Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Septembre 2018
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

Vœu déposé par le groupe les Républicains et Indépendants relatif à une plateforme unique des appels 15-17-18-112.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2018


 

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Nous passons au v?u n° 80 relatif à une plate-forme unique des appels 15, 17, 18, 112.

C'est M. GOUJON qui a la parole.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.

L'émotion, chacun le sait, est grande à la brigade depuis la mort du caporal Geoffroy Henry, 27 ans, à Villeneuve-Saint-Georges. Il partait pour une intervention banale, mais l'équipage ne disposait pas des informations nécessaires pour évaluer la dangerosité de la situation, l'appel ayant été initialement reçu par le Samu, révélant ainsi d'ailleurs la faible communication entre les acteurs de l'urgence qui fonctionnent sur des schémas qui apparaissent éculés.

Une analyse a pointé une demande de moyens non justifiés et une sous-évaluation du caractère dangereux de la victime. Les appels vers le numéro d?urgence des pompiers 18, mais aussi de la police 17, et le numéro européen 112, sont tous réunis dans un seul et même centre de réception, depuis peu d?ailleurs, à l?état-major de la Brigade des sapeurs-pompiers. Seuls les appels du Samu 15 sont traités à part selon une logique départementale.

Les sapeurs-pompiers, qui pâtissent des carences ambulancières, exigent désormais un accompagnement policier et une meilleure coopération avec les Agences régionales de santé. Dans le ressort territorial de la Brigade, la hausse des agressions - il faut le savoir - contre les pompiers s?est accélérée depuis deux ans : en 2017, ce n?est pas moins de 122 attaques d?équipages en intervention visant 198 pompiers qui ont eu lieu, contre 74 l?année précédente et 114 victimes. Depuis le début de l?année jusqu?en août 2018, 160 soldats du feu avaient déjà été agressés, soit une agression de pompier tous les cinq jours.

C?est pourquoi notre groupe demande que la Préfecture de police et l?Agence régionale de santé d?Ile-de-France se dotent enfin d?une plateforme unique pour l?ensemble des appels d?urgence : 15, 17, 18 et 112.

Je vous remercie.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

M. le Représentant du Préfet.

M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. - Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire, je voudrais d?abord, comme vous, rendre hommage au caporal Henry qui est décédé lors de cette intervention à Villeneuve-Saint-Georges après avoir été agressé par une personne qu?il venait prendre en charge avec ses coéquipiers. Je pense aujourd?hui à sa famille, à son épouse, à l?enfant qu?ils avaient eu tous les deux il y a quelques mois à peine, à ses parents et à l?ensemble de ses proches.

C?est toute la Brigade qui a été endeuillée, comme vous l?avez rappelé. C?est la Préfecture de police dans son ensemble qui est également attristée et émue par ce drame. La cérémonie nationale qui a eu lieu, il y a quelques jours, dans la cour de la caserne Champerret, manifestait et exprimait la solidarité de l?ensemble de la Nation vis-à-vis des proches du caporal Henry.

Ce drame, vous l?avez rappelé, Monsieur le Maire, rappelle la dangerosité des missions des sapeurs-pompiers, qu?il s?agisse de la lutte contre les incendies, ce sont les missions les plus symboliques et les mieux connues, mais aussi des missions de secours à personne qui représentent désormais la très grande majorité des interventions de sapeurs-pompiers. C?est particulièrement le cas à Paris mais c?est un phénomène et un fait constatés à l?échelle de l?ensemble du pays.

Une enquête est en cours sur les circonstances dans lesquelles le caporal Henry est décédé. Elle a été confiée à la Direction régionale de la Police judiciaire de la Préfecture de police. Elle devra faire la lumière sur les circonstances exactes de ce drame.

A cet égard, je me permets d?appeler chacun à la plus grande prudence sur ce que l?on peut lire dans la presse ou entendre. Il faut laisser aux enquêteurs, sous le contrôle de l?autorité judiciaire, le temps de faire leur travail, de collecter l?ensemble des éléments et pas seulement certains d?entre eux.

Votre v?u demande plus particulièrement la création d?une plateforme unique qui rassemble à la fois les numéros d?urgence 15, 17, 18 et 112. Je voudrais rappeler que la Préfecture de police de ce point de vue a déjà annoncé et pris une initiative assez rare à l?échelle nationale pour rapprocher les acteurs de l?urgence. Depuis juin 2016, quelques semaines avant l?Euro de football 2016, une plateforme unique commune aux sapeurs-pompiers et aux services de la Préfecture de police a été mise en place : c?est la plateforme d?appel unique d?urgence - P.F.A.U. - avec en son sein, au quotidien, les personnels de la Brigade, les personnels des services de police, et notamment ceux qui travaillent en étroite collaboration et peuvent échanger, communiquer leurs différentes informations sur les interventions en cours, à Paris et dans les départements de la petite couronne. Il se trouve que le département du Val-de-Marne, qui est le dernier département non encore raccordé s?agissant des services de police à cette plateforme d?appel unique, la rejoindra à partir du 6 novembre.

Cette plateforme d?appel unique est évidemment un outil fort de la coopération opérationnelle entre nos services, et dans les cas effectivement où des sapeurs-pompiers et des policiers peuvent être pris à partie, elle permet d?assurer la meilleure coordination entre les intervenants.

Cette plateforme n?intègre pas le numéro 15 du Samu. Une telle perspective ne pourra d?ailleurs être envisagée que dans le cadre d?une réflexion nationale qui doit être menée conjointement par le Ministre de l?Intérieur et le Ministre de la Santé. Les discussions sont en cours. Le Ministre de l?Intérieur avait d?ailleurs rappelé sa grande vigilance sur ce sujet à l?occasion de son discours dans la cour de la caserne Champerret. Nous prendrons bien évidemment toute notre part aux réflexions qui seront menées.

Enfin, je voudrais terminer sur la problématique plus générale que cette intervention a permis de mettre en lumière une fois encore, c?est l?augmentation très forte du nombre d?interventions de secours aux personnes, c?est-à-dire les interventions du quotidien qui représentent une proportion considérable des interventions de la Brigade. Elles ont augmenté ces derniers temps, elles interviennent souvent dans un contexte de carence ambulancière, de carence des acteurs du transport sanitaire privé.

Le Préfet de police a rencontré la semaine dernière le directeur général de l?Agence de santé d?Ile-de-France qui vient de prendre ses fonctions. Une réunion de travail aura bientôt lieu sur le sujet qui associera bien évidement le général commandant la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris pour essayer de trouver le moyen de réguler cette augmentation continue et de permettre aux sapeurs-pompiers, non seulement d?intervenir dans des conditions de parfaite sécurité pour eux, mais également là où leurs compétences et leur technicité est attendue.

En tout cas, je voudrais vous confirmer qu?au sein de la Préfecture de police, à laquelle la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris appartient, l?objectif de sauver des vies se fait conjointement et en parfaite et étroite coordination entre les services.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Merci.

Anne SOUYRIS pour l?Exécutif.

Mme Anne SOUYRIS, adjointe. - En complément de ce que vous venez de dire, Monsieur le directeur, je pense qu?effectivement c?est une question nationale. C?est une question qui pose la question de la coordination des différents services. La coordination est plus importante encore qu?un numéro unique.

Et cela pose la dernière question qui est celle de la prise en charge psychiatrique et de l?orientation psychiatrique. En effet, dans ce cas-là, par exemple, ce qui est difficile et dans un certain nombre de cas, c?est d?évaluer l?état et l?auto-évaluation des personnes qu?on peut avoir au bout du fil. C?est toute cette question-là qui doit être prise en considération, à la fois pour évaluer la manière dont on pourrait faire. C?est une vieille idée mais une idée importante, vous avez raison. Je suis d?accord avec le fait qu?il faut y travailler et que c?est très important, mais cela doit s?accompagner pas seulement de détails techniques et c?est vraiment aussi comment faire. C?est d?abord au niveau national et cela ne nous appartient pas complètement, bien entendu, et c?est aussi comment on peut intégrer toute la question d?évaluation psychiatrique dans ce travail. Je vous remercie. Comme c?est une compétence de l?Etat, je demande le retrait de votre v?u mais je suis tout à fait d?accord pour m?engager dans ce travail avec les différents partenaires. Merci beaucoup.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Monsieur GOUJON, maintenez-vous votre v?u compte tenu des éléments ?

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Oui.

M. Mao PENINOU, adjoint, président. - Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 80 avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le v?u est rejeté.

2018 DASES 305 G -