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Decembre 2002
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Conseil Général
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14 - 2002, ASES 318 G - Numéro vert d'appel anonyme et gratuit pour l'information sur la sexualité, la contraception, la prévention et l'I.V.G. "Ecoute, sexualité, contraception" confié par voie de convention à l'association parisienne du "Mouvement français pour le planning familial"

Débat/ Conseil général/ Décembre 2002


Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Nous passons à l'examen du projet de délibération ASES 318 G relatif à un numéro vert d'appel anonyme et gratuit pour l'information sur la sexualité, la contraception, la prévention et l'I.V.G. "Ecoute, sexualité, contraception" confié par voie de convention à l'association parisienne du "Mouvement français pour le planning familial".
Je donne la parole à Mme LE STRAT.
Mme Anne LE STRAT. - Mes chers collègues, il y a un an l'association parisienne du "Mouvement français pour le planning familial", à l'initiative de la création d'un numéro vert d'information sur la sexualité et la contraception, s'est vue confier ce numéro vert anonyme et gratuit pour Paris. Ce projet de délibération nous propose de confier à nouveau cette mission pour 3 mois à la même association avant que cette prestation ne fasse l'objet d'un marché public. Je voudrais ici rendre compte du bilan de ce numéro vert parce qu'il réaffirme, si besoin était, la nécessité de ce type d'initiative. Indépendamment du nombre d'appels reçus plus élevé que l'objectif fixé initialement, le bilan de cette opération fait apparaître quelques chiffres qu'il me semble intéressant de commenter brièvement.
D'une part concernant le motif des appels, les statistiques fournies par l'association montrent que 33 % des appels sont liés à des questions générales sur la sexualité. Motifs le plus souvent invoqués : la contraception, l'I.V.G. ou les M.S.T. Par ailleurs, nous indique-t-on, plus de la moitié des appels proviennent de personnes de moins de 18 ans. Ces chiffres révèlent l'état d'ignorance et le besoin d'information des jeunes en matière de sexualité. L'information et l'éducation sur ce sujet sont pourtant fondamentales pour créer les conditions d'une sexualité vécue sans répression ni dépendance dans le respect des différences, de la responsabilité et de la liberté des personnes, principes qui bien souvent ne sont pas assurés. En effet, la lutte contre les phénomènes prostitutionnels, contre les violences sexuelles de plus en plus nombreuses aujourd'hui et d'ailleurs pas toujours perçues comme telles par les acteurs, victimes ou agresseurs, passe nécessairement par l'information, la connaissance de ce que peut être une sexualité librement consentie. C'est aussi par l'information et l'éducation que passe la lutte contre les maladies sexuellement transmissibles au premier rang desquelles le Sida, maladie à l'égard de laquelle la vigilance et les précautions prises se sont peu à peu relâchées. L'information et l'éducation pourraient notamment agir sur la prévention du Sida chez les femmes quand on sait que cette maladie les touche dans une proportion toujours croissante depuis ces 20 dernières années. Il y avait 5 hommes pour une femme touchés en 1990. En 2001, ce sont 2,8 hommes pour une femme.
Indépendamment de l'usage du préservatif féminin, qui reste encore largement à promouvoir, l'information et l'éducation fournissent aux femmes les moyens de mieux se protéger. L'éducation est fondamentale pour que chacun connaisse ses droits et puisse respecter ceux des autres.
Comme les actions du Mouvement français pour le planning familial le prévoient, l'éducation et l'information doivent passer par le milieu scolaire, mais aussi hors de son champ afin d'atteindre les personnes en situation difficile et précaire pour lesquelles l'information ne peut se faire que par les structures qu'elles sont susceptibles de fréquenter. Concernant plus spécifiquement la contraception et l'avortement, je voudrais rappeler que même si la loi de juillet 2001 a permis une avancée notable des droits des femmes, il a fallu 10 mois pour que la totalité des décrets d'application soit enfin publiée et que de nombreuses difficultés subsistent encore pour l'accès des femmes à l'avortement comme le manque de moyens humains et financiers, les résistances des différents acteurs, le statut des femmes mineures, le tarif non revu de l'I.V.G., et j'en passe. De ce point de vue, les informations délivrées par le numéro vert s'avèrent indispensables.
Enfin, je voudrais terminer en indiquant un dernier chiffre : 41 % des appels proviennent d'hommes alors que ceux-ci sont très largement sous-représentés dans la fréquentation des centres de planning. Ces chiffres expriment une demande du public masculin en matière de sexualité, alors même que des réticences sociales et surtout culturelles empêchent encore les hommes de consulter plus régulièrement les services compétents.
Je vous remercie.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - La parole est à M. LHOSTIS.
M. Alain LHOSTIS, au nom de la 6e Commission. - Je n'ai rien à ajouter. Je partage totalement ce qui a été dit par Mme LE STRAT et donc cela conforte d'autant plus la nécessité de ce financement. S'il fallait une illustration de la nécessité de ces 37.867 euros représentant la participation forfaitaire accordée à l'association, je crois que ce serait une démonstration évidente. On a vraiment une demande extrêmement forte et il y a sans doute besoin de renforcer encore notre action dans ce domaine.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 318 G.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2002, ASES 318 G).