes équipes de recherche et des projets émergents.

Cette action fait du bien. Elle fait du bien dans le contexte actuel de matraquage du service public de la recherche et de l'enseignement supérieur. Il faut le rappeler ici, le Gouvernement actuel, comme à son habitude, distille une communication bien propre sur elle, où la recherche et la formation des jeunes sont affichées comme des priorités.

Mais dès que l'on passe la tête derrière le rideau, la réalité dément les grands discours et les effets de manche.

Sur la recherche, le C.N.R.S., pour la première fois de sa longue histoire, passe sous la barre des 300 postes ouverts au concours avec même un étiage à 250. C'est une saignée.

L'enseignement supérieur est lui aussi saigné à blanc. L'année prochaine, seulement 2.049 postes seront ouverts au concours des universités.

Mme Afaf GABELOTAUD, adjointe, présidente. - Excusez-moi, j'aimerais vraiment qu'on ait un peu de silence, on n'entend absolument pas les interventions. S'il vous plaît.

M. Jean-Noël AQUA. - Merci, d'autant que je vais faire mon coming out puisque je vais, pour une fois, vanter le bilan de M. SARKOZY. Ils étaient 3.500 sous Nicolas SARKOZY, 2.049 aujourd'hui sous Emmanuel MACRON.

On en est là aujourd'hui. Alors même que l'on connaît le fiasco de Parcoursup et que le Gouvernement assigne de nouvelles missions à l'université, il saigne dans le même temps les universités en postes enseignants. L'ambition macroniste pour la recherche est plus une action de démolition du service public qu'un investissement sur l'avenir.

Alors, à rebours de la médiocrité gouvernementale, notre Ville s'illustre à nouveau par son investissement sur l'avenir, des investissements qui passent par un soutien à la recherche publique afin qu'elle puisse avoir la liberté nécessaire à la création.

Nous le savons, le financement public est le garant de l'indépendance de la recherche et de sa prise de risque, prise de risque non pas financier mais prise de risque intellectuel.

Ce projet de délibération, nous allons soutenir des projets tant sur des effets non linéaires dans des circuits supraconducteurs que l'étude des fonctions des macrophages dans l'homéostasie ou encore l'analyse grammaticale et la documentation linguistique des langues Adamawa.

Nous les soutiendrons avec enthousiasme, en ce que cette action participe d'une certaine stabilité dans le paysage abîmé de la recherche française.

Laissez-moi juste, dans ce concert de louanges, apporter un léger bémol. Vous le savez, nous sommes opposés à toute territorialisation de l'E.S.R. Nous avons besoin d'un soutien récurrent d'Etat, car l'Etat est le seul à même de garantir la rigueur et l'indépendance de la recherche.

Les actions ponctuelles du type Emergence(s), en restant marginales, sont les bienvenues, mais ne sauraient combler le désinvestissement de l'Etat. C'est pourquoi nous souhaiterions toujours que les contrats Emergence(s) soient attribués seulement dans des laboratoires, dont le financement reste un financement récurrent national très majoritairement.

Vous l'aurez compris, nous voterons avec enthousiasme ce projet de délibération, et nos propositions visent à en renforcer le sens. Je vous remercie.

Mme Afaf GABELOTAUD, adjointe, présidente. - La parole est à Didier GUILLOT, pour 5 minutes.

M. Didier GUILLOT. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, des subventions à hauteur de 1,220 million d'euros sont allouées à divers organismes de recherche dans le cadre de l'appel Emergence(s).

Depuis maintenant dix ans, la Ville a mis en place un programme de soutien aux jeunes équipes de recherche, dénommé Emergence(s), afin de développer sa politique de développement de l'innovation et de la recherche. C'est primordial quand on connaît ce que représente Paris au niveau intellectuel, au niveau international, sur le plan du capital intellectuel. Notre ville tient une place privilégiée en Europe avec 100.000 chercheurs, donc près de la moitié sont des étrangers. C'est donc une capitale intellectuelle, l?une des capitales les plus attractives pour l'économie numérique, les "start-up" et les investisseurs.

Il est plus que nécessaire de développer les talents d?ici et d?ailleurs et de favoriser son dynamisme intellectuel comme économique, les deux étant liés.

Les 22 projets sélectionnés sont divers et je m?en réjouis. Ils reflètent ensemble la diversité et la pluralité des recherches, qui ne sont pas seulement cantonnées d?ailleurs aux sciences dites dures. De l'urbanisme à l'histoire de l?art, de la santé aux langues, nous voyons combien les champs sont vastes et ils sont indispensables pour éclairer notre vision de la ville de demain, de la métropole de demain.

Ces projets reflètent par ailleurs et en partie les 4 secteurs prioritaires qu?avait identifiés le rapport de Cédric VILLANI : la santé, les transports, l'environnement et la défense. Et c'est bien en soutenant la recherche et l'innovation que nous pouvons rendre plus attractifs les emplois dans la recherche publique. J'en profite pour rappeler ici, et je le fais à peu près à chaque séance sur ce sujet, qu?il est indispensable de lier les deux et de ne pas chercher à opposer l'un et l'autre, ce qui n'a strictement aucun sens. Notre Ville ne doit en aucun cas arbitrer entre recherche et innovation, mais bien "booster" l'une comme l'autre, et c?est ce que nous faisons avec efficacité depuis 10 ans. Entamer des recherches est infiniment long et difficile, mais ponctué de découvertes et d?enrichissement. Pouvoir soutenir financièrement les divers organismes de recherche dans l'avancement de leurs études est un acte fort auquel nous adhérons.

Mme Afaf GABELOTAUD, adjointe, présidente. - Merci. La parole est à Mme Marie-Christine LEMARDELEY, pour répondre.

Mme Marie-Christine LEMARDELEY, adjointe. - Merci, chers collègues, Jean-Noël AQUA et Didier GUILLOT, de me permettre de souligner un aspect très important du soutien de la Ville de Paris à la recherche fondamentale, dans la mesure où, nous le savons et vous l?avez rappelé tous les deux, la recherche scientifique occupe une place centrale dans l'image de Paris et dans l'attractivité de Paris, dans son rayonnement international. C'est pourquoi, comme vous l'avez rappelé, depuis 2009, consciente des enjeux pour le développement scientifique et économique du territoire parisien, la municipalité favorise ainsi l'émergence de nouvelles équipes de recherche tout en assurant leur pérennité.

Le programme Emergence(s), je le rappelle rapidement, c'est un soutien financier qu'apporte la Ville sur une durée de 4 ans. C?est un amorçage qui permet aux lauréats de pérenniser leurs projets de recherche. Le programme vise à élargir le spectre des projets vers de nouveaux champs de recherche, innovants, originaux - vous en avez cité quelques-uns, ils sont foison - sur l'infrastructure logicielle pour le XXIe siècle ou une étude sur le diabète de type 2, ou encore des cellules cancéreuses pour l?Institut Curie, etc.

Les éditions 2015 et 2016 ont permis la sélection de 22 projets en sciences humaines et sociales, en sciences exactes et en biologie/médecine, sélectionnés par le Conseil scientifique de la Ville de Paris à qui je veux rendre hommage car il fait un travail remarquable de sélection des dossiers, d'expert, et il nous a rendu un rapport très intéressant sur le rôle scientifique de Paris comme ville campus.

A la suite du vote en Conseil de Paris, des avenants sont signés chaque année et, dans ce projet de délibération, je vous présente les avenants concernant 12 projets sélectionnés en 2015 et 10 projets sélectionnés en 2016.

Je tiens à signaler aussi que le taux de réussite sur les 3 dernières années est un aspect intéressant pour ceux d'entre vous qui connaissent la difficulté de répondre à des appels à projets. Le taux de réussite sur les 3 dernières années a augmenté : il était en 2016 de 15,6 %, en 2017 de 20 %, un peu moins en 2018 avec 18 %, mais il reste très élevé par rapport aux taux de réussite nationaux en général, pour l?A.N.R., de 10 à 13 %.

Le montant total de la subvention 2018 a été précisé dans le projet de délibération. Le montant total de l'aide qui sera attribuée dans le cadre du dispositif des lauréats 2015, 2016 et 2017 s'élèvera à 1.951.000 euros et il sera complété par une délibération qui sera proposée en novembre pour soutenir les projets lauréats 2018, soit 750.000 euros.

Ainsi, en tout, 2.701.000 euros auront été engagés en 2018 sur Emergence(s), un budget global qui ne diminue pas, je tiens à le dire, puisqu?il s'élèvera en 2019 à 2.800.000 euros et en 2020 à 3 millions d'euros.

Je vous remercie donc de soutenir ce projet de délibération. Quelques chiffres encore : 140 projets ont été financés depuis 2009 et en moyenne on pourrait dit qu?il y a environ 15 projets par an avec, comme je l'ai dit, un budget en hausse.

Merci de voter ce projet de délibération.

Mme Afaf GABELOTAUD, adjointe, présidente. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAE 122.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est donc adopté. (2018, DAE 122).

Nous en avons fini avec la 6e Commission.