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Septembre 2018
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Conseil Municipal
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2018 DDCT 140 - Subventions (150.000 euros) à 6 associations dans le cadre de la lutte contre l’illettrisme et le développement des compétences clés des jeunes des quartiers "politique de la ville".

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2018


 

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DDCT 140 relatif à l'attribution de subventions à 6 associations dans le cadre de la politique de lutte contre l'illettrisme, le développement des compétences clés des jeunes des quartiers "politique de la ville".

La parole est à Mme Danièle PREMEL, pour le groupe Communiste - Front de Gauche et pour 5 minutes maximum.

Mme Danièle PREMEL. - Merci Monsieur le Maire.

L'illettrisme demeure, car l'illettrisme n'est pas simplement une question de lecture et d'écriture, c'est tout le rapport de l'individu à la société et à son environnement qui est en jeu.

En Ile-de-France, ce sont 322.000 adultes âgés de 16 à 65 ans qui ont été scolarisés en France, mais qui sont en situation d'illettrisme, 5 % de la population francilienne. Une personne en emploi sur dix et une personne au chômage sur sept est en difficulté face à l'écrit. Ces chiffres nous font réagir, et il est indispensable d'agir. Selon l'Agence nationale de lutte contre l'illettrisme, l'illettrisme qualifie les personnes de plus de 16 ans qui, bien qu?ayant été scolarisées, ne parviennent pas à lire et comprendre un texte portant sur des situations de leur vie quotidienne, ou n'arrivent pas à écrire pour transmettre des informations. Ce phénomène limite les interactions et cause de fait une détresse et une solitude de l'individu sur le plan social et professionnel.

Ce projet de délibération propose de soutenir des structures qui contribuent à apporter une deuxième chance éducative et culturelle à celles et ceux qui se sont renfermés sur eux. L'aide qu'apportent ces organismes est très importante dans la mesure où ils agissent pour et avec ceux qui ne se sont pas retrouvés dans le système scolaire. Nous devons intégrer l'illettrisme comme un enfermement qui contribue à l'exclusion et la rend durable. En favorisant les subventions à des associations qui luttent contre l'illettrisme, nous prenons nos responsabilités face à ce problème social, car l'illettrisme n'est pas une fatalité, un état, c'est une solution qui ne devrait être que temporaire. Il n'y a pas d'illettrés, il n'y a que des personnes en situation d'illettrisme. Il est dans l'écriture autant de vérités que d'étoiles dans le ciel, meilleurs sont vos yeux, plus vous voyez.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Merci beaucoup, Madame PRIMEL.

Pour vous répondre, je donne la parole à Mme Colombe BROSSEL.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe. - Merci beaucoup, Danièle PREMEL, pour cette intervention qui nous permet de nous rappeler en effet qu'il existe des besoins et que la Ville de Paris a souhaité s'engager sur cette question en mettant notamment l'accent sur l'insertion professionnelle des jeunes dans les quartiers populaires.

Ce plan parisien de lutte contre l'illettrisme permet à des jeunes de 16 à 25 ans d'acquérir des compétences clés qui vont leur permettre d'être plus autonomes et de lever les freins à l'entrée dans la vie active. Les actions menées, vous l'avez dit, ne se limitent pas à l'apprentissage de compétences clés, mais permettent également aux jeunes concernés de bénéficier de formations sur la recherche d'emploi ou les compétences nécessaires en matière informatique. C'est donc bien un panel le plus global possible.

Toutes les actions sont évidemment menées en partenariat avec la Mission locale et en lien avec les clubs de prévention spécialisés. Je me permets de le signaler à nos collègues.

Comme l'année dernière, six structures agiront dans le cadre de ce plan de lutte contre l'illettrisme avec des acteurs de trois types : soit des spécialistes de l'apprentissage du français, par exemple le Centre Alpha Choisy que l'on connait bien dans cet hémicycle, soit des associations qui travaillent à l'insertion socioprofessionnelle comme "Esperem", soit des spécialistes de la lutte contre l'illettrisme comme "Savoir pour réussir".

Puis on a un sixième acteur, qui est "Extramuros", que beaucoup d'entre vous connaissent. "Extramuros" est plutôt connu pour ses chantiers éducatifs, et notamment la menuiserie. "Extramuros" détecte, chez les jeunes accueillis, des problématiques qui peuvent être prises en charge dans le cadre du plan de lutte contre l'illettrisme et oriente ces jeunes vers les associations partenaires.

Ce plan est donc important pour lutter concrètement contre l'illettrisme et agir en faveur de l'insertion des jeunes de Paris.

Dernier mot, on l'a écrit dans le projet de délibération, le repérage est compliqué, le repérage est difficile, et c'est pour cela que l'on modifie le suivi et l'accompagnement de l'ensemble des structures cette année, pour qu?ils soient plus resserrés et que les objectifs que nous nous donnons avec les associations soient atteints, parce que notre ambition est vraiment que ce plan soit le plus efficace possible pour accompagner des jeunes des quartiers vers l'arrivée ou le retour dans le langage.

Un bilan sera présenté l'année prochaine, lors du prochain projet de délibération, et je pense que nous aurons de meilleurs résultats que nous n'en n'avons eus jusqu'ici. C'est le pari que nous faisons. En tout cas, merci de votre soutien et de votre vigilance sur ces sujets.

M. Jean-François MARTINS, adjoint, président. - Merci beaucoup, Madame BROSSEL.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DDCT 140.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2018, DDCT 140).