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2018 DPSP 6 - DEVE - Subventions (327.250 euros) et conventions avec 18 structures dans le cadre de la politique de prévention de la délinquance et de lutte contre la récidive de la Ville de Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2018


 

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DPSP 6 - DEVE relatif à l'attribution de subventions et de conventions avec 18 structures dans le cadre de la politique de la prévention de la délinquance et de lutte contre la récidive de la Ville de Paris, sur lequel l'amendement technique n° 22 déposé par l'Exécutif.

La parole est à M. DUCLOUX pour le groupe Socialiste, pour 5 minutes.

M. Philippe DUCLOUX. - Merci, Monsieur le Maire.

Notre Conseil a adopté en 2015 le Contrat parisien de prévention et de sécurité pour la période 2015-2020, qui détaille parmi ses nombreux objectifs la lutte contre la récidive sur l'ensemble du territoire parisien, ce, en collaboration avec nos partenaires institutionnels et associatifs, le Parquet, la Préfecture de police, le Tribunal pour enfants ou les collectifs spécialisés dans l'accompagnement des jeunes Parisiens les plus en difficulté et les plus à même de s'engager dans des parcours de criminalité, et ultimement, de récidive.

Suite aux terribles attentats de 2015, nous avons ensuite voté en 2016 une subvention de 350.000 euros pour des actions de prévention de la récidive à travers notamment le soutien à des mesures alternatives aux peines de prison, un renforcement des travaux d'intérêt général, ou un accompagnement des jeunes sous main de justice.

Cette politique fait partie des responsabilités de notre collectivité à l'égard de la société parisienne ainsi que de notre projet de mandature qui a pour mission d'assurer que chacun puisse trouver une voie, et que ceux qui n'y parviennent pas soient dûment accompagnés dans le respect et en parallèle des procédures judiciaires et de l'action de l'Etat en matière de sécurité.

La délinquance et particulièrement la récidive des plus jeunes constituent un échec en matière de sécurité quotidienne et de qualité de vie, et la preuve d'insuffisances dans des actions collectives, qui bien que forcément limitées doivent toujours tendre par des mesures éducatives sociales et culturelles, en plus de la nécessaire répression vers l'inclusion de tous, des jeunes les plus fragiles et les plus difficiles, à notre vie commune.

Je suis donc très heureux de pouvoir prendre la parole sur ce projet de délibération, qui signe un soutien de 327.250 euros de subventions et conventions avec 18 structures agissant dans la prévention de la délinquance et de lutte contre la récidive à Paris.

Ce projet de délibération s'inscrit dans le cadre de notre action depuis 2014 et plus largement depuis 2001, en répondant à des problématiques de sécurité criantes dans notre ville et particulièrement dans son Nord-Est et se caractérise par son ambition.

Des sommes importantes sont en effet allouées à des actions efficaces, qui ont pour la plupart déjà fait leurs preuves dans le passé, à Paris ou ailleurs. Dans le 11e arrondissement, cela passe par exemple par un soutien de 5.000 euros à l'association "Tatane", que vous connaissez bien, Monsieur MARTINS, pour un projet de "Citizen foot" au gymnase Berlémont, et des ateliers pour jeunes à caractère sportif dans le cadre des initiatives visant à prévenir la délinquance et à améliorer la tranquillité publique dans les quartiers populaires.

Parmi les projets, une somme importante de 107.000 euros est consacrée à la Mission locale de Paris pour la création d'un 3e poste de référent insertion pour les jeunes sous main de justice, et le renforcement d'actions de passerelle vers le monde professionnel.

Il s'agit notamment d'accompagner la sortie de prison pour des jeunes Parisiens de 16 à 25 ans en leur permettant de développer un projet académique de formation ou professionnel viable. Les jeunes concernés sont issus des prisons de Fresnes et Fleury-Mérogis et ce dispositif a montré son utilité avec 123 jeunes accompagnés l'année dernière grâce à la Mission locale de Paris.

Dans le 18e arrondissement, l'association "Les fermiers de la Francilienne" prépare un projet de mini fermes expérimentales que la Ville de Paris se propose de développer, un partenariat avec un soutien financier de 12.000 euros.

L'objectif est de permettre aux habitants, aux jeunes du quartier, de bénéficier d'un espace pédagogique avec animaux et plantes dans le square Alain Bashung, pour que les graves problèmes de sécurité qu'a connus cet espace vert et ses environs ces derniers mois soient contrés par des activités pédagogiques en présence d'un animateur avec un jardin partagé "bio".

L'accueil des visiteurs sur le site doit se faire selon des horaires clairement définis et la sécurité sera assurée par des travaux d'aménagement dans le square.

Il ne s'agit pas pour nous de tomber dans une vision naïve où le développement d'activités pédagogiques, sportives et d'animation suffirait à limiter la délinquance et à éloigner des jeunes de la récidive, mais bien de considérer que dans notre vision de la ville, chaque citoyenne, chaque citoyen et chaque jeune, quel que soit son parcours, doit disposer de lieux de bien-être et de chances de découvrir des espaces ou des moments où exprimer sa créativité et son énergie d'y développer des passions.

En tout, 18 structures issues d'univers philosophiques et culturels très divers sont soutenues par ce projet de délibération et proposées par vous, chère Colombe BROSSEL, et je suis très heureux de vous inviter, mes chers collègues, à voter pour nous permettre de renforcer nos actions et nos résolutions infaillibles, à tout faire pour détruire le terrain social et psychologique sur lequel la délinquance et la récidive naissent et se développent.

Ce sont près de 330.000 euros sagement et utilement utilisés. Les Parisiens doivent savoir qu'en matière de sécurité et de qualité de vie, et notamment de lutte contre la délinquance et la récidive, nous ne refuserons aucun moyen ni aucune initiative qui puisse aider à réduire la prégnance de comportements ou d'actes inacceptables dans nos rues et dans nos quartiers grâce à l'engagement de dizaines de bénévoles ou professionnels qui accompagnent ces jeunes Parisiens vers un meilleur chemin et un meilleur avenir.

Je vous remercie.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Pour vous répondre, je donne la parole à Mme Colombe BROSSEL.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe. - Merci beaucoup, Monsieur le Maire. Merci beaucoup, cher Philippe DUCLOUX, pour cette intervention. C'est un projet de délibération important, pour trois raisons.

La première, l'ensemble de ces projets et vous en avez listés un certain nombre, démontre bien l'engagement de la Ville de Paris en faveur d'une politique de prévention renforcée et ambitieuse qui s'inscrit en effet pleinement dans le cadre du Contrat parisien de prévention et de sécurité.

Nous en sommes persuadés, avec l'ensemble des signataires de ce Contrat de prévention et de sécurité, la clef d'une ville plus sûre, c'est aussi la prévention et nous avons fait le choix, en tant que collectivité, d'investir les politiques de prévention avec la conviction que l'accompagnement de tous les publics permet de travailler à une sécurité durable pour tous. Cela n'est pas qu'une formule de style. Ce projet de délibération vise à mettre en ?uvre à la fois des actions en matière de lutte contre la récidive et de prévention de la délinquance.

Le deuxième point, ce projet de délibération démontre bien que toute politique de prévention est nécessairement partenariale. Aucun d'entre nous, aucune des institutions signataires du Contrat de prévention et de sécurité ou participant d'une manière ou d'une autre à la politique de prévention, ne peut agir seul, parce que c'est se condamner à l'inefficacité ou à s'empêcher de pouvoir traiter l'ensemble des sujets.

Vous l'avez vu, ces projets sont partenariaux par essence mais également dans leur montage, leur accompagnement, et c'est ainsi que cela fonctionne. Je donne un exemple sur lequel vous êtes passé rapidement dans votre intervention, lorsque la Ville soutient la Mission locale en cofinançant 3 postes de référent insertion en direction des jeunes Parisiens sous main de justice, qu'ils soient incarcérés ou suivis en milieu ouvert, c'est typiquement un travail de partenariat entre les institutions.

Le troisième point, il nous faut savoir agir de façon globale, cf. ce que je disais sur l'accompagnement des jeunes Parisiens sous main de justice, mais également de la façon la plus locale possible, et merci d'avoir salué des projets que nous connaissons déjà. Vous parliez de "Tatane" et de son action au gymnase Berlémont, c'est une association qui fait un travail tout à fait impressionnant et nous les voyons souvent et toujours avec plaisir avec Jean-François MARTINS ; mais également "Les Fermiers de la Francilienne" avec lesquels nous allons initier, tenter une reconquête du square Bashung. C'est un projet important pour l'ensemble des habitants de la Goutte d'Or. - Nous l'avons construit avec eux -, et sur lequel, bien entendu, nous reviendrons.

Voilà pour moi trois raisons importantes pour lesquelles votre soutien à ce projet de délibération est plus qu?une nécessité. En tout cas, merci de votre soutien et du soutien de l?ensemble des élus de votre groupe.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Merci beaucoup, Madame BROSSEL.

Concernant cet amendement technique n° 22, il n?y a pas besoin de le présenter, Madame BROSSEL ? Bien.

Je mets donc aux voix, à main levée, le projet d'amendement n° 22 déposé par l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet d'amendement n° 22 est adopté.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DPSP 6 - DEVE ainsi amendé.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération amendé est adopté. (2018, DPSP 6 - DEVE).